Les hommes s’occupent plus du ménage, mais pas de leurs bébés


Selon une récente étude, les couples âgés d'une trentaine d'années partagent mieux les tâches ménagères que les quadragénaires. Par contre, quand il s'agit d'arrêter de bosser pour s'occuper de leur enfant, les pères continuent de traîner des pieds.

Les hommes s’occupent plus du ménage, mais pas de leurs bébés

Est-ce que l’égalité entre les femmes et les hommes progresse vraiment au sein des foyers ? C’est l’une des questions à laquelle l’enquête « Génération » du Céreq permet de répondre.

Depuis près de trente ans, l’organisme suit le parcours professionnel et personnel des générations qui rentrent dans la vie active (quel que soit leur niveau de diplôme des jeunes).

En comparant la génération qui a terminé ses études en 1998 avec celle de 2010, le Céreq remarque des évolutions intéressantes dans la sphère domestique, sept ans après l’entrée de ces individus dans la vie active.

Les couples « traditionnels » en matière de tâches ménagères ne sont plus majoritaires

En effet, la part des couples dits « traditionnels », ceux dans lesquels les femmes prennent en charge la majorité des tâches ménagères, a fortement reculé entre les deux générations.

En 2005, 49% des couples de la génération 98 étaient des foyers dans lesquels les femmes se tapaient le gros du boulot.

En 2017, seuls 36% des couples de la génération 2010 sont dans cette situation.

Logiquement, les couples « paritaires » où les responsabilités sont équitablement partagées sont désormais plus nombreux (45% VS 37%), tout comme les couples dits « modernes » (sans commentaire) où les hommes prennent en charge plus de tâches ménagères. Ils représentent désormais 19% des situations contre seulement 14% en 2005.

Cette bonne nouvelle sur le front de l’égalité domestique ne semble, hélas, pas se doubler d’évolutions notables du côté des responsabilités parentales.

Avoir un enfant pèse sur la carrière des mères, mais pas sur celle des pères

Si l’étude du Céreq ne demande pas aux hommes et aux femmes interrogées qui s’occupent le plus des enfants dans leur couple, elle se penche tout de même sur l’impact causé par l’arrivée d’un enfant sur la carrière des unes et des autres. Et les résultats sont un peu démoralisants.

Dans la génération 2010, près d’une femme sur deux déclare que la maternité a eu une incidence sur sa carrière. Les hommes ne sont que 14% dans ce cas.

En effet, une part non négligeable des femmes qui deviennent mères interrompent leur activité professionnelle ou passent à temps partiel après la naissance.

Pire encore, la part des femmes qui prennent un congé parental après la naissance ou passent à temps partiel a progressé entre les générations 98 et 2010, tandis que celle des pères dans ce cas-là, a plutôt régressé !

Seuls 2% des pères de la génération 2010 sont passés à temps partiel après la naissance de leur premier enfant, et seulement 7% ont pris un congé parental (ils étaient respectivement 2% et 8% pour la génération précédente).

Avoir un enfant n’a aucune conséquence sur la carrière des pères

Des chiffres à comparer aux 24% de femmes de la même génération qui sont passés à temps partiel et aux 27% qui ont pris un congé parental.

Ainsi, pour l’immense majorité des hommes, l’arrivée d’un enfant n’a aucune conséquence sur leur vie professionnelle.

Le Céreq, qui précise ne pas avoir d’éléments dans sa méthodologie d’enquête actuelle pour distinguer les couples homosexuels et hétérosexuels, conclut son étude ainsi :

« Si au sein des couples, les relations entre famille, emploi et travail domestique évoluent chez les jeunes femmes, les changements chez les hommes sont beaucoup plus discrets, se concentrent vers une participation plus active au travail domestique et ne remettent nullement en cause le primat de l’emploi, y compris au moment de la naissance d’enfant(s).

En effet, les réformes passées (congé de paternité en 2002, congé parental en 2014) n’ont guère influé sur la façon dont ils articulaient les deux sphères. »

Pourquoi les pères ont-ils tant de mal à lever le pied au boulot ?

Ce primat de l’emploi relevé par l’auteur et l’autrice de l’étude du Céreq me questionne. Pourquoi les pères semblent-ils avoir tant de mal à lever le pied au boulot ?

Est-ce uniquement une question de rémunération (ce sont en général eux qui ont les plus gros salaires du couple) ou y a-t-il d’autres facteurs plus psychologiques qui entrent en compte, comme la peur par exemple d’être « sanctionné » au sein de leur entreprise s’ils prennent un congé parental ou un temps partiel ?

Surtout, quelles mesures collectives peut-on prendre pour encourager les hommes à s’investir plus dans l’éducation de leurs enfants, dès la naissance ?

Malheureusement, je ne pense pas que l’allongement à partir du 1er juillet du congé paternité à un mois, dont seulement une semaine obligatoire suffise…

Pour approfondir, n’hésitez pas à aller consulter l’étude complète du Céreq.[/bpx]

 

Clémence Boyer

Clémence Boyer


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