Primark, est ce si bien que ça ?

Je sais, normalement quand on est journaliste, ça se fait pas d’écrire des articles à la première personne du singulier. Mais là, je demande pardon et une dérogation à Saint Sorj Chalandon, patron des journalistes encore en vie. Primark, ça n’est pas une expérience qui se raconte de manière impersonnelle. La première fois que j’ai […]

Primark, est ce si bien que ça ?

Je sais, normalement quand on est journaliste, ça se fait pas d’écrire des articles à la première personne du singulier. Mais là, je demande pardon et une dérogation à Saint Sorj Chalandon, patron des journalistes encore en vie. Primark, ça n’est pas une expérience qui se raconte de manière impersonnelle.

La première fois que j’ai entendu parler de Primark, c’était en ces mots : « tu verras, c’est H&M avec les prix de Tati« . On aurait récité un Je Vous salue à une bonne sœur que ça ne l’aurait pas plus touchée que moi après ces mots. Primark. Un nom, un concept et de nébuleux fantasmes, jusqu’à hier. Oui parce qu’hier, j’étais sur Oxford Street, en lieu et place du plus grand Primark du royaume d’Elizabeth, la reine qui salue comme Barbie, sauf en reine.

Évidemment, avant de me déflorer du Primark, j’ai d’abord cédé aux sirènes de Dorothy Perkins et autres La Senza, normal, on passe notre temps à en faire de la pub sur madmoiZelle et je suis corporate. Mais à part une paire d’escarpins Top Shop tellement beaux que j’ai envie de les faire assurer, j’ai trouvé les soldes frileuses chez nos voisins anglais. C’est donc la bourse pleine, litt et fig, que je suis arrivée affamée devant chez Primark, d’autant que ça faisait quasiment 24 heures que la moitié des humains que je croisais tenait entre 2 et 10 sacs en papier brun au nom de l’enseigne, de quoi forcer l’imaginaire érotique quoi.

Une jeune autochtone faisant son initiation à Primark.

Allez je me mets en mode Flaubert pour entamer le récit : C’est donc d’un pas fébrile mais décidé que j’entrai dans le ventre de la bête encore chaud.

(marrant)

En réalité, la première chose qui m’a frappé en entrant chez Primark, ce sont les gens assis par terre, devant ou à l’entrée du magasin. J’en ai croisé cinq ou six, l’air hagard et les bras ballants, entourés des sacs en papier dont je parlais plus haut. Et quoi ? Primark serait l’Irak du shopping, une expérience dont on ne ressort pas complètement indemne ? Je croyais pas si bien penser, au vu de l’état dans lequel je me trouverais une heure plus tard…

Validés : les manteaux, les robes à fleurs et la lingerie

Ici, pas de décor de ouf comme dans les grands magasins londoniens. Primark est une maman de famille nombreuse, pas le budget pour les fioritures, on va direct à l’essentiel. Et justement : la première pièce sur laquelle mon radar se pose est une robe noire manches bouffantes à 5 livres, soit 5 euros 50 cents. Si on était sur Facebook, j’aurais mis un « j’aime ». Je ne semble pas être la seule à aimer, puisqu’on est un demi million (attention, comptage marseillais) dans le magasin à évoluer l’œil froncé pour repérer les prix de loin.

Au programme, beaucoup de pulls unis de moults formes et couleurs, des robes à fleurs, des robes noires, des jupes roses en skaï aux formes improbables MAIS à 1 livre sterling, et… des sous-vêtements. Par milliers : des Retros, des sexy crazy cools, des gaines, des combis, des boxers par lot de 7000, bref, un rayon lingerie plus loin que tes rêves n’ont osé imaginer.

Syndrome Primark : perte des repères

Syndrome Primark : perte des repères

Validé : le rayon chaussures qui filerait une attaque à un fétichiste

Et pendant ce temps, le demi million de clientes et moi, on évolue avec la bouche de plus en plus ouverte et le pas comme si on avançait dans le noir tellement on n’en revient pas. Et encore : il reste le premier étage. D’ailleurs en y accédant, c’est presque un soulagement que de se rendre compte qu’une partie est réservée aux hommes, sans quoi on serait au bord de la perte complète de repères spacio-temporels. Surtout qu’on arrive aux chaussures, et là Cocotte, si ton pied accepte encore le plastique, prépare-ton lobe gauche à freiner, sinon, tu vas les acheter, ces escarpins roses fluo à une livre sterling. Oui, une seule toute petite livre anglaise pour une paire de chaussures. Mis à part ces improbables stilettos fushias, de toutes les couleurs et de tous les talons sont de la partie, sans compter les ballerines dont je parle pas parce que parler d’une ballerine dans un article sur Primark, ça serait utiliser de l’espace pour meubler, et là y’a pas besoin : j’ai pas fini de raconter.

