Un samedi après midi pluvieux, que demander de plus qu’aller au cinéma se blottir dans les énormes sièges confortables. Poussée par une amie raffolant du XIXè siècle, fleur bleue à tendance niaise, nous avons décidé d’aller voir Bright Star.
J’en avais seulement entendu parler lors de la chronique cinéma du Grand Journal, plutôt élogieuse à son égard. Casting intéressant mené par Jane Campion – qui m’avait bouleversé avec La leçon de Piano – et qui signait là son retour sur le Grand Écran.
Nous voilà donc partis pour deux heures de romance dramatique avec un voisin de salle, susceptible de se prendre plusieurs coups de coude et des jets de pop corn dans la face à cause de sa respiration gênante.
Globalement, j’ai été agréablement surprise de voir que le côté « vieux jeu » peut être adapté à notre époque. Les interprétations des deux protagonistes Abbie Cornish (Fanny) et Ben Whishaw (John Keats) et la retransmission très intense de leurs sentiments sont plus que surprenantes, frissons garantis !
Tout au long du film, j’avais la sensation de découvrir en même temps que les héros ce qu’est l’Amour et les difficultés qui peuvent l’accompagner. Au départ, plutôt sceptiques l’un envers l’autre, ils ne se comprennent pas. Fanny ne s’intéresse pas à la poésie qu’elle juge futile et Keats est révolté de son attitude si franche – Et oui les filles, n’oublions pas que nous sommes au XIXè siècle, les femmes ne sont pas sensées s’exprimer aussi librement surtout pour manifester du mépris !
Il nous fallait un événement déclencheur pour que les deux jeunes gens se rapprochent un peu. Voilà chose faite avec la maladie qui emporte le frère de Keats. La douleur du beau John touche Fanny qui essaie de l’aider au mieux, ce qui ne le laisse pas insensible. Il décide alors de l’initier à l’art qu’est la poésie.
Nous voilà en pleine romance : une parfaite utilisation de la lumière, des décors fabuleux, des tenues à vous en couper le souffle et une exaltation des sentiments devant un amour impossible, le jeune Keats étant trop pauvre pour épouser Fanny.

Crédit photo AlloCiné
Lorsque la mère de Fanny et Brown, meilleur ami de John réalisent la passion des deux amants, il est trop tard pour changer les choses. Chaque jour, ils profitent de leur amour en essayant de surmonter les obstacles pour en garder le meilleur. La maladie s’abat sur Keats tel un fardeau, laissant Fanny désarmée…
Ce film est la représentation d’une histoire d’amour singulière et obsédante d’autant plus que leur amour n’est pas consommé. Certes, il n’est pas évident de sortir de notre contexte actuel, oui il s’extasie devant une épaule nue, oui ils s’expriment tout en poésie mais my God que ça fait du bien ! De l’amour, du pur, du poignant, du douloureux !
C’est l’opportunité de rêver un peu, d’en prendre plein les yeux, et de découvrir ce talentueux poète qu’était Keats, mort à 25 ans. Plus qu’un film, c’est une véritable leçon de poésie et de vie.








Le 29/01/2010 à 13h30
Je saurais plus dire exactement ce que j'avais pensé du film en lui-même mais je me souviens de plusieurs choses.Déjà, il y avait cette présence de la couture qui m'a semblé assez importante. Je sais pas, j'ai trouvé ça "touchant" la manière dont elle se réfugiait là dedans.
Ensuite son amour a elle est très dévoué, elle se fiche de ce que l'on pourra penser d'elle elle est amoureuse et presque folle, il suffit qu'il lui dise une chose pour qu'elle se l'approprie et en fasse une obsession (je pense par exemple aux papillons).
Bref, on voit qu'elle est très très attachée aux symboles et je trouve ça touchant.
Tu parles du fait que Keats était "révolté" contre l'attitude méprisante de Fanny mais honnêtement je ne l'interpréterai pas au sens propre : je crois qu'il affichait un certain amusement et un peu de réprobation mais au fond c'est bien ça qui rendait Fanny admirable et qui a fait que Keats s'est intéressé à elle. C'est justement ce qui est formidable : dans une société où les femmes sont "en retrait", a moitié par facilité et a moitié parce qu'elles n'ont pas le choix, ce sont les êtres audacieux qui sortent du lot et qui se rendent admirable. C'est là qu'on peut vraiment aimer follement une femme : pour son courage, son audace.
Je m'embrouille un peu mais disons que je trouve que cet amour est beau parce qu'il brave énormément d'interdit. Aujourd'hui on ne peut plus admirer de la même manière une fille qui ose l'ouvrir parce que c'est admit. Et les interdits créent toujours une dimension admirable de plus.
A part ça, dans la réalisation je l'ai trouvé très beau. Oui certes il y a des longueurs et honnêtement la scènes des pleurs de Fanny m'a presque "dérangé", mais c'est tant mieux. Ca laisse le temps d'apprécier la saveur des décors, des lumières, de tout.
Je n'aime pas la poésie, et pourtant moi aussi je suis "tombée sous le charme" de Keats. Pas pour son talent mais pour la façon dont il est mis en scène, ses attitudes, etc...
