Des filles en école d’ingé – Épisode 1

Pondu par Sophie-Pierre Pernaut le 5 février 2013     

Découvrez le quotidien de 10 étudiantes en école d’ingénieur-e-s avec cette série, en partenariat avec l’ESME Sudria, l’EPITA et l’IPSA !

Il y a quelques semaines, nous avons été contactés pour participer à un projet en ligne, qui vise à informer les lycéennes et étudiantes sur les métiers d’ingénieur-e grâce à des news, des témoignages permettant de découvrir les métiers du secteur ainsi qu’une série hebdomadaire qui raconte le quotidien des étudiantes. Nous avons décidé de vous partager cette dernière et en voici le premier épisode qui présente les dix filles issues de nos trois écoles partenaires !

Elles sont 10, elles sont jeunes, elles viennent de la France entière et sont pleines d’ambition… Tout porte à croire que vous êtes en train de lire l’introduction d’une émission de téléréalité estampillée TF1, mais les jeunes femmes que nous allons suivre de façon hebdomadaire ne feront probablement jamais la couverture de la presse people : leur vie quotidienne n’est pas filmée par 26 caméras, leurs paroles ne sont pas enregistrées par 50 micros… Elles sont toutes en école d’ingénieurs (l’EPITA, l’ESME Sudria et l’IPSA), ont chacune leurs spécialités et leurs perspectives d’avenir. Mais avant de parler de leur quotidien dans leur établissement scolaire, laissez-moi vous les présenter !

Les filles de l’IPSA, futures ingénieures dans l’aéronautique et le spatial

La devise de cette école, c’est « L’air, l’espace, l’IPSA ». On pourrait difficilement faire plus clair. À l’IPSA, on forme des spécialistes en ingénierie dans les domaines aéronautiques et spatiaux. Si ce n’était pas si facile, je dirais que cette école a la tête dans les étoiles, mais ça fait un peu Patrick Sébastien, faites comme si j’avais rien dit. Dans les couloirs de cette école, on peut croiser Mélissa, Jeanne, Camille et Sophie.

Mélissa est en 1re année de Bachelor, a 19 ans, vient de Vincennes et est titulaire d’un bac scientifique. À la base, elle voulait faire médecine. Mais elle a vite changé d’avis parce qu’elle était consciente que le système de la fac « où on vient quand on veut » (soit plus ou moins jamais) ne lui conviendrait pas. Elle ne voulait pas faire de prépa non plus pour ne pas ressentir une pression équivalente à une balade dans la stratosphère sans casque. Ce qu’elle apprécie dans une école comme l’IPSA, c’est l’esprit d’entraide qu’on y trouve. À l’écouter en parler, l’école apparaît aussi réconfortante qu’une bulle d’oxygène dans laquelle se glisser après une petite visite dans l’espace.

Camille non plus ne souhaitait pas faire une prépa traditionnelle. C’est donc tout naturellement qu’elle a débarqué de sa campagne (proche de Lyon) pour entamer le Bachelor de l’IPSA. Actuellement, elle est en 1ère du Master et souhaite continuer dans le secteur de l’aéronautique.

Jeanne est en Aéro3, c’est-à-dire en 3e année de Bachelor. Elle vient de Lyon et rêve depuis toute petite de travailler dans l’aéronautique (ce qui est plutôt classe – personnellement, petite, je voulais être payée pour regarder des Disney, mais même en 2012, je ne trouve pas d’annonce correspondant à cette envie chez Pôle Emploi). Maintenant, elle pense sérieusement au métier d’aérodynamicienne, dont le principe est de concevoir, d’améliorer et d’évaluer les propriétés aérodynamiques des composants d’un moteur. Peut-être bien que si ce métier n’existait pas, les passagers d’un avion seraient forcés de pédaler pour faire voler leur véhicule. Ce qui, vous en conviendrez, ne serait que peu pratique.

