Je suis famille d’accueil pour chats, j’héberge les matous perdus ou abandonnés !

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Gommette est famille d'accueil pour chats. Elle sauve des félins abandonnés ou perdus de l'euthanasie. Explications.

Je suis famille d’accueil pour chats, j’héberge les matous perdus ou abandonnés !

— Publié initialement le 28 février 2013

L’abandon des chats, un cercle vicieux

Mignon chaton deviendra grand…

« On » a envie d’avoir un chaton. Ben oui, un chaton c’est mignon, ça fait ronron, ça joue, ça coûte rien en plus.

Alors on va sur Le Bon Coin, ou on a vent d’une portée de chatons qui sont à donner, et on se retrouve avec un mignon petit bébé chat, qu’on se jure d’aimer à la vie à la mort.

Sauf que. Un chaton ça grandit. Ça devient un chat, avec un caractère parfois difficile, ou en tout cas pas celui que l’on souhaitait. Ça fait des conneries, ça pisse sur le lit, ça chie par terre.

Ça tombe malade, et le véto ça coute cher. Ça fait des dégâts. Ça vit une quinzaine d’années. Ou tout simplement, ça lasse.

Pour ces raisons et bien d’autres encore, les animaux sont abandonnés par leurs propriétaires. On estime à 11 par minute le nombre de chiens et chats abandonnés en France : SPA, fourrière ou plus simplement dépôt de l’animal dans la rue, le plus sympa vu qu’il y trouvera un autre chat errant avec qui se reproduire à volonté, ou se fera écraser sur la route.

À ces abandons s’ajoutent les chats perdus, tombés d’un balcon ou d’une fenêtre. Un animal en appartement n’est pas impossible à égarer, bien au contraire.

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Résultat, on euthanasie des centaines d’animaux chaque jour.

La SPA évite un maximum cette pratique, certains refuges s’y refusent même complètement, mais la fourrière ne se paie pas ce luxe. Entre les animaux écrasés et ceux euthanasiés, la fourrière, c’est des centaines de kilos d’équarrissage (comprendre : de cadavres d’animaux) chaque semaine.

Protection animale : les associations

Même un lapinou aussi bien coiffé peut être abandonné.

Face à cette situation catastrophique, des associations de protection animale ont vu le jour.

Contrairement à la SPA ou aux refuges, ces associations ne disposent d’aucun local pour loger les animaux. Elles font donc appel à des familles d’accueil, qui vont héberger l’animal jusqu’à son adoption.

Le but de ces assos est de sortir un maximum d’animaux, souvent en grande urgence, à quelques jours de l’euthanasie : chiens , chats mais aussi NAC (nouveaux animaux de compagnie : lapins, furets, rats, etc.), de les soigner et de les faire adopter sous contrat associatif.

L’animal n’est pas donné, il est adopté par une famille dont on s’assure que la démarche est sérieuse et correspond à l’animal voulu, de plus si la personne ne peut plus s’en occuper, elle a obligation de rendre l’animal à l’association.

Certaines assos sont spécialisées dans un animal particulier, dans une race, ou une spécificité : animaux âgés, lourdement handicapés, atteints du SIDA , etc.

Ces personnes font un travail incroyable, ce sont de vrai•es passionné•es : être association de protection animale est un combat quotidien. Pas de budget, des heures de bénévolat sans compter, mais surtout devoir faire face à la cruauté et la bêtise de certains humains envers les animaux.

Les FAQ, Familles d’Accueil de Quarantaine

L’association sort l’animal de la fourrière, de la rue ou d’un foyer maltraitant en le faisant identifier par puce électronique (c’est obligatoire) et l’emmène dans sa FAQ — non pas sa foire aux questions, mais sa famille d’accueil de quarantaine.

On va y isoler l’animal, sans contact avec les autres animaux s’il y en a, pendant deux semaines minimum, et faire l’état des lieux de sa santé, son comportement, etc.

