Le stérilet (ou DIU) : les madmoiZelles témoignent

Le stérilet, qu'il soit en cuivre ou hormonal, c'est toute une affaire... Les madmoiZelles ont témoigné, et la plupart sont ravies de l'avoir adopté !

Le stérilet (ou DIU) : les madmoiZelles témoignent

Initialement publié le 15 mars 2015

Le stérilet souffre encore de nombreux préjugés, à commencer par l’idée fausse qu’il ne peut être posé à des nullipares (qui n’ont pas encore eu d’enfants). Pourtant, qu’il soit en cuivre et donc garanti sans hormones, ou justement qu’il soit hormonal, c’est un moyen de contraception qui convient à beaucoup de personnes !

Plusieurs madZ ont d’ailleurs insisté sur l’importance de parler de DIU (dispositif intra-utérin) plutôt que de stérilet, un terme qui conforte une autre idée reçue sur ce dispositif, décrié par beaucoup parce qu’il rendrait stérile.

Des madmoiZelles adeptes de l’objet nous ont raconté ce qu’il en était vraiment, pourquoi elles avaient voulu se faire poser un DIU, et comment l’insertion puis le quotidien avec ce moyen de contraception s’était déroulé.

À lire aussi : Comment le stérilet a changé ma vie !

Pourquoi passer au stérilet, en cuivre ou hormonal ?

Beaucoup se sont tournées vers le stérilet car elles ne supportaient pas, ou plus, la pilule. C’est le cas de Yun, 26 ans :

« Mon historique de pilule est semé d’embûches. La première (une micro-dosée) me donnait d’horribles migraines, la seconde des lombalgies, et les deux suivantes ont foutu en l’air mon cycle de manière assez surprenante.

En effet, je pouvais passer trois ou quatre mois sans un saignement et ensuite avoir mes règles pendant plusieurs jours (oui, je sais : c’est généralement plusieurs jours, mais au-dessus de 10 jours de ragnagnas, j’estime que mon corps me trolle).

Une des autres raisons est l’oubli. Il m’arrivait d’oublier ma pilule, et au moins, avec le stérilet, pas de souci de ce côté-là. »

Gwendapi, 26 ans, s’est également tournée vers le DIU à cause d’oublis répétés :

« Je suis avec mon copain depuis maintenant très longtemps (presque 10 ans — depuis le lycée). Je n’ai pas pris la pilule tout de suite mais j’ai commencé à mon arrivée à la fac et tout s’est vraiment très bien passé jusqu’à ce que je rentre d’une année à l’étranger en 2012, et que je commence à habiter avec mon copain !

J’ai alors eu de vraies grosses frayeurs (« On est samedi, il est 21h, pourquoi ma plaquette me dit qu’on est jeudi ? De quand ça date ? »).

annasophia robb gif énervée

 J’avais des croix sur les mains, des alarmes dans tous les sens, une application spéciale, un post-it sur ma lampe de chevet… Et j’oubliais quand même ma pilule.

Bref je n’y arrivais plus : après sept ans de très bons et loyaux services ma pilule et moi n’étions plus compatibles.

J’ai donc un peu fureté dans tous les sens, je me suis renseignée sur les autres moyens de contraception. Le DIU cuivre était parfait pour moi : pas de risque d’oubli et pas d’hormones.

Je ne sais pas pourquoi, mais j’en avais marre des hormones, mon corps me disait stop — je devais boire jusqu’à trois verres d’eau pour avaler ma pilule alors qu’avant je pouvais la prendre sans rien, et depuis quelques temps j’avais des boutons, des maux de tête, les seins hyper douloureux même en dehors des règles, et je faisais de la rétention d’eau. »

Stefany, 21 ans, sentait elle aussi que la pilule ne lui convenait plus, et elle cherchait une contraception plus « naturelle » :

« Mes mycoses à répétition ne se calmaient pas malgré mes efforts, et au début de l’année, j’ai lu que l’arrêt de la pilule pouvait favoriser l’arrêt des mycoses, ce qui m’a lancée.

À lire aussi : J’ai testé pour vous… avoir une mycose vaginale

En parallèle, le passage à la coupe menstruelle m’a permis d’ouvrir les yeux sur des méthodes gynécologiques alternatives et m’a poussée à me renseigner sur les méthodes de contraception, notamment sans hormones.