En parlant d’avions : Sophie, étudiante en 2ème (et dernière) année du Master, rêvait de les piloter quand elle était petite. Très vite, elle a voulu faire une école d’ingénieurs. Elle a découvert l’IPSA dans un salon étudiant de la région lilloise, de laquelle elle est originaire (l’occasion de rappeler que, non, l’ambition de tous les gens du Nord n’est pas de participer aux Ch’tis à Mykonos). Mais ses années d’étude lui ont fait découvrir un autre métier : celui d’ingénieure d’affaires. Plus branché marketing que l’aspect traditionnel qui ressort le plus souvent quand on parle d’ingénierie, ce job peut aussi bien amener à travailler avec des fournisseurs qu’à manager des projets ou à être consultant.

Les filles de l’EPITA, futures ingénieures en informatique

Il existe un proverbe qui dit « Si ordinateur tu as, alors toujours tu dois connaître un étudiant de l’EPITA » (ou peut-être que je viens juste de l’inventer, je ne sais plus). Cette école d’ingénieurs dont la devise est « L’intelligence informatique » forme aux technologies de l’information et de la communication.

Anne (prénom modifié) a 17 ans et elle vient d’entrer en 1re année cycle prépa (Info Sup) après avoir obtenu son bac S spé maths. Après avoir hésité entre suivre un cursus artistique ou informatique, elle a penché pour la seconde possibilité à la suite d’un projet mené au lycée. Ce qui l’a décidée, c’est son amour pour les sciences et le travail en équipe. Pour l’instant, elle aimerait travailler dans l’univers des jeux vidéo, ce qui lui permettrait de concilier ses deux grands centres d’intérêts, mais elle n’a pas encore fait de choix définitif, préférant se laisser porter par ses études.

Étudiante en première année cycle ingénieur, Maïté vient de l’île du soleil, des plages de sable fin, de l’eau turquoise et des scolopendres puisqu’elle est originaire de la Réunion. Elle avoue avoir choisi l’EPITA car l’informatique lui permet d’assouvir son amour pour les maths et pour tout ce qui est logique. Comme beaucoup, elle concède toujours s’intéresser aux nouvelles sorties en téléphonie mobile et en informatique – « Même si je ne peux pas toujours me les payer ».

Plus avancée dans ses études, Sabrine est en dernière année cycle ingénieur (ING3) avec spécialisation SRS (système réseau sécurité). C’est dans un salon étudiant qu’elle a découvert ce qui allait devenir sa future école. Les deux centres d’intérêt professionnels de Sabrine étant l’informatique et la sécurité, elle ne regrette pas son choix : elle ne s’ennuie pas et s’épanouit dans ses études. Actuellement en recherche de stage, elle m’explique être sur deux pistes : la première dans la gestion des risques informatiques, la seconde dont elle ne peut pas parler pour des raisons de confidentialité. J’aurais aimé en savoir plus, mais j’ai moyennement envie de me faire arrêter pour fouinage abusif.

Les filles de l’ESME Sudria, futures ingénieures en nouvelles technologies

L’ESME Sudria est un peu plus généraliste : cette grande école d’ingénieurs forme aux métiers issus des domaines du génie électrique, de l’électronique, des télécommunications ou encore de l’informatique.

Si elle avait gardé sa première idée professionnelle, Fantine ne serait pas en 1ère année de Bachelor à l’ESME Sudria : quand elle était plus jeune, elle voulait être vétérinaire. Finalement, après quelques stages dans ce domaine, elle a réalisé que ce n’était pas forcément sa voie. Son frère étant déjà étudiant à l’ESME Sudria et ayant pas mal d’ingénieurs dans sa famille, c’est plutôt naturellement qu’elle a choisi cette école dont l’aspect généraliste lui a justement beaucoup plu.

