Comment avouer ses fantasmes ?

De préférence sans que l’être aimé se barre en hélicoptère sans son téléphone portable et après avoir demandé l’asile politique en Ouganda ? Je parlerai ici de fantasmes un minimum honteux. Ceux justement qui sont difficiles à avouer alors même que, rappelez-vous, ce n’est pas sale – si votre fantasme est honteux, vous le partagez […]

Comment avouer ses fantasmes ?

De préférence sans que l’être aimé se barre en hélicoptère sans son téléphone portable et après avoir demandé l’asile politique en Ouganda ? Je parlerai ici de fantasmes un minimum honteux. Ceux justement qui sont difficiles à avouer alors même que, rappelez-vous, ce n’est pas sale – si votre fantasme est honteux, vous le partagez sans doute avec 80% de la population. Cela dit, on est d’accord que si votre truc c’est de faire l’amour tendrement sous un ciel étoilé, la communication est plus simple que si vous rêvez de vous faire attacher au lit et fouetter avec une corde à linge tout en appelant votre mère au téléphone.

-> Plus tôt vous annoncez la couleur, plus c’est facile. Idéalement, si quelque chose de « spécial » vous excite vraiment, il faut arriver à le placer dans la conversation pendant les premières semaines de la relation (d’autant qu’à ce moment-là, normalement, on est en mode « sexe non-stop »). C’est mieux que de faire halluciner son mec après douze ans de mariage et trois ans de consultations en sexologie. Si jamais des demoiselles lisant cet article sont en train de commencer quelque chose de chouette avec un nouveau mec, pitié, rendez service à votre futur vous-même : parlez maintenant (sinon vous risquez de vous taire à jamais).

-> Si jamais vous avez raté le coche, utilisez le joker « déclic ». Peut-être que vous vous êtes construite une image de fille ultravaginale alors qu’on le sait bien, que vous êtes clitoridienne / anale / tétonique / capillaire. Peut-être que votre mec vous voit comme une sainte-nitouche. Ou peut-être qu’une grossesse vous a transformée en monstre sacré et qu’on n’attache pas la mère de ses enfants au radiateur. Dans la mesure où balancer un cinglant « tu n’as jamais rien compris à mon désir, muffle » ne vous mènera strictement nulle part, faites table rase du passé. Dites que vous avez vu un film / entendu quelqu’un parler / lu un bouquin / fait un rêve, et que maintenant, vous avez tel ou tel fantasme (vous pouvez même prétendre que ça vous surprend vous-même mais que vous voulez vraiment essayer). Cette stratégie permet d’éviter que votre mec se sente trahi.

photo flickr cc Lydiat

-> Communiquez avec des mots. Les magazines féminins adorent dire qu’il faut faire passer le message avec des sous-entendus, des gémissements, des contorsions. Tout ça avait certainement du sens dans les années 50, quand les femmes étaient priées de ne pas appeler un chat une chatte. Mais aujourd’hui, vous risquez d’encourager les mecs dans deux erreurs qu’ils sont prompts à commettre : penser qu’on n’a pas de désir, et qu’on est totalement barrées. Ils ne sont pas télépathes. Vous savez parler. Laissez les petits cris aux animaux.

-> Si vous n’osez pas parler directement, transformez la confession en jeu. On peut laisser traîner une nouvelle porno qu’on a adoré, proposer un jeu type « action ou vérité », se promettre pour la Saint-Valentin d’écrire ses fantasmes sur des cartes postales, interroger l’autre jusqu’à ce que ce soit lui qui demande « et toi ? », lancer une conversation super chaude au téléphone, proposer un jeux de rôles, sortir l’excuse du « raconte-moi ton dernier rêve érotique »… Si le partenaire n’est pas trop débile, il comprendra. Mais attention à ne pas crypter le message. Le but, c’est d’être comprise, pas de se poser en sphynx aux énigmes tordues.

-> Quand la conversation est lancée, allez jusqu’au bout. Si vous voulez trois doigts, n’en demandez pas deux. On peut être tentée d’édulcorer un peu le fantasme honteux, mais le résultat de chaque petit mensonge est un retour à la case départ. Vous pouvez réussir à jouer la progression (« quitte à faire l’amour dans la rue, pourrait-on le faire devant le commissariat ? ») mais bordel de bon sang de canne à sucre, si vous avez commencé à ouvrir la bouche, n’en faites sortir que la vérité blanche et resplendissante. Parce que des fantasmes, vous en aurez d’autres. Alors habituez-vous à être franche.

-> Savourez votre victoire. Finalement cette fameuse conversation a duré deux minutes, pas vrai ? Et le garçon a été compréhensif, intéressé, excité ? Normalement ça se passe vite et bien, du coup on se demande pourquoi on a tant hésité. Ce sentiment de satisfaction est mérité ! Vous avez affirmé vos désirs, vous avez droit à une double ration de brownie. Et une triple ration de câlins.

Pour terminer, petit point politique : on est d’accord que ce n’est pas facile. Les filles sont censées être des petites licornes à paillettes. Elles le sont rarement. Mettre ses fantasmes en mots, puis en action, ne correspond pas franchement aux clichés de la féminité transmis par la société, les magazines et notre mère. Ces clichés sur une sexualité qui ne nous appartiendrait pas vraiment, c’est à nous de les renverser. C’est aussi simple, ou compliqué, que d’ouvrir sa grande gueule. Mais c’est important. Pour vous et pour les filles qui passeront après.

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Voici le dernier commentaire en date :

  • *Stella*
    *Stella*, Le 25 janvier 2011 à 14h59

    ^^ Bah... !! C'est ce que je fait tout le temps depuis toujours ! ! ! !

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