Exposition – Le Grand Monde d’Andy Warhol

Quand 110 étudiants en arts plastiques Lillois déboulent à Paris un beau Mardi  d'Avril, ce n'est pas pour faire les fashionnistas dans les Halles ou écumer les boutiques chics des Champs Elysées... Monsieur Andy Warhol nous attendait de pied ferme au Grand Palais, pour nous faire visiter sa galerie de portraits... Revue très pop !

Exposition – Le Grand Monde d’Andy Warhol

Depuis le 18 Mars 2009, Le Grand Monde d’Andy Warhol a pris place au Grand Palais de Paris. Le but de cette expo : montrer les plus grands portraits que Warhol a tiré de personnalités de l’époque, ou au contraire de parfaits inconnus. A travers une quinzaine de thèmes et deux niveaux d’exposition, 130 œuvres sont exposées jusqu’au 13 Juillet 2009.

L’exposition : parcours, oeuvres et accrochage.

L’exposition se concentre sur deux niveaux du Grand Palais. Le parcours n’est pas réalisé chronologiquement, mais plutôt par thèmes (une quinzaine au total). Au niveau de l’escalier reliant les deux niveaux, une chronologie nous rappelle les événements importants de la vie de Warhol.

Les oeuvres proposées dans cette exposition sont absolument stupéfiantes. Finies les mauvaises reproductions sur des tasses à thé ou autres serviettes de bain, la fameuse Marylin se tient bien face à nous. La majorité de ces tableaux viennent du musée Warhol de Pittsburgh, de la fondation Warhol ou de collections privées. Mais outre les sérigraphies, on trouve dans cette expo des vidéos (la série des Screentests mais aussi des documentaires, comme la séance photo de la chanteuse de Blondie) et des photographies (certains polaroïds ayant servis à la réalisation de tableaux, mais aussi des archives et des photos personnelles) qui permettent d’entrevoir un peu plus le monde warholien.

En ce qui concerne l’accrochage des oeuvres, on remarque le parti pris d’un accrochage en quinconce aussi pertinent que réussi. L’explication est simple : de son vivant, Warhol n’a fait qu’une seule exposition de ces oeuvres, et l’accrochage était fait un quinconce. C’est donc une volonté de la part du commissaire de l’exposition* de réitérer cet accrochage. Deux salles étonnantes sont recouvertes de papier peint : un papier peint « vaches » et un autre « Mao ». Ces papiers peints ont réellement existés du temps de Warhol, et maintenant c’est sa fondation qui en détient les droits de reproduction : le Grand Palais en a donc commandé quelques rouleaux pour tapisser les salles.

Les portraits Warholiens : entre « miroir de la vanité et questionnement existenciel »**.

Parmi tous les thèmes abordés, certains étaient inévitables : la dimension commerciale et monétaire de ses oeuvres à travers son protocole de commandes et de tarifs de réalisation puis de  reproduction, le monde des célébrités de la mode, du cinéma et du glamour qu’il dépeint avec délice et fascination (Rykiel, Valentino, Lady Di, Caroline de Monaco, Marylin Monroe, Mick Jagger…) et sa série des grands hommes du monde de l’art (artistes, conservateurs et critiques).

Mais on y trouve aussi des abords beaucoup moins connus : la petite série de portraits en pied (dont l’imposant Jean-Michel Basquiat), son travail sur les madones modernes et la dernière Cène, la série des 10 génies Juifs pour laquelle il sérigraphie Einstein, Kafka et Freud, mais aussi son travail sur les générations pour lequel il réalisera le portrait du fils de John Lennon, le désormais reconnu Sean Lennon.

On se rend alors compte que les portraits que réalise Warhol sont moins simplistes que l’on ne le croit. Derrière chacun d’eux se cache une lecture secrète, quoi qu’en dise l’artiste : une ambigüité sexuelle qu’il traduit dans sa série des Ladies and Gentlemen et dans son autoportrait en drag-queen, la peur de la mort lorsqu’il travaille les photos de Jackie Kennedy le jour de l’assassinat de son mari, la fonction mémorielle du portrait quand il réalise le portrait de sa défunte mère, les références religieuses constantes…

En conclusion (si vous ne l’aviez pas deviné), j’ai sur-aimé cette exposition. Bon déjà, Andy Warhol se suffisait à lui-même : son travail, sa personnalité, son monde. Mais ajouté au thème du portrait, aux oeuvres choisies, à l’accrochage, aux messages véhiculés… Tout fait de cette exposition un événement immanquable de ce printemps 2009.

* qui n’est autre que mon professeur d’histoire de l’art contemporain, Alain Cueff. Merci à lui de nous avoir ouvert gratuitement le Grand Palais un mardi !
** extrait du premier thème de l’exposition « Les trois âges ».

Le Grand Monde d’Andy Warhol – Du 18 Mars au 13 Juillet
Réunion des Musées Nationaux – Grand Palais – Paris
Commissariat : Alain Cueff, en collaboration avec Emilia Philippot
Tarifs : 11 euros (8 euros en tarif réduit)
Site officiel de l’exposition

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Voici le dernier commentaire en date :

  • Cherrypop
    Cherrypop, Le 4 août 2009 à 16h29

    Je l'ai raté, je suis dégoutée surtout que je me doute que ce genre d'expo ne se refera pas avant un bout de temps ...

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