Celui qui n’était que le messager de son copain

En mars 1999, j’ai rencontré l’homme de ma vie. Pour la première fois, je sortais de ma période d’adolescence durant laquelle je n’appréciais que les rockeux aux cheveux (très) longs et aux jeans noirs. Après tous ces chevelus bruns portant avec fierté leur t-shirt Korn ou Mass Hysteria, il dénotait un peu dans le paysage, […]

Celui qui n’était que le messager de son copain

En mars 1999, j’ai rencontré l’homme de ma vie. Pour la première fois, je sortais de ma période d’adolescence durant laquelle je n’appréciais que les rockeux aux cheveux (très) longs et aux jeans noirs. Après tous ces chevelus bruns portant avec fierté leur t-shirt Korn ou Mass Hysteria, il dénotait un peu dans le paysage, ce petit blondiminet des quartiers chics au prénom composé, bien coiffé et bien habillé. Je ne sais pas pourquoi au juste, mais c’est avec lui qu’a commencé ma mue sentimentale.

Je l’ai rencontré à un concert de rock (mais doux, restons cohérents) avec un groupe d’amis. C’était un ami d’ami. Je ne l’ai pas repéré tout de suite, il sortait trop de mes standards habituels. Son copain aux dreads en revanche, j’y pensais très fort.

Après le concert, la soirée continuait chez l’un d’entre nous. C’est là que je l’ai découvert au point d’en oublier les dreads de l’autre. Il était charmant, plein d’humour et il faisait attention à moi. A un moment, il a effleuré mes boucles en murmurant qu’il adorait mes cheveux. Un instant, j’ai cru que je connaissais une félicité digne des meilleurs paradis artificiels.

Je n’ai jamais eu la séduction dans le sang, et encore moins en pleine adolescence. Trop gourde, je n’ai réussi à rien durant cette soirée. C’était pourtant l’occasion ou jamais : nous n’étions pas dans le même lycée, je savais que je ne pourrais pas le voir avant plusieurs jours, et mon coeur passionné de jeunette saignait déjà rien qu’à cette idée.

Quelques jours plus tard, notre groupe d’amis se reforment à la sortie des cours. Mon coeur battait la chamade, mais je n’étais pas la seule : durant cette soirée, mon amie Cécile avait elle aussi croisé les yeux de son prince charmant. Les deux amies avec les deux amis, le scénario nous semblait parfait. Entre deux cours, nous nous imaginions déjà partir en vacances tous les quatre, nageant dans un bonheur amical et conjugal parfait.

« Josette, je peux te parler seul à seule s’il-te-plaît ? ». C’est à moi que mon blondiminet s’adressait. (En vrai, je ne m’appelle pas Josette, mais c’est pour préserver mon anonymat et ceux de mes conquêtes plus merveilleuses les unes que les autres.) Ce n’était plus la chamade mais l’arrêt cardiaque qui me guettait. Je pensais LE moment dont je rêvais depuis une semaine enfin arrivé.

Nos amis nous voient nous éloigner subtilement d’eux, et je sais que mes copines croisent tout autant que moi les doigts, attendant déjà le compte-rendu de sa déclaration enflammée ! « Je me suis dit que je pouvais t’en parler, que tu saurais être discrète. Tu promets que tu ne te moqueras pas ? ». Voici une étrange entrée en matière…

« Je crois que Laurent aime vraiment bien Cécile. Elle t’en a parlé ou pas ? Tu sais ce qu’elle pense de lui ? » Nous y voilà, je n’étais que son entremetteuse auxilliaire. J’essayais de me réjouir pour ma copine, qui avait mieux réussi son coup que moi. Et j’essayais de ravaler ma déception et mes larmes, persuadée que je n’avais plus aucun avenir, du moins avec lui.

Quelques jours plus tard, alors que Cécile et Laurent roucoulaient sans fin sous nos yeux, je me suis jetée à l’eau. Très courageusement, j’ai demandé à l’ami qui nous avait présentés l’un à l’autre de sonder le terrain. Sa réponse a été catégorique : aucune chance. Cet après-midi là, j’ai cru que jamais plus je n’aurais la force de me lever pour aller en cours. Cet après-midi là, j’ai tiré sur ma première cigarette.

Quelques années plus tard, l’heure du bilan a sonné : Cécile et Laurent ont dû rester deux semaines ensemble, à tout casser. La cigarette, c’est franchement dégoûtant. Je ne suis toujours pas meilleure pour dragouiller un mec qui me plaît. Surtout, il est temps d’affronter la réalité : je ne l’aimais pas, et cette gifle n’a atteint que mon ego et non mon coeur. Et c’est vrai que mes cheveux sont incroyablement bizarres et véritablement dignes d’adoration. NAN MAIS.

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Voici le dernier commentaire en date :

  • MissDanilo
    MissDanilo, Le 7 mars 2007 à 23h17

    C"est vrai que quand on repense au passé des fois on se dit qu'on en a fait tout un fromage alors que finalement c'etait rien du tout... mine de rien ca m'ai arrivé plein de fois, et je m'en suis toujour remise (avec plus ou moin de mal bien sur) je comprend tout a fait cette article, et ca me fais légèrement sourire...;)

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