Lâcher prise… sur la taille des fringues

Le bonheur n'est pas aussi simple qu'une taille 36 et un slim qui se ferme. Pourquoi se fouetter pour chaque morceau de peau qui dépasse du tee-shirt ? Aujourd'hui, on respire et on lâche prise sur la taille de nos fringues.

Lâcher prise… sur la taille des fringues

Changer de taille de vêtement est, pour beaucoup, une grande aventure : certaines pleurent quand elle augmente, d’autres sautent de joie quand elle diminue. Sommes-nous les esclaves d’un chiffre inscrit derrière un pantalon ? Et si, tout simplement, on arrêtait de se prendre le chou sur les tailles ?

Récompense et punition

La taille des fringues est, pour un grand nombre de filles, un baromètre de l’estime de soi. Comme pour bien nous culpabiliser, chaque augmentation de la taille des fringues et vue comme un échec, une punition qui révèle à tout le monde « oui, j’ai abusé de la raclette cet hiver ». A l’inverse, passer à la taille inférieure est vu comme une petite victoire : « je me suis bien contrôlé, j’ai arrêté les conneries ».

Or, il y a plein de raisons qui font que notre taille va fluctuer : juste avant tes règles, par exemple, ton jean a tendance à te boudiner un peu et tu dégrafes le bouton avec autant de plaisir que si tu voyais Benedict Cumberbatch recouvert de chantilly aux endroits stratégiques (enfin, ça ne concerne peut-être que moi, pardon).

Si tu fais beaucoup de sport, avoir du muscle ne veut pas forcément dire être mince, et des mollets musclés peuvent être serrés dans les jambes d’un slim.

La pilule, ainsi que certains médicaments, influencent beaucoup notre taille : certains vont faire gonfler le ventre, d’autres les cuisses…

Autre raison courante : ton métabolisme évolue. Si auparavant tu pouvais avaler tout et n’importe quoi sans prendre un gramme, il arrive que le métabolisme diffère au fil du temps et devienne plus capricieux : tu prends donc du poids plus rapidement en gardant exactement le même rythme de vie.

En clair, ce n’est pas forcément une question d’alimentation, donc lâche ce fouet.

L’enfer des magasins

La taille ne veut pas forcément dire ce que l’on croit : selon les magasins, les tailles sont différentes !

Je fais naturellement du 38. Vous allez me dire, cette taille est trouvable partout. Oui, mais si je peux rentrer dans un 38 signé Pimkie, je pourrais difficilement rentrer dans ce même 38 chez Jennifer… En revanche, dans une enseigne comme Jacqueline Riu, estampillée plus « dame », le 38 sera trop grand pour moi. Entre les trois essayages, je n’ai pas couru un marathon, je n’ai pas attrapé la tourista, rien. Les tailles ne sont pas de si bons représentants de notre corps. En clair, en une journée de shopping, tu peux te sentir boudinée dans la même taille que celle qui te donnera l’impression de flotter. Tout de suite, ça décrédibilise la fameuse « taille à atteindre » ainsi que « celle à ne pas dépasser » qui nous mettent de sacrées barrières dans le crâne.

Lâcher prise pour mieux acheter

Concrètement, comment lâcher prise sur la taille de ses fringues ? Autant te le dire de suite : vivre en djellaba n’est pas une bonne solution. Alors oui, certes, tu n’aurais plus trop de soucis en prenant deux tailles par ci par là, mais ce n’est pas forcément la fringue de tes rêves au quotidien.

Lâcher prise, c’est plutôt…

Ne pas vivre dans le regret éternel des vêtements qui ne vont plus : ok, ce tee-shirt était sensationnel mais depuis, tu ne rentres plus dedans. Est-ce que tu conserves les vêtements de ton enfance ? Je suis sûre que tu étais très mignonne avec ta petite salopette jaune quand tu avais 5 ans, mais depuis ta croissance, c’est fini. Pour les vêtements de ton adolescence ou d’il y a 6 mois, c’est pareil : le corps change, évolue, la garde robe aussi. On ne reste pas forcément figé dans une morphologie.

Ne pas hésiter à acheter la taille au dessus : pour certaines, passer le cap de « la taille au dessus » est une vraie torture. Hey, les filles, ce n’est qu’un chiffre ! La taille au dessus ne fera pas de vous un monstre et ne sera pas nécessairement la porte ouverte à l’escalade de votre poids. Si vous vous sentez bien dans une fringue, c’est l’essentiel, quelle que soit la taille. Passer la journée mal à l’aise dans un pantalon trop petit devrait être interdit par les droits de l’Homme. Pour vous persuader, pensez à tous les petits tracas qu’engendre le drame du pantalon trop petit : impossibilité de digérer le chili du midi, problèmes de circulation quand les jambes sont piégées dans le tissu, envie de mourir vers 17h30, impossibilité d’aller aux toilettes car le pantalon ne peut pas se remonter comme prévu.

Ne pas acheter la fringue « motivante » : mais si, vous savez. Cette robe hypra moulante et trois tailles trop petites qu’on achète en se disant « je la porterais quand j’aurais perdu du poids ». 90% du temps, personne ne rentrera dans cette robe. Pourtant, elle restera là, dans votre armoire, et chaque fois que vous la verrez vous ne pourrez pas vous empêcher de vous dire « je vaux autant qu’un cancrelat moisi ». Personne ne vous oblige à rentrer dans ce tube trop serré : une belle robe qui vous va, c’est toujours plus joli qu’une robe qui ne se ferme pas. Arrêtons de se culpabiliser pour rien et de dépenser inutilement. Si vous avez réellement besoin de perdre du poids, fixez-vous des objectifs plus réalistes : à -X kilos, je me paye un nouveau pantalon, par exemple.

En clair, la taille de nos fringues n’est pas gravée dans la roche. Tout évolue : la longueur de vos cheveux, leur couleur, votre peau, votre tolérance à Justin Bieber… et votre taille aussi. A moins d’avoir des problèmes de santé, varier de taille dans nos fringues n’est pas interdit. Redressez le dos et allez chercher une fringue qui se ferme sans problème. Je vous garantis, la journée sera bien meilleure. Et votre ventre vous dira merci.

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Voici le dernier commentaire en date :

  • GreyA
    GreyA, Le 14 mai 2013 à 2h02

    Je n'ai jamais compris qu'on puisse s'obstiner à vouloir rentrer dans une taille ou se définir par rapport à une taille dans la mesure où je peux aller du 36 au 42 dans la même boutique (j'ai aussi dû prendre un 34 une fois et je suis plus dans le 36/38 habituellement donc c'est tout foireux les tailles) et aussi et surtout que la taille ne dit absolument rien de :
    -la silhouette (moi, je suis une petite déménageuse, et vous orangina ou tube ? bah cool, ça fait du choix pour tout le monde !),
    -l'état de santé,
    -la beauté,
    -l'alimentation,
    -la personnalité,
    -le succès,
    -le type de personne que tu es,
    -ce que tu fais dans ta vie,
    -qui est ta grand-mère,
    -à quoi ressemblait ton premier nounours.

    Bref, je porte ce qui me va et c'est nettement mieux ainsi. J'ai connu un cas qui s'obstinait à n'acheter que là où elle faisait du 36 et elle se pourrissait la vie avec ça alors que tout le monde s'en contrefiche et que les 3/4 des gens ne savent pas évaluer votre taille au premier coup d'oeil (parce que justement, la silhouette, le squelette, le visage, tout ça, ça donne une impression différente de vos mensurations) et de toute façon ça n'a aucune importance.

    PS : Il est temps que la France sorte des collections "Petite" et "Tall" comme en Angleterre. 

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