Le Food Art, ces artistes qui jouent avec la nourriture

Le food art, ce sont des oeuvres pour saliver. Des oeuvres présentées dans ton assiette et pas dans les musées.

Le Food Art, ces artistes qui jouent avec la nourriture

Comme tout enfant normalement constitué, tes vieux t’ont certainement dit un jour que faire des colliers avec tes coquillettes cuites, ce n’est pas hyper distingué en société. Certes, chez la baronne de Rotschild, tu ne peux pas faire des billes avec la croûte du Babybel. Mais dans la vie de tous les jours, il faut que tu apprennes la vérité.

Jouer avec la nourriture, c’est permis. Mieux, il s’agit carrément d’une forme d’art à part entière, qui porte le nom un peu bidon de “food art”. Le food art donc, c’est un ensemble de pratiques qui consistent à utiliser la nourriture comme matériau de base pour réaliser des chefs d’oeuvre. La plupart du temps, les oeuvres créées sont totalement bluffantes, même si l’on ne sait pas toujours si c’est de l’art ou du cochon.

Certains artistes en ont carrément fait leur fruit de la passion. De la sculpture, du découpage, de la typographie, il y en a pour tous les goûts. Allez viens, je t’emmène faire un tour aux pays de ceux qui n’ont pas de mal à se farcir cinq fruits et légumes par jour.

Vous reprendrez bien un bout de Michael Jackson ?

Faire des taches partout, ce n’est pas sale, surtout si tu t’appelles Vivi Mac. Cette artiste française pratique le “speed painting”, c’est-à-dire l’art de peindre en direct. Elle eu l’idée d’étendre sa technique à la bouffe, et a réalisé une série de portraits intitulée “Art éphémère”. Le résultat est une incitation à pourrir ta cuisine. En plus, chaque matériau utilisé est un jeu de mots avec le nom du « people » représenté : du lait pour Bruce Lee, du Candy Up pour Gandhi.

En Floride, Haribo c’est beau la vie. L’artiste Cristiam Ramos applique cette philosophie à ces créations, qui sont toutes faites de bonbecs. Pendant que tu comptes tes smarties, il aligne les Gummy Bears et la réglisse pour en faire des oeuvres à l’effigie de Nicki Minaj, Beyonce ou Lady Gaga. Il aurait eu cette idée en voyant un papa donner un bonbon à son enfant tout content, et s’est dit que lui aussi allait rendre les gens heureux.

Dans la catégorie junk food, on trouve aussi Jason Baalman, un artiste du Colorado qui a une prédilection pour les portraits de célébrités en matériaux alternatifs. En l’occurence, Jason Baalman voit la vie en Cheetos, ces snacks aromatisés au fromage dont le logo est un guépard qui se la pète. Pour l’élection présidentielle de 2012 aux Etats-Unis, la marque lui a commandé des tableaux des candidats entièrement en crackers. Jason Baalman a donc pondu un Barack Obama et un Mitt Romney d’un mètre vingt de haut, avec plus de 2000 Cheetos chacun.

J’aurais voulu être un artiste

Peindre sur toile, c’est si surfait. Pour un peu plus d’originalité, l’artiste américaine Brittany Powell s’est associée avec Tae Kitakata, et tous deux ont décidé de faire de la création sur tartine. Ils reproduisent des tableaux d’art moderne hyper connus avec quelques tranches de fromage ou des sauces de toutes les couleurs. Rothko, Damien Hirst et Mondrian trouvent donc une deuxième vie dans le pain de mie. L’idée est cool, mais semble aussi fraîche que la tomate qui développe son écosystème au fond de mon frigo.

La preuve, l’artiste norvégienne Ida Skivenes a eu sensiblement la même. Ida est surtout branchée toasts, et elle reproduit les peintures d’Edouard Munch, Salvador Dali ou Vincent Van Gogh comme tu ouvres un opercule de yaourt. Et l’artiste a tout compris, puisqu’elle finit toujours par manger ses créations pour ne pas gâcher la nourriture. Du moins c’est ce qu’elle raconte.

Les big boss de la jardinière

D’autres font de la sculpture. C’est le cas de Dan Cretu, un photographe roumain, qui reproduit tous les objets du quotidien pour en faire des trucs plus sympathiques et surtout totalement comestibles. L’homme semble avoir une affection particulière pour les nouvelles technologies et le découpage, puisqu’il a notamment réalisé de faux appareils photos à base de concombres et d’oranges. Espérons que ça donne la pêche à ceux qui s’en servent.

Dans la catégorie gros balèze, permettez-moi de vous présenter Carl Warner. Ce photographe anglais est un spécialiste des “foodscapes”, c’est-à-dire des paysages entiers tout en bouffe. Il compile les fruits, légumes, viandes et poissons pour en faire des décors complètement dingues. Alice au pays des cartes vermeilles n’à qu’à bien se tenir. Évidemment, une lumière très travaillée et quelques petites retouches photos aident à rendre le résultat plus qu’alléchant.