Sarah est en 3ème année de Bachelor et elle a 21 ans. À la base, elle voulait faire de la médecine mais une de ses amies lui a parlé de l’ESME Sudria, plantant une petite graine dans son esprit. La graine a germé quand Sarah a appris que cette école pouvait permettre de se diriger vers le domaine de l’imagerie médicale. Elle a également découvert grâce à ses études le métier d’ingénieur en systèmes embarqués. Alors que l’école d’ingénieurs n’était pas son premier choix, elle se dit désormais ravie d’y être. J’aimerais ajouter qu’elle s’y épanouit comme une fleur, mais je crois que j’ai fait suffisamment de métaphore botanique pour la présenter.

Alors qu’elle était en terminale, Susan a réalisé qu’elle était intéressée par plusieurs domaines. Passionnée par la physique, elle a finalement choisi de faire une prépa maths sup/maths spé avant de passer les oraux de plusieurs écoles. Mais c’est l’ESME Sudria qui lui a plu : le principe de suivre un cursus général avant de se spécialiser en dernière année lui convenait et l’ambiance lui semblait franchement sympathique. Pour son avenir, Susan (actuellement en seconde année de Master) souhaiterait éviter d’être coincée derrière un bureau et aimerait avoir l’occasion de partir à l’étranger. C’est plutôt bien parti puisqu’elle part en février/mars étudier pour un an au pays du kangourou, du wombat, du koala mais aussi de Hugh Jackman, Chris Hemsworth ou encore André de Vanny (mais ça c’est Wikipedia qui me le dit parce que je sais pas qui c’est), j’ai nommé l’Australie ! Elle risque d’avoir quelques anecdotes plutôt cool à nous raconter une fois qu’elle sera là-bas.

Maintenant que les présentations sont faites, on se retrouve très bientôt pour de nouvelles aventures avec nos futures ingénieures !

- Retrouvez tous les épisodes de la série, les portraits mensuels et l’actu des femmes dans le secteur high-tech sur Femme Ingénieure.

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Cet article a été pondu par Sophie-Pierre Pernaut - Tous ses articles

Sophie-Pierre Pernaut (dite SPP, dite Sophie) écrit pour madmoiZelle depuis l'an 2011. Elle s'est donnée pour mission de vous informer, de vous divertir et d'éventuellement vous faire rigoler avec son humour somme toute assez crétin. Elle aime la tartiflette et les chèques en blanc.

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Les 10 dernières réactions à cet article sur le forum

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  1. trinity13trinity13

    Le 06 février 2013 à 14:48

    Ouh je sens venir le coup de gueule…..

    Oh qu'elle est belle cette affiche publicitaire pour les Ecoles d'Ingé (ou presque) pour les filles et blablabliblablabla.

    Bon, posons le décors : je suis étudiante à l'école des Mines de Saint Etienne dans le cycle ISMIN (option info), j'en ai ch*** pour en arriver là, maintenant, parlons peu parlons bien.

    Tout d'abord les écoles présentées ne sont pas ou presque des écoles d'ingénieur car certaines ne sont pas validées CTI (Commission des Titres d'Ingénieur). Elles procurent donc au mieux pour certaines une EQUIVALENCE au master et donc pas un master. Elles sont également privées et très cher, ce qui n'est pas le cas de la plupart des écoles d'ingé françaises et sont, pour la meilleure, de rang C au classement des écoles d'ingé, autant dire que c'est pas non plus des "grandes" écoles (sans pour autant cracher sur les petites écoles spécialisées qui sont souvent très bien).

    Tout d'abord, il faut savoir qu'une bourse "Prix de la Vocation Scientifique des Filles" est accordée à celles d'entre vous qui souhaiteraient se lancer dans des études de type prépa + école d'ingé. Mais attention, pour intégrer (= être pris dans une bonne école), il faut en baver : nuits blanches, rabaissement quotidien, perte de contact avec une majorité d'amis, exclusion sociale, perte de repère et de notion du temps, perte de confiance en soi. Pour moi c'est simple, ça a finit en dépression. Après, il paraît que certains le vivent bien. Il paraît.

