J’ai testé pour vous… avoir un papa au foyer

Dimanche, Eleusis fêtera son Père... au foyer. Comment ça se passe ? Est-elle traumatisée ? Voyons ça.

J’ai testé pour vous… avoir un papa au foyer

Dans la droite ligne des papas atypiques qui peuplent madmoiZelle.com ces derniers temps (papa raciste, papa gangster), je tenais moi aussi à affirmer ma singularité paternelle ; autant te dire que si t’aimes les articles avec deux poids deux mesures, passe ton chemin, je vais avoir une position unilatérale, j’aime mon père plus que tout au monde, ce témoignage est une ode au choix qu’il a fait pour mon frère, ma sœur et moi. Sans concessions.

Je n’ai aucune idée de ce que peut être un papa standard, enfin si, j’ai l’image du papa dans les comédies romantiques américaines ou dans les pubs, l’homme dynamique, qui ramène l’argent à la maison et qui rentre tard du travail, tu sais le papa dont le gamin est trop content qu’il vienne à son match de baseball une fois l’an. Mon papa n’est pas comme ça, non, mon papa à moi, il est « au foyer ».

Face aux préjugés

Quand elle est tombée enceinte, ma mère était en plein milieu de son internat de médecine. Autant vous dire qu’un bébé, ça ralentissait un peu son rêve de gamine, soit de soigner des gens, alors mon papa, qui à l’époque était moniteur de colo, a décidé d’arrêter de travailler, de croire en ma maman et au fait qu’elle allait réussir ses études, et que ce serait elle le « revenu principal » du couple.

Eh bien excusez-moi, mais faut en avoir pour assumer ça. Assumer que ce soit la femme qui travaille, assumer que ce soit l’homme qui fasse la cuisine, la lessive, le repassage. Alors quand je vois sur les paquets de lessive un encart rédigé au FEMININ ! Quand je vois les émissions de cuisine parler de « ménagère », ça me fait bien marrer.

Vous savez, les fiches qu’on remplit au collège et au lycée, celle où on te demande « profession du père », « profession de la mère », beh moi quand je mettais « père au foyer », ça passait pas. « Non, tu veux dire que ton père est « sans profession » », Non, je veux dire que mon père est au foyer, et je t’emmerde. Tu sais, comme la maman de Machin, sauf que elle, ça pose pas problèmes.

J’ose même pas imaginer ce qu’ils ont dû se prendre dans la tronche, mon père et ma mère, quand ils ont fait ce choix, car même dans ma série préférée « The Big Bang Theory » c’est un peu la honte quand la meuf gagne plus que l’homme.

Alors oui, effectivement, jusqu’à 15 ans, j’avais pas conscience qu’on pouvait s’habiller autrement qu’en jean t-shirt, ou short débardeur et roulez jeunesse (mais avec ma mère hippie, je ne sais pas si ça aurait changé grand’chose si c’était elle qui m’avait éduquée), et j’ai grandi au son des Béruriers noirs et autres VRP, mais pour mes 12 ans, mon père a construit pour ma soeur et moi une immense maison en bois pour nos poupées (le truc était plus grand que ma soeur qui avait 10 ans à l’époque) et une voiture assortie, eh ouais eh ouais. La plupart de mes copines d’écoles étaient hyper jalouses, et plus tard elles étaient amoureuses.

Une gamine comme les autres ?

En fait, ça change à peu près rien à ton développement personnel, je dis ça pour tous les réactionnaires qui pensent qu’être éduqué par un homme çay le mal (et alors si c’est un homo, là c’est horrible), à part que ça vaccine contre le sexisme primaire (il y a un pléonasme dans cette phrase, sauras-tu le trouver?). Du coup, je me suis jamais restreinte quant à mes projets professionnels, et ça c’est plutôt sympa.

J’ai aussi développé un rapport sain face au sexe opposé en matière de sentiments : en effet, ne cherchant pas à compenser un manque d’affection paternelle dans ma vie conjugale, je choisis en général mieux mes mecs (touchons du bois).

Je n’ai aucun problème de féminité, là preuve : aujourd’hui, il m’arrive de porter des robes.

Je voulais juste partager cette expérience, bien maladroitement parce que c’est un sujet très sensible pour moi, je suis aujourd’hui très proche de mon père comme de ma mère, qui ont sacrifié tous les deux énormément pour nous élever tous les trois. Je m’estime extrêmement chanceuse.

Voilà. Bonne fête des pères à tous et à toutes.

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Voici le dernier commentaire en date :

  • B.
    B., Le 19 juin 2012 à 23h21

    Ca fait bien de voir un témoignage sans demi-mesure.

    Mes parents ont alterné le statut de "parent au foyer" (terme que j'ai jamais utilisé pour décrire la situation d'ailleurs), ou travaillant tous les deux. J'ai jamais été gênée de dire que mon père ne travaillait pas et n'ai jamais prêter attention à une gêne non plus.


    Sinon, j'ai aussi été doucement bercée au son des Berru. J'étais toute plaine de nostalgie quand je les ai vu pour la première fois l'été dernier (Bon ok c'était les Ramoneurs de Menhirs, mais bon...)

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