La Favorite, le superbe film historique qui a valu un Oscar à Olivia Colman

Kalindi se pâme devant La Favorite, un film avec Olivia Colman, Emma Stone et Rachel Weisz qui explore le meilleur et surtout le pire des sentiments humains !

La Favorite, le superbe film historique qui a valu un Oscar à Olivia Colman

En partenariat avec Twentieth Century Fox France (notre Manifeste)

Mise à jour du 25 février 2019 — 

Hier soir, dimanche 24 février, la cérémonie des Oscars s’est tenue à au Théâtre Dolby à Los Angeles. 

Cérémonie au terme de laquelle Olivia Colman a remporté l’Oscar de la Meilleure actrice.

Découvre plus bas la critique de mon chef-d’œuvre coup de cœur !

Article initialement publié le 6 février 2019 — 

En 2015, j’ai déambulé pour la première fois sur la Croisette.  De Cannes, je n’avais vu que des affiches, des robes à sequins et des habitants agglutinés sur des échelles à la télévision.

J’avais pourtant séjourné plusieurs fois à Golfe Juan, tout à côté quand j’étais gamine, mais je n’avais plus le souvenir franc d’une Cannes lumière.

Ma rencontre avec Yórgos Lánthimos, au festival de Cannes

Il y a 4 ans, donc, j’ai couvert le festival avec mon école de journalisme.

J’ai fait le pied-de-grue pendant des heures, sous un soleil franc qui succédait à une pluie tout aussi décidée, pour choper des tickets et accéder au Saint-Graal : le palais des festivals.

J’y ai vu certains des plus beaux films de la compétition, dont The Lobster, qui signait ma rencontre avec Yórgos Lánthimos .

En sortant de la salle, je passais à la FNAC et achetais Canine et Alps, ses deux créations précédentes.

Quelques heures plus tard le verdict tombait net, comme un couperet : Yórgos était mon nouveau réalisateur préféré, devant Dolan, Campion, Anderson, Innaritu et tous les autres.

L’année dernière, il signait La mise à mort du cerf sacré — encore une tuerie, dans tous les sens du terme.

Et juste quand je pensais qu’il ne pouvait rien faire de mieux, j’ai vu La Favorite

La Favorite, une histoire passionnante

Au début du XVIIIème siècle, l’Angleterre et la France se font la guerre.

La violence et la misère ravagent le peuple, mais à la cour, on se préoccupe surtout de faire des courses de canards, des courses de homards, et de jeter des oranges sur des types tout nus, simplement recouverts d’une perruque.

La reine Anne ne peut participer à ces joyeusetés en raison d’une santé physique et psychologique plutôt déplorable.

Dépendante affective, elle ne peut rien faire sans sa fidèle conseillère, Lady Sarah, qui gouverne le pays à sa place. Sarah est partout, même dans le lit de la Reine, à qui elle prodigue des caresses amoureuses.

Mais lorsqu’Abigail Hill, une nouvelle servante, débarque à la cour, c’est le rôle de Lady Sarah qui est directement remis en question.

Un cercle infernal de jalousie naît alors entre ces femmes…

La Favorite, le théâtre des sentiments humains

Jusqu’ici, The Favourite (de son titre original) pourrait ressembler à n’importe quel film en costumes d’époques, dans lequel les meufs se tirent la bourre.

En entrant dans la salle de cinéma hier soir, j’ai entendu un type balancer :

« Encore un film chiant en corsets… »

C’est si mal connaître Yórgos Lánthimos que de le penser capable de nous mener à l’ennui ! J’ai ri si fort dans ma tête, déjà persuadée que La Favorite ne ressemblerait à rien d’autre… Et j’avais raison.

Ce film n’a AUCUN équivalent. A

Oui, ça se passe à la cour d’Angleterre, oui, les meufs portent des corsets, oui, on y parle de jalousie… mais bordel ce que le tout est cruel et violent, à l’image de la VRAIE vie et des VRAIS sentiments humains.

Ici, personne n’est épargné, ni la Reine rongée jusqu’à la moelle par la maladie, ni sa servante, ni sa conseillère, ni même le public, aspiré par le tourbillon infernal de la perfidie.

La Reine est loin de correspondre à l’image qu’on se fait d’une femme de pouvoir.