    Sur ce, mon quotidien en école d'ingé…. J'ai eu la chance d'intégrer une école pas loin de chez moi, ce qui m'a permis de ne pas avoir à mettre fin à ma relation avec mon copain (contrairement à la majorité des filles de ma promo). Parce que ne vous faites pas d'illusion : même la meilleure relation et la plus longue et la plus solide est mise à l'épreuve là bas. Pourquoi ? Un campus, au mieux 25 % de fille (10% l'an dernier), des mecs "morts de faim" car ils n'ont pas touché une fille depuis au mieux 2 ans, beaux garçons pour certains et qui attaquent tous plus fort les uns que les autres. La drague c'est le quotidien, et le fait que vous êtes une fille ne passera jamais, au grand jamais inaperçu. Après tu rajoutes à ça les soirées quotidiennes, l'alcool qui coule à flot, le rapprochement très fort entre camarades de promo, l'intégration (dans certaines écoles, il faut choisir entre s'intégrer et fidélité), les passations. Les pièges sont nombreux et même quand on les voit il est très dur de les éviter sans se mettre des personnes à dos.
    Après, niveau vie quot', c'est l'éclate, une vie de rêve comme on en voit peu, d'une qualité exceptionnelle que je regretterais sûrement plus tard.

    Autre chose, pour les stages et tout ce qui a un rapport de près ou de loin, le fait d'être une fille avantage et ne vous faites pas d'illusions là dessus : votre CV est bon mais le double détail qui saute au yeux du recruteur est tout aussi déterminant. Je ne dis pas qu'il faut en jouer, mais qu'il faut s'y habituer. Vous entrez ici dans un milieu masculin, et n'a pas la foi de le supporter qui veut. Après, si vous avez la force de caractère, je n'ai qu'une seule chose à dire : n'hésitez plus ! La prépa est le cap à passer, après, c'est que du bonheur
  2. trinity13trinity13

    Le 06 février 2013 à 15:24

    Posté par becherovka
    Posté par trinity13
    Tout d'abord, il faut savoir qu'une bourse "Prix de la Vocation Scientifique des Filles" est accordée à celles d'entre vous qui souhaiteraient se lancer dans des études de type prépa + école d'ingé. Mais attention, pour intégrer (= être pris dans une bonne école), il faut en baver : nuits blanches, rabaissement quotidien, perte de contact avec une majorité d'amis, exclusion sociale, perte de repère et de notion du temps, perte de confiance en soi. Pour moi c'est simple, ça a finit en dépression. Après, il paraît que certains le vivent bien. Il paraît.


    Tu oublies de mentionner l'environnement intellectuel hyper stimulant, la camaraderie, l'intérêt des cours, les classes à taille humaine, des profs exceptionnels, l'acquisition de méthodes et de capacités de travail…

    Et des nuits blanches?! Se coucher tard arrive, mais des nuits blanches reflètent surtout une organisation peu judicieuse, selon moi.

    Je ne conteste pas ton expérience et la prépa n'est effectivement pas un monde toujours rose mais c'était juste histoire de nuancer un peu au cas où des madz plus jeunes passeraient par là :) La prépa ne saurait être réduite à un mauvais moment à passer pour accéder au pays de cocagne fantasmé qu'est l'école.

    En revanche je plussoie grandement ta description de la vie quotidienne en école.


    Je t'accorde que j'y suis aller un peu fort, tout n'est pas tout noir en prépa mais il faut être bien préparé avant d'y rentrer. Il est vrai que l'on y apprend des choses et des méthodes comme nulle part ailleurs et qu'une grande majorité de l'enseignement dispensé est de qualité.
    Après, les classes sont dans mon école de taille plus humaines qu'elles ne l'étaient en prépa (22 vs 48 en prépa), pour ce qui est de la camaraderie, certes tu te fais des amis que tu gardes par la suite mais là n'est pas l'esprit et cela se resent. Je suis devenue plus proche en 2 mois de mes amis d'écoles d'ingénieur que de mes amis de prépa. De plus, je ne vois plus la plupart à cause de l'éloignement géographique et en aurait certainement perdu la majorité à l'entrée dans la vie professionnelle.