Je voulais, en plus d’une contraception sans hormones, une méthode sur le long terme (à la différence des préservatifs). Le stérilet en cuivre m’a tout de suite attirée : il est peu cher, remboursé, sans hormones, sans aucune manipulation hormis les quelques rendez-vous chez la gynéco, très peu contraignant et valable au moins cinq ans. »

Une fois bien placé, c’est parti pour plusieurs années de tranquillité, ce qui convient particulièrement aux aventurières qui s’exilent quelques temps dans des contrées lointaines.

Par ailleurs, beaucoup de madmoiZelles ont cité le site de Martin Winckler, ainsi que son livre Le Choeur des femmes, qui ont orienté leur choix. Le médecin y a démystifié le DIU, et beaucoup y ont trouvé la solution à leurs questionnements en matière de contraception. Le site ChoisirSaContraception.fr a également été décisif pour certaines. Le stérilet leur est apparu comme LA contraception qui leur convenait.

À lire aussi : « Choisir sa contraception », un site indispensable

Mona Lise, 23 ans, a quant à elle choisi de passer du stérilet au cuivre à un DIU hormonal. La dose d’hormone est différente de la pilule, et « règle » certains aspects désagréables :

« J’ai bien aimé le cuivre, mais avec mes études (médecine), j’arrive dans des périodes d’examens de deux mois, qui génèrent beaucoup de stress. Mon corps réagit en provoquant des règles très abondantes toutes les deux semaines. NARMOL.

J’en ai eu un peu marre de ce cycle infernal, de ne jamais savoir quand j’allais être réglée et pour combien de temps (sans parler de l’abondance qui empirait, bon appétit), et j’ai décidé de prendre un DIU hormonal. La dose d’hormones libérée dans le sang est très faible, et où normalement les règles diminuent voire disparaissent. »

Le stérilet en cuivre ou hormonal : des médecins plus ou moins coopératifs

Décider de passer au DIU est une chose, mais trouver un gynécologue qui accepte de le poser à une nullipare s’est transformé en odyssée pour certaines. Fleur, 25 ans, s’est ainsi retrouvée à débattre de son utérus avec tout un chacun :

« Ça a été la guerre. Après le jugement de valeur du commun des mortels (d’ailleurs tout mon entourage s’est soudainement découvert titulaire du diplôme de médecin/gynéco) qui me traitait de folle, d’inconsciente, me disant que je risquais toutes sortes de maladies (ma décision de me faire poser un DIU a eu lieu avant le scandale des pilules de troisième génération), il a fallu trouver un praticien d’accord pour me le poser.

Mon médecin de famille, très vieux jeu, considérait qu’il en était hors de question, que je risquais d’être stérile (mais bien sûr…), mais ayant fait mes recherches, je ne me suis pas laissée faire !

patsy ab fab gif

Je me suis entendue rétorquer que c’était mon choix et que le DIU ne rendait pas stérile ; que les MST peuvent remonter plus facilement par le DIU, mais qu’ayant une vie sexuelle stable post-test de dépistage, je ne risquais rien.

J’ai fini par prendre rendez-vous dans un planning familial où on a respecté mon choix. Mais il ne faut rien lâcher ! »

À lire aussi : Lettre ouverte à mon gynécologue

Sam, 29 ans, est plus que d’accord :

« Le seul point négatif que j’en retire, c’est vis-à-vis du corps médical qui ne semble pas s’informer sur l’évolution de la contraception — plus de la moitié des médecins et autres gynécologues que j’ai rencontrés ne savaient pas qu’il existe des stérilets « short », ni que l’on en posait aux femmes n’ayant pas eu d’enfant. Il est très difficile d’entamer un échange autour du stérilet sans avoir à subir des monologues moralisateurs (trop) récurrents, basés sur des études datant de plusieurs décennies… »

Heureusement, de nombreux médecins et gynécologues acceptent de faire leur travail poser le stérilet. Beaucoup de madZ conseillent fortement les plannings familiaux, qui leur ont offert un soutien à tout épreuve et des conseils de premier choix concernant les moyens de contraception en général, et le DIU en particulier.

Ambre, aujourd’hui âgée de 22 ans, s’est tournée vers le centre le plus proche de chez elle il y a trois ans ; elle raconte qu’elle a « vraiment eu l’impression d’avoir une liberté totale quant au choix » de sa contraception.

