Le premier jour où j'ai entendu parler de cette nouveauté qui envahissait la Gelbique, j'ai de suite demandé un échantillon.
Il est arrivé à la vitesse namuroise, savoir celle d'un escargot centenaire, ce qui m'a fait brûler d'impatience durant des semaines. Sans doute une nouvelle technique de marketing.
On dirait un protège-slip pour éléphanteau, ça a la texture d'un protège-slip, mais ça n'est pas un protège-slip : ça se met sous les aisselles, pour pomper la transpiration. Pour moi qui, à certains moments cruciaux de mon existence (les canicules, les premiers rendez-vous, les entretiens d'embauche), sue comme un bœuf dans une casserole, cette nouveauté est digne du prix du meilleur inventeur (mais pourquoi n'y ai-je pas pensé avant eux, moi qui ai souvent envisagé de me scotcher des boules d'ouate sous les aisselles, je serais maintenant multimillionnaire, ô rage ô désespoir).
Je choisis, pour procéder à mon test, une journée particulièrement riche en émotions et en mouvements : une virée shopping.
J'enfile un top et un gilet estival, sur lequel j'ai collé, tant bien que mal (et plutôt mal que bien, un premier essai étant toujours périlleux), mes protections d'aisselles. Je serre les bras, ça fait un bruit de lange. Ce bruit typique que font les tout jeunes enfants portant un lange lorsqu'ils marchent : scruitch, scruitch. Gloups, va-t-on me remarquer ? Après quelques mouvements circulaires, la matière se donne et le silence se fait. Ouf, je l'ai échappée belle.
Me vlà partie pour ma virée shopping. Au bout de quelques minutes, je ne sens plus du tout les trucs blancs peu glamour que j'ai en dessous des bras. J'espère cependant qu'ils s'accrochent bien, je n'ose imaginer la gêne instantanée si l'un d'eux se fait la male et atterrit à mes pieds, comme ça, à demi chiffonné… Si ça m'arrive, plus jamais je ne retournerais dans cette galerie commerçante.
Tout au long de la journée, j'enlève mon gilet, je remets mon gilet, j'enlève mon gilet, je remets mon gilet, durant de longues séances d'essayage. Les protections restent bien en place, elles ont juste une légère tendance à se racrapoter un peu, avec les mouvements des bras, mais elles s'accrochent, malgré l'épreuve que je leur fais subir.
De retour chez moi, je déboutonne mon gilet, je l'enlève, et, de manière fort gracieuse, je sniffe mes serviettes hygiéniques de dessous de bras. Et je n'en reviens pas. Elles sentent la rose. Je sniffe mon gilet. Il sent la rose. Incroyable mais vrai : non seulement elles protègent, non seulement elles aspirent la sueur, mais en plus elles neutralisent son odeur. Alléluia. L'invention du siècle est née.
Les plus :
- exit les mauvaises odeurs, protection immédiate et efficace
- discret sous une blouse ou un pull foncé
Les moins :
- inutilisable sous les tops (ça me laisse une porte ouverte, je pourrais inventer la protection de tops, youpie, je m'y mets de suite)
- à éviter lors d'un rendez-vous galant, imaginez la séance de déshabillage avec deux grosses serviettes rondes sous la blouse… anti-glamour par excellence