    Pour ce qui est des nuits blanches, elles arrivent (quand un prof pête un plomb) mais il est vrai qu'elles sont rares. Par contre, moi qui ai un grand besoin de sommeil, il est clair que celui-ci était insuffisant. De plus, cet enseignement qui se devait gratuit m'a au final coûté assez cher entre les livres, les inscriptions aux concours et l'achat d'un ordinateur (oui, je n'en avais pas avant).

    Pour ce qui est de l'environnement intellectuel stimulant, pour moi ce fut l'inverse. Je suis passée d'excellente élève, aimée de l'ensemble des professeurs, perfectionniste et avisée à mauvaise élève en prépa au point que j'ai perdu de ma motivation et de ma capacité de travail. Je pense être aujourd'hui une bien moins bonne élève que je ne l'étais au lycée. Avant les notes me faisaient quelque chose. Aujourd'hui, mon détachement est tel que je n'arrive même plus à m'inquiéter de mes résultats scolaires.

    J'ai du mal à cautionner ce besoin que la France a de mettre ainsi à l'épreuve son élite avant de lui faire intégrer les écoles. Certes, les causes citées sont nombreuses mais nombreuses sont aussi les carrières brisées et perdues pour les personnes qui n'étaient pas faites pour ce type d'enseignement.

    Il ne faut pas oublier qu'il existe aujourd'hui de nouveaux cursus pour intégrer les grandes écoles, renseignez vous, mais sachez que la voie "royale" reste la prépa.
  3. FabFab

    Le 06 février 2013 à 15:42

    Posté par trinity13
    Un campus, au mieux 25 % de fille (10% l'an dernier), des mecs "morts de faim" car ils n'ont pas touché une fille depuis au mieux 2 ans, beaux garçons pour certains et qui attaquent tous plus fort les uns que les autres. La drague c'est le quotidien, et le fait que vous êtes une fille ne passera jamais, au grand jamais inaperçu.

    Tu sembles être remontée (je ne sais pas si tu as vu mon commentaire précédent qui expliquait le pourquoi du comment de cette opération) mais je cite le passage qui est la raison même de la présence de cette série d'articles sur madmoiZelle : rétablir la parité dans les écoles d'ingénieurs, pour éviter que "le fait d'être une fille ne passe jamais inaperçu" comme tu dis ;)
  4. Billie_the_catBillie_the_cat

    Le 06 février 2013 à 16:40

    Pour être aux Mines St Etienne tu dois pas être si mauvaise que ça quand même… ;)

    En tout cas cet article fait très plaisir même si il est vrai que les écoles présentées sont effectivement en général black-listée par tout élève moyen qui espère avoir au minimum une CCP (concours de base pour entrer dans une vingtaine d'écoles d'ingénieurs) sympathique.

    Et au final, c'est vrai qu'il faut pas répandre cette idée que la prépa c'est la mort (sociale notamment). Chacun vit ces deux années de manière différente, mais pour la plupart des gens que je connais, dont moi, la prépa c'est plutôt sympathique dans le sens où l'ambiance est totalement différente de celle du lycée. Il y a clairement le travail qui se ressent, mais les profs ne sont pas là pour nous casser, et l'esprit de compétition pas forcément très présent. Après je peux comprendre que tout doit dépendre de si tu es dans une parisienne ou dans une prépa moins cotée en province… En tout cas, j'ai fort hâte d'intégrer et les concours arrivent très bientôt :D Merci madmoizelle, qui m'empêche de travailler ! Sur ce, je retourne faire des maths !
  5. C-trouilleC-trouille

