Adopter un chien, l’élever correctement et en prendre soin : conseils

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Cette éducatrice canine vous donne ses conseils pour choisir votre chien et l'éduquer correctement sans user de la force ou devenir son « chef de meute » !

Adopter un chien, l’élever correctement et en prendre soin : conseils
Le 26 août, c’est la journée internationale du chien ! L’occasion de (re)découvrir cet article !

– Article initialement publié le 4 mai 2014.

Je suis une professionnelle du chien depuis une dizaine d’années ; j’ai longtemps travaillé dans le milieu de la protection animale, puis je me suis formée en tant qu’éducatrice canine comportementaliste en méthodes positives.

Via cet article, je souhaite promouvoir l’adoption en refuge et l’éducation en méthode positive, en faisant tomber certains préjugés et théories erronées. Ces sujets étant très vastes et parfois complexes, je les aborde volontairement de manière simplifiée.

Les chiens en refuge

Faisant partie du monde de la protection animale, je ne saurais vous conseiller d’autre endroit pour récupérer un chien qu’une association. Il existe des associations structurées (des refuges), et d’autres fonctionnant avec un principe de famille d’accueil ou de garde en pension. Il y en a absolument partout.

La plupart s’occupent de tous types de chiens, mais certaines sont spécialisées dans certaines races/causes, comme les chiens catégorisés, les galgos en provenance d’Espagne, les chiens de Roumanie, les chiens de laboratoire, les chiens de la Réunion et tellement d’autres. Il est impossible de ne pas trouver votre bonheur auprès d’au moins une association !

Voici pour commencer, les avantages de l’adoption d’un chien en refuge :

  • Si vous voulez absolument adopter un chiot, ça tombe bien : il y en a pratiquement toujours en refuge, surtout l’été.
  • Le personnel sera normalement en mesure de vous renseigner sur le caractère du chien, son vécu, ses besoins, et ses conditions idéales d’adoption.
  • Tous les animaux sont suivis au niveau santé ; ils sont vaccinés, vermifugés, le plus souvent stérilisés ou castrés.
  • Vous pouvez y trouver quasiment n’importe quelle race : les plus communes (labrador, golden, berger allemand, malinois, caniche, rottweiler, american staff, huskys, jack russels, griffons), les plus convoitées (boxers, bouviers bernois, bichons, staffie, akitas), mais aussi d’autres beaucoup plus rares si c’est votre souhait, pourvu que vous soyez prêts à faire quelques bornes ou à patienter un peu. Aucune race n’est à l’abri d’un abandon. Vous trouverez aussi bien entendu une multitude de bâtards et de corniauds, qui sont à mes yeux uniques et très beaux !
  • Le prix. C’est bête à dire, mais pourquoi mettre jusqu’à 1000€ chez un éleveur alors que vous pouvez trouver le chien de vos rêves pour tellement moins cher ? En plus, c’est sous forme de don déduit à 66% de vos impôts : vous n’achetez pas un bien, vous donnez à une association !
  • Vous sauvez une vie : adopter un chien laissera la place à un autre qui pourra provenir d’une fourrière, ou même d’un foyer qui aurait pu envisager l’euthanasie plutôt que d’attendre qu’une place se libère.
  • L’ouverture de cœur… Cela n’engage que moi, mais sauver des chiens a été un vrai enrichissement personnel, cela a développé ma compassion, j’ai appris à donner beaucoup plus, je suis devenue une meilleure personne.

Les préjugés concernant les chiens de refuges sont faux. Ils ne sont pas plus « à problèmes » que n’importe quelle autre boule de poils : les abandons les plus fréquents sont dus à des divorces, des déménagements, au décès des maîtres, à l’arrivée d’un enfant, à un départ en maison de retraite, à un changement du rythme de vie… Ce sont les chiens de Mr et Mme tout le monde qui s’y trouvent, très peu d’animaux sont à l’abri d’un abandon et ce n’est jamais de leur faute s’ils en sont arrivés là.

Je n’aime pas parler de « bonne action » lorsque l’on adopte un animal en refuge. Le principe d’une bonne action c’est d’être un acte désintéressé, et vous serez sûrement d’accord avec moi, il n’y a jamais rien de désintéressé lorsque l’on adopte un chien. Tout le monde a des attentes !

