Josée l’Obsédée et l’abstinence forcée

Josée l'Obsédée ne peut plus avoir de relation sexuelle depuis quelques semaines. Et comme elle gère pas trop la frustration, c'est du grand n'importe quoi.

Josée l’Obsédée et l’abstinence forcée

Ça fait sept semaines. Sept longues, sept tristes, sept abominables semaines que je n’ai pas eu de rapport sexuel. Je sais : je ne devrais pas me plaindre. Sept semaines, pour plein de gens, c’est rien du tout. Ce serait comme dire « nan mais ohlala j’ai pas mangé depuis AU MOINS trente minutes t’imagines ? ».

Mais voilà : je suis pas habituée. Je suis pas habituée parce que je suis restée trois ou quatre semaines maximum sans forniquer (depuis que j’ai commencé ma vie sexuelle, j’veux dire. Pas depuis le début de ma vie. J’aurais vraiment été très précoce).

Pas que je sois Miss Monde, entendons-nous bien, mais je suis pas souvent célibataire parce que je suis du genre à me laisser tomber amoureuse dès les premiers symptômes.

Et quand je suis célibataire, je saute à pieds joints sur n’importe quel chibre pour oublier celui auquel je m’étais habituée et qui me manque tellement. C’est ma façon de me reconstruire après une histoire compliquée – elles le sont toutes car l’être humain est plein de ressources.

Sept semaines pour moi, c’est long. C’est d’autant plus long quand on n’est pas célibataire : je suis simplement en pause avec mon mec et dans l’incapacité de le voir.

Bien sûr, je pourrais aller coucher avec autrui comme ça j’arrêterais de me plaindre bêtement, mais j’ai décidé de la jouer réglo (en plus de ne ressentir, tant que j’ai l’espoir de sauver mon binôme amoureux, aucune sorte de désir pour autrui).

J’ai trompé une fois, et c’était pour me donner la force de quitter un garçon que je n’aimais plus, pourtant j’ai culpabilisé puissance mille. Là j’ai encore malheureusement le coeur qui papillonne alors pour me protéger le palpitant, je choisis de ne pas montrer l’intérieur de ma culotte (qui, elle, palpite aussi).

Voire même explose.

Elle palpite depuis sept semaines, ma culotte. Sept longues, sept tristes, sept abominables semaines. Et entre la tristesse que je ressens en imaginant que mon couple tire peut-être sur sa fin et les besoins purement physiques, mon abstinence forcée est actuellement en train de rendre ma vie un peu plus négative qu’avant. Prends ma main pleine de cyprine (oh, dis, non, tout de même) et suis-moi dans une journée-type faite de frustrations.

De 8 à 17h : la faculté de concentration nulle

En temps normal, je peux rester au moins une heure sans me déconcentrer de quelque chose et mener ainsi à bien ma journée de travail, sans encombre ni drame. Je travaille une heure sans relâche, je fais une pause pour regarder des vidéos connes sur Internet pendant cinq minutes, je vais me faire un café et je me remets à la tâche pour une heure. Et ce jusqu’à ce que, le travail fini, je rentre chez moi en sifflotant, mains dans les poches, cheveux au vent, pour me détendre comme il se doit.

Désormais, mes pensées s’arrêtent toutes les trois minutes pour penser au cul. Ça donne quelque chose comme : « Et alors donc le Parlement Européen – EUROPÉEN COMME MA CHATTE – il est basé à Strasbourg – OÙ LA SPÉCIALITÉ C’EST LES GROSSES SAUCISSES – et son président c’est Martin Schulz – TIENS J’AI JAMAIS NIQUÉ AVEC UN ALLEMAND.

Chaque phrase est propice à l’effervescence de mes neurones : les expressions comme « se faire plaisir », le verbe « mouiller », la phrase « j’ai écouté Tété » sont à bannir du vocabulaire de mon entourage. Tout devient propice à m’agacer, voire à me faire pleurer.

De 19h à 19h30 : les soirées sans séries HBO

En temps normal, je suis du genre à dévorer films et séries. Je peux aisément, comme tout le monde, passer toute une journée, du réveil au coucher, à enchaîner les divertissements sur écran.

Problème : trouver une oeuvre télévisuelle ou cinématographique de qualité sans scène monstrueusement sensuelle de nos jours, c’est comme chercher un poil de fesses chez une actrice X spécialisation sodomie. C’est vachement dur.

« Serait-ce l’odeur du foutre frais, que je renifle d’ici ? » s’interrogea Sookie.

C’est bien dommage parce que, j’veux dire, quand on ne peut pas avoir de relations sexuelles et qu’on le vit mal, se divertir via quelques fictions rondement menées est plutôt bien vu. Oui mais voilà : JE VIS PAS BIEN le fait de voir deux ou plus personnes faire du sexe ensemble et kiffer leur race. Je le vis pas bien de type TRÈS TRÈS MAL.