    Le 06 février 2013 à 16:58

    Allez quitte à en rajouter une couche…
    Super initiative, mais quel dommage! L'effectif choisi n'est clairement pas représentatif! Et comme l'a dit une madmoizelle au dessus, pour la plupart des écoles d'ingé il faut d'abord passer par la case prépa. Et la c'est carrément autre chose.
    Certes en école, tout le monde s'éclate/s'entraide et personne ne juge tes capacités.
    Mais en prépa, c'est une compétition ( ou en tout cas, certains le perçoivent comme ca). Donc tu te prends des baches, des méchants tacles de tout les cotés.
    Un exemple? Mon prof de maths qui me rends une copie en me disant " ca fait plaisir de voir une écriture de fille au milieu de toutes ces copies de garcons…dommage que vous n'ayez pas le meme niveau qu'eux!" ou encore une bande de mes camarades qui n'ont jamais pris la peine d'apprendre mon prénom et m'ont appelé "la blonde" pendant la spé, en se faisant un malin plaisir de rappeler ma couleur de cheveux des que je posait une question en cours.
    Encore une fois, ce n'est que mon témoignage (j'etais la seule fille dans une classe de 40) et j'ai quand meme apprécié mes années de prépa mais si on tient vraiment à parler des filles en école d'ingé, le cursus prépa+grande école ne devrait pas être oublié.
  6. trinity13trinity13

    Le 06 février 2013 à 18:37

    Posté par becherovka
    Posté par trinity13
    J'ai du mal à cautionner ce besoin que la France a de mettre ainsi à l'épreuve son élite avant de lui faire intégrer les écoles. Certes, les causes citées sont nombreuses mais nombreuses sont aussi les carrières brisées et  perdues pour les personnes qui n'étaient pas faites pour ce type d'enseignement.

    Il ne faut pas oublier qu'il existe aujourd'hui de nouveaux cursus pour intégrer les grandes écoles, renseignez vous, mais sachez que la voie "royale" reste la prépa.

    Je réagis juste là-dessus parce que pour le reste, c'est une question de personnalité: quel que soit le pays, il existe une sélection des "élites" à un moment ou à un autre, un couperet, un entonnoir, un concours, un examen à score important, des école/universités qui auront toujours un nom "mieux" que les autres…
    Cela peut prendre différentes formes, ne pas être arrangé de la même façon qu'en France dans le temps, mais dans tous les cas cela laisse forcément des gens au bord de la route avec un sentiment d'injustice car ils n'étaient pas fait pour, et parfois avec une dette sur le dos.

    Mais n'importe quelle formation, qu'elle soit considérée comme étant """d'excellence""" ou non, aura un taux d'échec statistiquement inévitable avec des vies affectées derrière, de mauvaises orientations, tout ça… Je ne vois pas pourquoi la prépa y échapperait et pourquoi il faudrait remettre en cause la prépa sous prétexte qu'une minorité y échoue alors que toutes les formations ont un certain taux d'abandon.


    Sauf qu'en prépa la sélection avait déjà été faite au mérite au préalable. Au final, des personnes ayant d'excellent dossier et titulaire du bac mention TB se retrouvent à échouer en prépa à cause de la pression. Une sélection sur dossier n'était elle pas suffisante ?
  7. LuliluleLulilule

    Le 06 février 2013 à 22:59

    Posté par trinity13
    Ouh je sens venir le coup de gueule…..

    Oh qu'elle est belle cette affiche publicitaire pour les Ecoles d'Ingé (ou presque) pour les filles et blablabliblablabla.

    Bon, posons le décors : je suis étudiante à l'école des Mines de Saint Etienne dans le cycle ISMIN (option info), j'en ai ch*** pour en arriver là, maintenant, parlons peu parlons bien.

    Tout d'abord les écoles présentées ne sont pas ou presque des écoles d'ingénieur car certaines ne sont pas validées CTI (Commission des Titres d'Ingénieur). Elles procurent donc au mieux pour certaines une EQUIVALENCE au master et donc pas un master. Elles sont également privées et très cher, ce qui n'est pas le cas de la plupart des écoles d'ingé françaises et sont, pour la meilleure, de rang C au classement des écoles d'ingé, autant dire que c'est pas non plus des "grandes" écoles (sans pour autant cracher sur les petites écoles spécialisées qui sont souvent très bien).