Personnellement, j’attends de mon chien qu’il soit présent pour moi et affectueux, mais aussi qu’il s’entende avec mes chats, mes autres chiens et ma famille. J’ai toujours tout donné à mes chiens, ils me l’ont toujours rendu au centuple. J’ai adopté beaucoup de seniors en fin de vie, et ce qu’ils m’ont apporté n’a pas de prix.

Suis-je prêt-e à avoir un chien ?

  • Avez-vous le temps nécessaire pour vous en occuper ? Un chien a en moyenne besoin de 6h d’activité par jour (physique, mentale, masticatoire, alimentaire…), ne pas répondre à ses besoins peut le conduire à développer des problèmes de comportement.
  • Avez-vous les moyens financiers ? L’alimentation, les jouets, le vétérinaire, les assurances : tout cela a un prix.
  • Est-ce que votre train de vie correspond à son train de vie à lui ?
  • Êtes-vous prêts à vous engager sur une longue durée ?

S’il s’avère que vous ne remplissez pas ces conditions, remettez votre projet d’adoption à plus tard. On dit que parfois la meilleure façon d’aimer les animaux c’est de ne pas en avoir : ne soyez pas égoïste.

S’il y a un conseil que je peux vous donner, c’est : ne vous fiez pas au physique d’un animal. Choisissez-le à sa personnalité. Qu’est-ce que vous attendez vraiment d’un chien ? On ne choisit pas un ami à son physique, et c’est pareil pour un animal : peu importe la tête qu’il a, lorsqu’il entre dans votre cœur il devient le plus beau du monde !

Être famille d’accueil : une bonne alternative

Voici une très bonne solution si vous n’êtes pas sûr de pouvoir vous engager sur le long terme. Je vais vous parler plus spécifiquement des chiens d’assistance, qui aideront plus tard des personnes handicapées.

Vous prenez en charge la familiarisation, la socialisation et les bases de l’éducation d’un jeune chiot, de ses deux mois jusqu’à ses deux ans. Vous êtes encadré-e par un membre de l’association et devez participer régulièrement à des réunions d’information. À la fin de cette période, vous remettez le chien à l’association qui terminera sa formation de futur chien d’assistance pour plus tard lui trouver sa famille définitive.

Si jamais le chien échouait à ce rôle, il devient disponible à l’adoption et la famille d’accueil est prioritaire.

Des sites sur le sujet :

Les associations de protection animale vous permettent également d’offrir un foyer au chien en attendant qu’il trouve sa famille définitive. Cette solution peut sauver de nombreux animaux.

Pourquoi je suis contre la reproduction, et donc les éleveurs

La surpopulation est le problème numéro un de l’espèce canine. Cette surpopulation est synonyme de chiens condamnés à finir leur vie en refuge, d’euthanasie et de maltraitance. Il y a beaucoup trop de chiens pour un nombre insuffisants d’adoptants et, c’est inévitable, cela provoque de la souffrance. Le principe du recyclage, vous connaissez ?

C’est pour cette raison que je pense qu’il est préférable d’éviter tout élevage, même les meilleurs, ainsi que les animaleries, les salons du chiot et les ventes des particuliers.

Et si vous prévoyez de faire vous-même de la reproduction, vous devez connaître quelques petites choses qui pourraient vous en dissuader…

  • Supposer qu’une femelle a besoin d’avoir au moins une portée dans sa vie pour être heureuse est une erreur qui s’appelle de l’anthropomorphisme : les animaux ne se projettent pas dans ce genre de situation. Vouloir apporter une activité sexuelle à son chien mâle est tout aussi ridicule : ne le mettez simplement pas en présence d’une femelle en chaleur et il se portera très bien.
  • Si cette décision est motivée par des raisons financières, vous allez vite déchanter : entre le suivi vétérinaire indispensable de la femelle en gestation, ainsi que celui des chiots, les vaccins et l’identification, vous aurez beaucoup plus de frais que vous ne ferez de profit.
  • La gestation de la femelle peut entraîner énormément de complications médicales et même lui être fatale.
  • Une portée peut aller jusqu’à une dizaine de chiots : avec le nombre surélevé de chiens sur le « marché », comment allez-vous faire pour leur trouver à tous une famille ? De plus, un placement ne devrait jamais être hasardeux : il est difficile de trouver des adoptants, mais encore plus d’en trouver des bons. Pensez à long terme et soyez responsable, la descendance de votre chien-ne pourrait générer toute une généalogie victime d’abandons ou de maltraitance.
  • On ne fait pas se reproduire n’importe quel chien. Il y a certains individus dont on ne veut absolument pas perpétuer la génétique lorsque celle-ci comprend des problèmes de santé ou une prédation excessive.
  • Être éleveur est un vrai métier, il y a des connaissances à acquérir, un diplôme à passer, il faut par exemple savoir comment réagir pour ne pas que des chiots meurent à la naissance ou s’assurer de leur bonne socialisation et familiarisation.

