Ces cours que j’aurais aimé avoir à l’école

L'école c'est bien, mais avec trois fois rien, ça aurait pu être mieux. Peut-être. SPP te présente quelques cours qu'elle aurait aimé y recevoir.

Ces cours que j’aurais aimé avoir à l’école

On ne peut pas vraiment dire que j’ai aimé l’école. J’ai aimé apprendre des choses sérieuses qui me permettent parfois encore parfois de gagner au Trivial Pursuit ou de découvrir des auteur-e-s que je n’aurais peut-être jamais lu-e-s si on ne m’avait pas mis un de leurs livres dans les mains.

Mais rien n’est vraiment parfait dans la vie, à part les sandwichs au cheddar et l’humour de Robert Downey Jr — et il y a bien quelques petites instructions que j’aurais aimé avoir à la grande époque de mon enfance et de mon adolescence. J’ai choisi de réfléchir un peu sur tout ce qui m’avait manqué, tout ce que j’aurais préféré y apprendre au lieu de devoir me renseigner ailleurs.

Notons que si tu as reçu/reçois ce genre de cours, je déboule dans ton établissement scolaire et je recommence tout depuis le début. DIRECT.

Des cours d’éducation sexuelle moins chiants

À l’école, on nous a appris le strict minimum : se protéger pour ne pas déclencher une grossesse non désirée ou se farcir une IST. C’est déjà bien. C’est même carrément essentiel.

Bon, je t’avouerai qu’au bout de la quatrième séance de visionnage de plusieurs spots publicitaires à la suite dans l’arrière-salle du CDI à la moquette qui sent les pieds, j’ai commencé à me lasser, mais au moins le message est passé.

Oui mais voilà : si j’y réfléchis bien, je crois que ça aurait pu être mieux. Franchement, je suis pas certaine qu’observer ma prof de SVT mettre un préservatif sur une banane avec l’air gêné en répétant en boucle « Bon, voilà » m’a vraiment aidée à appréhender les choses du cul avec sérénité.

Tiens, la banane, parlons-en : j’aimerais bien savoir comment se sentaient les garçons à l’époque, taille-de-phallusment parlant. Pour un collégien, c’est gros, une banane. C’est complexant. Stop. Et pourquoi pas une aubergine pendant qu’on y est ?

Eh madame, est-ce qu’on peut faire une casquette en maniant bien le gland ?

Juste un ou deux cours dans l’année avec des intervenant-e-s professionnel-le-s qui nous expliqueraient un peu que…

  • Le cul, c’est pas qu’une question de performance.
  • Les différents chibres et vagins ne sont pas des sosies.
  • Il n’y a aucune raison de trouver ça angoissant.
  • L’idée c’est qu’une fois qu’on s’aime soi-même tout est plus simple.
  • Il faut bien prendre en compte un précepte très simple (qui marche selon les sexes et les préférences sexuelles) qui consiste À NE JAMAIS METTRE LES DENTS, bordel.

Des trucs tout bêtes, mais rassurants.

Ça m’aurait évité, par exemple, de me mettre à faire une crise de panique quand j’ai cru pour une sombre raison que je n’avais pas de vagin et n’étais qu’une surface lisse, comme une Barbie. De la démystifirnication. Voilà ce qu’il m’aurait fallu.

Des cours de répartie

J’imagine qu’on part de l’idée que la répartie est quelque chose qu’on apprend ailleurs, dans les autres secteurs de la socialisation. C’est là où se pose la question de ce qui devrait s’apprendre à l’école, d’ailleurs : où est la limite ?

Bon, je suis pas trop rectrice du tout, donc je me garderai bien de donner une réponse, mais j’aurais vraiment apprécié qu’on nous impose une heure mensuelle de répartie selon un thème donné.

Dans ma tête, j’aurais bien aimé qu’on nous donne des thèmes du genre « comment s’exprimer quand on essaie de se faire des copains au camping pendant l’été pour pas passer les vacances qu’avec les parents » ou « entretien d’embauche pour stage de 3ème inutile » ou « slip » et on aurait tous dû improviser.

Bon, l’inconvénient, c’est qu’après on aurait tous voulu faire partie du Jamel Comedy Club, sûrs de notre talent, mais qu’importe : on aurait tous rigolé, appris à s’exprimer en public et ça aurait forcé tout le monde à faire du théâtre, soit le truc le plus épanouissant du monde — juste derrière la sensation de plaisir qu’on ressent quand on retire un soutien-gorge sans bretelles.

Olive Penderghast, probablement passée par ce genre de cours, approuve ce message.

Des analyses de la pop-culture

Dis-toi qu’à mon époque, je ne me servais d’Internet que pour me faire passer pour une mannequin pour La Redoute originaire de Saint-Tropez qui porte un bustier orange et une longue tresse pour tester mon pouvoir de séduction virtuel.

Forcément, même s’il y en avait, je ne serai jamais allée lire des analyses des films, séries et livres que je venais de voir ou lire. Et pourtant, c’est un des trucs les plus intéressants de l’Internet tout entier.

T’imagines si on nous avait expliqué que, bon, vraiment, les représentations selon les sexes, c’est de l’abus ? On aurait gagné du temps sur nos complexes et on aurait compris que oui, il y a toujours quelque chose de bon à retirer au niveau de la réflexion de trucs qui paraissent absolument cons. On nous aurait donné des clés pour renforcer notre esprit critique plus vite que prévu et gérer un peu mieux les images qu’on nous renvoie.

Notons qu’apparemment, dans les langues vivantes, il arrive que ça se fasse — principalement pour faire parler les élèves dans la langue qu’ils apprennent, si j’ai bien compris, mais c’est déjà ça.

Bonus track : les poupées fourrées avec des piles comme aux États-Unis

Peu de séries pour adolescents échappent à la fameuse expérience avec des faux bébés en plastique dont il faut s’occuper en binôme pour apprendre la responsabilité aux élèves. J’ai toujours trouvé ça moyen, comme principe. Je veux dire, moi la notion de responsabilité, je l’ai apprise quand j’ai commencé à échanger mes t-shirts avec ma pote, parce que je voulais pas lui pourrir. Sérieusement, c’était intense. Ça m’a suffi.

Mais le fait de travailler en binôme sur un truc, c’est surtout l’occasion de se faire des potes. Voire de choper : dans les séries, on nous présente cet évènement scolaire comme le moment où la fille populaire, en binôme avec le weirdo, réalise qu’il est finalement adorable et finit par lui laper la glotte.

Un couple qui se crée autour d’un reborn. La magie.

Franchement, à l’époque du collège et du lycée, je ressemblais à un gnome alcoolique. J’aurais pas été contre un petit coup de pouce pour faire réaliser aux personnes que je dégoûtais que derrière mes jeux de mots honteux, il y avait un coeur qui battait et n’attendait qu’à être palpé.

Et toi, tu aurais aimé qu’on t’enseigne quoi, en plus, à l’école ?

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Voici le dernier commentaire en date :

  • Mercedes
    Mercedes, Le 20 juin 2013 à 20h54

    freakyzime
    J'aurais voulu des cours "administration/vie pratique" : comment remplir les impôts, les papiers pour la banque, comprendre la sécurité sociale...
    Entièrement d'accord avec toi, ainsi que des cours pour savoir quelles démarches faire quand tu déménages pour l'électricité, le gaz, le téléphone et autres conneries du quotidien dont on ne connait la plupart du temps rien du tout.

    Et des cours sur le droit du travail, comme cela a été dit, ce serait essentiel.

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