Cependant, comme Fleur l’a fait remarquer, le stérilet rend plus vulnérable aux infections sexuellement transmissibles : la tige leur fournit une autoroute directe vers l’utérus. Les conséquences sont alors graves : il faut opérer et, bien souvent, cela entraîne la stérilité.

Les tests de dépistage avant la pose du DIU ne semblent toutefois pas systématiques, ce qui explique le refus de certains gynécologues d’associer stérilet et nullipare (qui est sensée être moins « stable » sexuellement).

À lire aussi : Le stérilet (pour une nullipare) : le test !

Le stérilet en cuivre ou hormonal : la délicate insertion

Une fois le Saint Graal retiré à la pharmacie, il faut encore le caser dans l’utérus ! Les gynécos ne procèdent pas tous exactement de la même façon, et ne prescrivent pas la même chose avant la pose. Faisons donc un petit tour d’horizon.

Gwendapi explique que ce n’était pas « très agréable » mais que cela s’est très bien passé :

« Mon médecin m’avait prescrit un décontractant utérin (que j’avais oublié de prendre avant, en bon souvenir de ma pilule). Pour moi cela s’est déroulé de la manière suivante :

  • J’ai passé une échographie où elle a regardé mes ovaires et la position de mon utérus, et fait une première mesure grâce à l’image à l’écran. Tout était bon, on est donc passées à la suite — et j’ai vu mon utérus et mes ovaires ! Je ne sais pas pourquoi, ça m’a fait super plaisir !
  • Elle a mis en place un écarteur spécial pour pouvoir travailler avec ses deux mains.
  • Elle a mesuré mon utérus en vrai grâce à une sonde spéciale. J’ai inspiré fort et toussé quand elle l’a dit. Ce n’était pas agréable du tout, mais cela n’a vraiment duré qu’une seconde. Cela a confirmé ce que l’écran disait : mon utérus était assez profond. C’était parti pour la pose !
  • Là encore, j’ai inspiré profondément, toussé quand elle l’a dit, et j’ai eu la sensation bizarre que quelque chose de pas normal s’était passé dans mon corps au creux de l’estomac. J’ai eu une douleur forte pendant quelques secondes, puis ça s’est calmé.
  • Elle a coupé les fils et vérifié que cela ne gênerait pas. Ce n’était pas franchement très agréable sur le moment, mais on en comprend l’utilité pour nous comme pour ne pas traumatiser son chéri en lui piquant le sexe !
  • Une dernière vérif’ par échographie, une prise de rendez-vous pour trois mois plus tard pour vérifier que tout va bien, des dernières recommandations, et c’était parti pour une fin d’après-midi avec du thé, des cookies et Sherlock sur mon canapé sans trop bouger ! »

Certaines ont eu moins de chance : sa gynéco ne lui ayant rien expliqué, Ségolène ne savait pas à quoi s’attendre, et la surprise n’a pas franchement été bonne…

« À ce jour, c’est la pire expérience de ma vie. Je pense avoir dégoûté toutes mes amies en leur racontant mon périple. Ma gynécologue ne m’avait pas expliqué la « procédure », donc j’étais très crispée (surtout quand elle s’est approchée de mon sexe avec des ciseaux de 70cm).

Quand on nous le pose, c’est comme si on avait une contraction de femme enceinte, c’est douloureux mais très rapide. De plus, on nous insert le stérilet lorsque l’on a nos règles, donc quand on se relève il faut s’attendre à une flaque de sang.

friends phoebe gif

Mais le pire c’est après ; j’ai eu une baisse de tension, des sueurs froides, des vertiges, bref j’étais à la fin de ma vie. Ensuite, pendant environ trois heures, j’ai eu mal comme quand j’ai mes règles. »

Fleur a bien mieux vécu la pose, et demande d’ailleurs à ce que la chose soit démystifiée :

« Franchement, je m’attendais vraiment à pire. J’ai l’impression que la légende urbaine est prête à tout pour dégoûter les femmes du DIU. On nous prédit quasiment des heures d’atroces souffrances.

Bon, je ne vais pas vous mentir, ce n’est pas le meilleur moment de votre vie, mais c’est largement supportable, et cela dure dix secondes à tout casser. Ça tire à l’intérieur, la sensation est étrange.

