Cécile Duflot : « C’est pas grave si tout le monde ne t’aime pas »

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Cécile Duflot est passée à la rédac de madmoiZelle pour partager son expérience de jeune femme politique, cheffe de parti, ministre et maman, au micro de "Sois gentille, dis merci, fais un bisou".

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— Publié le 29 mars 2018.

C’est pas parce qu’on a été éduquées à être des petites filles sages, qu’on est condamnées à rester des images. Mais il n’est pas forcément facile de sortir des cadres, des chemins dans lesquels la vie nous guide, et tend parfois à nous enfermer.

Le pire conseil qu’on ait donné à Cécile Duflot ?

« Ne parle pas, comme ça, t’auras l’air intelligente

« J’avais 20 ans », me dit-elle.

Je suis particulièrement heureuse d’avoir pu rencontrer Cécile Duflot dans le cadre de mon podcast, parce qu’elle fait partie de ces femmes qui m’ont personnellement inspirée. Oui ok c’est le cas de toutes celles que j’ai invitées pour l’instant, mais j’ai une histoire particulière avec elle, je te la raconte de ce pas.

Ma rencontre avec Cécile Duflot… En 2010

Un soir de 2010 ou 2011, je ne sais plus, je regarde une émission politique en deuxième partie de soirée. C’est surtout pour avoir quelque chose d’intelligent dans les oreilles pendant que je plie mon linge.

Ce devait être animé par Arlette Chabot, et je me souviens que Jean-François Copé était l’invité-star du plateau. À ses côtés, il y avait une jeune écologiste dont j’avais déjà entendu parler.

Enfin, ce soir-là, je ne l’entends pas trop parler, justement : Copé lui coupe systématiquement la parole, il fait du théâtre sur le plateau, de la langue de bois, c’est très peu intéressant.

La jeune écolo essaie d’en placer une à plusieurs reprises, sans polémiquer, elle répond aux questions d’Arlette Chabot, sans prendre des grands airs, c’est rafraîchissant.

Et puis, alors que Jean-François Copé coupe la jeune femme pour la ènième fois de la soirée, il emploie une formule condescendante pour discréditer l’argument qu’elle était en train d’exposer. C’était quelque chose comme « oui enfin vous êtes jeune, et — »

Et j’ai jamais su ce qu’il allait dire ensuite, car « la jeune » est calmement mais fermement montée au créneau pour rembarrer le baron prétentieux dans ses cordes.

Elle tacle sa remarque condescendante, souligne qu’il est insupportable depuis le début, et reprend son discours sur le fond.

J’avais arrêté de plier mon linge depuis plusieurs minutes, scotchée devant cette réaction précise et efficace.

La « drôle de vie » d’une jeune, femme et engagée en politique

J’ai raconté cette anecdote à Cécile Duflot dans l’email que je lui ai envoyé pour lui demander de venir participer à mon podcast : parce que c’est ce soir-là que j’ai trouvé un modèle de femme politique qui me ressemble.

J’ai suivi son évolution à distance, et je me suis longtemps demandé où est-ce qu’on trouve la force et la motivation de continuer à s’engager politiquement, publiquement, lorsqu’on récolte autant de mépris, d’insultes et de violences à côté de tout ça.

J’ai donc pu poser ces questions à Cécile Duflot, et j’espère que notre entretien permettra à nombre d’entre vous de trouver des conseils, des réponses, des pistes pour réussir à s’engager en politique — ou mener une carrière dans un secteur très masculin, ce qui est toujours le cas du monde politique.

C’est une « drôle de vie » que me raconte l’ex-ministre :

« Tu rentres dans une pièce et les gens ont déjà un avis sur toi »

Vous me direz, ce sont là les affres de la notoriété. Sauf qu’elle n’est pas un but lorsqu’on s’engage en politique au niveau national, mais plutôt une possible conséquence.

Cécile Duflot me raconte que « ça fait bizarre » quand à la caisse du supermarché, le mec qui est derrière toi commente à voix haute le contenu de ton panier ; lorsque des paparazzis te photographient avec « ton amant » (alors que c’est ton fils), ou encore, qu’en soirée, quand tu rencontres des gens, ils sont capables de te dire cash au bout de quelques minutes de conversation :

« En fait, t’es sympa ! »

Ou comment te faire comprendre que les a priori qu’on a sur toi ne sont pas spécialement « sympa »…

Drôle de vie, effectivement.

J’espère que cet entretien vous plaira au moins autant que j’ai kiffé le faire ! Rendez-vous dans 15 jours pour le prochain épisode !

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— Photo de ©Bruno Levy

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Clemence Bodoc

Clémence Bodoc a été jeune cadre dynamique dans une autre vie, avant de rejoindre la Team madmoiZelle. Elle s’intéresse à l’actualité et à l’écologie, aime la politique et les débats de société. Grande fan de sport (mais surtout à la télévision), et de cinéma (mais seulement en VO), son nom de scout est dinde gloussante azurée. Elle ne mord pas mais elle rit très fort.

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Commentaires
  • Lola33000
    Lola33000, Le 7 avril 2018 à 20h11

    Merci merci beaucoup pour ce podcast j'ai vraiment adoré
    Ca m'a aidé à comprendre beaucoup de choses, et j'adore le "c'est pas grave si tout le monde t'aime pas",
    Ces podcasts sont vraiment très inspirants bravo et merci @Clemence Bodoc et toute l'équipe pour ce travail , je vous suis depuis le début de mon adolescence et vraiment merci de m'aider à grandir <3