Mardi, C’est pas Permis ! : Kobi Levi, la chaussure-sculpture

Pendant de la rubrique « Vendredi, Carte de Crédit !« , Le mardi annonce la nouvelle ère du mauvais-goût et de l’originalité décalée, voire absurde. En gros, le « Mardi, C’est pas Permis ! » Et puis c’est tout. En haute couture, presque tout est permis. On connaissait les excentricités fantastiques d’un Martin Margiela en grande forme, les froufrous […]

Mardi, C’est pas Permis ! : Kobi Levi, la chaussure-sculpture

Pendant de la rubrique « Vendredi, Carte de Crédit !« , Le mardi annonce la nouvelle ère du mauvais-goût et de l’originalité décalée, voire absurde. En gros, le « Mardi, C’est pas Permis ! » Et puis c’est tout.

En haute couture, presque tout est permis. On connaissait les excentricités fantastiques d’un Martin Margiela en grande forme, les froufrous étouffants des maisons Dior et consorts, mais s’il y a un domaine où le renouvellement total semble compliqué, c’est bel et bien l’univers de la chaussure.

On le sait, la chaussure est bien souvent ce qui couronne un look. Impraticable ou au contraire trop plan-plan, les créateurs nous offrent souvent des souliers qui font rêver mais qu’on ne portera jamais à nos pieds. Qui ne se souvient pas des chaussures McQueen, oeuf de l’espace aux talons tellement hauts que les mannequins elles-mêmes se cassaient la figure ? Qui peut oublier l’avènement du talon tendance SM, en forme de clou de métal tellement pointu qu’on imaginait déjà les souffrances de celles qui les portaient ? Produit portant au fétichisme par excellence, il n’est pas étonnant alors de voir que la chaussure peut alors frôler l’œuvre d’art.

Kobi Levi est sans doute tombé en adoration devant le shoesing de sa mère quand il était petit. Après avoir fait l’école d’art et de design de Jérusalem dont il sort diplômé en 2001, il se lance dans la création de pompes toutes plus folles les unes que les autres. Ses inspirations ? Tout sauf… les pieds, justement ! Selon lui, la chaussure est aussi bien un objet d’art à porter, qu’à contempler. La forme du pied et les exigences qu’elle impose ne sont alors qu’un cadre pour la créativité. Baudelaire n’a t-il pas dit « parce que la forme est contraignante, l’idée jaillit plus intensément » ? (ouais bon, c’était à propos du sonnet, et alors ? ne vois-tu pas ce parallèle merveilleux entre art littéraire et arts plastiques ? tant pis). Ses chaussures ne sont pas éditées pour la vente, mais uniquement visibles en tant que modèle unique, voire comme des œuvres d’art. N’y voyez pas la praticité de la chose, mais plutôt sa folie furieuse de la transformation pédestre.

kobi levi 1Son atout ? C’est que son inspiration est directement visible dans ses modèles : il ne contrefait pas ses idées, mais les adapte façon caméléon autour d’une semelle de cuir et de quelques morceaux de tissus. Improbables pour certaines, géniales pour d’autres, chacune de ses créations fait visiblement réagir.

On peut voir par exemple le modèle XXX qui, au premier abord, ne fait penser à rien d’autre qu’une chaussure en chewing-gum. De plus près, tout s’éclaire : et si le talon était la représentation de la demi molle de mon mec ce week-end ? Une bite flappie tenant de la semelle rose ? Ça c’est de l’idée !

kobi levi xxxSon modèle Chewing-gum avait bien fait parlé les plus hipsters des amatrices de mode avec son talon façon « j’ai marché dans un chewing-gum totalement dégueu et élastique », offrant une illusion d’optique pour le coup inédite et follement bien pensée.

kobi levi chewing gum

Quid de ce modèle Tulipe, rappelant l’âge d’or du design de mobilier 100% plastique des années 60 ? Ou encore du joyeux cabas de course revisité autour du modèle Market, l’un des premiers du créateur. Autant dire que monsieur Lévi n’en est pas à un coup de buzz et semble rester durablement dans l’univers de la pompe Ovni.

kobi levi tulipeDe l’humour, dans toutes formes d’art, il y en a toujours eu. Pied de nez à cet univers ou véritable bulle créative, on ne sait que penser de ses pièces.

A mi-chemin entre la sculpture, la haute couture et la blague de potache, les chaussures de Kobi Lévi déroutent, se font parfois aduler et sa place parmi les designers reste encore à définir. Alors pour toi, la chaussure banane ou caddie de course : du génie en cuir ou du grand n’importe quoi ?

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Voici le dernier commentaire en date :

  • Doll Vintage
    Doll Vintage, Le 27 juillet 2011 à 1h55

    Les chewing gum sont géniales! Sinon, j'ai fait une petite compilation d'Art Shoes:

    Celles là, démentes:
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    Et là, les what the fuck!
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    Autant dire que celles là me REVULSENT, on me payerait que je ne mettrai pas mes pieds là dedans.:
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    Ca, ça fait truc raté. Et celles du milieu, des chaussures de la petite sirène en barbie. Mais ratées, là aussi.
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    Et ça, ça fait bonjour, je suis Végétal Woman!
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