Il faut donc posséder une pièce séparée du reste de la maison pour pouvoir effectuer la quarantaine. On va faire les premiers soins véto : vaccination, vermifuge, déparasitage, traiter les éventuels bobos…

Quand on sait que l’animal est en bonne santé et protégé, il peut aller gambader joyeusement (ou se cracher dessus) avec ses congénères.

« Bienvenue dans ta nouvelle famille, Bob. »

Soit il reste dans la même famille, qui est alors FALD, famille d’accueil de longue durée, soit il rejoint une FALD différente. La FALD va s’occuper de l’animal, le nourrir, le soigner, le câliner, le sociabiliser si besoin.

Quand on a bien cerné le caractère de la bestiole, qu’il a reçu tous les soins vétos nécessaires, on le propose à l’adoption.

L’adoption n’est jamais gratuite, et pour cause : l’association prend en charge tous les frais vétérinaires, l’animal est proposé pucé, vacciné, stérilisé, et cela a un coût.

Les assos demandent environ 140€ de participation aux frais pour un chat, 250€ pour un chien. À savoir que si vous faisiez faire ces soins vous-mêmes, vous en auriez pour le double, au minimum.

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Pourquoi qu’on donne pas les animaux ? Ils seraient plus vite adopté, zêtes trop bêtes les gars ! Tout simplement pour ne pas reproduire le cycle de l’abandon expliqué plus haut.

Un animal pucé ne peut pas être euthanasié, il appartient à son propriétaire, il sera retrouvé plus facilement s’il est perdu ; un animal vacciné ne transmet pas de maladies aux autres et n’en attrape pas non plus ; un animal stérilisé ne pourra pas donner naissance à d’autres animaux abandonnés à leur tour, etc.

De plus, le paiement fait réfléchir les gens, il symbolise un réel engagement dans l’adoption, permet de voir si la personne est prête à consacrer un budget à son animal par la suite, et tout simplement il permet aux associations de tourner, puisqu’elles ne fonctionnent qu’avec des dons !

Être famille d’accueil pour chats, concrètement, c’est quoi ?

Nous n’accueillons que des chats. Pas qu’on aime pas les chiens, mais on est tous les deux des cat lovers depuis toujours, on habite en appartement, et le mélange chien-chats confinés dans un petit espace n’est pas gérable.

Il y a notre chatte à nous, et les minous qu’on accueille en FA. On en prend plusieurs en accueil, jusqu’à 5 en même temps, donc on vit entourés de poilus !

Au début, ça fait bizarre, de voir des chats partout chez soi, dès que tu entres dans une pièce il y en a un ou deux qui dorment, jouent… maintenant on ne pourrait plus s’en passer.

D’ailleurs, quand ils dorment chacun dans leur coin, loin de nous, la maison nous semble vide ! Souvent, on se marre bien, par exemple l’autre soir on regardait des séries sur le canapé, avec un chat à gauche, un à droite, un sur les genoux de mon copain et un autre dans mes bras.

On était littéralement envahis de ronrons, on a été obligés de mettre le son de la série au max pour couvrir le bruit.

Les félins sont très hiérarchisés entre eux. Parfois il y a des chats qui ne s’entendent pas, des conflits de territoires entre deux dominants, qui aura le meilleur canapé ou la place dans vos bras, donc il faut connaître un peu la psychologie du chat pour savoir comment gérer, savoir s’il faut intervenir ou non.

En général si vous n’êtes pas stressés avec ça, les chats s’organiseront d’eux-mêmes et il n’y aura pas de gros problème. Il y a aussi des chats qui s’adorent, qui dorment et jouent ensemble, là c’est super cool.

Le plus souvent, ils font leur vie chacun de leur côté.

Il faut avoir du temps à consacrer aux chats. Ils ont besoin de beaucoup d’affection, de présence.

Les chats sont des animaux extrêmement sensibles au stress. Certains sont traumatisés par la fourrière ou des maltraitances (beaucoup plus courantes qu’on le croit) et complètement terrorisés à la vue d’un humain, il faut les sociabiliser, leur redonner confiance.