Je ne peux plus garder mon chien, je fais quoi ?

Je ne condamnerai jamais l’abandon d’un animal. Je respecte le fait que les gens ont parfois leurs limites, leurs problèmes personnels et qu’ils choisissent de se tourner vers cette solution. Soyons précis : je ne condamnerai jamais l’abandon d’un animal pourvu que ce soit fait « proprement ».

L’abandon le plus responsable est celui qui se déroule en refuge. Faire euthanasier son chien parce qu’on ne peut plus le garder, le balancer au bord de l’autoroute ou bien le vendre sur des sites comme LeBonCoin pour qu’il finisse à la merci de n’importe quel malade mental, ça par contre ça ne passe pas du tout. Certes, il faut bien souvent attendre pour qu’une place puisse se libérer, pour que le refuge puisse accueillir votre chien, mais lui donner ce sursis c’est quand même bien la moindre des choses…

D’autre part, il est bon de faire le point sur les raisons qui vous poussent à vous séparer de votre compagnon. Je vais y venir, mais faire appel à une professionnelle du chien comme moi pourrait bien vous aider à régler les problèmes que celui-ci présente, si son comportement est la raison de son abandon.

Comment bien s’occuper de son chien ?

Offrir à son chien de bonnes conditions de vie et une bonne éducation, garantir son bien-être en comprenant ses comportements et les codes spécifiques à son espèce, permet d’agir dans le respect de son identité et représente aussi une manière de faire, à son niveau, de la protection animale.

Beaucoup de fausses idées perdurent encore, malgré toutes les dernières découvertes scientifiques concernant le comportement et l’éducation du chien. Que vous ayez eu plusieurs chiens ou aucun, que vous les aimiez ou non, vous les avez certainement déjà entendues.

Oubliez tout ce que vous avez toujours cru savoir sur le chien, la plupart de ces informations sont complètement empiriques et erronées…

La théorie de la dominance, ce fléau

Soyez le chef de meute, le mâle alpha, ne laissez pas votre chien manger avant ou en même temps que vous, ne le laissez pas monter sur le lit ou il deviendra dominant, etc.

Un des principes fondamentaux de la hiérarchie, c’est que celle-ci ne peut s’instaurer qu’au sein d’une seule et même espèce. Et croyez-moi, même si votre chien est dans votre famille depuis son plus jeune âge, il n’y a aucun moyen pour qu’il puisse penser qu’il est un humain, ou pour qu’il puisse vous confondre avec un de ses congénères.

De manière intra-spécifique, une hiérarchie n’a lieu d’être que lorsque les ressources sont insuffisantes, un problème dont les chiens occidentaux souffrent assez rarement. Donc entre plusieurs chiens d’un même groupe social, on ne parlera pas de hiérarchie mais plutôt de relations affiliatives ou agonistiques (d’affinités tout simplement !).

Il n’y a donc pas de rapport de dominance possible de votre chien sur vous. En revanche, une incompréhension des codes canins de votre part, vous poussant à croire que vous devez le dominer, peut éventuellement causer de gros problèmes dans votre relation et susciter un grand mal-être chez votre chien.

Il ne sert donc à rien de l’empêcher de monter sur votre canapé ou votre lit au nom de cette sacro-sainte « hiérarchie ». Il ne sert à rien de passer une porte avant lui, de le faire manger après vous, de le rouler sur le dos ou même de lui uriner dessus (j’ai connu personnellement des employés de refuge qui s’adonnaient à cette pratique inutile et, il faut bien le dire, dégueulasse) !

L’origine de ces théories provient de vieilles analyses basées sur l’observation du comportement des loups en captivité. Seulement voilà : le chien, quelle que soit sa race, n’est plus un loup depuis bien longtemps (si c’était le cas nous ne pourrions pas l’intégrer à nos foyers ; de plus ce serait comme comparer les humains aux grands singes). De plus, ce comportement n’a rien à voir avec celui des loups sauvages, dans leur habitat naturel. Ce serait comme étudier le comportement d’un groupe d’humain dans une émission de téléréalité : les données seraient faussées !