Ensuite on perd un peu de sang et on a des crampes dans le bas-ventre. Avec une bouillotte et un replay de Confessions Intimes, ça passe tout seul. »

Stefany y est allée confiante, et elle a eu raison :

« Je me suis installée comme d’habitude dans le fauteuil, et la gynécologue a déballé le stérilet que j’étais allée chercher à la pharmacie la veille.

Il y avait un tube fin au bout duquel se trouvait le DIU : après avoir mis ses gants et déballé la marchandise, elle m’a inséré le tube dans le vagin tout en me parlant.

Je n’ai absolument rien senti jusqu’à un « clic » qui a provoqué une douleur très vive et très aiguë. J’ai eu un sursaut, et elle m’a expliqué que c’était fini, qu’elle n’avait plus rien à manipuler ; en fait le stérilet est normalement en forme de T mais lors de la pose, les deux branches sont pliées le long du corps.

Ce qui m’a fait mal, c’est justement le déploiement des branches dans mon utérus, très bref mais douloureux. J’ai continué à avoir mal quelques minutes le temps que ça s’estompe, mais j’étais plus surprise qu’autre chose. Elle a coupé les fils, mais comme promis ne m’a plus manipulée.

On a ensuite un peu parlé, et elle m’a donné le livret de mon stérilet avec le type et la date de pose en me disant qu’on attendrait trois cycles pour voir comment cela fonctionnait, et qu’on reprendrait rendez-vous. »

Mathilde, 26 ans, est la seule madZ qui s’est vu proposer une alternative. Il faut dire qu’elle va voir une gynéco aussi réputée que chèèère :

« Ma gynéco m’a expliqué que la pose pouvait se faire sous anesthésie à l’hosto, ou au cabinet sans anesthésie. Elle m’a dit que mon col de l’utérus était très bien placé et « facile d’accès » (vous m’en voyez ravie).

Ma gynéco connaît parfaitement l’intérieur de ma personne parce qu’elle me fait une échographie pelvienne à chaque fois que je vais la voir. Donc je paye cher, certes, mais je sais pourquoi.

En plus de ça, je ne suis pas vraiment sensible à la douleur (je serais presque capable de m’endormir pendant un frottis). J’ai donc choisi l’option « pause en fauteuil », parce qu’on va pas se laisser emmerder par petit stérilet de rien du tout. »

Le stérilet, et le temps que le corps s’habitue à cette nouvelle présence

Bon, par contre on est prévenues : c’est pas forcément la joie dans le bidon quand il se rend compte qu’on vient de lui refiler un truc inhabituel. Mais c’est juste le temps qu’il se rende compte que le DIU vient en paix.

Mary_odil, 23 ans, se souvient encore du « bonheur » des premiers moments de vie avec son stérilet :

« La pose est faite, je remercie chaudement mon gynéco pour cette nouvelle liberté (pendant 4 ans, plus besoin de penser à la contraception), et je sors de son cabinet.

Et là, une demi-heure après, quand j’attends mon train sur le quai de la gare, j’ai l’impression d’accoucher. Littéralement. Mon corps essaye d’expulser le stérilet. Et putain, j’ai mal.

Je me tords de douleur, je pleure comme une madeleine, et je manque trois fois de vomir dans les poubelles sur le quai. Je reprends deux Spasfons et un Doliprane 1000, et j’attends. Le soir, je m’écroule, et je ne bouge plus.

Les contractions ont duré trois jours – au cours desquels elles ont beaucoup baissé, hein. Et c’était fini ! »

Un avant-goût sympa d’un éventuel accouchement — ça donne envie (non). Là encore tout dépend des filles, des médicaments qu’elles ont pris avant, etc. Mona Lise, comme la plupart des filles, a eu plus de chance et a quant à elle bien vécu les premières semaines avec son stérilet hormonal :

« Là ça fait un mois ; j’ai eu quelques traces de sang très légères les trois premières semaines, et maintenant ça commence à disparaître. Je pense qu’il faut trois mois pour que l’endomètre se fasse à la dose de progestérone – et puis c’est rien de grave donc ça me convient bien. »

Il y a le corps qui se demande ce qu’il se passe, mais aussi la tête qui cherche ses nouveaux repères. Une fois les douleurs passées, il faut intégrer complètement qu’on est bien protégée contre une grossesse, même si cela ne se voit pas. Fleur l’explique :

« Au début j’avais peur de l’expulser, je me disais qu’en poussant, il partirait. Il a fallu que je me rassure sur cette peur totalement irrationnelle. Ensuite j’ai appris à ressentir les sensations normales durant le cycle, les petits tiraillements, des choses que je ne ressentais plus sous pilule — et j’avoue que c’est plutôt rassurant de comprendre comment son corps fonctionne.

