La mode & les études : quelques pistes pour trouver ta voie

Tu rêves de bosser dans la mode mais tu ne sais pas par quelles études commencer ? Mets tes savates et suis le guide !

La mode & les études : quelques pistes pour trouver ta voie

Okay, la rentrée est dans un bon mois et je viens déjà te parler d’études, c’est pas cool du fioul. Mais si t’as envie de bosser dans le monde merveilleux de la mode et de ses paillettes goudronnées après le bac, ce n’est pas toujours la youpi-la-joie pour trouver de l’info. Du coup, voilà quelques explications et un petit guide des écoles. Tout ce barda est loin d’être exhaustif, mais a plutôt pour but de te débroussailler la forêt de l’enseignement supérieur.

Quelques trucs à savoir avant de se lancer

Avant d’entamer des études de mode, il y a une vérité aussi reloue que les proverbes de ta grand-mère, mais dont tu dois bien avoir conscience : le décalage entre le rêve et la réalité est réel. Autrement dit, à moins d’avoir beaucoup de bol et d’être le nouveau Mozart de la couture, tu ne deviendras pas Sonia Rykiel en deux jours. La plupart des créatifs bossent plutôt pour Du Pareil au Même que pour Dior. Et la mode, c’est un investissement à plein temps et sur tous les plans. Voilà deux-trois choses qu’il est bon de savoir avant d’aller découper de la soie.

Le déménagement, c’est maintenant
À moins d’habiter à proximité de Paris, Lyon ou Lille, qui sont les trois gros « pôles » d’études mode, il faut que tu sois prête à bouger. Il existe plein de formations partout en France, mais les écoles les plus réputées sont souvent dans les grosses villes. Quel que soit l’endroit que tu choisisses pour tes études de mode, si tu es déterminée à rester à la casa avec tes potos de la fac, ça peut être un chouia compliqué. Idem pour les stages : si tu n’aimes pas voyager, tes possibilités seront réduites.

Être prête à mettre la main au larfeuille
S’installer toute seule dans une nouvelle ville, ça coûte la peau des reins. Y vivre aussi. Toutes les études coûtent cher, mais les formations de mode font particulièrement mal au porte-billets. Dans le cas d’une école privée, tu dois payer ton année. Dans le public, la scolarité est quasi gratuite mais reste le problème majeur : le matos. En mode, on va te demander d’acheter du matériel de loisirs créatifs, beaucoup de tissus (et un mètre de soie, c’est cheros), éventuellement d’investir dans un mannequin et une machine à coudre.

Il nous faut du temps, des insomnies…
Autre investissement majeur des études de mode : le temps. Une démarche de création, c’est de la recherche, des essais, des gros ratés, des recommencements permanents… Tout ça bouffe une bonne partie de tes journées, voire parfois même de tes vacances et de tes nuits. Dur dur donc, de tenir un job à côté de tes études, et les coups de blues arrivent. Pas de panique Janique, ta vie sociale ne va pas forcément mourir du jour au lendemain, mais certaines périodes risquent d’être un peu borderline.

Allo docteur, je ne sais pas coudre
Tu n’as jamais touché une aiguille de ta vie et tu n’as pas de book super-pro avec tes créations ? Pour débuter, juste après un bac général, c’est (presque) pas grave. Par contre, tu devras montrer que tu es motivée et que tu t’intéresses à l’art, à l’actualité, à la mode… Les gens vont chercher ton « potentiel créatif », la technique viendra plus tard (on te l’apprendra ou tu devras te débrouiller avec tes papattes, selon les écoles). Dans les formations publiques, une grosse partie du boulot est aussi occupée par les matières générales. Et dans les matières créatives, pas question de faire du free-stye, les profs te demanderont d’expliquer ta démarche, de réfléchir à des concepts : bonne prise de tête en vue.

Portes ouvertes, mon amour
Les portes ouvertes des formations de mode ont souvent lieu entre janvier et mars. Ce n’est absolument pas une obligation d’y aller, mais si tu t’en donnes les moyens, c’est tout bénéf. Visiter l’établissement te permet de voir prendre véritablement la température de l’école, de sentir si son état d’esprit te fait kiffer ou non, voir les travaux des élèves et de poser des questions. La plupart du temps, les profs sont hyper stressés, pris par l’organisation et n’auront pas le temps de te répondre, donc dirige-toi plutôt vers les étudiants, qui sont de toute façon réquisitionnés pour cette tâche et pour garder la salle. Si jamais tu n’accroches pas avec ton interlocuteur, tente avec quelqu’un d’autre qui aura peut-être un feeling différent.

Les études accessibles juste après le bac

Le modélisme (bac+2)
Pour faire du modélisme, c’est-à-dire un boulot technique qui consiste à fabriquer des prototypes d’après les dessins des stylistes, tu peux faire un BTS industrie des matériaux souples, option modélisme industriel. Attention, en général, on va te demander un bac pro, STI2D ou S. Sinon, l’Ecole de la Chambre Syndicale de la couture parisienne a une formation de quatre ans en modélisme.