Il faut aussi nettoyer les litières, les bêtises, donner à manger, soigner les bobos, aller aux rendez-vous vétérinaires, trouver des adoptants, etc. On peut aussi accueillir des félins handicapés, parfois lourdement, et là faut vraiment être motivé et avoir le cœur bien accroché.

Si on accueille un seul animal, ça va, si on en accueille plusieurs, c’est vraiment du boulot. Financièrement, il faut avoir un petit budget nourriture et litière, mais pas plus, l’asso prend en charge tout le reste, certaines proposent même de payer la nourriture.

On s’attache aux animaux comme si c’était les nôtres. C’est l’ambivalence de la FA. Ce n’est pas notre animal, pourtant on l’aime comme si ça l’était.

Quand un chat est adopté, il faut le laisser partir, c’est toujours un deuil : on l’a vu arriver parfois tout cabossé, malade, terrorisé, on s’en est occupé pendant des semaines, on a joué, câliné, dormi ensemble, on lui a parlé, parfois trouvé un nom. Et voilà que des inconnus souriants l’embarquent.

Gloups et re-gloups.

Moi qui suis ultra sensible, j’ai pas fini de verser des larmes je pense. Mais on ne peut pas garder tous les chats, et finalement la plus grande satisfaction c’est de se dire qu’on l’a sauvé.

Et puis on reçoit vite un mail, avec des photos de petites têtes poilues derrières des barreaux, et un message :

« Ces chats vont être euthanasiés dans deux jours, l’un a arrêté de manger, l’autre a une patte cassée, on cherche une FA en urgence, vous êtes dispos ? »

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Pour conclure sur les familles d’accueil…

Alors à tous ceux qui veulent un chaton, je dis réfléchissez bien, et sachez qu’un animal c’est quinze ans avec un petit être qui dépendra totalement de vous. Un adulte c’est moins mignon ; ok, pendant 4 mois c’est adorable, après ils grandissent tous de toute façon, un animal adulte vous connaissez son caractère et pouvez choisir un chat qui vous correspond.

À ceux et celles qui vivent en appartement, ne croyez pas les défenseurs du « Un chat a besoin d’un extérieur », c’est faux : un chat a besoin d’un foyer aimant et sécurisant, point. Les chats ne sont PAS malheureux en appartement.

Et même 20 mètres carrés valent bien une cage ou la piqûre, non ?

À tous ceux, toutes celles qui ont un chat, faites pucer, stériliser et vacciner vos animaux. Ok, ça a un prix, mais c’est l’assurance d’un animal qui ne va pas se retrouver perdu, euthanasié, malade ou vous faire une portée de chatons qui finiront peut-être à la fourrière.

Enfin, si l’aventure FA vous tente, lancez-vous. Faites un essai et vous verrez. Sans FA, les animaux ne sortent pas. Le maillon indispensable pour sauver un animal, c’est vous !

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Commentaires
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  • Aska
    Aska, Le 29 décembre 2016 à 12h53

    Coucou,

    Alors c'est vrai que moi je rêve d'avoir un chat depuis un moment (un chaton comme un chat adulte).
    Par contre, il y a plusieurs inconvénients qui fait que je n'ai pas envie de sauter le pas pour en adopter un:
    - je suis absente 11h/jour minimum
    - j'ai peur de l'état de mes meubles (qui ne sont pas les miens mais ceux de mes parents, donc accord parental obligatoire et c'est loin d'être gagné)
    - le nettoyage des besoins, càd avoir un mal fou à trouver la flaque dont provient l'odeur du pipi de chat, ou de récupérer les tapis/canapé après le méfait accompli. Je n'ai j'amais eu d'animaux avant, je ne sais pas comment en éduquer, bon j'ai vu des tutos sur le net hein...
    - la peur de tomber sur un chat qui t'ignore royalement (dans ma belle-famille, ils ont deux chats qui aiment bien squatter tes genoux pour dormir, mais il y en a un autre qui adore venir embêter les deux premiers pour se bagarrer et qui ne vient jamais te voir...)

    Pour l'instant je me contente de câliner ceux de ma belle-famille qui sont déjà indépendants et propres. En attendant d'avoir un chez moi et un peu plus de temps.

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