Question flux, c’est vrai que c’est plus important, mais selon les conseils du blog de Martin Winckler je prends de l’ibuprofène pendant les règles pour le diminuer et j’utilise une cup. »

À lire aussi : Coupe menstruelle et stérilet : le couple impossible ?

Bien sûr, chacune réagit un peu différemment, d’où l’importance de laisser le choix de la contraception à chaque fille. Stefany a par exemple eu quelques surprises :

« Pendant trois jours j’ai eu une sensation d’inconfort au niveau de l’utérus : il lutte contre ce corps étranger et on sent que tout n’est pas normal. C’était très largement supportable, pour moi c’était du même ordre que le petit inconfort de mes règles.

Ça ne m’a rien empêché de faire, je prenais de l’ibuprofène pour limiter. En fait ça m’a plutôt donné une excuse pour me chouchouter et de me caler sur le lit avec une bouillotte et des séries !

bridget jones

Puis est venu le premier cycle de règles. Elles étaient très abondantes les deux premiers jours… Mais c’est après que c’est devenu insupportable.

J’avais des sautes d’humeurs, des crises de nerfs, des douleurs atroces au bas-ventre, une perte d’appétit… Tous les stéréotypes des règles que j’avais voulu éviter en continuant à prendre la pilule sont apparus.

Je ne me sentais plus de marcher, j’étais d’humeur massacrante, et surtout, j’avais très mal et les anti-douleurs n’y faisaient rien. Ça a duré environ deux jours, et mes règles ont duré huit jours en tout. Je ne perdais pas de moins en moins de sang, je remplissais une cup toutes les trois heures, alors que je n’en avais jamais rempli une de ma vie !

C’était un événement isolé : j’ai eu plusieurs cycles de règles depuis et ça ne s’est plus jamais passé comme ça. Je continue de perdre plus de sang qu’avant, et plus longtemps, mais ça ne me fait pas mal et ça reste dans le domaine du raisonnable. »

De plus, quand les fils du DIU cuivre n’ont pas été raccourcis, un pénis en visite pourrait venir les chatouiller : il suffit alors que le/la gynécologue les coupe un peu.

Les stérilets en cuivre ou hormonaux: quelques histoires de rejets…

Il y a cependant quelques exceptions, autour lesquelles les mythes entourant le stérilet se sont construits. On entend beaucoup parler de rejets, de stérilets que l’on retrouve un beau matin dans sa culotte… Ça a été le cas pour Morgane, 22 ans :

« Ma gynéco m’en a posé un, et je n’ai eu aucune douleur ni rien, la pose parfaite ! Mais le lendemain, je l’ai retrouvé dans ma culotte (non non c’est pas un mythe), alors que je n’avais rien senti. »

Pour Emeline, 22 ans aussi, cela n’a pas non plus fonctionné. Elle raconte les suites de la pose de son DIU :

« Au bout d’une semaine, la douleur s’est estompée. Enfin ! Mais c’était une fausse joie, car elle a repris après deux jours, deux fois plus forte. J’ai eu de véritables contractions, comme lors d’un accouchement ! Je ne pouvais plus bouger de mon lit, j’avais d’énormes chutes de tension… L’horreur.

J’ai appelé mon gynéco qui était bien embêté pour moi, car mon corps rejetait littéralement le stérilet. Il m’a donné un rendez-vous pour le lendemain. Mon copain m’a accompagnée car je ne pouvais plus me déplacer sans risque de perte d’équilibre (et la vie parisienne veut qu’on se déplace beaucoup à pied, malheureusement).

Mon médecin m’a expliqué que s’il laissait le stérilet en place, les douleurs finiraient par s’arrêter mais reprendraient très probablement tous les mois. Il avait vu des cas de graves complications à cause de rejets comme le mien. Nous avons donc décidé de le retirer.

Ça s’est fait très rapidement, presque sans douleur. Au bout d’une dizaine de jours, mes douleurs à l’utérus ont complètement disparu.

