Tilikum, l’orque de Blackfish (disponible sur Netflix), est décédé

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Le documentaire Blackfish (disponible sur Netflix) dénonce les conditions de vie des orques en captivité. Dans les parcs, les cétacés deviendraient fous, jusqu'à attaquer leurs soigneurs.

blackfish seaworld orque

Mise à jour du 6 janvier 2017 — Tilikuml’orque au centre du documentaire Blackfish, est décédé. L’information nous vient de Libération, d’après une annonce de SeaWorld.

L’orque avait été capturé en 1983, et a donc passé 36 ans en captivité.

Le documentaire Blackfish est disponible sur Netflix France ! Bonne nouvelle, car c’est un film à voir. Vraiment.

— Initialement publié le 12 mai 2014

Blackfish, documentaire qui brise le cœur sur les orques en captivité

En février 2010, l’orque Tilikum a tué sa soigneuse dans le parc de SeaWorld Orlando, aux Etats-Unis. Dawn Brancheau venait de terminer un spectacle avec l’animal lorsque celui-ci l’a attrapée et tirée dans l’eau. Le rapport d’autopsie a indiqué une mort par noyade, mais aussi de nombreuses blessures.

L’événement a provoqué un petit scandale, obligeant SeaWorld à prendre de nouvelles mesures de sécurité. Mais ce n’était pas une première : plusieurs soigneurs avaient déjà été attaqués par des orques dans des parcs, avec des conséquences allant du pied cassé à la mort.

En 2013, le documentaire Blackfish a mis en lumière cette série noire.

Plusieurs anciens soigneurs de SeaWorld y témoignent des conditions de vie des orques : confinées à plusieurs dans des boîtes de quelques mètres carrés pendant toute la nuit, affamées afin de les rendre coopératives, forcées à une cohabitation peu naturelle pour elles qui vivent, certes, en groupe mais dans de grands espaces (sans compter que les cétacés du parc viennent de lieux donc de « cultures » différentes)…

Le résultat : une durée de vie bien plus courte qu’en liberté, des ailerons dorsaux pliés beaucoup plus fréquents et surtout de l’agressivité, entre eux et envers les humains.

Selon plusieurs scientifiques interrogés dans le documentaire, ces conditions de vie pourraient rendre les orques folles, notamment Tilikum : celle-ci était régulièrement attaquée par ses congénères, et on l’a déjà retrouvée avec de larges blessures.

« Je suis resté parce que j’avais pitié de Tilikum », déclare un soigneur.

Blackfish montre que l’orque est un animal intelligent et sensible

Appelé en anglais « killer whale » (baleine tueuse), l’orque est pourtant peu agressive dans la nature — on n’enregistre aucun incident impliquant des humains attaqués par ces cétacés.

Réputés pour leur sadisme à cause de leurs stratégies de chasse, ces animaux sont surtout extrêmement intelligents et, si l’on en croit les spécialistes qui s’expriment dans Blackfish, très sensibles ; ils ressentiraient même des émotions que les humains ne connaissent pas.

Ce sont également des êtres sociaux et, même si beaucoup de scientifiques répugnent à reconnaître que les animaux ont un « langage », le chercheur Howard Garrett atteste l’existence de « différents répertoires de vocalisation » selon les communautés.

blackfish tilikum soigneurTilikum et l’un de ses ex-soigneurs

L’un des anciens soigneurs raconte que lorsqu’on l’a séparée de sa petite, l’une des femelles orques s’est mise à émettre des sons jamais entendus auparavant dans l’espoir de la retrouver.

« [Ce comportement] brisait le cœur. Comment est-ce qu’on peut regarder ça et se dire que c’est moralement acceptable ? »

Blackfish, un documentaire très bien réalisé

Blackfish a été nominé pour le meilleur documentaire au festival de Sundance en 2013. Il a reçu plusieurs récompenses par des associations de critiques.

Le film est en effet très bien réalisé, agréable à regarder malgré son sujet difficile. Belle musique, très belles images (SeaWorld est bardé de caméras, ce qui permet d’illustrer tous les événements dont parle le film) et surtout intervenants passionnés en font un petit bijou du genre.

blackfish orque gros planBOUH

Pour les sensibles, précisons qu’il n’y a pas de scènes « gore » — je suis du genre à fuir à toutes jambes devant la moindre vidéo d’abattoir. Le risque de larmes est par contre bien réel, surtout quand on voit les yeux rouges de l’un des anciens soigneurs qui parle de Dawn Brancheau et de Tilikum…

Les protestation de SeaWorld, clamant que le film est « inexact » et « exploite une tragédie », n’ont pas empêché les visites de baisser suite à sa diffusion sur CNN — moins 13% au premier trimestre 2014, même s’il est impossible de quantifier le lien de cause à effet.

En France, Blackfish sortira bientôt en DVD chez Zylo, et devrait être diffusé l’été prochain sur Arte. Pour le festival de Cannes, les défenseurs des cétacés tiendront un stand les 17 et 24 mai, afin de soutenir le film et d’informer le public.


Lady Dylan


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Voici le dernier commentaire
  • Denderah
    Denderah, Le 7 janvier 2017 à 16h38

    @Black Phillip

    En fait pour moi ce n'est pas le soucis d'être réaliste, mais c'est plutôt que Moby Dick ne parle en fait pas assez des baleines. ^^
    J'en avais retenu que cela traitait surtout de la haine et de la folie d'un homme, plus que de la baleine elle-même, qui est limite une métaphore personnifiée du mal.

    Après, pour ta question, d'un point de vue général je dirais que oui, les histoires mystifiées et faisant des entorses avec la réalité peuvent néanmoins être une bonne porte d'entrée pour la réflexion antispéciste.
    J'adorais les livres de Jack London quand j'étais enfant... alors qu'ils sont pleins d'erreurs énormes sur le comportement des animaux décrits (en particulier les loups, d'une agressivité plus que caricaturale dans les histoires) (je n'arrive ainsi plus à les relire désormais).
    Et pourtant, par ailleurs, ces romans sont très positifs pour développer l'empathie pour d'autres espèces, tenter de s'imaginer comment elles perçoivent le monde.

    Mais tout le monde n'a pas forcément le talent pour ouvrir la réflexion non plus, et les histoires qui ne font que se servir des animaux comme supports pour des concepts qui restent anthropocentrés, sans suffisamment conserver leurs particularités non-humaines, là, oui, c'est juste spéciste.


    Pour en revenir aux cétacés, le roman de Robert Merle que je citais au dessus, est une fiction (il traite de la communication possible entre nos espèces), mais il s'était cependant appuyé sur des véritables recherches scientifiques en cours.
    Sachant que ce roman date de 1967 ! Ces recherches existent encore, mais restent marginales, par manque d'intérêt (même si cela évolue), et on ne peut que se dire, que de temps perdu et combien de cétacés sacrifiés dans des parcs pendant ce temps... ? alors que les connaissances sur l'intelligence et la culture de ces grands mammifères avaient pourtant déjà été amorcées depuis des décennies.

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