L’homme « idéal »… et ce qu’il m’a appris

À 18 ans, cette madmoiZelle a cru rencontrer l'homme idéal. Cinq ans plus tard, elle tire cinq leçons de cette histoire.

L’homme « idéal »… et ce qu’il m’a appris

Souvent on parle du premier amour comme d’une histoire marquante, le mien ne m’a pas plus touchée que cela. J’ai versé ma petite larme quand nous nous sommes séparés après nos quelques mois de couple. C’est tout.

Et puis, à l’âge de 18 ans, j’ai rencontré un type qui m’a semblé être l’homme idéal. Rien que ça. Ce n’était peut-être que le second amour mais il a été ma première passion.

Cette histoire est celle d’un mec un peu paumé, qui est tombé sur une fille pas très à l’aise dans les relations.

Dans cette histoire, il n’y a pas de vraiment méchant. Il ne s’agit pas d’un pervers ou même d’un petit connard. Il n’est question que d’un mec normal, un peu paumé, qui est tombé à l’époque sur une fille pas très à l’aise dans les relations.

Il n’y a pas vraiment de fautif, ni de méchant, juste un résultat totalement naze. Un beau fiasco qui a duré six mois de pseudo-relation et des années pour l’oublier.

Cette histoire compile à mes yeux toutes les choses à ne plus jamais reproduire et toutes les pensées que je sais fausses. Les voici.

Mai 2012 : mentir fait bien plus de mal que de bien

Au lendemain des élections présidentielles, je me suis rendu en boîte de nuit avec deux amis. Comme le début de soirée était un peu mou, j’ai décidé de lancer un « cap ou pas cap ». Ça marchait bien, les gens arrivaient petit à petit… Jusqu’au moment où une pote m’a lancé le pari d’embrasser un mec en 5 minutes chrono.

Il était très grand, en chemise, brun, barbu et souriant. Il avait 28 ans. Je lui ai dit que j’en avais 24.

Je me souviens avoir jeté un regard autour de moi et d’avoir vu ce mec qui se détachait de la foule. Il était très grand, en chemise, brun, barbu et souriant. Je me suis approchée de lui, on s’est parlé une minute ou deux, je lui ai demandé son âge. Il avait 28 ans. Je savais bien que 18 printemps, ça avait de quoi faire fuir un mec de son âge alors je lui réponds d’un air sûr que j’en avais 24… Avant d’enchaîner fissa.

« Je suis désolée mais en fait j’ai fait un pari avec des potes, et il faut qu’un mec m’embrasse. Tu veux m’embrasser ? »

Le cap ou pas cap est devenu une amourette de soirée. On s’est embrassés, on s’est kiffés, on a refait le monde. Après plusieurs heures à faire des allers-retours entre mes potes et ce garçon, nous avons décidé tous deux d’aller nous promener dehors.

Il me disait qu’il voulait me revoir, qu’il me trouvait fabuleuse, pétillante, que j’égayais sa nuit. Je regrettais petit à petit mon mensonge, moi aussi je voulais le revoir.

On s’est séparés devant chez moi d’un chaste baiser et le lendemain il m’a envoyé un message pour se caler un rendez vous dans la semaine. Je lui ai répondu :

« Salut, j’aimerais te revoir mais je dois te dire la vérité. Je n’ai pas 24 ans mais j’en ai 18. Je comprendrais parfaitement si tu ne veux pas me revoir maintenant que tu sais ça. »

Ce mensonge a brisé pour toujours quelque chose entre nous. La confiance n’existait même pas encore que je la tuais déjà.

Je reste persuadée que ce mensonge a brisé pour toujours quelque chose entre nous. La confiance n’existait même pas encore que je la tuais déjà. Peut être que cette histoire n’aurait jamais eu lieu sans cette anecdote, mais après tout, je n’en aurais alors rien su.

Après ça, j’ai toujours été honnête sur ce genre d’information. J’étais déjà une meuf cool à 18 ans, je n’avais pas besoin de mentir et de m’inventer une vie pour pécho !

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Juin 2012 : occulter la réalité par des signes, c’est bof

Nous nous sommes revus pendant un mois à raison d’une fois par semaine sans échanger un seul bisou. Je crois qu’il avait peur d’abuser de moi, et moi j’avais peur de prendre les devants. Nos conversations étaient passionnées et ma culotte en feu. Ce mec me semblait parfait. Il avait tout : de l’humour, de la beauté, et par son âge une expérience et un statut social bien plus élevé. Ça me faisait rêver.