Ce que tu vois là, c'est une paire d'escarpins à 1 pound

Pas tout à fait validés : les sacs à mains et les accessoires

Petit bémol : les sacs à mains et les accessoires, qui ne sont pas encore au niveau des autres rayons. En tant que raccro du shopping, ma joie est faite quand je trouve des trucs débiles mais qui coûtent rien à acheter. Généralement je trouve mon bonheur dans les accessoires, mais pas là. J’ai trouvé l’ami Pri-pri très sage sur le style, limite français, et super radin dans la catégorie sacs à main. Je cherchais l’Eldorado, je me suis retrouvée dans l’Utah, tant pis.

Pour conclure, il faut savoir que j’étais tellement sonné par le continent Primark que j’en ai oublié d’essayer mes trouvailles, et c’est au moment de payer que je m’en suis rendue compte. Pas grave, tout allait, même cette fameuse robe à 5 livres.

Et en sortant, devine ce que j’ai fait ? Je me suis assise par terre cinq minutes, histoire de récupérer. En regardant entrer les vierges de Primark, le regard étincelant et la pommette rose, j’ai souri en pensant que s’il voyait tant de filles ressortir si épanouies d’un magasin de son royaume, Henri VIII serait content. Chapeau Henri, t’étais un beau salaud mais tout ça, ça s’est fait grâce aux enfants des enfants de toutes les femmes que tu as mises enceinte. Sont forts ces angliches.

Légende : caissier beau gosse chez Primark, Oxford Street

Conclusion, va chez Primark, vite. Et raconte-nous.

Cet article t'a plu ? Tu aimes madmoiZelle.com ?
Tu peux désormais nous soutenir financièrement en nous donnant des sous !
Big up
Viens apporter ta pierre aux 42 commentaires !

Voici le dernier commentaire en date :

  • Freehug
    Freehug, Le 15 avril 2015 à 18h46

    Ah ah, je vais déterrer ce vieux topic à l'occasion de ma première fois dans un Primark français (celui de Créteil). @hackergirl n'a pas tort : ils vendent les mêmes t-shirts en coton avec un motif quelconque que partout ailleurs (et c'est bien du 100% coton) pour 3€ au lieu de 12 (ou bien plus). Y a forcément quelque chose qui cloche.

    Bon, par contre, oui c'est hyper tentant, oui y a des jolies choses,, des kilomètres de t-shirts, des farandoles de culottes, des montagnes de jupes, etc. Pour rien du tout. Au niveau de la qualité ça va (je n'ai pas pris de chaussures ceci dit : @Clairele, ton amie est allée se plaindre ? Parce qu'à ce stade j'appelle ça un empoisonnement), par contre ça taille petit, prévoyez une voire deux tailles de plus que la vôtre (mais là encore, beaucoup de choix).

    Du coup, on se retrouve vite des fringues plein les bras. Ca tombe bien : c'est le seul magasin où ils te donnent un caddie pour aller faire tes courses. Genre un panier à roulettes comme dans un supermarché.

    Et c'est là que l'horreur commence : le nombre de clients, on aurait dit un samedi de premier jour des soldes alors que c'était en semaine. Bon j'ai rien à dire j'y étais aussi, mais les allées du magasin sont trop serrées, on se marche dessus, et surtout l'attitude de beaucoup de gens ! Ils attrapent un habit, puis le roulent en boule et le jettent un peu plus loin. On voit des gens (des femmes surtout) avec un panier à roulettes archiplein, trois gosses derrière et qui mettent leurs achats sur la tête de leurs gamins. Les clients mangent dans la boutique et tripotent les vêtements avec leurs mains pleines de gras puis abandonnent leurs restes dans un coin. L'horreur. Plus jamais Primark !

Lire l'intégralité des 42 commentaires

(attention, tu dois être connectée pour participer — tu peux nous rejoindre ici !)