Les formations arts appliqués publiques
Dis-moi quel est ton bac et je te file ton plan d’avenir. Si tu as fait un bac arts appliqués (ST2A), tu peux postuler directement pour les études dont je te cause ci-dessous. Si tu sors d’un bac général, tu devras passer par une mise à niveau en arts appliqués (MANAA) dans le public, une année obligatoire pour apprendre la démarche de création. Tu y accèdes par dossier scolaire et lettre de motiv’, parfois complété par un sujet à réaliser et un entretien. Pour les bacs pro, ça dépend des écoles, mieux vaut appeler au cas par cas.

Dans tous les cas, pour les formations supérieures enseignées dans les lycées et écoles publiques (la plus célèbre en mode est Duperré à Paris), la sélection se fait sur dossier scolaire et lettre de motiv, puis sur entretien avec un dossier de travaux créatifs. Tu peux trouver (en bac+2) :

Pour toutes ces formations, tu as un stage obligatoire d’un mois minimum en fin de première année. Les écoles ont parfois des contacts, mais en général, il faut te bouger le booty de toi-même.

Les formations type Beaux-Arts
Les Beaux-Arts, ce n’est pas QUE du dessin. Plusieurs écoles proposent des formations en design textile en 3 ans : par exemple, un diplôme national d’arts et techniques (DNAT) à Lyon après une première année générale, ou un diplôme national d’arts plastiques en textile/surface (DNAP) à l’école supérieure d’art de Mulhouse (aussi appelée Le Quai). La façon de penser n’est pas exactement la même qu’en art appliqués, donc à toi de voir ce qui te branche.

Les écoles privées (payantes)
En stylisme, tu peux trouver tout un tas d’écoles privées dont la réputation est plus ou moins bonne et les prix plus ou moins à te crever le foie. L’admission se fait souvent sur entretien, avec ou sans dossier de travaux. Voilà les plus connues et qui une image moyenne ou bonne :

  • Condé (7600€/an) : un réseau d’écoles qui fonctionne sur le même principe que les formations publiques, avec MANAA et BTS design de mode en stylisme.
  • ESMOD (8100 à 9250€/an) : là aussi un réseau d’écoles, avec un cursus stylisme en 3 ans, dont une spécialisation la troisième année. On t’y apprend de A à Z la fabrication technique d’un vêtement.
  • L’Ecole de la Chambre Syndicale de la couture parisienne : hyper réputée, c’est un cursus de quatre ans en stylisme.
  • L’atelier Chardon-Savard (8300€/an) : une formation en stylisme de mode, après avoir fait un an de prépa chez eux ou ailleurs.
  • Le studio Berçot (10 000€/an) : un cursus stylisme en deux ans, théoriquement accessible direct après le bac, un peu d’expérience ne fait pas de mal en réalité.

Les « grandes écoles » et les formations après un bac+2, +3

Les formations supérieures publiques

  • les licences professionnelles : une année accessible après un bac+2, lors de laquelle tu devras monter une collection et faire un stage de trois à six mois selon les écoles. Chacune a sa spécialisation : haute-technologie, coloriste, environnement… Leur but est de t’insérer dans le monde du boulot rapidement.
  • les diplômes supérieurs d’art appliqués (DSAA) : une formation en deux ans, qui te fait BEAUCOUP réfléchir et chercher des concepts. Certains sont spécialisés en textile, d’autres en mode. En théorie le DSAA doit te permettre de bosser comme directeur artistique, en pratique, il faut avoir un peu de bouteille pour avoir ce genre de poste.
  • les formations en fac et notamment l’Université de la mode à Lyon : là, ce sont des diplômes universitaires, plutôt conseillés si tu veux faire de la recherche, du marketing, de la com’ mode, mais qui peuvent mener à pas mal d’autres trucs.
  • Le DNSEP au Quai à Mulhouse : c’est la poursuite du DNAP, en deux ans et toujours spécialisé en design textile.

Les grandes écoles publiques & privées

Et ça continue à l’étranger

Si jamais tu ne trouves pas ton kif en France, métropolitaine ou non, les pays pas loin de chez nous sont aussi bien fournis en formations.

En Belgique (Bruxelles)

  • L’Ecole nationale supérieure d’Arts Visuels (La Cambre) : tu y rentres après un concours en plusieurs étapes qui a lieu en septembre. On y trouve un premier cycle puis un master en stylisme et création de mode et en design textile.

Au Royaume-Uni (Londres)

  • La Saint Martin’s School : à bac+2 ou +3, tu peux postuler pour les masters de cette école. Les spécialités sont ultra-variées (et en anglais évidemment) : stylisme, textiles, textiles futurs… C’est aussi une des seules écoles à avoir une formation dont le blaze est « journalisme de mode ». Attention, en Angleterre l’université est payante, donc les tarifs sont d’environ 4000 livres l’année.

Dans tous les cas, n’oublie pas que quel soit ton pedigree et ton école, ce qui te donnera du travail, c’est ton boulot, ton envie d’y arriver et ta motivation. Ton diplôme n’est pas une garantie de ton job futur, et il faut pas mal se mettre des coups de pied au derch et prendre des initiatives pour avancer. Sur ce, sors tes aiguilles !

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Voici le dernier commentaire en date :

  • Mystickgrise
    Mystickgrise, Le 1 juillet 2013 à 21h35

    En Belgique, il y a Helmo Mode à liège qui propose une formation complète (dessin, dossier technique, coupe, gradation, confection, langues, droit, market....) pour une somme plutôt raisonnable: 400euros l'année


    sinon il y a aussi Francisco Ferrer à Bruxelles.

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