Finalement, nous sommes tombés un jour sur la rue de Solférino où se trouve le siège du Parti Socialiste. Comme on s’était rencontrés le lendemain de l’élection de François Hollande, j’ai vu ça comme un signe. Je lui ai demandé de m’embrasser, il l’a fait.

Je voyais tout comme des preuves que notre histoire était fabuleuse. De notre rencontre à nos rendez-vous, je racontais à mes ami•es ces anecdotes comme la preuve que notre histoire irait loin.

Je préférais voir l’aspect romantique de notre relation en zappant tout ce qui aurait pu poser problème… Et sur la durée, c’est un problème.

En vrai, je ne réfléchissais pas du tout à des choses plus importantes comme nos valeurs communes (A.K.A, le féminisme, on en parle ?), ou la qualité de nos discussions (il racontait beaucoup sa vie, moi peu) ou de notre énorme différence de niveau social (je commençais à peine mes études, lui gagnait un salaire très élevé).

Je préférais voir l’aspect romantique de notre relation en zappant tout ce qui aurait pu poser problème… Et sur la durée, c’est un problème.

Juillet — octobre 2012 : une relation entre-deux est la pire des choses pour mon moral

Un autre signe a été notre première fois le soir du 14 juillet, pendant le feu d’artifice s’il vous plait. C’est la première fois que j’aimais autant le sexe avec quelqu’un et ça m’a fait totalement perdre la raison.

C’était cuit : j’adulais ce gars d’une manière irraisonnée. Il aurait pu avoir tous les défauts du monde, je ne voyais plus rien. J’étais juste morte de trouille à l’idée qu’il ne veuille plus de moi un jour. Mes ami•es commençaient à me mettre en garde, mais moi je continuais.

Petit à petit, je me rendais compte que j’étais toujours la première à lui envoyer des messages. Parfois j’attendais une semaine sans rien lui envoyer, lui ne prenait pas de mes nouvelles. Moins il m’accordait d’attention plus je m’accrochais à lui.

Il me disait qu’il ne se voyait pas en couple avec moi, mais que j’étais plus qu’un plan cul.

Souvent il me disait qu’il ne se voyait pas en couple avec moi, mais que j’étais plus qu’un plan cul. Il avait peur de mon jeune âge, de ce que les autres pourraient en dire. Il me disait qu’il avait peur que je le quitte deux ans plus tard, quand je voudrai faire la fête comme tous les étudiants….

Histoire de faire la fière, je disais que ça ne me gênait pas de continuer comme ça. J’aurais pu fuir mais je me disais qu’il allait changer. Après tout, en dehors de ces paroles, ses actes semblaient attentionnés.

Cet entre-deux me tuait à petit feu. Il laissait la place à l’espoir tout comme au désespoir. Je m’effondrais régulièrement en larmes, chez moi, à me demander pourquoi il ne voulait pas de moi, pourquoi il avait si peur. J’ai commencé à aller voir d’autres mecs, avec l’idée derrière la tête de le faire réagir. Pire idée au monde.

Plus jamais je n’ai accepté ensuite une situation qui me rendait malheureuse. L’espoir ne suffit plus, je demande maintenant les actes.

Novembre — décembre 2012 : quand on souffre beaucoup, on aime encore plus

N’en pouvant plus de cette situation, j’ai finalement mis fin à notre relation un soir de novembre. Il s’est effondré en larmes et moi aussi, nous avons passé la nuit à pleurer dans les bras l’un de l’autre. C’était à l’image de notre relation : à la fois passionnel et dans le non-dit.

Je l’aimais, je m’en voulais, je lui en voulais aussi… Bref, on n’était pas au top.

En le quittant j’espérais trouver mon salut. Je me suis retrouvée à souffrir encore plus. Et à l’aimer plus encore. Alors je l’ai rappelé, on s’est revu deux, trois fois. Ça faisait du mal après comme ça faisait du bien pendant.

Je me souviens qu’il m’a dit un jour que si j’avais attendu un peu plus, on aurait fini en couple. Qu’il avait besoin de temps. Impossible de dire si c’était vrai, mais ça m’a plus que remuée. Je l’aimais, je m’en voulais, je lui en voulais aussi… Bref, on n’était pas au top.

Ont suivi des mois de mal-être total. Je plaçais le nom de ce garçon dans toutes mes discussions. Je savais que ce n’était pas sain. Je l’avais tant idéalisé que je croyais que jamais je ne pourrais de nouveau aimer autant.

