Cy. et les bruits de bouche…

Métro bondé, collé serré, tu relèves la tête... et à 10 cm de toi, un chewing-gum dégoulinant de bave te regarde, en direct de la bouche d'un•e inconnue. Bienvenue en Enfer.

Cy. et les bruits de bouche…

(Allez voir le blog de Cy. et sa page Facebook !) (et ses autres dessins)

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Voici le dernier commentaire en date :

  • Navyblue
    Navyblue, Le 1 février 2015 à 22h26

    Je suis ravie qu'un sujet abordant la misophonie existe enfin sur ce forum. Je pense que l'on ne parle pas assez de cette condition sur internet ou dans les médias.

    La BD de Cy m'a fait sourire, mais pas seulement parce que la chute est drôle. Je me suis aussi dit que si j'avais été dessinatrice, de part mon cas personnel, j'en aurais fait une BD de 200 pages !

    Je suis misophone depuis 15 ans, et si au début je le vivais assez bien au quotidien, cette condition réagit à l'heure actuelle ma vie entière. Les causes de cette condition remontent à mon enfance.
    Les bruits que je déteste, moi, sont infinis. Les chewing-gums, la déglutition (accompagné du "ahhhh" de satisfaction), le mâchage, la respiration, le reniflement, la toux, le ronflement, les sons répétitifs causés par l'homme ou les objets (globalement), les personnes qui parlent avec beaucoup de salive dans la bouche, les tics d'oral type claquement de langue ou pincement de lèvres...
    La réaction que j'ai lorsque je suis confrontée à ces sons est une anxiété énorme. Mon attention se focalise sur le son et uniquement le son et malgré une envie irrépressible de demander à la personne de cesser le bruit, je ne peux pas le faire et je me frustre, me renferme et trouve tous les moyens d'échapper à la situation.
    Du coup, je ne vais quasiment plus au cinéma (ou alors aux dernières séances d'un film sorti il y a 1 mois, un jour de basse fréquentation, au dernier rang), je fusille constamment les gens du regard pour peu qu'ils aient un chewing gum dans la bouche. J'ai aussi arrêté ma carrière professionnelle parce que je ne pouvais pas rester dans un bureau avec quelqu'un qui boit, mange, tape sur un clavier ou mâche un chewing-gum. Je ne peux pas manger avec certains de mes amis, ni dormir avec qui que ce soit.

    J'ai rencontré mon fiancé il y a plus de 2 ans maintenant. Avant que l'on ne sorte ensemble, je lui ai expliqué ma condition et il l'a acceptée par amour. Il s'est beaucoup adapté à moi, pour me rendre la vie plus simple : il dort dans une autre chambre que moi, il mange proprement, fait attention à sa respiration, ne mâche jamais de chewing-gum en ma présence. Alors pour lui j'ai décidé d'aller voir une psychologue, pour en parler et tenter de trouver l'origine de mon problème et surtout un remède. Malheureusement, après 2 psychologues consultées, et des centaines de sites internet épluchés, je n'ai toujours pas trouvé de solutions pour faire la paix avec le Bruit. La dernière étape serait d'aller voir un psychiatre et de gérer mon problème pas la voie médicamenteuse. Mais ça, je n'en suis pas encore prête.

    Malgré celà, je trouve du travail dans la grande distribution, où il y a généralement un brouhaha suffisamment fort pour que je puisse occulter les bruits qui me dérangent. Mon rêve serait de pouvoir continuer à travailler dans le commerce, mais à mon compte et avec le moins de gens possible autour de moi. Dans mes relations sociales, j'agis aussi normalement que possible, j'ai de nombreux amis que j'ai appris à tolérer (du point de vue du bruit qu'ils peuvent faire), et que j'ai surtout informé de ma misophonie. Ils sont compréhensifs et cela m'aide beaucoup à être compréhensive en retour.

    A toutes celles et ceux qui seraient atteints de misophonie, que ça soit légèrement, à mon stade ou à un stade supérieur (j'espère pour vous que ça ne puisse pas être possible), je n'ai pas encore de remède miracle, sinon prendre du recul, et surtout, surtout : EN PARLER ! A votre famille, à vos amis, à vos amours, dites-leur l'étendue de votre problème. La misophonie est une condition plus destructrice sur le plan social que psychologique. Je me suis longtemps sentie seule et incomprise, mais de pouvoir assumer mon problème m'a redonné l'espoir de "guérir".

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