Les 10 WTF mode des années 2000

La décennie 2000 marqua l'Histoire. Entre le phénomène Skyblog, la télé-réalité, l'épidémie de SRAS et des coupes de cheveux inédites, nous avons vécu de grandes choses. Et la planète de la mode, elle aussi, a été secouée par de nombreuses révolutions.

Les 10 WTF mode des années 2000

Il y a eu du très bon, mais aussi de l’étrange et de l’improbable. Je vous propose un petit retour en arrière sur ces tendances énigmatiques que vous aviez, peut-être, vous aussi un jour adoptées.

Le pantalon noir large à poches et longues sangles

Tout droit sorti, me semble-t-il, de l’univers punk, il s’est « banalisé » pour quelques mois. Il y a eu une saison où toute la cour du collège s’en est peuplée, et puis il a sombré dans l’oubli.

Mettons-nous en situation : chaque fois que tu montais un escalier tu marchais sur trois sangles qui s’arrachaient, et le soir il fallait demander à maman de les recoudre.

L’avantage : quand tu t’ennuies, tu peux toujours t’occuper à faire des tresses avec les sangles.

Les manches-trompette

Le début de la décennie fut marqué par les pantalons pattes d’eph, flare ou bootcut, à tel point que même les manches furent contaminées par cette forme. Et à la cantine, cela donnait surtout l’effet « je repeins ma manche couleur contenu-de-l’assiette-du-voisin à chaque fois que je tends le bras pour attraper la carafe d’eau ».

L’aspect positif : pour Halloween, pas besoin de robe, un chapeau et un balai suffiront pour compléter l’allure de sorcière de ce type de manches !

Le débardeur fluo

De préférence en matière 100% synthétique et élastique, bien sûr ! À adopter d’urgence pour celles qui aiment passer inaperçues (ou pas). J’en avais un jaune fluo, parce que j’ai toujours été quelqu’un de particulièrement discret. En plus il était tellement moulant qu’il collait à mort à ma peau, j’avais l’impression d’être à poil, sauf que ça grattait en plus.
Au moins, avec ça, aucun problème de sécurité sur la route, ta visibilité est idéale. Par contre, c’est pour le chauffeur qui te croise qu’il faut s’inquiéter, des fois qu’il soit aveuglé et finisse dans le fossé…

Le t-shirt à pointe

Avec des variantes : T-shirt à décolleté en V + pointe de la même forme en bas, ou encore : dos-nu à pointe vers le haut au niveau du col + pointe vers le bas…
Ces jeux de formes ont pour mérite d’être surprenants, bien que j’avoue ne jamais avoir vraiment compris le pourquoi du comment.

L’avantage : si tu oublies de fermer ta braguette, le T-shirt sera là juste au bon endroit pour le cacher ! (ce serait ça, l’idée d’origine de la chose ?)

Le treillis à grandes poches

Il devait être kaki, ou beige, ou camouflage. Il devait être en tissu assez épais et bouffant. Et surtout, plus il y avait de grosses poches, mieux c’était. Un véritable phénomène, même ma prof de physique-chimie en portait un (pardon madame si vous me lisez aujourd’hui).
Même si esthétiquement c’est aussi délicat qu’un tractopelle, j’avoue que je suis un peu nostalgique. L’hiver, on pouvait mettre quatre couches de collants en dessous et ça ne se voyait pas. Et avant tout, même pas besoin de sac : on pouvait ranger toute sa vie dans ces grosses poches…

La robe fendue sur les côtés

Voila une solution (plus ou moins heureuse) au dilemme entre la classe de la robe longue et le sexy de la robe qui dévoile les jambes. Cette logique a été creusée et popularisée en 2001 par Kylie Minogue dans le mythique clip de Can’t get you out of my head, avec classe bien sûr.

Toi aussi, tu l’as peut-être arborée, heureuse de pouvoir marcher normalement même en robe longue (parce que sans les fentes c’est quand même délicat de faire un pas de plus de 20cm dans une jupe aussi longue, moi j’avais l’impression d’être un pingouin dans ces cas-là, avançant à petits pas très rapides). Le problème étant bien sûr celui de la gestion délicate du moindre courant d’air (poupoupidou).

Le pantalon très large, mais serré en bas

Pendant au moins une année, les filles branchées du collège et du lycée d’à côté avaient toutes le même modèle. La bête était ajustée au niveau des hanches, s’élargissait jusqu’à être immense en bas, mais se resserrait à la cheville. Et moi pendant ce temps-là j’tournais la mannivelleuh je bavais devant les vitrines, où ce modèle Kanabeach coûtait 90 modestes euros, autant dire que je n’ai jamais pu l’avoir.

Il faut souligner un avantage certain de cet animal : il concilie l’esprit extra-large et la possibilité de ne pas nettoyer les trottoirs avec le bas de son pantalon en marchant (pour le malheur des trottoirs ?).