Les artistes du Villafane Studio sont deux américains plutôt branchés Halloween. Ray Villafane et Andy Bergholtz ont pour dada la sculpture sur citrouille. Mais attention, pas du niveau de celle que fait ta correspondante américaine avec ses parents. Non, ces deux gars-là creusent la chair des cucurbitacées avec patience pour leur donner des visages totalement flippants, ambiance Freddy dans le potager.

Conceptuel, j’écris ton nom

En terme de food art, tout n’est pas toujours clair comme de la Cristalline. Beth Galton est une photographe américaine qui s’est spécialisée dans le food design, et donc passe son temps à prendre des clichés de nourriture les plus appétissants possibles. Elle apporte toujours sa papatte, et a notamment imaginé une série où tous les plats seraient découpés en deux pour qu’on en voie l’intérieur. Ca donne un peu l’impression de faire une dissection des pâtes bolognaises directement dans leur casserole, mais pourquoi pas.

Sakir Gökçebag est quant à lui un maniaque du rangement. Le kif de ce photographe turc, c’est d’arranger les fruits de manière graphique, pour en faire des sculptures et des motifs très orientalisants. J’en connais un qui a dû s’éclater en géométrie à l’école primaire. Le plus fort, c’est qu’il n’a même pas recours à Photoshop pour obtenir un résultat aussi lisse, alors que je me débats avec mes cubes de patates sautées.

Défiler sans faire le poireau

Ne sous-estime jamais le contenu de ton frigo. Il pourrait bien te servir à renouveler ta garde-robe, comme Scarlett O’Hara avec ses rideaux. Si tu veux un exemple de couturière du bac à légumes, laisse-moi te présenter Yeonju Sung. Cette créatrice coréenne a de la magie dans les doigts et dans ses casseroles. Elle a réalisée une série de vêtements qui se mangent, les “Wearable Food”. Et je ne te parle pas de jupes en peau de bananes. Ses bustiers et autres robes sont élégantes, hyper délicates et plutôt vegan friendly. La mode du légume a de beaux jours devant elle, ce n’est pas Karen Karmody qui dira le contraire.

La Haute Couture comestible, c’est aussi le sujet du boulot de Fulvio Bonavia. Ce designer et photographie italien s’inspire carrément des tenues et accessoires imaginés par des couturiers célèbres. Il est particulièrement connu pour son livre “A Matter of Taster”, qui présente notamment des reproduction de sacs de luxe en brocolis ou en framboises. Pour les débuts de Garage Magazine, il a imaginé une robe McQueen en laitue romaine et un ensemble Prada en agrumes. Bourré de colorants artificiels et de retouches, mais délicieux.

Les graphistes frustrés

Quand on bosse dans le design, ça laisse des traces dans la cuisine. La designer et illustratrice de Pennsylvanie Danielle Evans est une fana de typographie. Quand elle délaisse son ordi, c’est pour fabriquer ses jolies lettres tendance avec des matériaux alimentaires. Tout est fait à la main avec du thé bien vert pour le “Green” ou de la farine pour “Unbleached”, et attention, pas un grain de maïs ne dépasse.

D’autres ont probablement été traumatisés par le nuancier Pantone, une gamme de couleurs ultra précise qu’utilisent les imprimeurs pour déterminer LA nuance à obtenir. L’artiste américain David Schwen a donc transposé les célèbres combinaisons colorées en bouffe, grâce aux aliments qu’il avait sous la main. Le pull couleur cookie ou beurre de cacahuète, j’en mangerai tous les jours à la place du Nutella.

Même combat pour la française Emilie Guelpa. Elle s’est chargée de rendre le nuancier un peu plus appétissant en y superposant des plats qui correspondraient aux coloris déjà recensés par Pantone. Cette directrice artistique est passionnée de couleur, de nourriture et de macarons Pierre Hermé. Du coup, je ne peux que la comprendre quand elle dit qu’elle adore combiner le visu et le gustatif.

Tu l’auras compris, le food art fait autant de mal à ton frigo, qu’il vide dramatiquement, qu’à tes papilles qui frôlent l’orgasme grâce à un simple contact visuel avec de la betterave (cette dernière affirmation n’est pas prouvée scientifiquement). L’avantage, c’est qu’il suffit d’une ou deux courgettes et d’un grain de riz de folie pour se lancer et te la péter aux repas du dimanche. Alors, partante pour une petite sculpture sur du Maroilles ?

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Voici le dernier commentaire en date :

  • Miss Lau
    Miss Lau, Le 18 juillet 2013 à 22h50

    Ben moi j'ai fait un homme de poivre surfant sur une vague de kiri.

    Et ouais. 8)

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