Ces déceptions gustatives du quotidien

Manger, c'est bien. C'est un des petits plaisirs du quotidien. Mais il peut nous arriver d'être un peu déçu•e•s.

Ces déceptions gustatives du quotidien

Comme plein de monde dans le monde, j’ai un péché mignon : j’aime manger. J’aime déguster de bons petits plats doucement préparés, ou des légumes frais, ou du fromage qui a bien vécu, ou de la charcuterie délicieuse. J’aime tout, ou du moins, « j’aime tout ce qui est bon » — la phrase qui me permet de ne pas avoir à réfléchir quand on me demande quel est mon plat préféré.

J’ai eu plein de chance, en terme de joies culinaires, parce que j’ai très vite aimé les trucs qui faisaient peur à plein d’enfants et adolescents. Et j’ai été dans des établissements scolaires qui ne proposaient même pas une bouffe de cantine totalement dégueulasse. C’était pas dingue, mais ça allait, quoi.

Mais j’ai eu mon lot de déceptions gustatives du quotidien. Et ça m’arrive encore, chaque fois me piquant un peu plus le coeur tel un guacamole trop fade piquerait mes yeux (parce que le Tabasco était posé à côté du guacamole et que je suis tombée en me le renversant dessus).

Par soutien envers toi, humain-e qui aime manger mais qui ne peut s’empêcher d’être parfois déçu-e, je te propose de revenir tel un oignon dans une poêle sur les plus graves des petites désillusions gustatives du quotidien !

the office

Quand un plat sent bon, mais est dégueu

Imaginons : tu es invitée à déjeuner chez ta tante, Josie Fémalamanjé. Elle n’est pas un cordon bleu, et tu t’attends à mâchouiller deux bouts d’un rôti trop sec assaisonné aux huîtres du bout des lèvres avant de refiler discrètement le contenu de ton assiette à son chien Jean-Michel.

Sauf qu’une fois n’est pas coutume, en arrivant chez elle, tu renifles un délicieux fumet. Ça sent bon. Vraiment. C’est limite si tu n’en as pas les larmes aux yeux en t’imaginant t’en foutre plein la panse là d’où d’habitude, tu repars le ventre vide. Sauf qu’en réalité, une fois le plat sur la table, tu remarques que le mets sélectionné et cuisiné avec amour par Josie n’est autre qu’une bouillabaisse aux croûtes. Elle a juste mis suffisamment d’aromates pour que ça sente bon la coriandre dans tout le pâté de maison.

Tu parles d’un seum.

L’odorat et le goût sont deux sens vachement liés, alors quand quelque chose sent particulièrement bon, on pense que le goût suivra. Pourtant, ce n’est malheureusement pas toujours le cas, et ce faux espoir me rend chaque fois triste.

Quand t’essaie de cuisiner en t’inspirant de Pinterest

Je suis sur tous les réseaux sociaux. Je les aime tous. Même Google Plus me fait sourire avec le regard plein d’un mélange de tendresse et d’incompréhension. Un peu comme quand je vois le chaton le plus mignon du monde en train de manger son vomi, tu sais.

regina georgeMoi quand je reçois une notification Google Plus, avant de me souvenir qu’effectivement, j’ai un profil.

Bref, je suis sur tous les réseaux sociaux, sauf un.

Pinterest.

Pas parce que j’aime pas, pas parce que je trouve pas ça joli, mais parce que c’est l’endroit sur Internet où je me sens vraiment sous-douée. Tout y est tellement BEAU, et créé par de vrais gens comme toi et moi. Tout y est tellement délicat, coloré, fait maison. Bon, j’ai capitulé très vite pour tout ce qui est décoration réalisée avec les doigts à l’aide de quelques jolis tissus. Je sais pas faire un avion en papier, je vais pas m’amuser à faire une bougie sphérique qui sert aussi de rideau et de table à manger avec pour seules matières premières un cure-dent, une brosse à cheveux et un rouleau de pécu.

Par contre, je dis pas : pour la bouffe, j’ai essayé. Faut dire aussi qu’en terme de cuisine, je touche ma bille. J’ai donc essayé de faire les si mignons cupcakes et les magnifiques rainbow cakes, comme je pouvais en voir sur Pinterest ou sur d’autres endroits des Internets où les gens ont une grande maîtrise de leurs mains.

