De l’inconvénient d’avoir des gros seins

Alfrédette a des gros seins. Et ça lui a posé des soucis à peu près à partir du moment où ils ont poussé...

De l’inconvénient d’avoir des gros seins

Aujourd’hui, les gros seins sont partout. Aux panneaux publicitaires des autobus, en couverture de Voici, dans les pages de magazines réprouvés par la morale catholique, dans moult publicités destinées à vendre une voiture qui cessera de fonctionner au bout de trois ans ou un parfum supposé garantir à tout boutonneux un succès fulgurant auprès de la gent féminine. Afflubée de ce (très lourd) fardeau depuis le début de mon enfance, je m’en vais vous narrer les dures réalités du bonnet E.

Tout a commencé alors que j’avais douze ans. En trois mois, mon corps a décidé de passer de l’état planche-à-pain à l’état fin-de croissance : du printemps à l’été, j’ai donc pris dix centimètres, quinze kilos, une bonne dose d’acné, des vergetures qui m’accompagneront tout au long de mon existence et… trois tailles de bonnet.

Gros seins VS regard des hommes

Apprivoiser un bonnet D à l’âge de 12 ans n’est pas chose aisée. Alors que j’avais la maturité de Dora l’Exploratrice, j’étais perçue par certains hommes comme un vulgaire objet sexuel, et ces derniers n’hésitaient pas à me le faire savoir. Par exemple, un jour que j’allais au collège, un quinquagénaire au volant d’une Mercedes m’a suivie pendant un bon quart d’heure, en me disant que j’avais « de très beaux seins », qu’il « adorerait en profiter » et que j’avais « tort d’être aussi frigide ». Des hommes qui avaient l’âge d’être mon grand-père me rattrapaient dans la rue pour me demander de poser nue (comme Baby Scumbag, tiens, mais à l’envers). D’autres profitaient de la promiscuité du bus pour me peloter subrepticement. Mais à chaque fois que je me plaignais de ces évènements – que ce soit auprès d’amies ou de mes parents, on me disait d’arrêter d’imaginer des choses ou d’inventer ce genre de situations pour me faire remarquer. Je ne leur en veux pas : il est sans doute plus confortable d’imaginer qu’une petite fille de douze ans mente plutôt qu’elle soit la cible de pervers ascendant pédophiles.

Probablement l’inspiration de tous ces gars distingués.

À l’inverse, j’ai pu observer que certains hommes nourrissent une véritable répulsion à l’égard des poitrines plantureuses : le père de l’un de mes ex, par exemple, avait dit à son fiston qu’une poitrine disproportionnée comme ça, c’est quand même super moche, et qu’il aurait pu mieux choisir*. D’une manière plus générale, les gens que je rencontre aujourd’hui ont parfois tendance à me réduire à mes seins, ce qui n’est que moyennement flatteur. J’ai un cerveau, après tout**.

* Mais son ex-femme m’a dit que le goujat était précoce ET doté d’un engin à la rigidité aléatoire. Mon honneur est donc sauf.

** À ce qu’il paraît, du moins.

Gros seins VS vie pratique

Que l’on se le dise : avoir des gros seins est tout sauf pratique. Parfois, j’aimerais gambader le sein libre, et me passer de soutien-gorge ne serait-ce que l’espace d’une journée – mais si je me livrais à ce genre de réjouissances, je serai obligée de passer la journée à me soutenir les seins avec l’un de mes membres antérieurs – en mode « coucou j’ai qu’un bras », donc. Causons de soutiens-gorge, d’ailleurs : si tu dépasses le fatidique bonnet D, tu peux dire adieu aux jolis et économiques petits dessous que tu trouveras chez Etam, H&M et consorts. Pour payer le prix de ta poitrine surdéveloppée, tu devras payer un demi-poumon par mois pour t’offrir des modèles grande taille souvent aussi laids que les rideaux de ma grand-mère, et dont la durée de vie est plus qu’aléatoire. Malheureusement, le soutien-gorge est l’allié indispensable de toutes les poitrines plantureuses qui se respectent. Sans soutien-gorge, j’ai beaucoup de mal à dormir, à faire l’amour, à marcher, à aller faire un tour au clair de lune à dos de licorne – bref, à accomplir toutes les fort banales actions du quotidien.

