Josée l’Obsédée a le coeur à la fête (mais pas la shneck)

Josée l'Obsédée est une jeune personne qui a l'esprit de la fête. Mais, parfois, elle a vraiment des idées nulles.

Josée l’Obsédée a le coeur à la fête (mais pas la shneck)

Un soir d’été, les arbres étaient fleuris, je me souviens, c’était un mercredi*, alors que je ne m’y attendais pas le moins du monde, j’ai rencontré un José. Je le trouvais fort à mon goût et instantanément, il m’a plu.

(*Je pourrais être parolière pour Julien Clerc avec ça.)

Le truc, c’est qu’à l’époque, j’avais pas encore des masses confiance en moi. Du coup, j’avais l’impression qu’on ne jouait pas dans la même cour. Je me disais que, quels que soient les efforts que je pourrais y mettre, j’aurais au mieux l’air d’un labrador en rut, au pire d’un tronc d’arbre avec plein de vers dessus. Des vers mangeurs d’hommes. Avec des poils à la place des dents (car oui, ces vers auraient eu des dents). Persuadée d’avoir été à ses yeux la fille un peu transparente qui a l’air d’avoir un rôti pour seize dans le rectum, à tenir ses bras si près du corps pour pas montrer ses auréoles, j’ai cru qu’il m’avait à peine remarquée.

La soirée s’est terminée et je suis partie très vite, un peu comme une voleuse, le coeur qui battait dans mes yeux et mes oreilles, mais la culotte bien en place. Bon je romance, je romance, mais je suis désolée de te dire que je sais plus trop exactement ce que j’ai ressenti à ce moment-là. D’un, parce que c’était un peu bizarre comme sensation, et que je ne savais pas par quel bout prendre ce qui m’émotionnait, de deux parce que je me suis arrangée pour oublier un peu depuis, pour des raisons qui me sont propres.

Wayne's World
Moi essayant d’attirer l’attention du José en buvant mon Coca.

Ce que je sais, c’est que pendant des semaines, j’ai repensé à lui en me disant « pfrt (tu peux voir ça comme un bruit de frout si tu veux), quand même, ce mec, j’aurais beaucoup aimé qu’il me visite ».

Il se trouve qu’en parallèle (d’après des sources de type lui et lui seul), j’avais plu à ce José, qui n’avait même pas pris la peine de le montrer ne serait-ce qu’un peu. Apparemment, il pensait que ça s’était vu, que je l’avais compris, mais j’étais trop occupée à vérifier qu’on ne voyait pas l’humidité de mes dessous de bras et à cacher mes joues rosissantes pour le regarder dans les yeux. J’étais pas du tout au courant. Je pensais que même pas il me toucherait avec un bâton.

Le hasard fait bien les choses : un jour, par un bienheureux concours de circonstances, on a compris qu’on se plaisait mutuellement. Je sais pas ce qu’il s’est passé dans sa tête à ce moment, mais dans la mienne, clairement, j’ai entendu le « tada » de l’ouverture de Windows (que tu peux entendre derrière ce lien ma foi fort #old).

Le hasard fait moins bien les choses : il se trouve qu’à l’époque, je vivais dans une contrée lointaine et hostile et qu’il m’était impossible de venir profiter tout de suite de cette révélation. Il a fallu attendre une longue semaine pour que j’ai l’occasion de repasser dans la ville où il vivait pour voir si la frustration allait mener quelque part. Une semaine, quand tu n’oses penser à quelqu’un qu’en des considérations sexuelles et que tu sais que ce quelqu’un y pense peut-être un peu aussi, quand vous vous dites que vous y pensez et qu’à la hâte se greffe l’inconnu, et qu’à l’inconnu se greffe la hâte, c’est long. La semaine la plus longue de ma vie. Encore plus longue que la semaine où j’attendais de voir si j’avais le rôle principal dans la pièce de théâtre de la MJC en l’an 1997.

