Typologie des usagers des transports en commun

Dans le bus, le tramway, le TER ou le métro et à part si on est fan d’Harlan Coben, on n’a pas grand chose d’autre à faire que de mater la faune qui nous entoure. D’où cette nouvelle étude typologique des usagers, qu’ils soient relous, pourvus d’enfants ou beaucoup trop beaux pour être là, ils […]

Typologie des usagers des transports en commun

Dans le bus, le tramway, le TER ou le métro et à part si on est fan d’Harlan Coben, on n’a pas grand chose d’autre à faire que de mater la faune qui nous entoure. D’où cette nouvelle étude typologique des usagers, qu’ils soient relous, pourvus d’enfants ou beaucoup trop beaux pour être là, ils ont toujours un petit message sociologique à délivrer. Démonstration.

– Les cadres à chaussettes apparentes : ils rentrent chez eux trop tard et bavassent sur Jean-Pierre du marketing, « à qui j’ai dit que franchement, là, c’en est trop quoi ». Souvent ils sont deux, l’un écoute en se remontant les lunettes ou la sacoche d’ordinateur, il a un costume gris et sa femme Christine elle aussi travaille trop. Le deuxième a plus de verve et il se dégarnit du dessus, mais le fait d’être cadre ça lui amoindrit cette frustration. En plus, contrairement à son collègue, il habite quelque part sur la dernière station d’une ligne de métro, total il se la pète un peu du style « ha moi j’ai pas besoin de prendre le RER, salut ! ».

– Les papys qui cachent la forêt : Oh un vieux papy, ça veut pas faire de mal, il a une veste Keshua et la même monture depuis 1997, laissons-lui notre place assise. ERREUR. En retour de sourire, il pointe l’index vers le haut et là tout est fini :

– Saviez-vous que cette station a été construite en 1938, rénovée après la guerre, en 1946, non 1947, non 46, oui, 46, et que François Léotard, à l’époque deuxième adjoint, est monté dans la première rame ?
– Ah non.
– Oui… (Pause fourbe comme s’il allait s’arrêter / regard vers l’extérieur / Reprise) Et ensuite, en 1968, à l’heure de la réformation de l’Eglise Philantropique de la rue de Charonne, le parti Symbolique de la Lumière a parrainé la station pour en faire un lieu de culte.
– Mmmh, ah d’accord.

Il faut se méfier des vieux à veste Queshua ou montures type 1997, c’est moins visible qu’un Témoin, plus prolixe qu’un prêtre de l’Eglise Réformée mais aussi saoulant que les deux réunis.

L'occasion de réaliser que nos chauffeurs de métro n'ont pas l'air si louches que ça, finalement.

Les bitches mamans à POUSSETTES : Comme si les personnes dotées d’un voire deux lardons perdaient toute notion de profondeur de champ, les mères à poussettes BOURRENT leur engin dans le bus comme un Allemand aurait traversé  un champ lorrain en tank. Normal. Et après, elles s’étonnent que personne ne les aime, mais quand tu te fais désensibiliser les tibias à coup de bas de poussette, t’as moyen envie de chanter la vie et la fertilité. Nique.

– Les touristes : Ils sont chinois, vieux ou les deux, et dès lors qu’ils ont la patte insérée dans le métro ils se mettent à jacasser comme les poulets d’OSS 117 quand il allume la lumière. Comment reconnaître un touriste ? Il est habillé en ville comme s’il allait randonner, baskets, k-way et une banane qui enferme son numérique et son plan de la ville.

– Les groupes de jeunes : Faut savoir qu’à moins de 100 décibels, un groupe de jeunes ne se déplace pas, ça vaut pas le coup pour lui. Dans la bande, plusieurs profils se dégagent. Celui qui tient le Samsung avec haut parleur c’est celui qui a du caractère, il en faut pour obliger une rame entière à écouter Sefyu. Juste après lui, y’a le fort qui viendra en renfort si un usager s’aventure à aller contre le choix musical de la bande, son rôle c’est de #1 regarder de biais, #2, dire « qu’est cq’uya là ? ». C’est tout. Ensuite y’a les autres, la fille qui croise les bras pour montrer qu’elle sera une mère mature, celle qui crache comme le Petit Poucet aurait semé ses galets et puis les autres qui n’ont pas de rôle prédéfini, ce qui leur permettra peut-être d’aller à la fac.