    Tout d'abord, il faut savoir qu'une bourse "Prix de la Vocation Scientifique des Filles" est accordée à celles d'entre vous qui souhaiteraient se lancer dans des études de type prépa + école d'ingé. Mais attention, pour intégrer (= être pris dans une bonne école), il faut en baver : nuits blanches, rabaissement quotidien, perte de contact avec une majorité d'amis, exclusion sociale, perte de repère et de notion du temps, perte de confiance en soi. Pour moi c'est simple, ça a finit en dépression. Après, il paraît que certains le vivent bien. Il paraît.

    Sur ce, mon quotidien en école d'ingé…. J'ai eu la chance d'intégrer une école pas loin de chez moi, ce qui m'a permis de ne pas avoir à mettre fin à ma relation avec mon copain (contrairement à la majorité des filles de ma promo). Parce que ne vous faites pas d'illusion : même la meilleure relation et la plus longue et la plus solide est mise à l'épreuve là bas. Pourquoi ? Un campus, au mieux 25 % de fille (10% l'an dernier), des mecs "morts de faim" car ils n'ont pas touché une fille depuis au mieux 2 ans, beaux garçons pour certains et qui attaquent tous plus fort les uns que les autres. La drague c'est le quotidien, et le fait que vous êtes une fille ne passera jamais, au grand jamais inaperçu. Après tu rajoutes à ça les soirées quotidiennes, l'alcool qui coule à flot, le rapprochement très fort entre camarades de promo, l'intégration (dans certaines écoles, il faut choisir entre s'intégrer et fidélité), les passations. Les pièges sont nombreux et même quand on les voit il est très dur de les éviter sans se mettre des personnes à dos.
    Après, niveau vie quot', c'est l'éclate, une vie de rêve comme on en voit peu, d'une qualité exceptionnelle que je regretterais sûrement plus tard.

    Autre chose, pour les stages et tout ce qui a un rapport de près ou de loin, le fait d'être une fille avantage et ne vous faites pas d'illusions là dessus : votre CV est bon mais le double détail qui saute au yeux du recruteur est tout aussi déterminant. Je ne dis pas qu'il faut en jouer, mais qu'il faut s'y habituer. Vous entrez ici dans un milieu masculin, et n'a pas la foi de le supporter qui veut. Après, si vous avez la force de caractère, je n'ai qu'une seule chose à dire : n'hésitez plus ! La prépa est le cap à passer, après, c'est que du bonheur

    Ca c'est ton expérience. Personnellement, la prépa je l'ai plutôt bien vécue, peut-être même mieux que l'école niveau charge de boulot et pression psychologique.
    La prépa, ça dépend vraiment des gens, du lycée ect. c'est pas LA PREPA, mais les prépa.

    Ensuite pour ce qui est des mecs en école, je n'ai jamais eu à subir de mecs "morts de faim" et je ne pense pas être particulièrement moche. C'est vraiment caricatural ce que tu dis, et encore une fois propre à ton expérience. Mes meilleurs amis en école sont des hommes, jamais on ne m'a fait du rentre dedans, on ne m'a que très rarement fait des réflexions sur le fait que j'étais une fille (sauf parfois lorsque physiquement j'étais incapable de faire quelque-chose parce que je n'avais pas assez de force…) et dieu merci, je sais boire (ie, je sais quand m'arrêter de boire pour pas finir ivre morte ou faire des trucs que je regretterai).