S’il y a un conflit entre vous et votre chien, l’origine en est tout autre, et elle est spécifique à chaque individu et binôme.

Entendons-nous bien : pas de hiérarchie, mais de la structure, tout de même. Parce que malgré tout, comme tout membre de la famille, votre chien devra respecter certaines règles ! Vous pouvez lui interdire le canapé si vous ne souhaitez pas que celui-ci se retrouve couvert de poils, ou bien vous pouvez dormir avec lui si cela vous fait plaisir de partager cette relation : à partir du moment ou votre animal est bien et vous aussi, tout va bien.

Autre nuance, on ne va pas se mettre en position de dominant mais plutôt de leader. Un comportement dominant provoque la peur tandis qu’une attitude de leader instaure un respect et une confiance mutuels. Le dominant se focalise sur lui-même, le leader prend en compte les envies et besoins de son chien. Le dominant impose, le leader encourage, provoque de l’enthousiasme et de la motivation…

Vous avez tout à gagner à harmoniser les relations entre vous et votre chien !

À propos du langage du chien

Le chien utilise un langage corporel pour communiquer ; il est indispensable de nous mettre à son niveau pour comprendre ses intentions et ses émotions, et ainsi améliorer nos relations.

  • Les signaux d’apaisement

L’usage des signaux d’apaisement est une manière pour le chien d’exprimer son inconfort face à une situation, d’apaiser des tensions ou de s’apaiser soi-même. Tous les chiens en usent régulièrement, mais s’ils le font de façon excessive, ces signaux indiquent un grand malaise et il est urgent d’intervenir.

Quelques exemples de signaux d’apaisement :

  • Détourner le corps, la tête ou le regard
  • Se lécher le nez
  • Bâiller
  • Se coucher
  • Ralentir
  • Uriner
  • Se secouer

Pour en savoir plus, je vous conseille le site de Turid Rugaas sur les signaux d’apaisement (en anglais).

  • Reconnaître les signes de stress

Ils sont nombreux : des pellicules, le vidage des glandes anales, la sudation des coussinets, une salivation excessive, des halètements, la dilatation des pupilles, de la prostration ou une agitation excessive, des tremblements, des vocalisations, des stéréotypies, des comportement résiduels (malpropreté, destruction), un corps rigide, une absence d’appétit, la crête dorsale, la peau du visage tirée (« sourire du Joker »), l’augmentation du rythme cardiaque, des signaux d’apaisement excessifs, des diarrhées, des vomissements, des problèmes de peau…

Une démonstration excessive de signaux d’apaisements ainsi que de signaux de stress est un signal d’alarme : il est urgent d’agir.

Faire appel à un éducateur canin comportementaliste en méthodes positives

Sachez que le choix de l’éducateur à qui vous confierez l’éducation et les problèmes de comportement de votre chien est primordial. Votre animal a des émotions, vous devez en tenir compte et les respecter.

Les méthodes positives se distinguent des méthodes coercitives par leur respect des émotions du chien. On travaille avec sa coopération, on le motive, on rend le travail agréable, la contrainte est totalement prohibée. Un éducateur canin en positif ne lève jamais la main sur un chien, ne lui crie jamais dessus et ne le force jamais à faire quoique ce soit, car il sait se faire respecter et obéir autrement.

L’expérience m’a montré que l’éducation en méthode positive était beaucoup plus efficace que l’éducation « classique » en coercitif, et que contrairement à la première, cette dernière pouvait s’avérer particulièrement dangereuse, aussi bien pour les humains (morsures) que pour le chien (euthanasie, abandon).

Un éducateur canin comportementaliste en positif peut être utile en cas…

  • D’agressivité
  • De manque d’obéissance
  • De malpropreté
  • De destructions
  • D’aboiements intempestifs
  • De fugues
  • De comportements de crainte
  • De chevauchements
  • Lors de l’arrivée d’un bébé
  • Pour choisir son futur compagnon
  • Pour la socialisation et familiarisation d’un chiot
  • Pour prévenir d’éventuels problèmes de comportement

Il est important de traiter le problème à temps. Malheureusement, il est fréquent que les propriétaires attendent le dernier moment avant de faire appel à un professionnel : la situation a eu le temps de s’envenimer, et cela nous laisse parfois trop peu de temps pour agir avant d’éventuelles procédures en justice ou l’euthanasie…

Pour aller plus loin…

Un chien en méthodes positives aura des balles et autres jouets, un clicker (petit boîtier émettant un bruit, permettant de faire comprendre au chien qu’un clic = un message), une pochette à friandises, un harnais de marche, un collier, un jouet de stimulation mentale ainsi qu’un jouet distribuant des croquettes (liste non exhaustive). Je vous recommande cette boutique !

