Ces ressorts humoristiques qui me font grincer des dents

L'humour, c'est bien, mais parfois, ça fait grincer des dents. Voici quelques ressorts humoristiques qui font mal au coeur sensible de Sophie.

Ces ressorts humoristiques qui me font grincer des dents

Je suis plutôt pour l’humour. J’adore les plaisanteries, les galéjades, les pets, les rots, les jeux de mots, les moqueries (tant qu’elles sont consenties par tout le monde), les blagues en prose, en rime, en chanson, les vannes crado, les absurdes… presque toutes les blagues. Je suis pour. Je suis même pour la plupart des blagues qui ne me font pas rire (sauf celles qui offensent).

Je suis une femme de convictions alors non, je n’ai pas peur de le redire : je suis plutôt pour l’humour. Allez bim.

Mais je vais te dire, y a quand même des plaisanteries qui passent vraiment moyennement bien chez moi. Des ressorts humoristiques qui me font sévèrement grincer des dents. Et je vais pas me priver de te faire savoir lesquels.

kenneth

Moi quand je souris mais que j’aime pas tellement la blague.

Se retenir de rire

Je fais souvent des bides. Très souvent. La plupart du temps, j’en assume entièrement la responsabilité. La blague est nulle, un point c’est tout. Plus ma blague est nulle, d’ailleurs, plus le silence est pesant autour de moi, et plus je ris. Je suis accoutumée aux bides comme d’autres sont habitués à se servir d’un Vélib, tu vois. Appelle ça un don, appelle ça un talent, je te laisse choisir, on est en démocratie.

Non, le ressort humoristique qui me gêne, c’est quand je suis témoin du scénario ci-dessous, dont j’ai particulièrement été victime (je mets en italique car ne déconnons pas non plus) à l’adolescence.

Humain #1 : fait une plaisanterie allant de bonne à excellente.
Humain #2 : renverse totalement la situation et fait en sorte que ce soit SA réaction, impassible et méprisante, qui attire les rires.
Humains autour : se laissent influencer et rit à la réaction impassible et méprisante, pas parce qu’ils n’ont pas compris ou apprécié la blague mais parce qu’ils l’ont tout simplement oubliée, influencés par l’assurance de l’humain #2.

Et ça franchement, ça m’agace ! Non seulement parce que c’est pas poli de jouer la carte du mépris mais aussi parce que c’est en plus une façon assez évidente de chercher à attirer en toutes circonstances l’attention sur soi. J’vais te dire, je crois que je trouve ça encore PIRE que de répéter plus fort une excellente blague faite par quelqu’un pour que l’assemblée pense qu’elle est de vous (ce qui est pourtant du vol).

Le passif-agressif

Décrire la notion de passif-agressif n’est jamais tellement simple. Sur Wikipédia, la définition est la suivante :

« [Un] ensemble d’attitudes dites passives qui expriment indirectement une hostilité cachée qui n’est donc pas assumée ou vécue : rancune, frustration, haine, colère, malaise relationnel… Les attitudes passives consistent en diverses formes de résistance, d’impuissance apparente ou d’évitement dans les activités et relations interpersonnelles. »

Bon. J’ai arrêté de me concentrer sur ce que je lisais à « assumée ou vécue », parce que je comprenais pas bien l’idée. Disons, par exemple, que dire quelque chose de méchant, ou de méprisant, ou de plein de jugement à quelqu’un avec le sourire et en ajoutant des trucs comme « je dis ça je dis rien », « c’est pas contre toi, mais » ou « à bon entendeur », ou dire quelque chose de vraiment méchant à quelqu’un et s’étonner qu’il se vexe, c’est être passif-agressif.

Une autre technique utilisée, c’est de se servir des réseaux sociaux. Je ne compte plus les tweets et statuts Facebook qui citent des actions ou des habitudes que l’auteur•e trouve irritantes sans citer les personnes qui les font (mais avec l’envie, quelque part, de vexer tous les concernés, connus ou inconnus). Exemple :

« Les gens qui prennent en photo leur plat au restaurant pour l’instagramer au lieu de manger directement #lesgens »

Depuis quelques jours, la nouvelle tendance passive-agressive d’Internet s’appelle Bill, ou plutôt, Be like Bill. Pourtant, sur le coup, j’avais envie de l’aimer, Bill. Il s’agit d’un petit bonhomme en bâtons avec un bonnet à pompons sur la tête ; ça ne peut pas être quelqu’un de mauvais !

Eh bien pourtant, c’est devenu le dessin qui me donne le plus envie de me griffer la raie jusqu’au sang avant de m’asseoir sur un tas de gros sel. Pourquoi ? Parce que c’est le mème le plus condescendant du moment.

Bill, prétendument, fait tout mieux que tout le monde (en tout cas, c’est sûr, y a au moins un truc que tu fais pas aussi bien que Bill). Bill non plus n’aime pas les gens qui prennent leurs assiettes en photo – lui il est mieux.

va tfaire cuire le cul billC’est Bill.
Bill est sur le point de manger.
Bill va se contenter de manger au lieu de prendre une photo et de la poster sur Instagram.
Bill est intelligent.
Sois comme Bill.