Je suis vraiment dégoûtée de faire partie de la faible proportion de femmes dont le corps rejette aussi violemment un stérilet. J’en voulais vraiment un, mais ça n’a pas été possible. »

Tout comme le stérilet n’est pas fiable à 100% (comme tous les moyens de contraception), le corps humain n’est pas toujours prévisible. Heureusement, ces cas semblent relativement minoritaires, et la grande majorité des filles qui ont témoigné sont plus que contentes de leur DIU !

Le stérilet et tout son succès

De nombreuses madZ ont loué tous les saints, Brad Pitt et Jennifer Lawrence pour les nombreuses années de tranquillité absolue que le DIU permet, l’absence totale d’hormones pour le cuivre et celle des règles pour l’hormonal ! Gwendapi a listé tout ce qu’elle aime avec son stérilet :

  • La liberté d’esprit. Pas de « Est ce que j’ai bien ma pilule dans mon sac ? Est ce que je l’ai bien prise ? Est-ce qu’il m’en reste une plaquette quelque part ? Attends, il est quelle heure là en France ? »
  • L’absence d’hormones. J’ai un spot avant mes règles alors que la pilule me disait chaque mois l’alignement des planètes ou testait ma connaissance des constellations. Mes seins sont plus ou moins douloureux selon les mois (mais jamais au niveau atteint avec ma pilule dans les meilleurs mois). J’ai aussi beaucoup dégonflé les trois premiers mois ; je n’ai pas vraiment perdu de poids mais j’étais moins serrée dans mes vêtements, moins bouffie, mes jambes étaient moins lourdes et adieu les maux de tête !
  • MA LIBIDO ! Alors là, ça a été la découverte. Je ne pensais pas avoir une libido en berne du tout (DU TOUT !), mais j’ai découvert qu’en fait si, un peu (merci ma pilule). Attention, je faisais pas mal de sexe et je l’initiais souvent, mais alors qu’avant c’était parfois un peu dur de mettre la machine en route, là en deux minutes : check. Plus de problème de lubrification, mais des envies de coller mon copain au mur pour le faire là tout de suite (dans le bus, au ciné, pendant qu’il mange ses pâtes, peu importe), et envie de me coller moi là au mur pour m’occuper de mon frifri (dans le bus, au ciné, alors que je mange mes pâtes, peu importe aussi), et des sensations nouvelles pour moi comme pour lui.

jennifer lawrence awesome

Le retour en force de la libido a d’ailleurs été TRÈS souligné. Avec le stérilet au cuivre, les filles retrouvent leur corps d’avant la pilule, avec tout ce que cela implique. Les règles sont moins « réglées », mais le corps est en pleine possession de ses sensations.

À lire aussi : Le stérilet a du succès en France !

Gwendapi conclue carrément que le DIU « est la chose la plus merveilleuse qui me soit arrivée ».

Fleur aussi a fait péter le champagne :

« C’est génial ! Que du bonheur, je ne regrette pas une seconde. Je regrette par contre que les médecins ne se mettent pas à jour et que les préjugés soient encore si tenaces.

Si c’est votre choix, tenez le coup, ne vous laissez pas faire – et on a le droit de remettre en question l’opinion de son médecin. C’est votre corps les filles ! »

En conclusion…

Il faut citer Gaelle, 26 ans, qui note un autre avantage certain du DIU :

« Le super bonus, c’est quand même de noter que le stérilet en cuivre est écolo. Lorsqu’on urine, on rejette dans les égouts les médocs et donc la pilule consommée. Le stérilet en cuivre ne produisant aucune hormone, je pisse sain pour la planète. »

Gwendapi insiste de plus sur le principe que je nommerai « Mon corps, mon choix, mon utérus, tais-toi » (la poésie sisi) :

« Je pense vraiment que le choix de la contraception est propre à chacune et qu’à ce moment-là de ma vie, le DIU est parfait pour moi.

