Instant Putassier #46 : les conducteurs

Pour le premier Instant Putassier de la rentrée, le Pr Bobby Freckles s'intéresse au comportement parfois bizarre des conducteurs.

Instant Putassier #46 : les conducteurs

Nom d’un paquet de sable mouillé coincé dans la culotte suite à une vague prise frontalement ! Existe-t-il plus désagréable, plus vicieux et plus caractériel qu’un conducteur ? Mis à part Hitler ? Et Hitler est mort. Les conducteurs, eux, sont encore des millions à nous pourrir l’existence.

Cet été, j’ai avalé un paquet de kilomètres, appuyé copieusement sur le champignon, brûlé de la gomme, et ce à travers notre belle campagne française. Je ne sais si conduire rend con ou si seuls les cons conduisent, mais le fait est là : ma route a plusieurs fois croisé celle de décérébrés du volant. Et croyez-moi il n’y a rien que j’aime plus que conduire, à part peut-être dormir sur une peau de mouton soyeuse – et vous admettrez que cela n’arrive pas aussi souvent qu’on le voudrait. Mon code moral vis-à-vis de la conduite est le même que vis-à-vis du sexe : jamais en étant saoul, jamais en faisant le forcing, et jamais en hurlant. J’ose espérer qu’il est le même pour la plupart d’entre nous.

Mais la plupart d’entre nous ne respecte rien, et nombre de conducteurs conchient le code de la route et notre code moral. Comment réagir face à de tels spécimens ?

Le conducteur qui se croit dans une sorte de Ultimate Fighting automobile est peut- être le cas le plus courant. Il veut passer à tout prix, et votera Marine Le Pen pour que les tanks soient enfin autorisés en France en 2012. Sur l’autoroute, il vous fait des appels de phares pour que vous vous rabattiez sur la droite (car, nom de Dieu, qui roule à 130 km/h sur l’autoroute à part les puceaux et les personnes âgées ?). En ville, il klaxonne dès que le feu passe au vert, des fois que vous seriez daltoniens. La vie est une course, et franchement, qui n’a pas envie d’arriver 1er ? S’il vous colle au derrière (pour vous intimider), n’hésitez pas à alors trouver le moment fort opportun pour nettoyer vos vitres (avec la vitesse, le produit ira consteller son pare-brise, ce qui est, je vous l’accorde, une maigre consolation). S’il s’énerve, roulez lentement en faisant mine d’admirer le paysage, pour lui rappeler les priorités de l’existence.

Dans le même genre, nous avons tous déjà croisé la route d’un conducteur tendax. Possédé par la haine, vous auriez proposé à sa mère de jouer dans un film porno que ses yeux seraient moins exorbités. Ce spécimen est persuadé qu’il en impose plus en postillonnant dans tous les sens, alors que s’agiter derrière son habitacle lui donne simplement l’air idiot, voire simiesque (ce qui n’est pas très sympa pour les singes). A
des tendances paranoïaques et une propension facile à sortir son majeur au moindre moustique qui s’éclate la gueule contre sa vitre. La meilleure solution le concernant est de faire plus de grimaces que lui : si son QI dépasse les 120, il saisira le ridicule de son comportement (dans le cas contraire, il s’inclinera face à votre puissance).

A l’inverse, qui n’a jamais pesté contre un conducteur qui roulait trop lentement ? Si vous avez vécu dans une région où les tracteurs étaient légion, vous pouvez y être moins sensible. Le pauvre drôle qui conduit lentement est convaincu d’être seul au monde (la conduite n’est d’ailleurs qu’une affaire à régler entre la route et lui-même). Il est de nature stressée. « On est jamais trop prudent », pense-t-il avec raison. Le problème, c’est qu’il n’a pas compris que rouler 50 kms en dessous de la limite était aussi dangereux qu’un piéton qui souhaiterait traverser la rocade sans gilet phosphorescent. Il n’y a malheureusement aucune solution, mis-à-part le doubler ou prendre son mal en patience (ou, justement, en profiter pour regarder le paysage, si possible en chantant à tue-tête Girls Just Wanna Have Fun)

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Plus rare : le conducteur qui ne veut jamais conduire. Il a son permis depuis 15 ans et ne l’a utilisé que pour faire un A/R au Simply en 2004. Effrayé par son manque d’expérience, il préfère ne pas mettre la vie des autres en danger. Autrement dit, on ne peut compter sur lui que dans une situation extrême (amputation de la jambe, prise en chasse par un grizzli ou un exhibitionniste sur une aire d’autoroute*, accouchement surprise).

