Nicolas Jones-Gorlin a accepté de répondre à quelques questions à propos de son dernier roman, Mérovée, un roman prenant que je te conseille vivement...
Interview de Nicolas Jones-Gorlin
madmoiZelle.com : D'où vous est venue l'idée de ce roman ? Nicolas Jones-Gorlin : Je voulais raconter une histoire d'amour sur fond de haine. Dans un climat de peur, de méfiance, de haine raciale et culturelle, reste-t-il encore un peu de place pour le désir ? Je voulais écrire la manière dont la pulsion de haine devient pulsion d'amour. Et comment la colère peut se muer en désir. Raconter la transformation d'un ver de terre en un être humain. Sinon, pour l'anecdote : En 2005, j'ai rencontré un écrivain, Rachid Djaidani. Je devais écrire un article pour un magazine sur les émeutes des banlieues. J'avais choisi de faire une interview de Rachid Djaidani, suite à la lecture de son roman Boomkoeur (éd. Seuil) - qui trace un portrait de cette banlieue, vue de l'intérieur. On s'est donc rencontré. Rachid s'est avéré être un type passionnant. Il avait des tas de choses à dire sur la banlieue, sur les émeutes. Malgré ça, le magazine pour lequel je travaillais a refusé le papier. Les mots de Rachid étaient trop décalés, trop subversifs. Le magazine - un féminin - a eu peur ; ça ne convenait pas au lectorat ! (Je me suis même entendu dire : "Interviewez plutôt un écrivain blanc...") J'ai vécu ce refus comme une brûlure. Au fer rouge. Elle a fait son chemin en moi. Mérovée est né de cette rencontre avec Rachid Dajaidani et de ce refus de la presse frileuse et raciste.
madmoiZelle.com : Qu'est-ce qui vous a inspiré ? Vous êtes-vous documenté ? D'où vous vient la "matière" qui sert de support à l'histoire du roman ? NJG : A part ce que j'ai pu en entendre dans les médias, je ne connais rien de la banlieue. Idem pour les flics. Je ne me suis pas documenté. Tout est sorti droit de mon imaginaire. Rachid Djaidani m'a probablement inspiré dans sa "manière" de raconter la banlieue, en revanche.
madmoiZelle.com :Le but de votre livre, c'est avant tout de peindre une histoire d'attirance/amour entre un flic et un type des cités, ou bien d'aborder certains problèmes de société ? NJG : L'histoire d'amour et de haine tient, pour moi, le premier plan. Comment un type (Jean) élevé dans la haine de lui-même, va-t-il se sortir du processus destructeur qui l'habite ? Voilà ma première question. Qui est également une question sociale et pas seulement émotionnelle. En fait, j'entrelace, autour de cette question, plusieurs autres thèmes. Celui de la rencontre entre deux personnes issues d'univers totalement différents et qui ne se rencontrent jamais, mais qui sont socialement situés dans les tranches les moins favorisées de la société contemporaine.
madmoiZelle.com :Après le scandale autour de Rose bonbon, votre dernier livre, vous abordez à nouveau des sujets "sensibles" : l'homexualité, la banlieue, les bavures policières... Est-ce que vous aimez être un auteur "qui dérange" ? NJG : Je suis un type plutôt doux. Mais je pense qu'une colère sourde bouillonne en moi. Et elle vient cogner sur le papier. Directement. Les mots mitraillent. C'est ça qui est le plus dérangeant. L'envie de balancer des coups de pieds dans les idées reçues. Les représentations quotidiennes qui nous assaillent. Je suis en concurrence avec la TV, la pub, et le cinéma tendance bons sentiments. Un combat évidemment vain et perdu d'avance. Mais qui vaut tout de même le coup, non ?
madmoiZelle.com :Comment aimeriez-vous que le lecteur sorte de la lecture de ce roman ? NJG : J'aimerais que les lecteurs sortent de là comme j'en suis sorti. En soufflant un grand coup. Comme après un semi-marathon, dopé à mort aux endorphines. Avec cette drôle de sensation de flottement.
madmoiZelle.com : Enfin, quelle est la question que vous aimeriez qu'on vous pose sur ce roman et qu'on ne vous pose pas assez ? (Et la réponse à cette question, bien sûr...) NJG : Quelle musique ai-je écouté en écrivant Mérovée ? Un zest de Rage Against The Machine, un peu de reggae et de raggamuffin' (Buju Banton, Sizzla, Mad Cobra), une once de rap.
madmoiZelle.com : Merci beaucoup d'avoir répondu à nos questions !
Chez madmoiZelle, on aime tout particulièrement Zara, sa petite soeur Bershka sans oublier l'incontournable H&M, qui habille à peu près le monde entier :) N'oublions pas la classe ibérique de chez Mango et le style décalé made in UK de New Look. Côté français, on n'est pas en reste avec Etam, Kookaï, Promod. On aime également les jolies campagnes et le style sobre de Comptoir des Cotonniers, mais aussi la classe de Maje, de Sandro et de Cop.Copine.
La phrase des fois con, des fois pas :(propose la tienne)
"Ca va être tout noir !"....... "TA GUEULE !" (RRRrrrr !!!)