Je voyais à la télé cette histoire de piste de ski à Dubaï. Je voyais, je voyais, mais j’avais quand même du mal à y croire, je dois te l’avouer. Une piste de ski dans un désert ? Ah ah ah on me la fait pas à moi. Non, sérieusement, comment on peut faire tenir de la neige sous 42° ? Dans un hangar, avec de la clim’, d’accord mais… Et le coût de tout ça ? Ce que je n’avais pas compris c’est qu’à Dubaï, le coût, on s’en fout.
Non mais, ils sont sérieux sur M6 ?
Dans le taxi qui nous amenait à notre hôtel, le chauffeur nous disait que nous étions bien placés. Juste à côté du Mall Of The Emirates (un grand centre commercial où Zara côtoie Marc Jacobs) où se trouve… la fameuse piste de ski. La première visite fût celle de ce centre commercial, et là je vois la piste de ski pour de vrai. Je suis derrière la vitre, en micro-short et petit t-shirt, et de l’autre côté : combinaison, gants et bonnet. « C’est vraiment pas sérieux… », arrête pas de répéter mon frère à côté de moi. Merde, les mecs de Zone Interdite y rigolent pas… Deux jours plus tard, c’est à notre tour.

Deux jours pour apprivoiser la canicule...
Deux jours où j’ai eu le temps de faire le tour de la ville. Dubaï, c’est le désert, mais ça n’y ressemble pas donc on l’oublie souvent. Mais t’inquiète pas, le climat te le rappelle régulièrement. Le soleil se lève à 5h53 le matin, et à 9h, la température est déjà intenable. 42 ou 43° à l’ombre, alors je te jure que les coins d’ombre, on les cherche. A midi, je ressemble à un oiseau qui cherche un coin frais, assise sous le parasol. J’ai dû boire plus d’eau que quinze chameaux réunis tellement j’avais peur d’une déshydratation. La seule fois où j’ai fait la crêpe au soleil, j’ai tenu 13 minutes et 12 secondes : mon père m’a chronométrée. Tu veux te rafraîchir dans la mer ? N’y pense pas ! L’eau est à 33°, sans aucune vague, c’est un peu comme un bain, en plus chaud… et plus salé. Le trajet transat-mer, c’est 150 mètres mais impossible de faire ça pieds nus… Non, le sable est trop chaud, tes tongs te suivent partout et tu bénis le mec qui a inventé ça. Sans rire, tu mets des vieux là-bas, ils tiennent pas trois minutes. La canicule de 2006, c’est un peu une blague carambar à ce niveau là.
… Et deux heures pour oublier que t’es dans le désert
Devant la grille des prix, on voit 80 dirhams (16 euros) pour le Snow Park et 180 (35 euros) pour skier. Le prix inclus la combinaison, les chaussures de ski, les skis et l’assurance. Il ne nous reste qu’à acheter le bonnet et les gants. J’ai maintenant des gants et un bonnet estampillés Ski Dubaï… Mes parents vont dans le Snow Park, mon frère et moi allons skier pendant deux heures.
Sous ma grosse combinaison, j’ai un petit short et un débardeur, il fait -3°. Malgré le froid, je me dis que la neige, c’est pas vraiment de l’eau congelée. Sur le télésiège, je cherche le beauf qui va chanter Quand te reverais-jeuh pays merveilleuh et là je me rappelle que je suis à Duba. Ca y est, j’ai tellement froid que j’oublie où je suis et les 42° de toute à l’heure. Mon frère à côté répète comme un disque rayé que c’est pas sérieux.
On descend du télésiège. La piste est vide. On est une trentaine, tous juchés sur des skis ou des snow. Ravie, j’adore quand tout est vide, je presse mon frère de glisser. (Comme le pingouin de Fight Club !) On descend, avec aisance pour lui, raide comme un piquet pour moi. Ce qui devait arriver arriva, je me gaufre lamentablement, la neige s’invite dans ma manche et dans mon col. J’en mange un peu, mon bonnet me protège que dalle. Et maintenant, je peux le dire : la neige là-bas, c’est de la vrai de vrai. De la froide qui te gèle tout ton corps en moins de cinq minutes. Au moment où mon frère me fait remarquer que j’ai les lèvres bleues, je vois qu’il a le nez rouge. Je ne peux plus sourire sans sentir mes lèvres se craqueler et je me demande POURQUOI on n’a pas acheté des vrais gants, j’ai les mains trempés, le froid s’infiltre partout et mon bonnet ne couvre plus mes oreilles. Mes orteils ne peuvent plus bouger, j’ai peur que mes cils soient congelés et quand mon frère me met une petite gifle, je mets trente minutes pour ne plus avoir la joue gelée.
Pile au moment où je prends la confiance, où je fais des courses avec mon frère et que le photographe m’a pris trois fois en photo, nos deux heures se sont écoulées. Fatigués et morts de rire nous reprenons les escalators pour redescendre nous changer dans le hall. En cinq minutes, je suis de nouveau dans mes habits de touriste.
- Papa, maman, on fait quoi maintenant ?
- On va à la plage, ma puce, non ?
C’est un peu ça, la magie de Dubaï.