Aujourd’hui, je me fiche d’avoir l’impression d’aimer fort si c’est pour souffrir autant. Je cherche mon bonheur avant tout.

Je pense que c’est en partie vrai, dans le sens où ce que je ressentais pour lui était extrêmement fort. Mais si j’ai ressenti cela c’est parce que ce n’était pas de l’amour paisible, c’était de la passion.

Il n’y avait pas de raison, juste de la souffrance qui créait le manque qui créait ce que j’appelais alors l’amour. Je n’étais pas épanouie. Aujourd’hui, je me fiche d’avoir l’impression d’aimer fort si c’est pour souffrir autant. Je cherche mon bonheur avant tout.

Janvier 2013 – aujourd’hui : la nostalgie ne prend pas en compte qu’on vieillit

Petit à petit, je suis passée à autre chose. Ça n’a pas été facile alors au bout de trois mois à ne parler que de lui, j’ai annoncé à tout mon entourage que je ne devais plus y faire référence et que si ça m’arrivait, ils devaient me dire de la fermer.

Pourtant, pendant ces deux relations, à chaque fois que ça n’allait pas, j’avais une petite pensée pour lui.

Après ça, j’ai été en couple une année avec un garçon, deux ans avec un autre. Entre, je suis retournée voir mon idéal qui perdait petit à petit de son éclat. Pourtant, pendant ces deux relations, à chaque fois que ça n’allait pas, j’avais une petite pensée pour lui. J’ai très longtemps continué à croire qu’un jour, on finirait ensemble, que ce n’était qu’une question de timing.

Nous nous sommes retrouvés une dernière fois cette année, en mars. Cela faisait quelques semaines que nous avions renoué contact. C’était étrange, j’avais maintenant 22 ans, lui 32. J’avais énormément évolué, un travail, un appart, une vie d’adulteLui pas trop. Je me suis rendu compte que l’on avait pas grand chose à voir. Ni dans la réflexion, ni dans les expériences, ni dans rien en fait.

On a couché ensemble, et oui c’était bien, mais ça n’avait rien à voir avec le fabuleux de mes souvenirs. En fait, je me rendais compte que ce mec n’avait rien d’extraordinaire. La nostalgie n’avait pas pris en compte le fait que j’avais évolué. 

Parfois, ce garçon n’a pas géré, parfois j’ai moi-même fait de la merde. La faute est partagée, nous nous sommes auto-détruits.

Ce que j’aime dans cette histoire, c’est que je pense que sans elle je n’aurais pas atteint ce niveau de réflexion à propos des relations. C’est celle qui m’a permis de m’intéresser au développement personnel, à comment aller mieux, comment éviter les relations toxiques. Parfois, ce garçon n’a pas géré, parfois j’ai moi-même fait de la merde. La faute est partagée, nous nous sommes auto-détruits.

Aujourd’hui c’est différent : je cherche à construire, avec des gens qui sont eux aussi dans le même état d’esprit. Comment dire : ça marche plutôt bien !  

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Voici le dernier commentaire en date :

  • Kaus Australis
    Kaus Australis, Le 1 octobre 2016 à 10h43

    C'est compliqué comme situation; j'admire l'honnêteté de la Madz qui admet que les torts sont partagés, c'est rare de lire ça. Bon courage, et fais ce qui te semble juste surtout...

    Je suis celle qui n'envoie jamais un sms et qui ne prend jamais de nouvelles. D'ailleurs j'ai du mal à me considérer comme étant en couple; et quand j'en parle, et que les autres voient comment est mon "plus que plan cul" avec moi, ils trouvent que j'abuse. Mais je n'aurais pas pu être plus claire, je ne me sens pas fautive, j'ai dit et redit à mon pote qu'on n'allait pas sortir ensemble mais que c'était cool qu'on se voit. Partie du principe que s'il l'acceptait, c'est que ça lui allait. Apparemment pas des masses et je ne sais pas comment mettre les choses plus au clair.
    J'ai vraiment du mal à admettre que je sois fautive, parce que pour moi c'est clair, mais je comprends bien qu'il y a quelque chose qui ne va pas. Que lui ne s'attend pas à ce que ça reste un plan cul ad vitam eternaem. En même temps, je me vois pas arrêter de le voir pour ça, parce que je l'aime beaucoup; mais on ne sortira ensemble.

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