Quand on est une femme, plus on a d’enfants, moins on est heureuse en couple


Est-ce que le nombre d'enfants a un impact sur la relation amoureuse des parents ? C'est la question à laquelle tente de répondre une récente étude internationale, et ses conclusions sont très intéressantes...

La famille nombreuse de Lynette et Tom Scavo dans Desperate HousewivesPhoto tirée de la série Desperate housewives

Dans les contes de fées, le prince et la princesse se marient, ont beaucoup d’enfants et vivent heureux pour toujours. Dans la vraie vie, la naissance d’un enfant (ou de plusieurs) n’est pas sans conséquence sur la satisfaction que les parents éprouvent concernant leur vie de couple.

Une récente étude, parue en avril 2021 dans la revue PLOS one, s’est penchée sur le sujet pour analyser la satisfaction maritale des couples selon plusieurs critères, et notamment le nombre d’enfants. Pour cela, les chercheurs et chercheuses de l’Institut de psychologie de l’université de Wroclaw en Pologne ont interrogé plus de 7.000 personnes mariées dans 33 pays différents du monde.

Les parents sont moins satisfaits de leur vie de couple en général

Leurs résultats sont conformes à ce que plusieurs études précédentes avaient déjà déterminé, à savoir que les parents étaient en moyenne moins satisfaits de leur relation amoureuse que les personnes en couple sans enfant. Faire un bébé pour sauver son couple ? Très mauvaise idée donc…

L’étude polonaise se distingue par le fait qu’elle n’a pas été menée que dans des pays occidentaux et aussi par le nombre d’indicateurs qui ont été analysés finement pour vérifier quels étaient ceux qui avaient une influence sur la satisfaction en couple.

Première conclusion originale de l’étude : plus le nombre d’enfants augmente, plus la satisfaction exprimée concernant sa relation amoureuse décroit… pour les femmes ! Chez les pères, l’augmentation du nombre d’enfants n’a pas d’impact sur leur bonheur en couple.

Pour l’équipe qui a réalisé l’étude, l’explication est assez simple : comme les femmes prennent encore majoritairement en charge les soins aux enfants, c’est elles qui voient leur boulot domestique augmenter avec le nombre d’enfants. Quand l’investissement des pères se limite à jouer avec leurs enfants le soir et le weekend, en avoir un ou cinq ne change pas fondamentalement leur vie.

Charge parentale déséquilibrée = ressentiment et insatisfaction

Et ce décalage peut créer du ressentiment envers leur partenaire du côté des femmes, dans les couples hétéros ayant des enfants. Le manque de temps libre et de loisir, la charge mentale et le stress à la maison sont aussi susceptibles de rendre les femmes en couple hétéro moins satisfaites de leur vie en général, et donc de leur relation amoureuse…

En outre, c’est souvent sur les femmes que pèse l’injonction d’entretenir leur vie de couple ou de « raviver la flamme » (insérer ici un conseil débile). Or, comme le disent les chercheurs et chercheuses dans l’étude :

« Les personnes qui s’investissent plus dans la relation que leur partenaire éprouvent plus de détresse. »

L’équipe polonaise ne précise toutefois pas s’il existe des différences entre les femmes en couple avec une autre femme et celles en couple avec un homme. À vrai dire, il semble que cela ne fasse même pas partie des questions posées à leur échantillon…

Les parents très diplômés sont plus malheureux en couple

L’autre enseignement très intéressant de l’étude, c’est que plus les parents interrogés étaient diplômés, moins ils étaient satisfaits de leur couple. Un constat que l’étude explique de la façon suivante :

« Quand des parents très diplômés ont des enfants, ils rencontrent peut-être plus de difficultés à trouver un équilibre entre leurs différents rôles sociaux. Cela peut s’expliquer par le manque de temps et de ressources personnelles pour remplir de manière satisfaisante ses responsabilités de parent, de partenaire et de salarié. »

Une analyse qui peut s’entendre, si l’on considère que les personnes très diplômées sont plus susceptibles d’avoir des jobs avec des horaires à rallonge et du mal à se déconnecter de leur travail, ce qui n’est bien sûr pas sans conséquence sur la vie de couple… Mais c’est oublier un peu vite que les personnes occupant des emplois moins qualifiés font face à d’autres problèmes qui peuvent influer négativement sur leur couple : horaires décalés, travail le weekend ou de nuit, etc.

Enfin, l’étude s’est penchée sur un dernier facteur : le niveau de revenus du ménage a-t-il un impact sur la satisfaction des parents concernant leur vie de couple ?

Si les couples appartenant à une classe sociale favorisée sont plus susceptibles de voir leur satisfaction maritale chuter après la naissance de leur premier enfant que les autres, le niveau de revenus n’a par contre plus d’impact pour les enfants suivants.

Autrement dit, être riche ou pauvre ne protège pas les parents de plus d’un enfant de l’insatisfaction vis-à-vis de leur relation de couple.

Si l’on en croit cette étude, il faudra en tout cas songer à réécrire la fin des contes de fées : « ils eurent beaucoup d’enfants et vécurent malheureux (parce que le prince n’en foutait pas une dans le château) ».

À lire aussi : Les hommes s’occupent plus du ménage, mais pas de leurs bébés

Clémence Boyer

Clémence Boyer


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Commentaires

Allitché

@Neverland90 peut-être que comme tu dis, c'est une espèce de sursaut tardif, en fait j'ai consacré ma vie à mon travail et je le regrette, alors que les plus jeunes, en plein dedans, ne s'en rendent pas compte? :lol:
(mais si c'est vrai, c'est un peu triste comme conditionnement... que toute la valeur de la vie se réduise au travail :erf:)

@Carlawn sans forcément parler de maturité du cerveau, j'aurais dit que c'est "simplement" les expériences de la vie qui font qu'on se connaît mieux, qu'on commence à avoir eu des déceptions et des ratés dans la vie, donc aussi peut-être on envisage l'avenir de manière plus sereine? Aussi moins besoin de devoir se prouver à soi-même et aux autres de devoir tout réussir?
(bon ça fait un peu psycho de comptoir :yawn:, mais bref c'est un peu des choses que j'ai un peu ressenties avec les gens avec qui j'ai passé ma décennie depuis le lycée, c'est moins surexcité et plus posé, quelque comme ça :hesite: )
Après, bon, je suppose aussi que les couples qui surmontent cette décennie en survivent à beaucoup d'autres aussi à cause des choses mentionnées dans l'article....
 
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