Comme tous les étudiants fauchés (pléonasme), je cherche un moyen de me faire un peu d'argent en travaillant cet été. Après une pseudo recherche d'emploi (deux CV envoyés, qui dit mieux ?), je m'en remets aux mains du piston de Papa.
Ce n'est pas ma première fois !
L'année passée, c'était Playstation, barbecue et pots sur la terrasse...L'entreprise où travaille mon père est une entreprise de Bâtiment Travaux Publics (quoi de plus normal pour un portugais que de travailler dans le bâtiment ? C'était facile, c'est pour ça que je l'ai faite avant toi !) L'année dernière, j'ai travaillé un mois là-bas. Remplaçante de l'assistante de direction durant l'absence des directeurs. En clair : je n'ai rien fait. Pendant deux semaines je n'ai rien fait, mais j'ai fait semblant. Les deux autres semaines, je n'ai rien fait, mais je n'ai même pas fait semblant. Tournoi de PES sur PlayStation, Age of Empire en réseau, barbecue et divers pots sur la terrasse. Je pensais que cette année, la glande-payée-au-SMIC allait de nouveau me sauter dans les bras.
Et aujourd'hui ?
Comme prévu, début juin, je suis entrée au siège social d'une grande entreprise de Bâtiment Travaux Publics. Premier jour : pot sur la terrasse. Pourquoi ? Fêter l'arrivée du beau temps. Je suis déjà réjouie : c'est reparti comme en 40 ! Je vais être payée à ne rien foutre ! Youhou ! Youpi ! J'ai à peine entamée ma danse de la joie dans le bureau que ma responsable se pointe avec un air affolé "Bon, on va faire les entretiens annuels !" Mes vingt premiers jours seront rythmés par des réunions, des coups de fils à passer, des logiciels à installer, des fiches à remplir. En bref, mes 35 heures sont bien remplies, je fais même des heures supp'. Qui ne sont pas rémunérées, cela va de soi.
Après le rush... le calme !
Vingt jours de travail acharné, tout ce que j'avais à faire est terminé. Ma responsable me donne quelque chose, je le termine rapidement, et n'ai plus rien à me faire faire. Me voilà à passer des journées sur Facebook, Hotmail, madmoiZelle, bref… Partout, sauf sur mon taff. Pendant une semaine, je ne fais que ça. 8h30 – 16h30, comme une employée modèle, une heure pour manger et je quitte avec le sourire. Ma responsable me refile un truc à faire, totalement différent (de la vérification !) Je passe ma journée devant l'ordinateur, à vérifier chaque ligne d'un tableau Excel, mes yeux fatiguent, je remets mes lunettes, allonge mes pauses cafés, mes pauses déjeuner, je pars à 16h15, inventant des rendez-vous. En bref, je me remets en mode "été".
Un calme de courte durée
Me voilà esclave : photocopies, appels, lettres à taper, réservation de resto...Jusqu'à ce que l'assistante de direction parte en vacances et que je sois nommée d'office pour la remplacer. C'est un poste qu'il faut donner à quelqu'un en qui on a confiance, apparemment. Je jubile déjà à l'idée de ne rien faire, trainer sur Internet, vivre ma petite vie, en gros. J'ai eu tort… Je m'effondre de mon nuage : tous les directeurs sont là. Je suis leur esclave : photocopies, appels, je tape leurs lettres, je réserve le restaurant pour eux, je fais des petites blagues, je suis toujours souriante et je ne refuse jamais de faire quelque chose, pire encore, je dois être enjouée de le faire. Mais ce n'est pas tout... Ils poussent même le vice à me faire laver leurs tasses à café. Ce qu'il faut savoir : un directeur ne boit pas son café avec la plèbe/ les pauvres/les autres à la cafet'. Non, il a sa machine à café Nespresso, ses tasses Nespresso, ses cuillères Nespresso. Je fais leur vaisselle. (Faites que ma mère ne sache jamais que je suis capable de le faire !) Mais j'ai un problème, je vole les petites cuillères. Je veux bien faire leur vaisselle, mais dompter ma cleptomanie-cuillèresque, ça risque d'être bien plus difficile. Ca n'est pas difficile, juste impossible : j'en ai déjà volé deux.
Mais allez ! Je me plains, mais quand ils sont absents, c'est-à-dire tous les après-midi, c'est vraiment calme ici. La preuve, devine d'où je te raconte tout ça ?