L’inconvénient majeur ? J’ai l’impression d’entendre encore aujourd’hui une de ces filles branchées marcher : cela produisait un bruit étrange, mi-frottement, mi-froissement, mi-crissement, car cette bestiole était faite d’un tissu assez rigide. Pas très pratique donc, à moins de chercher à se muscler les mollets (avec une telle résistance du tissu, faire un pas devait être trois fois plus dur que la normale).

Le motif camouflage

Cela allait de pair avec la logique du baggy kaki à grandes poches bien sûr, mais il valait mieux éviter de porter ces deux tendances ensemble, sous peine de se donner un faux air de Rambo. Cet imprimé a fleuri un peu partout, sur les hauts, sur les bas, sur les chaussures et autres accessoires. Dans la cour de récré cela entraînait bien sûr les moqueries ou remarques étonnées des garçons : « tu veux faire l’armée? ». Mais après tout, ils ne comprenaient rien à la mode, chez Lena Bliss il y avait marqué que ça fait « baroudeuse tendance », d’abord ! (même si tu n’avais pas très bien compris ce que cela voulait dire, ça avait l’air cool).

Il y a bien sûr un côté très positif : 1) tu peux te cacher dans la brousse et 2) tu peux manger comme un porc ou te rouler dans la boue : sur un motif constitué de tâches, cela passera tout à fait inaperçu!

L’esprit emo

Ces jeunes aux cheveux intergalactiques, habillés en noir et rouge (ou rose), de préférence avec des rayures, et qui écoutaient My Chemical Romance, existent-ils encore ? Leur identité, c’était de souffrir, car « émo » ça vient d’émotion ou émotionnel bien sûr. Et il fallait que leurs émotions soient trop dark.

Cependant, ils méritent un hommage solennel, car souvenez-vous ! C’étaient les pionniers dans le domaine de la mèche. En 2006, on se moquait de ces « dépressifs à mèche » (à moins d’en faire partie). Mais en l’espace de quelques années, la mèche-sur-le-côté est devenue super fashion, puis s’est démocratisée, et aujourd’hui elle s’est pleinement intégrée au paysage capillaire. Et on ne le regrette pas. Merci les emos !

Last but not least : le jean des années 2000

Il devait être large. Les beaux jours du slim étaient derrière lui (et devant lui), le droit avait tenu dans les années 90 mais était en déclin. Il fallait du trompette, du pattes d’eph, du flare, du bootcut, du large, de l’extra-large! Tel était l’avenir. Alors bien sûr, les complexées des jambes étaient ravies (haha plus personne ne voit mes gros mollets). Mais les deux ou trois centimètres de trop long traînaient toujours par terre, s’étiolaient à force de marcher dessus… Et surtout, rappelez-vous les jours de pluie : quel délice de voir le denim trempé jusqu’au genou! On séchait avec lui, ce qui renforçait la fusion « mon jean et moi ».

Il devait être taille basse. Plus c’était bas, plus c’était in. Alors oui, si tu n’as pas une morphologie de canne à pêche cela te crée mécaniquement un bourrelet au niveau des hanches. Même si tu n’as pas de gras à cet endroit, le jean taille basse fera l’illusion, aucun souci à se faire, car il glisse toujours pour se fixer à l’endroit où il a l’air serré, ce petit malin. Il y avait bien sûr le léger inconvénient de laisser apercevoir ce qu’il ne faut pas trop. Tous les matins se posait alors une question existentielle : comment vais-je faire pour que ma culotte ne dépasse pas de mon jean aujourd’hui? Et au long de la journée, vigilance constante pour ce qui est de se pencher. Car nul n’est à l’abri de voir sa raie désireuse de dire bonjour au monde…
Cela dit, le taille basse, c’était trop classe. Il y avait Britney pour le représenter, un jean flare taille basse tenu par une large ceinture, tel était « le style de Britney » quelque part en 2002.

Et enfin il fallait des délavages intenses. « Moustaches » blanches sur jean bleu marine, effet trop-méga-vieilli, trous, on n’avait peur de rien. Il fallait que ton jean ait l’air d’avoir fait la guerre, crénom!

Ces trois impératifs réunis, cela donnait à peu près ça :

Je souhaite finir cet article sur un aveu : j’ai personnellement porté toutes ces tendances (sauf le pantalon Kanabeach [trop cher] et l’esprit emo [trop triste]). Ce qui m’amène à deux conclusions :

  • pendant des années j’ai suivi la mode sans aucun discernement
  • écrirai-je la même chose dans 10 ans sur ce que je portais en 2010 ? Ou n’était-ce, à l’époque, que le conformisme des années collège qui me poussait au vice ?

En tout cas, à l’époque j’aimais « parce que c’était la mode », aujourd’hui je me pose systématiquement la question « aimerais-je même si ce n’était pas du tout in? ». Les années 2000 m’auront, j’espère, servi de leçon!

Et toi, lesquelles de ces tendances as-tu arborées avec fierté ? Y en a-t-il que tu aimes encore aujourd’hui ? Et surtout : de quels autres vêtements improbables ou surprenants de la décennie 2000 te rappelles-tu ?

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