À lire aussi : Le rainbow cake, la recette pleine de licornes et d’arc-en-ciel

Eh bien, écoute, soit je développe une allergie aux colorants et suis faite pour échouer toutes mignonneries culinaires, soit je suis juste faite pour réussir des plats moches mais bons. Ceci étant dit, passée la déception visuelle, si ce que tu as préparé est délicieux, ça fait l’inverse de la désillusion de Tatie Josie !

Quand en fait, c’est pas végé/vegan

Je ne suis ni végé, ni vegan. Je ne savais même pas ce que j’étais jusqu’à ce que je Google et que j’apprenne que je suis flexivore. Cette partie ne me concerne donc pas, mais pour avoir des ami-e-s aux régimes alimentaires diverses, je vois bien la déception dans leurs yeux quand ils réalisent qu’ils ne peuvent pas manger un élément du plat qu’ils viennent de recevoir. Qu’il y a, mettons, de la crème fraîche partout sur une assiette demandée par une vegan ou que les pommes de terre ont été cuites dans un bouillon de poulet pour un végé.

Voici mon soutien amical et ma compassion profonde.

chiot
Viens à moi, bro.

Quand, à la cantine, t’arrives trop tard pour la pizza

N’ayant pas mis un pied dans un établissement scolaire depuis trois ans, je te parle d’une déception que je n’ai plus connue depuis longtemps (mais que j’ai connue pendant des années puisque, oui, même quand j’étais à la fac, je courais dès la fin du TD pour être dans les premiers arrivés devant la porte du réfectoire et être sûre d’avoir le truc pas trop dégueulasse du jour).

Le repas du midi, de toute ma scolarité, ça a toujours été mon moment préféré. Dès 10h de toute façon, j’étais du genre à répéter « J’ai faim » en boucle pour faire comme Simon Jérémy en attendant que quelqu’un capte la référence à la Cité de la Peur et me réponde « t’es lourd » (mais aussi parce que j’avais faim).

Désolée, hein, j’ai décidé que je citais La Cité de la Peur dans chacun de mes articles. C’est l’effet Cannes.

Alors midi sonnait et on courait comme des dingues pour aller le plus vite possible à la cantine, surtout si on avait vu sur le menu de la semaine qu’il y avait de la pizza.

La pizza, tout le monde en voulait, alors on se magnait le fion comme des zinzins pour en avoir. On était obligés, parce qu’il n’y en avait clairement pas pour tout le monde. Alors que quand c’était le jour du boudin servi avec une sauce trop liquide, là, ça se bousculait pas.

Arriver à la cantine et découvrir que la dernière pizza venait de nous passer devant, ÇA, ça foutait les glandes aux enfants et adolescents au sens des priorités relatifs dont je faisais partie. J’aimerais te dire qu’aujourd’hui, avec le temps, la maturité, je n’agirais pas de la même façon si je me retrouvais dans la même situation. Vraiment, j’aimerais.

Mais franchement, j’suis pas sûre.

Et toi alors, quelles sont les petites déceptions culinaro-gustatives que le quotidien t’offre avec cruauté sur un plateau ?

Cet article t'a plu ? Tu aimes madmoiZelle.com ?
Tu peux désormais nous soutenir financièrement en nous donnant des sous !
Big up
Viens apporter ta pierre aux 29 commentaires !

Voici le dernier commentaire en date :

  • Newalbertine
    Newalbertine, Le 2 juin 2015 à 13h35

    Je rejoins Cacadum pour les recettes végé: quand tu vois de superbes images de cuisine, et qu'en fait tu peux pas les faire, parce que c'est pas végé ...
    Ou les fails du petit déj: quand tu veux essayer quelque chose de nouveau, et qu'en fait c'est pas bon et que ça te gâche ta journée (parce que le petit déj,c'est quand même le top repas! :bave:)

Lire l'intégralité des 29 commentaires

(attention, tu dois être connectée pour participer — tu peux nous rejoindre ici !)