Quelques sources valables d’informations sur le comportement et l’éducation du chien :

  • Le site du refuge AVA : ce refuge utilisant les méthodes positives, qui n’euthanasie pas ses pensionnaires et réhabilite les chiens ayant des problèmes comportementaux, met à disposition sur son site de nombreuses études éthologiques.
  • AdCanes
  • EthoDog

Bibliographie :

  • Turid Ruggas : Les signaux d’appaisement
  • Bary Eaton : Dominance : mythe ou réalité
  • Jacinthe Bouchard : Devenez le meilleur ami de votre chien
  • Joel Dehasse : Mon chien est heureux
  • Alexandra Horrowitz : Dans la peau d’un chien
  • Thierry Bedossa : Comportement et éducation du chien

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Voici le dernier commentaire
  • Greeen
    Greeen, Le 30 août 2017 à 1h24

    Aquilegia Nox
    Oui, je connais bien la différence entre "espèce" et "sous espèce", c'est bien pour cela que je dis que le chien et le loup ont le même nom d'espèce, même si ils n'ont pas le même nom de sous-espèce. C'est subtil, mais le nom d'espèce est le deuxième nom, et c'est le seul qui ait un vrai sens biologique (et encore, on pourrait en discuter). Le premier nom est le nom de genre, il est arbitraire, n'a pas/peu de sens biologique.

    Le troisième nom est généralement arbitraire aussi, pour distinguer des populations (à ce stade, on peut se demander pourquoi le dingo, ancien chien domestique, a son nom de sous-espèce, et pas d'autres races de chien domestiques à stud book fermé, par exemple - ça n'a pas de justification biologique). ;-)
    Chez d'autres espèces (les chevaux par exemple), on ne donne pas de nom de sous-espèce aux populations férales.

    De la même manière, il n'y a pas d'espèce "de référence", c'est arbitraire de décider qui est référent de qui. Du coup, le chien n'est pas "une sous-espèce du loup", mais le chien et le loup sont de la même espèce, mais de sous-espèces différentes.En outre, Canis familiaris n'est pas le "nom usuel", c'est l'ancien nom, me semble-t-il, justement abandonné depuis les recherches en génétique, qui comparent bien aussi avec le loup gris actuel (pour l'expérience de 1997, ce sont 162 loups de 27 populations différentes) en plus d'éventuels fossiles de loups de l'époque.

    Cela bien sûr ne signifie pas que le chien descend d'une population de loups actuels, pas plus finalement que les loups actuels descendent des loups actuels (c'est le serpent qui se mord la queue), mais qu'ils descendent tous, chiens et loups actuels, de populations de loups de l'époque. Néanmoins, on parle de populations, pas d'espèces. D'ailleurs, toutes les études disent bien "loup", pas autre chose. Je ne vois aucune raison de penser que cet ancêtre commun ait pu être d'une autre espèce que "Canis lupus", si les deux descendants le sont (en outre, quelques dizaines de milliers d'années c'est très court pour permettre une spéciation complète). Même si on peut vouloir lui attribuer encore une sous-espèce pour marquer la différence temporelle et la variation génétique.

    Bon, tout ceci, entre espèces et sous espèce, est un peu difficile, parce qu'en réalité, il y a un continuum entre les deux, avec tous les intermédiaires possibles. Certaines espèces différentes sont totalement interfécondes, mais ne se rencontrent pas à l'état naturel, donc on les classera comme espèces différentes. On pourrait passer des heures sur le concept d'espèce et sous-espèce! XD

    Cela dit, pour dire que le chien et le loups sont deux espèces différentes, il va falloir attendre encore quelques centaines de milliers d'années, voire plus, qu'ils aient accumulé davantage de différences. ;-)