Je ne l’envisageais pas il y a sept ans (quoi, un truc dans mon utérus ? Mais ça va pas ?), mais aujourd’hui il répond à tous mes besoins, tout comme moi, je rentre dans ses cases (taille de l’utérus, corps qui ne bronche pas et qui le rejette pas, pas de règles trop importantes qui me mettent à plat, pas de douleurs insupportables). »

À lire aussi : La contraception expliquée par Nepsie

Ségolène ne regrette pas d’avoir souffert au début pour son DIU hormonal, et elle ne retournerait pour rien au monde à la pilule :

« Même si j’ai eu trèèèès mal, c’est vraiment un super moyen de contraception. Je trouve ça plus logique d’avoir un petit truc dans mon corps plutôt qu’un médicament que j’avale.

Concernant les hormones, c’est beaucoup moins que la pilule. J’ai reperdu la taille de poitrine que j’avais prise et quelques petits boutons sont réapparus. Les règles sont de nouveau douloureuses et irrégulières mais je me sens, néanmoins, plus en confiance et moins stressée que lorsque je prenais la pilule. »

Plusieurs filles ont ainsi expliqué qu’elles avaient vu la différence de dosage entre la pilule et le stérilet hormonal.

Après le périple qu’elle a dû vivre pour pouvoir enfin obtenir la contraception qui lui convenait, Ludivine est convaincue de l’importance d’écouter son corps et de ne pas se fier à tout ce que peuvent dire les médecins sur ces sujets qui souffrent de principes aussi dépassés que profondément ancrés.

« Je trouve que nous vivons dans un monde trop régenté par l’industrie pharmaceutique et les médicaments. En plus d’accorder peu d’importance au ressenti et aux préférences des patients, on considère que la parole d’un médecin est toujours d’or.

C’est comme ça que je n’ai jamais été orientée correctement en matière de contraception. Malgré la multitude de choix, on ne m’a parlé que de la pilule. Avec tous les problèmes hormonaux liés à son utilisation, aucun professionnel de santé n’a jugé bon de me faire passer des examens ou m’aider à trouver un contraceptif adapté.

J’ai dû demander et me battre pour faire des IRM, des bilans sanguins et hormonaux et prouver que le DIU au cuivre était ma dernière chance. Je me suis renseignée et éduquée sur Internet, et malgré les difficultés des débuts, je pense que le DIU au cuivre est LE moyen de contraception qui me va le mieux et que je garderai toute ma vie.

Je préfère souffrir quelques jours par mois (et essayer quand même de trouver une solution à ça, même si je dis avoir fait le deuil de règles vivables) plutôt que continuer à me gaver d’hormones qui me ravagent la peau, la libido, le moral, le poids et le corps de manière global.

Parce que chaque personne est différente, il faut davantage sensibiliser le milieu médical et les femmes au DIU et à toutes les autres formes de contraception : non, ce n’est pas parce que ma mère a toléré la pilule des années durant que mon corps en fera de même. Et ce n’est pas parce que moi je tolère le DIU au cuivre que mes amies ne seront pas plus à l’aise avec un anneau ou un patch.

Je vis plutôt bien avec mon stérilet, au final tellement bien que parfois j’oublie que je l’ai ! »

Plusieurs étudiantes en médecines sont cependant venues témoigner à la fois sur leur expérience du stérilet et sur ce qu’elles apprennent maintenant sur ce moyen de contraception : il se démocratise, surtout depuis qu’il en existe une version petite complètement adaptée aux utérus des nullipares.

À lire aussi : L’implant contraceptif, 3 ans après

Cet article t'a plu ? Tu aimes madmoiZelle.com ?
Tu peux désormais nous soutenir financièrement en nous donnant des sous !
Big up
Viens apporter ta pierre aux 207 commentaires !

Voici le dernier commentaire en date :

  • Yvilish
    Yvilish, Le 22 novembre 2016 à 17h37

    Alors je viens enfin de faire poser le mien (Mirena) après un périple difficile : 1ère gynéco qui ne voulait pas du tout en entendre parler, 2ème gyéco pas très ouverte et enfin il y a de ça deux mois je suis tombée sur une gynéco qui m'a expliqué tous les modèles de contraception et a été très réceptive à ma demande.
    Hé bien pour ma part, douleur similaire à des règles pendant la pause, mais plus de peur que de mal vraiment ! J'ai eu surtout mal au ventre disons 30 secondes grand max. Par contre je conseille de rester bien au chaud et au calme le soir chez soit parce que chez moi ça a bien tiraillé (ventre + bas du dos).

Lire l'intégralité des 207 commentaires

(attention, tu dois être connectée pour participer — tu peux nous rejoindre ici !)