Arvida Byström, une photographe choc enrobée de sucre

Arvida Byström est une photographe suédoise installée à Londres. Lady Dylan vous fait découvrir son univers doux et perturbant.

Arvida Byström, une photographe choc enrobée de sucre

Cheveux roses, ongles roses, sol rose dans sa galerie londonienne : Arvida Byström est souvent décrite comme la « princesse d’Internet ». D’un certain Internet en tous cas, d’un Tumblr féministe et pastel qui remet en valeur une forme de féminité.

« Mon travail a un style féminin [« femme » en anglais] assez spécifique » déclarait récemment la suédoise de 22 ans au magazine CoolHunting. Elle tient à ce que ce style soit « pris au sérieux », car il n’est « ni ironique, ni sarcastique ». Même ? surtout ? ? lorsqu’elle accroche un ruban rose dans les cheveux d’un homme et qu’elle le photographie avec toute la délicatesse habituellement réservée aux modèles féminins.

« Je trouve les choses féminines très mignonnes […] et quand je prends une série de photos je veux que tout le monde soit représenté de la même façon », déclare-t-elle à CoolHunting.

Arvida Byström, un piment enrobé de sucre

Mais la douceur apparente de ses images révèle souvent des éléments plus dérangeants. Sa série sur les règles, par exemple, a déclenché beaucoup de réactions violentes sur Internet.

Publiée sur Vice en 2012 (c’est dans ce magazine qu’Arvida a commencé à afficher ses photos lorsqu’elle avait seize ans) et intitulée There will be blood, cette œuvre était composée de photos de femmes aux culottes sanglantes, dans des situations de la vie quotidienne.

Ici le détail est sur la cuisse de la coureuse

Sous l’article de Vice, la majorité des commentaires expriment du dégoût et l’incompréhension habituelle réservée à l’art contemporain (« ouais c’est ça, et moi je vais me prendre en photo quand je vais aux toilettes », par exemple). Voilà sans doute qui justifie la démarche d’Arvida, qui considère les règles comme banales, plus proche des saignements de nez (utilisés dans l’art) que des matières fécales.

Autre expérience un peu perturbante : Mattress, une exposition/performance de 2013, où la photographe a vécu pendant une semaine entre les murs de la galerie avec un matelas, un ordinateur et un autre artiste ? en profitant pour s’initier en même temps que lui aux joies du gode ceinture (oui, on parle bien de dépucelage anal, ne quittez pas).

Composée d’un ensemble d’images et de vidéos autour de leur expérience, l’œuvre devait explorer la complexité des relations à une époque où 50% des mariages échouent, où les modèles familiaux changent et où ta mère est sur Facebook (c’est réellement ce que disait la notice).

Selfies, rapport au corps et féminisme

Beaucoup des créations d’Arvida, notamment à ses débuts, sont des autoportraits. Pour une adolescente timide ? elle a commencé la photo à douze ans ? c’est tout simplement le moyen le plus facile d’avoir un modèle. Elle raconte également que cela l’a aidé à accepter son corps à l’adolescence.

Aujourd’hui, quoique correspondant aux canons de beauté par son corps et son visage, elle s’est affranchie des normes notamment à propos des poils. Comme sa série sur les règles, les photos où l’on voit sa pilosité lui attirent souvent beaucoup de réflexions, qu’elle semble ignorer royalement.

Un vernissage à Gal ? Arvida est celle avec les cheveux bleus (issue du Tumblr de la galerie)

Si elle ne définit pas forcément son travail comme féministe (il l’est simplement parce qu’elle-même l’est) et qu’elle est souvent lassée d’être uniquement considérée comme une « artiste femme », elle est néanmoins attachée à une culture féminine : sa galerie (au sol rose) s’appelle « Gal », soit littéralement « meuf » (« nénette » ou « gonzesse » selon votre expression préférée), et accueille des expositions que ses propriétaires qualifient de « girly ».

Arvida elle-même est actuellement exposée à l’exposition Pussy Pat à New York et dans WIFI for WIFE à Stockholm. Vous pouvez la découvrir sur son site.

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Voici le dernier commentaire en date :

  • Yuyunaâ
    Yuyunaâ, Le 16 septembre 2016 à 23h56

    Un truc qui me chiffonne, c'est qu'en voulant aller voir les photos sur les règles un message s'affiche pour me demander si je suis majeure...Donc un mineur ne doit pas voir du sang sur une culotte, ça va le choquer :scream: ?!?!?
    Parce que non, je ne suis pas majeure, en revanche j'ai deja eu mes regles, donc pourquoi ces photos me choqueraient :mur: ?!?!!
    Je suppose que ça a été fait récemment car je ne vois aucune autre madz parler de ce message, mais ça m'a vraiment énervé...enfin les régles, comme expliqué dans l'article, c'est pas vraiment plus sale que de saigner du nez !!!!!

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