Sommes-nous programmés pour être paresseux ?

La paresse, ce fléau de la productivité, serait-elle un automatisme de nos vies et nos cerveaux ?

Sommes-nous programmés pour être paresseux ?

Celles et ceux qui sont capables d’attraper leur télécommande avec leur pied pour éviter de s’extraire du canapé : levez-la main, cet article est pour vous !

Selon une étude sur l’adaptabilité des mouvements humains, notre corps pourrait bien être programmé pour être paresseux… Est-ce que cela veut dire que je ne serai jamais vraiment capable de me lever à l’heure où blanchit la campagne pour aller courir avec plaisir ? Qu’en fait, ce n’est pas du tout que je n’ai pas un mental d’athlète, c’est juste que mon corps obéit à sa propre programmation ? Ce n’est pas tout à fait ça… mais presque.

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Réaction de tous les gens paresseux découvrant cette étude

Jessica Selinger et Max Donelan (et leurs collègues), qui font de la recherche au sein d’une université canadienne, ont conduit une étude pour comprendre ce qui fait que nous bougeons de telle façon, que nous marchons comme nous marchons, etc. Ils ont proposé à des volontaires de porter un exosquelette robotisé (une jambe) et de marcher sur un tapis roulant trois fois.

  • Une première fois à leur propre rythme
  • Une seconde fois guidés par un métronome
  • Et une troisième fois à leur propre rythme.

À chaque marche, les scientifiques modifient la résistance de la jambe robotisée, ce qui rend la marche plus ou moins difficile – lorsqu’ils observent que les volontaires utilisent de nouvelles méthodes de marche, ils diminuent la résistance… en revanche, si les volontaires gardent leurs habitudes, ils augmentent la résistance.

Avec ce stratagème, Selinger et Donelan souhaitent que les volontaires soient déboussolés, qu’ils soient dans un nouveau monde, où tout ce qu’ils savent à propos de leur marche ne fonctionne plus.

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On rigole bien chez les scientifiques.

Lors de la première marche, les chercheurs et chercheuses ne notent pas de modifications particulières – les participant•e•s marchent à leur rythme, avec l’exosquelette. En revanche, lors de la seconde et de la troisième marche, les volontaires semblent prendre une nouvelle cadence et économiser leur « dépense énergétique ».

En quelques minutes seulement, notre cerveau comprend et apprend ce qu’il se passe, et cherche à s’adapter afin d’optimiser le coût énergétique de nos mouvements. Autrement dit, en un tout petit laps de temps, notre cerveau et notre corps sont capable d’envoyer valser des habitudes que l’on a depuis des années et d’adopter de nouvelles méthodes plus efficientes afin d’économiser de l’énergie !

Ces résultats peuvent sembler triviaux ou évidents, mais cette petite expérience suggère trois choses :

  • Nos corps s’ajustent facilement pour utiliser des techniques qui minimisent notre consommation d’énergie
  • Ce mécanisme d’ajustement se met en place même pour sauver de toutes petites doses d’énergie
  • Le coût énergétique (c’est-à-dire, pour schématiser, la dépense calorique liée à nos mouvements) n’est pas seulement une conséquence du mouvement, ce serait aussi ce qui contribue à former notre mouvement en permanence.

En fin de compte, selon les analyses de l’équipe de recherche, les corps humains pourraient être « programmés », dans certaines situations, pour trouver les mouvements qui coûtent le moins d’énergie possible. Cela pourrait en partie expliquer pourquoi nous marchons tou•te•s à une fréquence de pas qui nous est propre : ce serait celle qui nous permettrait d’économiser notre énergie !

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Voici le dernier commentaire en date :

  • Cilece
    Cilece, Le 27 octobre 2015 à 15h11

    Mais...mais... c'est TROP BIEN. Adieu horaires de bureau, je retourne sous ma couette.

    Mais du coup, quid des intentions cachées de notre corps: ne sommes-nous pas programmés à l'économie d'énergie pour pouvoir faire plus de chose (back to le système capitaliste du corps, ce chacal). Du coup mon compte-épargne énergie a dû crever le plafond. :dodo:

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