Un dessin de la géniale série Busty Girls Problems (Problèmes des filles à gros seins) par Paige Halsey Warren

Gros seins VS gravité

Jusqu’à une date relativement récente, j’étais persuadée que tous les seins étaient harmonieux, fermes et hautsplacés – et que les miens étaient les seuls rebelles à déroger à la règle (complexe force 8 sur l’échelle de Richter). À cause de cette grognasse de gravité, mes seins n’ont jamais été – et ne seront sans doute jamais – similaires aux poitrines parfaites que l’on peut observer sur les statues grecques. Souvent moins fermes, moins hauts que les seins siliconés dont nous abreuve la pub, les gros seins au naturel n’ont pas une forme à laquelle le cinéma, les clips ou les médias nous habituent. Est-ce pour autant qu’ils ne sont pas beaux et normaux ? Non. Pour l’heure, aucun de mes petits amis n’a fui en courant à la vue de ma poitrine – qui, croyez-moi, ne ressemble pas à celle de Nabilla. Au contraire, tous l’ont immodérément aimée malgré mes innombrables complexes en la matière.

Pour conclure cet article, je m’en vais te donner un petit conseil : quelle que soit la taille de ton bonnet ou la forme de ta poitrine, ne te laisse jamais gagner par les complexes parce que tes seins ne sont pas conformes au standard de la poitrine parfaite. Les seins parfaits ? Sans prothèse PIP ? Ils existent tout autant que le Père Noël ou le Dahut. Alors ne cesse jamais d’aimer tes seins – parce que tu le vaux bien. Et que t’es ton meilleur allié.

Et si tu es plutôt dans l’équipe des petits seins, n’hésite pas à relire ce témoignage !

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Voici le dernier commentaire en date :

  • Dounia-Malika
    Dounia-Malika, Le 11 juillet 2016 à 9h55

    Bonjour à toutes
    Et bravo pour cet article : nombreuses nous sommes à nous y reconnaître.
    Pour autant même s'il y a des inconvénients, je vais aller à contresens en affirmant que j'aime mes gros seins, et que je préfère en avoir "trop" que trop peu.

    Comme beaucoup, ça a commencé doucement, au courant du 3° trimestre de classe de 6°, je commence les grandes vacances avec un bonnet A qui devient vite trop petit.
    Et puis ça pousse vite à tel point qu'à la rentrée, je retrouve le collège avec un bonnet C, qui devient D à Noël !
    Là, je dois affronter les moqueries de certains garçons (heureusement pas tous), qui me surnomment "grosses loloches". Certaines filles ne sont pas en reste? celles (en majorité) pour lesquelles la poitrine reste sous-dimensionnée comparée à la moyenne.

    Lorsque je m'en plains à ma mère, (qui est restée au bonnet C), celle-ci me répond que je dois apprendre à assumer mon corps, commencer par m'aimer telle que je suis, et que mes seins font partie de mon corps.
    J'ai retenu la leçon et même si je m'habille ample pour limiter (au moins à la vue des autres) le volume de mes nichons, je commence à assumer mes seins et apprends à me défendre des moqueries.

    Je continue à gravir rapidement les marches vers ma "conquête des gros bonnets" pour arriver à 14 ans à 110 F.
    Depuis j'ai encore gagné deux tailles, (et un peu de poids), car aujourd'hui, pour maintenir mes big boobs, il me faut du 115 H.
    La conséquence de cette abondance dans le soutien-gorge, est que j'ai vite appris à me défendre, sélectionner mes fréquentations, affronter les regards (ça ne me gêne plus), j'ai appris à me défendre y-compris dans le bus aux heures de pointe, j'ai probablement mûri plus vite que certaines jeunes filles.
    J'ai appris tout ça très jeune grâce à mes gros seins !

    D'accord, pour les soutiens-gorge, dès que tu dépasses le bonnet D t'as déjà moins de choix, mais avec de l'obstination t'arrives quand même à trouver des soutifs sympas et sexys.
    D'ailleurs, merci à celles qui ont indiqué des adresses ici-même.
    Bon, oui d'accord, impossible de passer une journée sans soutif, (j'en porte un aussi la nuit par confort), pas facile pour le sport (tu cours pas, tu sautes pas) mais il reste le vélo et la natation, difficile de trouver des soutiens-gorge qui ne te coûtent pas un bras (ou un têton ?), tu ne vois pas où tu mets les pieds, mais,...malgré les inconvénients, je préfère ma poitrine généreuse à des seins trop petits.

    Si nous faisions un sondage, nous compterions autant de femmes à se plaindre de l'abondance de leur poitrine, que de celles qui regrettent d'en avoir trop peu, la nature est ainsi faite, nous sommes rarement contentes de notre physique. Je crois qu'il faut simplement aimer son corps, l'apprivoiser et apprendre à vivre avec, ou alors il reste le recours à la chirurgie.

    Alors, au bilan, vous l'avez compris, je me sens bien dans ma peau, je me sens femme : j'aime mes nichons, je suis fière de mes gros lolos, j'adore mes nénés et j'assume mes air-bags.

    Bonne journée à toutes les "zelles"

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