Instant Putassier #36 : le despotisme ordinaire

Nom d’une stripteaseuse chauve et mal épilée, quelle rage ne m’envahit face à la nature humaine ! Le despotisme ordinaire, père de tous les maux de notre société corrompue jusqu’à l’os ! Quoi de plus déprimant que les tyrans à la petite semaine ? Quoi de plus ennuyeux que l’autorité mal-placée – mis-à-part une soirée […]

Nom d’une stripteaseuse chauve et mal épilée, quelle rage ne m’envahit face à la nature humaine ! Le despotisme ordinaire, père de tous les maux de notre société corrompue jusqu’à l’os ! Quoi de plus déprimant que les tyrans à la petite semaine ? Quoi de plus ennuyeux que l’autorité mal-placée – mis-à-part une soirée passée avec Fréderic Lefebvre à manger du foie de veau ?

C’est être en couple avec quelqu’un qui refuse que vous fassiez des sorties sans lui/elle. C’est la bonne copine qui vous interdit d’acheter les mêmes chaussures qu’elle. C’est se taire face à une personne soupe au lait. C’est, de manière générale, faire en sorte de ne jamais contrarier le ou la caractériel(le) de service. Selon une étude estonienne, 75% des ulcères seraient causés par le despotisme ordinaire. Réagissez vite avant qu’il ne soit trop tard.

Le despotisme ordinaire consiste à vous faire accepter comme normale une situation qui ne l’est pas. A ne pas confondre avec le pervers narcissique, le despote est une personne angoissée, qui a tendance à perdre son sang-froid au moindre coup de stress. Dans les cas les moins graves, ses propos peuvent se présenter :

1. sous forme de douce culpabilité (« Si je peux baisser le volume de la télévision pendant que tu dors ? Eh bien… je ne vais plus rien entendre mais bon, j’imagine que ce n’est pas grave »)

2. sous forme de questions soupçonneuses (« Tu vas au concert des Beastie Boys ? Depuis quand t’écoutes les Beastie Boys toi ? »)

3. ou, plus généralement, sous forme d’agressivité (« Okay super bravo, tu avais dit que tu rentrais à 18h15 et il est 18h17, maintenant on est à la bourre ! Tant pis si t’es pas prête, je pars sans toi ! Sale guenon ! »).

Mais en réalité, ce que vous devez entendre, c’est :

1. « Mais moi aussi J’EXISTE ! »

2. « La musique que j’écoute définit mon individualité ! N’écoute pas la même musique que moi ! »

3. « A cause de toi je vais être en retard alors que la ponctualité est mon point fort »

Bien entendu, il faut que le moineau en face de vous réagisse régulièrement de la sorte pour être qualifiée de petit despote. Le grand despote, appelé communément « grand relou » par les personnes moins proches, est plus dangereux. Son mode opératoire est basée sur la peur – de décevoir, de lui faire du mal, de ne pas agir selon la norme sociale – et peut, à terme, mener à une privation de liberté trop importante. Lorsque vos faits et gestes sont calculés, non plus en fonction de vos désirs, mais en fonction d’autrui, un problème se pose.

Le grand despote n’a pas forcément conscience du tourment qu’il vous cause. La cause peut être multiple :

– Il blague. Malheureusement pour lui, il ne maîtrise pas l’humour. Il pense « vous charrier », sans se rendre compte qu’il en fait un rituel.

– Il craint l’abandon. C’est notamment le cas des jaloux chroniques, qui ne peuvent s’empêcher de râler quand vous rentrez tard d’une soirée, ou qui pousse une gueulante inappropriée dès que vous recevez un texto de quelqu’un du sexe opposé.

– Il croit sincèrement bien faire. Toute sa vie, on lui a inculqué certains principes auxquels il s’accroche mordicus, et il refuse d’envisager les choses autrement.

Deux solutions possibles selon le cas de figure. Pour ce qui est du petit despote, laissez tomber. Nous avons tous nos humeurs, ça arrive de déconner. Ne répliquez que si vraiment cela devient trop récurrent et que vous avez assez mangé de répliques passives-agressives. En ce qui concerne le grand despote en revanche, mieux vaut la jouer franc jeu dès le début. A la moindre phrase cinglante, remettez les pendules à l’heure (avec ou sans tact). Concluez par un câlin.

La prochaine fois je vous parlerai des gens qui se précipitent à l’intérieur du wagon comme une meute de chacals affamés sans laisser les voyageurs descendre du wagon.

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Voici le dernier commentaire en date :

  • Akyra
    Akyra, Le 16 septembre 2010 à 13h13

    Mais loooooooooool !

    Pile poil l'instant putassier qui va tout changer dans ma vie de couple!

    Mon chéri et moi avons à faire avec une belle mère (sa mère) qui est un grannnnnd despote ( ça fait des années que mon copains lui explique que le week end faut pas appeler avant 14h et 9 mois que je lui explique mais rien à foutre, la vieille téléphone quand même à 11h du mat le samedi pour qu'on vienne bouffer chez elle le midi, genre entre 20 et 30 ans on a rien de mieux à faire que d'aller pointer tous les week end).

    Evidément s'en est suivi un violent discours de ma part (je déteste être réveillée un samedi matin par le téléphone, surtout pour parler à une personne qui se permet de me demander des comptes sur le mode de vie de mon couple et qui plus est de m'expliquer le pourquoi du comment il faut pas veiller le vendredi soir).


    MMMh ça serait pas mal un instant putassier sur les belles-mères :)

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