    Chacun vit comme il veut… Mais en soirée étudiante, où que tu sois (école infirmière ou école d'ingé), il faut s'attendre à en subir les dérives si tu bois trop.
    De plus, cette histoire de soirées, de clubs ect. je trouve que c'est quelque-chose de surfait (en tout cas à Grenoble INP). NE PAS PARTICIPER A L'INTE EN ECOLE D'INGE NE FERA PAS DE TOI UN RECLUS SOCIAL. Tu peux n'aller à aucune soirée, aucun club, zapper le WE d'inté et te faire des amis quand même. Tu peux même quand même intégrer des clubs étudiants et pourquoi pas des listes ?
    Ensuite, dieu merci, les élèves ingénieurs ne sont pas tous des alcooliques notoires, et donc il existe d'autre type de sorties que les soirées "murge" où il est possible de rencontrer ses camarades d'école.

    Personnellement je pense que les écoles d'ingénieur ne sont pas un milieu MASCULIN comme pourraient l'être une formation pour un bac technologique en mécanique automobile. Même quand il y a très peu de filles, il faut dire ce qui est, on se retrouve généralement avec des gens d'une intelligence sociale suffisante pour passer le cap des blagues graveleuses et des mains aux fesses.
    Même pendant mes stages, bien que j'avoue qu'effectivement le fait d'être fille aide souvent à faire s'ouvrir des portes, je n'ai pas eu à reprocher grand chose à mes collègues. Mieux même, je me souviens qu'ils étaient contents de m'avoir parce que leur précédente stagiaire était du genre aguicheuse et à faire des blagues douteuses… et que ce n'était pas du tout leur cas.

    Voilà, c'est pour rassurer les Madz qui songent à devenir ingé. Si vous le voulez vraiment : lancez vous ! Personne ne vous mangera c'est promis, ni la prépa (si vraiment ça vous fait peur il est toujours possible de passer par d'autres voies), ni les garçons…
  8. Fire Ice and RageFire Ice and Rage

    Le 07 février 2013 à 12:19

    Posté par almadmoizelle
    J'en avais rêvé, madmoizelle l'a fait ! :banana:
    3 mecs par fille dans mon école très geek, très math (télécom paristech) et malgré ça y'a rien à se mettre sous la dent :facepalm:

    Edit : je viens de me rendre compte que mon avatar résumait très bien mon message

    Télécom Paris Tech = soirée Rock tous les mardis soirs. Ton école gère ! (j'y allais quand j'étais en prépa, ahah)
  9. elke02elke02

    Le 07 février 2013 à 20:13

    Posté par schottky
    Je suis trop contente de cette initiative! Vive les filles ingé, il en faut plus, on est encore trop loin du 50/50!

    INSA Lyon RPZ :banana:

    INSA Lyon aussi!
    Comme beaucoup de Madz j'ai pas vraiment senti de mecs "totalement en chien" , ils devaient être bien élevés!
    (ou les suçons dans le cou les ont arrêtés peut être)
    En tout cas bravo pour ces articles, très intéréssant et qui ouvrent un beau débat!

    J'avoue avoir choisi l'INSA pour éviter la Prépa (ou les prépas devrais-je dire^^). Ce qu'on entends de la prépa au lycée fait vraiment peur. J'avais pas envie de vivre non stop pour mes cours pendant 2 ans…
    Même si au final faire des années de "prépa intégrée" ce n'est pas des vacances. Si des madz sont tentées par une école, faut ne pas avoir peur. Avec la volonté on arrive à tout!
  10. AlmadmoizelleAlmadmoizelle

    Le 10 février 2013 à 22:01

    Posté par fire-ice-and-rage
    Posté par almadmoizelle
    J'en avais rêvé, madmoizelle l'a fait ! :banana:
    3 mecs par fille dans mon école très geek, très math (télécom paristech) et malgré ça y'a rien à se mettre sous la dent :facepalm:

    Edit : je viens de me rendre compte que mon avatar résumait très bien mon message


    Télécom Paris Tech = soirée Rock tous les mardis soirs. Ton école gère ! (j'y allais quand j'étais en prépa, ahah)

    Hahaha la plupart des gens à qui je parle de mon école la connaisse grâce aux soirées rock  ^^
    Elles sont toujours là mais moi j'y vais pas trop (trop de monde) je préfère les soirées du mercredi :)

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