Mais la chose que je retiens le plus c'est l'espèce de sentiment je sais pas... serein et en même temps plein ambition qui nous habite quand on sort de la salle. J'avais l'impression de pouvoir aimer de façon jolie.
Bref pour moi ça reste un bon film qui arrive à manquer une fois qu'on sort de la salle.
Le 29/01/2010 à 22h58
Je l'ai vu cet après midi même, et j'ai été agréablement surprise. Je pensais que j'allais m'ennuyer devant de beaux sentiments (et ce, pendant 2h) et en tant que anti-fleur-bleue, j'appréhendais un peu... Mais en fait, c'est que tu bonheur! Je n'ai pas vu les minutes défilées et comme c'est dit dans l'article, c'est bon d'être mise face à un amour pur et fort. Et puis, même si ça semble un peu surréaliste ce genre de love-story, Jane Campion arrive à nous y faire croire. Et on y croit à fond, on se laisse embarquer dans l'histoire de ce couple, qui a tant d'obstacle à franchir...Et la mise en scène, de véritables tableaux romantique, on se croirait presque dans un Renoir. Malgré la force des sentiments, les acteurs sont convaincants et jamais on a l'impression qu'ils en font trop.
Pourquoi n'y a t 'il pas eut de prix à Cannes, où le film était présenté en 2009?
Le 30/01/2010 à 13h42
Fervente admiratrice des films britanniques concernant les auteurs, les adaptations de romans du XVIIIè et XIXè (fine allusion à Jane Austen), j'envisageais d'aller voir Bright Satr, ce fameux film sur Keats.Après vérification, je vois que c'est un film de Jane Campion, ayant adoré La Leçon de piano, je décide d'emmener mon specimen féminin préféré : celle qui fait des commentaires pendant les scènes de sexe pour cacher son embarras.
Chemin faisant vers mon cinéma, je me remémore l'image d'une robe au milieu d'un champs de violettes, je décide donc d'aborder le film avec l'âme sentimentale qui a vu à son palmarès les Sissi, Marie-Antoinette, et autres The Duchess former le gout des belles robes et de l'art cinématographique pronant le retour du "fleur bleu".
Mais voilà, le verdict est tombé, comme la guillotine.
Les poèmes de Keats font éclore ce film en un sublime papillon, malheureusement ephémère. La sensibilité des vers de Keats ne parvient pas à rendre aérien ce film moulé -semble-t-il- dans un plat à tourte.
L'histoire d'amour en elle-même conserve sa part de réel, l'idylle pourrait nous faire rêver, tous les clichés sont présents. Prenant le risque de passer pour cucu-la-praline, Jane Campion a choisi un décor floral, jouant la carte 'fleur bleue" dans tous les sens du terme.
De jolies images, on voit effectivement le rapprochement qui se voudrait discret entre le travail de la broderie et la Poésie. Mais voilà, cela ne prend pas.
On imagine devant l'affiche du filme, des personnages dont le flegme anglais laisserait entrevoir une intériorité des personnages. Mais il ne se passe rien.
Seul le desespoir se montre lorsque Fanny fait demander un couteau "pour se tuer", mais finalement on a plus envie de lui mettre un coup de pied quelque part entre ses jupons et ses dentelles pour la faire avancer.
Ben Wishaw, tout simplement magnifique incarne le poète maudit avec un naturel qui fait rêver. Le poète romantique par excellence, il passe son temps à ne rien faire, à penser sans partager ses songes. Peut-être à l'image de ce film, qui à l'inverse de la vie de Keats ne se termine pas trop tot.
Un rapide coup d'oeil à sa montre au cinéma (chose tout à fait impossible en principe). Ah, voilà une heure qu'on est là. C'est pas grave, maintenant que les amants sont ensemble, on peut toujours se raccrocher aux merveilleuses scènes d'amour.
Après tout, La Leçon de piano m'avait agréablement surprise, même contexte, un paysage boueux, pourquoi Keats n'irait-il pas inspecter les coutures de Fanny ?
Sauf que, en sortant du cinéma, j'attendais encore qu'il se passe quelquechose. Dommage.
Le 30/01/2010 à 21h03
J'adorerais le voir or les cinémas qui le passe le plus proches de chez moi sont assez éloigné,dommage je ne le verrais donc pas dans une salle obscure!Le 31/01/2010 à 19h26
J'ai été voir ce film avec une amie qui l'avait déjà vu et qui adore le cinéma.J'étais émue a la fin du film, tout était beau , les décors, la musique , le jeu des personnages... Vraiment, j'ai adoré moi .
C'était peut être long, mais j'étais a fond dedans alors bon , ça m'a pas dérangé.
Et puis cet univers un peu vieux, et l'amour qui n'avait pas du tout le même contexte qu'aujourd'hui, c'est tellement beau... ♥
Le 09/02/2010 à 22h13
Comme l'a dit Cassis, quand on sort de la salle, on a l'impression de pouvoir aimer de façon "jolie". J'y partais sceptique, j'en suis revenue séduite! même si le film fait verser sa ptite larme, on en sort léger et ivre, comme à la fin d'un poème d'amour...