Jeff Koons au château de Versailles

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Au château de Versailles, l’artiste du Pop Kitsch, Jeff Koons expose dix-sept sculptures géantes, dans les appartements royaux. Il s’agit d’un énorme ballon en acier représentant un lapin grignotant une carotte, un homard suspendu au plafond, un chien gonflable… tous aussi kitchs les uns que les autres. Cette exposition aurait pu se dérouler sans encombre […]

Jeff Koons au château de Versailles

Au château de Versailles, l’artiste du Pop Kitsch, Jeff Koons expose dix-sept sculptures géantes, dans les appartements royaux. Il s’agit d’un énorme ballon en acier représentant un lapin grignotant une carotte, un homard suspendu au plafond, un chien gonflable… tous aussi kitchs les uns que les autres.

Cette exposition aurait pu se dérouler sans encombre et n’être qu’un succès mais c’était sans  compter la charge culturelle du lieu. Le Château de Versailles, symbole de tradition et de culture française est, pour certains, dénaturée par cette expo. Tout une polémique s’est ainsi formée autour de ce « choc des cultures », un chien gonflable à côté d’un Véronèse fait hurler plus d’une personne comme les Amis de Versailles qui ont perturbé l’inauguration. Et pourtant, des rapprochements peuvent se faire, le kitsch de Jeff Koons et le baroque de Versailles possèdent tous les deux un fort impact visuel, utilisent des matériaux clinquants et font dans le gigantisme.

Mais la polémique ne s’arrête pas là. Six œuvres exposées sont la propriété du richissime et homme d’affaires, François Pinault, ancien patron de Jean-Jacques Aillagon, le président du musée. Ainsi, serait-il une manière de valoriser la collection de son ami ? De même, l’expo a coûté 1.9 millions d’euros, cinq fois plus que celle de Jan Fabre au Louvres, dont 1.6 millions subventionnés en grande partie par des collectionneurs de Koons, l’intégrité de cette expo ne cesse d’être remise en cause.

Enfin, dernier reproche qu’on pourrait faire à la superstar américaine, c’est qu’il n’a fait aucune œuvre spécifiquement pour Versailles alors que le lieu s’y prêtait énormément et qu’il aurait pu faire une très belle œuvre in situ.

Finalement, cette expo représente bien Jeff Koons tout comme ce propos de sa part : « J’espère que le public français aura le sentiment que c’est un geste généreux et joyeux » qui montrent sa capacité à être au centre de l’art et qui confirme son rôle d’artiste superstar et chef d’entreprise croyant répandre du bonheur partout où il passe…

Selon toi, fausse polémique ou l’enfant terrible de l’art contemporain détruit-il vraiment Versailles ?

Jeff Koons, Château de Versailles, du 10 septembre 2008 au 14 décembre 2008, plus d’infos sur le site officiel.

(crédits photos : Laurent Lecat / Editions Xavier Barral)

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Commentaires
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  • Elfamelie
    Elfamelie, Le 22 septembre 2008 à 19h45

    Intéressant, cet article ! Tu as bien montré les ambiguïtés de la chose, à mon avis c'est un geste très "politique" de la direction du Château de Versailles que de laisser une telle place à des collectionneurs privés : le domaine a besoin de beaucoup d'argent, et je suis moi aussi un peu interloquée par cette présomption de l'artiste.

    Je trouve les manifestations visant à faire se rencontrer art "ancien" et "contemporaine" très difficiles à bien réussir. Même si ce type d'expo est susceptible de réunir un large public, il y aura toujours ce clivage entre les détracteurs (type Amis de Versailles) parlant presque de "sacrilège", et les inconditionnels d'art contemporain qui se gaussent à la moindre critique de "l'autre camp" et cherchent toujours à "dénoncer" quelque chose, la suprématie de l'art ancien, à défendre un art du "détournement" systématique, comme si c'était LA norme actuelle pour juger en matière d'art.
    (Moossye, je comprends parfaitement ton agacement vis-à-vis des critiques "primaires" de l'art contemporain, mais je pense qu'inversement, les amateurs inconditionnels d'art contemporain ont tôt fait de dénoncer toute entreprise trop passéiste à leur goût ...)

    Ce qui permettrait de nuancer ce genre de confrontation, et de donner du sens à ce type de confrontation, serait effectivement de proposer, à l'instar de Jan Fabre, une exposition pensée de bout en bout pour atteindre ce but de la façon la plus pensée possible. Effectivement, quel dommage qu'il n'y ait pas d'oeuvres in situ !

    Je pense donc que cette expo continuera à recueillir le même genre d'appréciations clivées en 2 camps que bien d'autres manifestations de ce type, et je serais tentée de trouver certaines installations assez grotesques, un peu gratuites, car si l'idée d'une rencontre entre les décors de Versailles et le kitsch de Koons est intéressante, elle ne peut à elle seule justifier une exposition aussi coûteuse.

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