Dès que les voix des personnages commencent à sentir le cul, je me mets à gémir tel l’animal pris dans un piège de chasseur, à fermer les yeux et mon ordinateur avec. C’est insupportable, je deviens aigrie d’un coup et pleine d’une jalousie envers de la fiction – de la FICTION ! Ça n’a pas de sens. On peut pas plus être jaloux d’une endive qu’on peut l’être d’une fiction.

Je sais pas si ça le fait à tout le monde, mais quand j’ai très envie de sexe, je ressens une légère douleur au niveau du vagin. Quand je suis sur le point de niquer, c’est cool, c’est une mini-souffrance pleine de promesses.

Quand je sais que ça n’arrivera pas avant beaucoup trop de jours, c’est un des pires picotements de la Terre. Conséquence de quoi les seuls trucs que je regarde depuis quelques semaines, c’est Télématin et Disney Channel.

De 19h30 à trop tard : Dépenser beaucoup trop

Mais alors, sans film ni série, comment diable t’occupes-tu le soir venu ? vous entends-je vous demander derrière vos écrans. Eh bien je sors. Beaucoup. Beaucoup trop. Toute la semaine ou presque. Et quand je sors je bois car je n’ai pas encore le réflexe de faire autrement (bien que j’y travaille).

Et quand je bois beaucoup j’ai envie de fumer des cigarettes et des cigarettes, j’en fume plein. L’alcool rend con et transforme les matins en cauchemar. La clope, elle, a transformé ma toux d’ordinaire passable en gros amas sonore de glaires.

Je suis devenue un monstre : un monstre pauvre qui prend pas soin de sa santé et qui tousse trop fort.

Radiographie des poumons de Josée, 2/05/2014.

De trop tard à 7h du matin : les rêves érotiques qui vont loin

Même si, dans la journée, je ne me rendais pas compte de ma frustration, je pourrais difficilement ne pas en prendre conscience une fois que la nuit tombe, que mes yeux se ferment et que mon inconscient décide de faire savoir l’étendue de sa perversité.

Ainsi, pas plus tard que cette nuit, j’ai rêvé que j’étais à une soirée chez un des mecs du Palmashow. J’étais un peu longue à partir parce que j’avais perdu mon écharpe et j’ai fini par me retrouver en tête à tête avec lui qui m’a dit « eh, toi, j’vais te montrer des vidéos de coqs ». Et il me montra des vidéos de coqs. Même pas des vidéos drôles avec des coqs qui font des conneries : juste des vidéos de coqs. Et tandis qu’on les visionnait, il a commencé à me faire un toucher rectal à des fins sexuelles.

Résumons donc l’affaire : j’ai rêvé qu’un mec du Palmashow me stimulait l’anus en me faisant regarder des vidéos de coqs. Je veux dire : c’est plus en chien, que je suis, c’est carrément en ours, au moins.

Ceci dit, leur crête ressemble un peu à une vulve et comme on me l’a fait remarquer, cock veut dire bite en anglais. Ceci explique peut-être cela.

Les rêves érotiques, c’est sain. Ils sont souvent un peu bizarres, mais c’est sain. Le problème, c’est quand tu croises après coup une personne qui a fait partie d’un de ces songes.

Ça m’est arrivé la semaine dernière et je suis devenue écarlate quand je l’ai salué alors qu’il y avait une bonne dizaine de personnes qui pouvaient voir mon trouble. C’est comme si, clairement, c’était écrit sur mon front « Nous avons niqué dans mes rêves ». Et c’est un peu plus gênant parce que comment faire comprendre sans expliquer les tenants et aboutissants de l’histoire qu’en réalité, dans la vraie vie, il ne me fait rien ?

Fort heureusement tout le monde n’est pas comme moi, parce que vu ma nervosité extrême quand je suis frustrée, c’est la troisième guerre mondiale toutes les trois semaines, c’est moi qui te le dis.

J’ai fait le Vietnam les meufs. Et croyez-moi ou pas, mais c’est pas beau à voir et je suis pas sûre que mon vagin se remettra de ce que mon esprit de drama queen voit comme un traumatisme.

Et pour plus de frustration qui fait mal à la culotte :

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Voici le dernier commentaire en date :

  • Ereanaylle
    Ereanaylle, Le 27 juin 2016 à 16h29

    "Je sais pas si ça le fait à tout le monde, mais quand j’ai très envie de sexe, je ressens une légère douleur au niveau du vagin."

    Oh ? Moi aussi, c'est la première fois que j'entends quelqu'un d'autre en parler... Je ressens juste une petite douleur au moment où je commence à me masturber, souvent. Si la Madz du témoignage peut m'éclairer par message privé...

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