    PS : À ma connaissance, l'expérience des renards ne peut pas remettre en cause l'origine lupine du chien, tout simplement parce qu'on n'attend pas qu'un processus se passe exactement de la même manière dans deux espèces différentes (et le chien a eu plusieurs dizaines de milliers d'années). D'ailleurs, peut-être qu'avec une autre population de renards, on aurait encore quelque-chose d'autre.
    Alors c'est un sujet hyper interessant mais y a certains points sur lesquels je me sens obligée de revenir.
    Je tiens à dire que je ne suis pas zoologiste ni rien, je m'intéresse à ce genre de choses d'un point de vue un peu amatrice.
    Mais.
    Ce qui me paraît interessant de soulever avec le chien c'est que c'est la seule espèce que nous avons commencé à domestiquer avant Meme la révolution agricole.
    C'est important de le préciser car on date la domestication du chien à environ 15 000 ans. Et ce qui moi me fait tiquer c'est que je ne vois jamais soulever dans ce débat le fait que le chien est bien la seule sous espèce à s'être aussi bien adaptée à nous.
    À partir de là, partir du principe que le fonctionnement du loup est le Meme que celui du chien est faux. Avec toutes ses années d'évolution, c'est impossible. Par la main de l'homme certes, mais pas que.
    Les recherches sur lesquelles je suis tombée montrent tout d'abord que si le loup vit en meute, ce n'est pas le cas du chien sauvage, sauf exception, causée le plus souvent par manque de nourriture.
    La plupart des chiens de gouttière vivent seuls ou au maximum à deux. À partir de là, les codes sociaux du loup ne sont pas ceux des chiens.
    Les loups vivent en groupe familiaux mais pas les chiens. La plupart des chiens modernes revenus à l'état sauvage même si on ne peut pas parler de retour à l'état sauvage pour une espèce domestiquée vivent donc seuls.
    De plus, ce qui m'a fait tiquer c'est d'entendre que les loups dominants décident de tout, mangent avant, décident de la chasse... non. C'est faux. Les loups dominants ne mangent pas forcément avant. C'est le loup dont le besoin est le plus important qui se sert avant. De même pour la chasse. Ce n'est que pour la reproduction que ça fonctionne ainsi et c'est normal ce sont les parents.
    À partir de là, les études prouvent qu'il n'y a pas vraiment de dominance chez le chien. Un chien ne sera pas dominant par rapport à un autre. Il pourra avoir un caractère plus fort oui, mais ce n'est pas une question de hiérarchie verticale.
    Si vous affamez un chien qui semble soumis et nourrissez son dominant et si vous posez un steack entre les deux, croyez bien que le "soumis" se battra jusqu'à la mort pour l'avoir.
    Les chiens laissent celui qui en a le besoin le plus fort de servir en premier, que ce soit sur la nourriture, l'eau, la place la plus confortable pour dormir.
    Si il y a des épisodes de dominance, ce sont des épisodes justement, ca ne dépeint pas la relation en elle même.
    Et si on veut à tout prix le rapprocher du loup, et bien c'est exactement la même chose.
    À partir de là, manger avant son chien ou le laisser passer après soi ne sont pas des codes canins, véritablement. Ce ne sont pas ainsi que les chiens communiquent.
    Par contre un chien s'éduque bien évidemment. Il y a des limites à donner et des choses à faire respecter. Mais c'est comme tout. Mais il faut aussi comprendre son chien et entendre ce qu'il a à nous dire. Un chien qui détruit, avec une angoisse de la séparation ou autres troubles est un chien qui n'a pas été bien éduqué. Que ce soit par un sevrage trop rapide souvent mais pas que.
    Après voila. Je ne considère pas que ce soit une relation dominance dominée mais plutôt que le chien est à la base un opportuniste et que c'est une relation entre un humain qui détient toutes les ressources et un animal qui n'en a aucune. Je ne pense pas que le chien se considère dominé. Mais il est tres plastique et comprend bien comment s'adapter pour avoir le plus d'avantages possibles, que ce soir l'affection, la nourriture ou le confort.
    Ainsi, ne pensez jamais qu'une relation avec un chien a un point X restera ainsi toute sa vie. Le chien testera régulièrement les limites. une bonne relation c'est un travail constant.
    J trouve dommage d'exclipser dans ce débat l'histoire qui nous lie, chien et humain. Il me paraît étrange de penser que chien et loup se comportent de la Meme facon alors que leurs lignées se sont séparées il y a bien plus longtemps qu'on ne le pense et que le chien s'est toujours adapté à nous.
    Voila je voulais juste le souligner.

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