(Je l’ai pas eu, d’ailleurs, j’ai eu le rôle avec deux pauvres phrases, si tu veux tout savoir)

Alors quand on a fini par se retrouver face à face, tu penses bien, c’était la fête. Même pas dans mon fantasme le plus fou, avec une bonne grosse grippe bien fiévreuse et après six mois d’abstinence, même dans ce cas de figure extrême, j’aurais pas imaginé une nuit pareille.

C’était. Sans. Fin. C’était vachement bon, c’était vachement bien, et c’était. Sans. Fin.

Faut dire aussi qu’on avait à peine plus d’une nuit devant nous, pour des raisons de mode de vie incompatibles (et aussi parce que je communiquais comme une branque). On était donc obligés d’en profiter, et on était super contents de pouvoir le faire. On avait attendu pendant pas mal de temps et on savait qu’il y avait peu de chance que ça se reproduise, alors on a pas fait semblant.

Du coup, j’en avais tout le temps envie, il en avait tout le temps envie. Toute. La. Putain de. Nuit. C’était fou. On faisait instinctivement tous les trucs que je préférais sans que j’ai besoin d’en parler, y avait aucun moment de gêne (comme il y en a presque toujours quand on couche avec quelqu’un pour la première fois), et oui, je te le dis, pendant une nuit, j’ai eu une vie sexuelle comme dans les films. À l’époque, c’était la première fois que ça m’arrivait, une sensation pareille. Ça fait tout drôle de réaliser que ce que tu crois être excellent peut être encore mieux.

Avoir de très longs rapports avec de toutes petites pauses entre chaque pour boire un peu de vin ou de champagne et grignoter mes trucs préférés (c’était LA FAYTE, j’vous dis), c’est monstrueusement agréable pour le cerveau et la plupart des parties du corps, certes. Mais il y a bien un point de mon anatomie qui a quelque peu souffert de cet enthousiasme réciproque. Ce point, tu t’en doutes, c’est ma shneck.

Et après environ quatre heures de coït, le souffle court, la flore vaginale totalement passée au napalm par la force des va-et-vient, l’appareil génital encore tout secoué de spasmes, j’ai eu une idée.

Ou peut-être était-ce la sienne, je ne sais plus. Mais partons du principe qu’elle venait de moi car même sous couvert d’anonymat je n’aime pas accuser à tort. Si c’est effectivement le cas, ça a dû se dérouler plus ou moins comme je l’explique ci-dessous.

Tandis que je buvais une gorgée de champagne entre deux gorgées d’eau, je l’ai fixé d’un oeil qui crie « tissu érectile » et je l’ai invité à m’en verser un peu dessus. « Dessus », comme « sur moi ». « Sur moi » comme sur ma vulve.

Du champagne, c’est de l’alcool à bulles. De l’alcool à bulles, sur une vulve tout fatiguée par les coups de butoir, c’est, comment te dire…

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Dans le rôle du vagin, la poupée. Dans le rôle du champagne, le hasard-sa-race.

C’était comme si des millions de petites aiguilles étaient venues s’écraser dans l’antre de ma joie, comme si je faisais l’amour avec une méduse. Ça piquait si fort que j’en ai pleuré un peu, et que j’ai dû attendre au moins une demi-heure avant de le laisser me retoucher à nouveau (ce qui, dans ce contexte bien particulier, était assez exceptionnel).

Alors parce que j’t’aime, toi, lectrice, souviens-toi d’une chose : shneck fatiguée, shneck sans rosé. Ta vulve t’en remercie fort.

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Voici le dernier commentaire en date :

  • Boogie
    Boogie, Le 12 novembre 2014 à 14h02

    Hahahaha tu m'as tuée, j'me suis marrée toute seule devant mon ordi :rire:
    Super façon de raconter :paillettes:
    De base je mets pas de champagne dans ma bouche parce que ça pique alors j'aurais jamais l'idée d'en mettre là:innocent:
    Par contre la nuit super j'en ai déjà eu a avoir mal donc je compati :bain:

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