Le revers de cette attitude louable, c’est que le conducteur-en-théorie sous-estime l’importance de faire la conversation au vrai conducteur pour le maintenir éveillé au bout de 7h de route (il a tendance à s’endormir sans scrupule, la tête basculée en arrière). Mieux vaut donc prévoir un taser dans la boîte à gants pour le réveiller dès que sa paupière s’affaisse suite aux bercements de la voiture. Attention : Ne pas utiliser avec les enfants (qu’ils s’endorment bon sang, ça fait quelques « on est bientôt arrivé ? » de moins à entendre).

Tout ce cours n’est bien sûr pas fait dans le simple but de clamer ma supériorité en matière de conduite (j’excelle déjà dans bien des matières). Je suis lucide quant à mes compétences dans le domaine. Il m’arrive par exemple de caler en faisant un créneau, et je crois que c’est faire preuve d’une grande sagesse que de l’admettre. En revanche, les conducteurs persuadés d’être des Dieux du volant peuvent être placés au même niveau que les zoophiles dans la grande hiérarchie humaine. Ceux qui lancent avec fausse ironie « femme au volant, mort au tournant » ou qui affirment « je conduis vite, mais je conduis bien » en font notamment partie. Le mieux est de les fixer droit dans les yeux, le visage blasé, pendant trente bonnes secondes.

Enfin, nous pouvons noter deux attitudes fort agaçantes qui méritent toutefois une certaine indulgence : 1) foutre les pleins phares dans la rétine du conducteur de devant ou d’en face (cela peut arriver aux meilleurs d’entre nous, surtout aux myopes) et 2) OUBLIER DE METTRE SON CLIGNOTANT AU ROND-POINT (très frustrant pour la voiture qui attend de pouvoir s’engager).

La prochaine fois, je vous parlerai des filles qui voient des « voleuses de mecs » partout.

* Ceci n’est pas un exemple inventé par mon esprit malade, mais bien une anecdote
datant de 2003.

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Voici le dernier commentaire en date :

  • Combustion_interne
    Combustion_interne, Le 17 septembre 2011 à 20h29

    Depuis que j'ai déménagé de chez mes parents je ne conduis, tout simplement parce que ça ne me sert plus. Il m'est arrivé de conduire pour ramener des potes de soirée (Sam c'est mon deuxième prénom). C'est vrai qu'en Bretagne la grande spécialité ce sont les ronds-points ! (et puis depuis que c'est la guerre à Brest il vaut mieux se déplacer en bus).
    Depuis que j'habite en banlieue parisienne, je ne me déplace plus qu'à pieds pour aller au boulot. Parce que, quand je vois le comportement des gens, je pète un câble ! Mais s'ils pouvaient t'écraser pour faire une 3ème file sur le trottoir ils le feraient !
    Idem le conducteur qui te fait des appels de phares alors que tu roules à 130 ! Je me rabats juste parce que j'ai peur en cas de freinage d'urgence qu'il me rentre dedans. Parce qu'on en parle pas dans l'article du connard qui respecte pas les distances de sécurité et pire ! ceux qui se rabattent dans ta distance de sécurité et qui t'obligent alors à ralentir !!!!
    C'est pour ça, que moi qui aime rouler, je le fais sur des petites routes de campagne tranquillou (bon j'avoue je dépasse parfois la vitesse maxi). Dommage j'ai changé de service au boulot sinon j'étais bonne pour tester les véhicules jusqu'à la vitesse maxi sur circuit. Et ça, c'est d'la balle !

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