"CONTROLE DES BILLETS T'ENTENDS ?"

– Le relou : Y’a TOUJOURS un relou dans les transports en commun, c’est celui qui dit « OHLALA MAIS POUSSEZ-VOUS LAAA ! ». Comme si contre lui TOUS les autres usagers avait fomenté un complot, une chaîne de l’espoir contre lui et dans le seul but de l’emmerder. Le relou ose claquer de la langue et regarder loin ceux qui prennent trop de place, si le relou avait 6 ans pour sûr il pointerait du doigt quelqu’un pris au hasard en lui criant « Toi t’es qu’un gros plein de soupe et en plus t’as pété ». Il le fait pas à cause des conventions sociales et tout ça, mais on sent que faudrait pas le chatouiller longtemps.

– Celui qui pue : « OH-MON-DIEU mais qui est ce qui pue comme ça ? », c’est la pensée qui correspond au roulement d’œil instinctif qui suit la putride effluve du puant qui entre dans le bus. On se dit c’est pas possible, mais qu’est ce qu’il a bien pu lui arriver, et puis surtout tout le monde peut être suspect, parce qu’ils font tous une tête « J’vois pas le problème », ce qui veut dire soit qu’ils sentent, soit qu’ils savent qui c’est. Le pire c’est qu’il faut respirer par la bouche comme quand ta mère cuisinait du foie, donc en plus de galérer mi-asphyxié tu dois te taper un souvenir désagréable de ces moments horribles où y’avait un truc pas bon qu’on te forçait à manger chez tes parents.
(Je reviens je vais vomir vite fait)
(voilà, re.)

– Le musicien du métro : A mon avis, les musiciens du métro sont embauchés par l’État pour faire rire les usagers. C’est pas possible autrement, mais dommage que ça ne marche que sur moi. Quand j’entends un tango à l’accordéon en fond de rame, une dame avec un ampli portable qui entonne « Et si tu n’existais pas » avec l’accent tchécoslovaque, j’en peux plus de rire et je m’imagine en train de leur taper sur l’épaule après avoir mis mes lunettes de soleil pour leur dire ; « Do you have a producer ? ».

– Le beau gosse : Le beau gosse arrive dans la rame de métro en mode Blonde de Garth dans Wayne’s world, avec un halo de lumière derrière lui et bien sûr du vent dans les cheveux, par respect pour sa réputation. Le beau gosse dans cet environnement, c’est comme trouver une tablette de chocolat alors qu’on allait se résigner à entamer un paquet de gaufrettes vanille, c’est comme se rendre compte qu’on n’a pas de carie quand on fait une visite de contrôle chez le dentiste. Ça fait du bien. Malheureusement, il sait très bien qu’il a le look avec son pull vintage et son sac en tissu du style « Je fais venir de la coke de Colombie mais je suis écolo quand même », alors il regarde loin. Il regarde loin au lieu de nous regarder nous et c’est très dommage parce qu’on aurait beaucoup à lui apprendre. Et puis il sort a Denfert-Rochereau alors on se dit  » tant pis il aura eu sa chance ».

"Bonjour je suis Sandra Bullock, reconvertie en chauffeur de bus parisien et mon but est d'atteindre les 110 km/h sur une voie de bus"

Bon, je parle pas des TER de Mulhouse qui sentent encore la cigarette alors que la loi Evin est passée y’a de ça presque 4 ans sinon on en aurait pour des heures, mais sache que c’est pas l’envie qui m’en manque.

Évidemment, on fait comme d’habitude, si tu as d’autres specimen en stock tu envoies tes exemples sur papier libre en précisant que tu voteras pour moi en 2012. Euh, sinon tu peux aussi le faire sur le forum. Hrm.

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Voici le dernier commentaire en date :

  • Anih
    Anih, Le 20 août 2010 à 2h18

    Excellent x) mais y a aussi ceux qui s'efforce de trouver quoi faire sur son 3GS ou sa 4 et qui s'enfonce durement et avec peine ses écouteur et sur le coup dans leur tête ils se disent : j'aurai mieux fait de prendre le casque XD

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