Elle pique des crises de nerfs dignes d’une adolescente, se roule par terre, menace de se suicider, mange des gâteaux jusqu’à en vomir et aime qu’on lui « fourre une langue à l’intérieur ».

À côté, Lady Sarah passe pour la plus déterminée des femmes. Elle est manipulatrice et froide, mais convaincante et efficace.

Elle seule ose dire ses quatre vérités à la souveraine : « Vous ressemblez à un blaireau », « Pour une fois, comportez-vous comme une Reine ».

Son honnêteté est brutale, mais elle aime Anne… à sa manière.

De son côté, Abigail est une « Lady » déchue, qui a connu la misère et le viol. Elle débarque à la cour et devient vite la préférée de la Reine.

Au départ dépeinte comme un doux agneau, Abigail se révèle vite capable d’autant de perfidie que sa concurrente directe.

La Favorite, une psychologie fouillée

Ces trois femmes sont tour à tour les victimes puis les bourreaux, enfermées dans cette cour de fous où les hommes promènent des volatiles en laisses.

Loin de n’être que des symboles glamour, Anne, Sarah et Abigail sont plurielles, et s’adaptent en fonction des situations pour survivre à une noblesse cruelle.

Yórgos Lánthimos est parvenu à s’emparer de l’Histoire mais lui a retiré son corset pour lui donner un nouveau souffle.

La Favorite a beau se passer au XVIII ème siècle, c’est un film moderne, qui ne prend jamais de pincettes et ose le franc-parler, à la limite de la « vulgarité ».

Tout est abrupt, violent et nerveux, à l’image de l’humain contrarié, enfermé, trompé.

La psychologie des personnage est fouillée jusque dans ses moindres recoins, au point que ça en devienne légèrement malaisant.

Et bordel c’est ça que j’aime avec ce réal ! Il nous pousse dans nos retranchements, nous force à étudier les travers de l’humain.

Franchement, j’étais à deux doigts de jouir du cerveau pendant 2h ! Le meilleur des orgasmes !

La Favorite, l’humain et la folie

Il me faut noter l’utilisation, à certains moments du film, d’une caméra fish-eye, qui distord les proportions du château, jusqu’à le rendre encore plus grand, comme si l’on pouvait s’y perdre physiquement et moralement.

Il devient un labyrinthe où évoluent librement toutes les folies !

Et c’est ce que je retiens de la filmographie complète du cinéaste grec : le corps et la psychologie sont deux entités étroitement liées, qui se répondent, se tirent vers le haut ou se détruisent.

L’humain est une machine complexe et robuste mais qui finit toujours par s’enrayer, causant le désespoir et finalement la mort.

La Favorite, des personnages féminins complexes

Je retiendrai aussi la puissance des personnages féminins qui portent le film avec une force HALLUCINANTE.

Chacune est parfaite dans son rôle, que ce soit Abigail (Emma Stone), Sarah (Rachel Weisz) ou Anne (Olivia Colman, qui a reçu le Golden Globe de la meilleure actrice dans une comédie).

Ce sont elles qui décident du sort du pays, mais aussi de ce qui se passe au sein leur couple. Ce sont elles qui mènent la danse du début à la fin.

À côté, les hommes en deviendraient presque grotesques.

Eux promènent leur canard, quand tout en haut, les femmes se livrent une guerre sans merci.

Bref, je pourrais parler de La Favorite pendant 4h et même lui dédier un livre.

La Favorite, c’est un film fort, puissant, cruel et d’une intelligence rare. C’est mon nouveau film préféré et celui que je vais recommander chaque jour à l’intégralité des gens qui croiseront ma route.

Je vais être chiante, mais je dois bien ça à Yórgos Lánthimos, le type le plus doué de sa génération, qui n’a pas peur de s’effacer devant les femmes qu’il met en scène, pour les laisser exister sous la lumière qu’elles méritent.

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Commentaires
  • Elisabellissima
    Elisabellissima, Le 25 février 2019 à 15h37

    J'ai dû passer à côté du film. Je l'ai trouvé chiant et long. Effectivement, les actrices sont extraordinaires, justes et tutti quanti mais j'ai trouvé que c'était ce que j'appellerais un "film à prix" un peu comme Roma: c'est joli, soigné, mais çe ne touche pas. Après ce n'est que mon avis bien évidemment. Mais je trouve que ce film ne mérite clairement pas l'encensement global. Mais encore une fois je suis peut être passée à côté de quelque chose.

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