Quitter la ville pour vivre à la campagne, ça ressemble à ça

Jeune Bergère, de Delphine Détrie, c'est le documentaire coup de cœur de Kalindi. L'histoire de Stéphanie, une femme indépendante qui contre vents et marées mène une vie au plus proche de ce qu'elle est.

Quitter la ville pour vivre à la campagne, ça ressemble à ça

En partenariat avec KMBO (notre Manifeste)

Je suis née à Paris, un mois d’octobre où il faisait déjà froid.

Paris, on l’aime mais on la quitte parfois

J’ai grandi dans cette ville grouillante de monde et de bruits, où il est facile de se sentir seule, même entourée de gens.

Dans cette capitale lumière où la culture est à chaque coin de rue, et où des petits bouts d’art se cachent même sur les murs, il y a peu de place pour les évasions vertes. ..

Quand on ne supporte pas la fièvre qui monte aux joues dans les métros bondés, la vie ici peut être abrupte, cruelle, quasi-invivable.

J’entends souvent des Parisiens affirmer que seuls les Parisiens de naissance sont capables de rester là toute leur vie, et d’aimer ça.

Je suis convaincue, si ce n’est du contraire, qu’il faut nuancer cette théorie.

J’ai personnellement plein de potes venus d’ailleurs qui se sentent chez eux à Paris, et ne rentreraient dans leur ville d’origine pour rien au monde !

Et bien sûr, il y a ceux qui sont à Paris mais souhaitent changer radicalement de vie…

Jeune Bergère, de quoi ça parle ?

Stéphanie, justement, est une héroïne moderne qui a décidé de donner vie à son rêve. Celui-ci peut te paraître tout simple, mais il est pourtant courageux.

Ses envies, Stéphanie les a écoutées, et y a donné suite.

En dépit du qu’en dira-ton, elle a plaqué sa vie parisienne pour s’installer à la campagne, et adopter un mode de vie « a priori » plus simple mais en réalité semé d’embûches. 

C’est dans les prés salés du Cotentin que Stéphanie doit tout recommencer et apprendre un tout nouveau métier : bergère.

Par-delà les difficultés et la rudesse du quotidien, cette jeune mère célibataire tient bon et m’a, je te l’avoue, mis une petite claque…

Jeune Bergère, une vraie leçon de vie

Stéphanie ne correspond pas au stéréotype de la bergère véhiculé par les livres pour enfants.

Elle ne porte pas de petit chapeau en dentelle, ni la moindre paire de chaussettes surmontées de nœuds bleus. Elle ne passe pas ses après-midis à lire allongée contre une brebis, ni à faire bégayer les commerçants du village d’à côté.

Dans le Cotentin, Stéphanie expérimente la vraie vie d’agricultrice. Celle qui tache, qui blesse, qui éreinte et pousse aux remises en question.

C’est avec les bottes crottées, et en sweat-shirt, que cette jeune bergère se donne une chance de vivre au plus près de ses aspirations, peu importe ce qu’en pensent ses confrères.

Stéphanie n’est pas reçue à bras ouverts, dans cette région à qui elle dédie pourtant sa nouvelle vie et surtout son cœur…

Certains autres paysans jaloux sabotent son travail, tout ça parce qu’elle ne correspond pas à l’idée qu’ils se font d’une personne du métier. Parce qu’elle est une femme, peut-être ? 

Oui, c’est sûrement un peu à ça que se frotte Stéphanie. Au sexisme des autres agriculteurs qui ne sont pas prêts à voir leurs habitudes bousculées.

Vent debout, la jeune bergère ne se laisse pas abattre, et ne compte pas non plus faire machine arrière.

Dans le documentaire de Delphine Détrie, elle confie :

« Je me souviens du métro et du bureau gris dans lequel je bossais, et j’ai pas du tout envie de retourner dans mon ancienne vie. »

Elle livre également :

« Ici, chaque journée est différente. »

Va savoir pourquoi, ces déclarations m’ont touchée en plein cœur.

Peut-être parce qu’elles font écho à mes propres incertitudes quant à une vie entière passée dans le vacarme et le manque d’oxygène…

Le documentaire Jeune Bergère a chamboulé mes idées et remis en perspective mes choix de vie.

Jeune Bergère, un besoin d’indépendance

Pour s’offrir cette nouvelle vie, Stéphanie n’a eu besoin de personne.

L’argent, elle l’a trouvé toute seule, et son quotidien, elle le construit sans l’aide de qui que ce soit.

Stéphanie est un modèle d’indépendance et de courage dont il est nécessaire sinon primordial de parler aux jeunes femmes.

Celles qui n’osent parfois pas défier les codes imposés par la société et s’enferment dans une vie qu’elles n’aiment pas, qu’elles n’aiment plus.

Stéphanie, c’est une bouffée d’oxygène, un appel au grand air, ma respiration de la journée. 

Stéphanie, c’est surtout la jeune bergère qui encourage chacun et surtout chacune d’entre nous à vivre en harmonie avec qui nous sommes VRAIMENT.

Pour elle et pour ses beaux élans de liberté, je te conseille de foncer au cinéma le 27 février découvrir Jeune Bergère, un petit morceau de sa grande vie !

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Commentaires

BarbieDroguée

@TheMadTink J'te jure ! Bon pour le coup c'était y'a vraiment un bail (au moins une dizaine d'années) et maintenant ça roule pour lui, il a son activité qui tourne bien, mais ça lui a pris du temps pour se faire sa place... et heureusement qu'il était tenace ! Mais on peut se demander combien d'autres auront essayé de changer de mode de production puis renoncé en voyant les oppositions...
 

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