T’as vu en plus, comme la tournure de phrase nous donne l’impression d’être pris pour un•e crétin•e ?

Y a des Be like Bill pour tout : pour les gens qui se prennent en photo avec leur guitare pour montrer qu’ils savent jouer de la guitare, pour les gens qui partagent des photos de leur moitié sur Facebook, pour les gens qui font des tweets sur le fait qu’ils sont à la salle de sport, pour les gens qui ont un bon appareil photo et prennent des photos prétendument inutiles en se disant photographe… Y a forcément minimum un Be like Bill qui va te faire mal au coeur parce que tu vas te sentir visée.

Et ça, ça m’ennuie parce que j’aimerais drôlement qu’on arrête de voir les trucs que font les copains parce que ça leur fait plaisir comme des trucs qui nous ennuient. En quoi ça impacte négativement nos vies, franchement, que nos contacts instagrament leur instrument de musique préféré ou qu’un inconnu poste « First » sur une vidéo YouTube ? Moi j’vois pas.

Je te dis pas où j’ai envie de lui foutre son bonnet, à Jean-Michel Simboldézégreurdumond, mais sache que le soleil y brille rarement mais que c’est pas le Nord-Pas-de-Calais.

Les caméras cachées

Ça fait des années que je le dis et j’ai comme qui dirait l’impression que je suis pas prête de changer d’avis : les caméras cachées, c’est le MAL. Enfin pas pour tout le monde, puisque le concept connaît un succès énorme et je juge en aucun cas, mais c’est le mal vu de ma fenêtre.

Pas toutes, hein : y a des caméras cachées très cool et très drôles, qui ne mettent pas en cause l’intégrité d’êtres humains (salut Rémi salut Guillaume ça va par chez vous ?) ou ne font pas dans la surenchère de la peur. Je suis friande de celles-ci. La bonne ambiance, la bonhomie, la rigolade partout, moi je prends.

Je vais mettre de côté, si tu veux bien, tout ce qui est caméra cachée à base d’agressions sexuelles (sinon je vais encore vomir du sang) et ne parler que de celles qui font flipper. Parce que ça va trop loin. Parce que QU’EST-CE QUI TOURNE PAS ROND CHEZ VOUS BON SANG VOUS ÊTES COMPLÈTEMENT TOC TOC ?

Que ce soit la petite fille fantôme dans un ascenseur, la petite fille fantôme dans un cimetière, le mec flippant qui poursuit des gens avec une tronçonneuse dans un parking tandis qu’un acteur coupé en deux rampe par terre… QU’EST-CE QUI TOURNE PAS ROND CHEZ LES GENS pour qu’ils fassent des trucs pareils ? Dans les moments où j’étais vraiment pas bien réveillée, j’en suis parfois venue à avoir peur d’aller à des rendez-vous professionnels ou à prendre le métro de peur d’être victime de ce genre de plaisanteries qui me feraient au mieux me déféquer dessus en pleurant, au pire mourir.

Personnellement, voir des gens chialer et crier de peur, ça me donne pas envie de rigoler : ça me fait chialer et crier avec eux par compassion, parce que même si moi, en regardant la vidéo, je sais que c’est pour de faux, eux, au moment du tournage, n’en sont pas conscients.

À lire aussi : Un clown psychopathe terrorise les passants (pour rire)

Tu as envie de faire une caméra cachée et tu ne sais pas si ça va trop loin dans la flippance ou pas ? Je me permets de te donner un indice : si ta caméra cachée nécessite qu’une équipe médicale soit sur place au cas où une personne piégée ferait un malaise, c’est le signe que, peut-être, il vaudrait mieux revoir ta copie.

Bien. Maintenant que j’ai râlé, fais péter : quels sont les ressorts humoristiques qui te font grincer les dents ?

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Voici le dernier commentaire en date :

  • JAK-STAT
    JAK-STAT, Le 21 mai 2016 à 15h59

    Toutes les interactions supposées être drôles alors que la personne n'a jamais demandé à être intégrée à la "plaisanterie" ou a exprimé son refus. Comprendre par là: c'est censé être rigolo alors que c'est totalement humiliant.

    Ma bête noire, c'est ces jeux du style "action ou vérité" que j'ai dû faire quand j'étais en colonie de vacances, où il fallait embrasser quelqu'un ou répondre à une question très personnelle par exemple. Ca parait futile, mais je détestais vraiment ça et j'étais prête à tout pour ne pas y participer. Si on refusait d'exécuter l'action, on était moqué par les autres enfants et même par les animateurs. Désolée mais ça me semble légitime de ne pas vouloir embrasser un gosse qui je ne connais ni n'apprécie, ou de ne pas vouloir te dévoiler mon plus grand secret. Même si mon plus grand secret à l'époque, c'était probablement d'être amoureuse d'un personnage de dessin animé. :racontagedevie:

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