Ces moments où reviennent mes anciens complexes

Pondu par Sophie-Pierre Pernaut le 6 juillet 2012     

SPP a décidé de lister quelques petits trucs qui mettaient à mal sa confiance en elle.

Quand j’étais plus jeune, j’avais une certaine propension à complexer pour absolument tout et n’importe quoi. Je me convainquais tellement que j’étais moins bien que les autres que j’en étais devenue aigrie. Ça me compliquait un peu la vie et j’ai donc fait un gros travail sur moi pour atténuer ces petites entraves à mon épanouissement personnel.

Pourtant, il me suffit d’un rien pour que mes vieux démons me reprennent un temps à la gorge. Si cette petite passade ne dure jamais bien longtemps, elle vient me plomber le moral au moins pour quelques heures. Revenons ensemble sur les activités qui foutent un petit coup de latte dans le château de cartes de ma confiance en moi.

Quand je lis un magazine féminin traditionnel

Il y a quelques années, j’ai soudainement compris que la presse féminine traditionnelle n’était pas faite pour moi. A chaque fois que je m’amusais à dépenser un peu de monnaie dans un Sexy ou un Cuba Libre et que je le lisais, je me sentais comme le pire des étrons produit par le plus vilain chien sur le plus cabossé des trottoirs.

Aujourd’hui, quand je tombe sur un magazine de ce genre, je suis exactement dans le même état : je me trouve trop grosse, je ne me reconnais pas dans les propos ni les images et j’ai l’impression d’avoir autant de classe et de féminité qu’Arnold Schwarzenegger. Je regarde mes lunettes de soleil à 3€ de chez New Look et j’ai envie de me moucher dessus pour les punir d’être aussi bon marché. Je regarde mon ventre et c’est comme s’il était un ballon de baudruche prêt à exploser. Je regrette les quelques écarts alimentaires que j’ai fait dans la journée alors que j’en fais tous les jours en me fichant bien de savoir si c’est macrobiotique ou pas, d’habitude. En gros, j’ai l’impression d’avoir échoué à mon examen de femme alors que j’en suis une, comme les autres, même si mes jambes font moins d’1m20, même si mes cheveux sentent la clope et pas le patchouli.

Mes complexes ont le doigt sur la gâchette et ce genre de lectures n’est définitivement pas pour moi.

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"Oh tiens, j'me plomberais bien le moral aujourd'hui", s'est dit cette candide jeune femme.

Faire les boutiques

En ce moment, c’est les soldes. Comme je travaille à 5 minutes à pieds d’un centre commercial, on peut donc dire que je passe dans des boutiques de fringues à peu près toutes les 4h. Au fond, je sais pas pourquoi je m’inflige ça : je ressors généralement des magasins avec les bras aussi vides que mon regard est dépité.

La faute aux cabines d’essayage. Si tu connais le nom d’un magasin qui ne craque pas son string en dentelle sur les prix (ouuuuh, un t-shirt tout fin qui se troue au premier lavage à 89€ ! C’est supayr ! Merci The Tandaimz !) avec des cabines d’essayage à l’éclairage normal, fais péter, je prends. Je prends parce que je ne supporte plus de me regarder dans un miroir avec une lampe digne d’un bloc opératoire au-dessus de ma tête, faisant ressortir mon excès de sébum de la fin de journée, l’aspect peau-de-poulet de mes jambes, mes imperfections diverses et mes cellules adipeuses.

Le pire, c’est qu’on ne se voit jamais avec une telle lumière, beaucoup trop artificielle pour être reproduite dans la rue. C’est donc aussi peu commercial qu’inutile de me balancer tous mes défauts à la face, comme ça, juste pour m’emmerder.

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Non merci Madame.

Les livres écrits par des ados

Chaque année, à la rentrée littéraire, on a droit à la présentation des jeunes auteur-e-s qui font publier leur premier roman à 18 ans. Ces génies prosaïques précoces n’ont rien fait de mal et, pourtant, j’ai envie de leur rendre visite avec des aiguilles pour leur faire un tatouage représentant le visage de Johnny Hallyday sur l’anu’.

Parce que qu’est-ce que je faisais à 18 ans, tandis qu’ils écrivaient leur première oeuvre ? J’étais à la fac, où je n’ai strictement rien fait, je sortais quasiment tous les soirs et je cultivais une certaine philosophie du vide, ma seule fierté étant de ne pas vomir après avoir bu 15 pintes en une soirée. À 18 ans j’avais déjà du mal à écrire une dissertation de 4 pages en écrivant gros, et eux sortent un ouvrage plutôt cohérent sur plusieurs centaines de pages. Je ne suis que frustration.

Prendre des nouvelles d’amis d’enfance

« - Et elle fait quoi maintenant, Athena-Cherokee ?
- Oh, ce qu’elle a toujours fait : elle est styliste, elle voyage à travers le monde. Par contre, elle est fati… »

BROUILLARD. Tout s’est bousculée dans ma tête le jour où j’ai appris que la fille avec qui je jouais quand j’étais toute petite et qui déclarait à qui voulait bien l’entendre qu’un jour, elle serait styliste, l’était devenue et que son rêve n’était plus un rêve, mais le métier qu’elle déclarait administrativement. Vieux réflexe, avant de me réjouir pour elle, j’ai commencé à me plaindre.

J’ai commencé à me dire « Ça doit être tellement fou de faire le métier qu’on rêve de faire depuis des années« . Avant de me souvenir que c’était aussi le cas de la gourdasse que j’étais. Alors j’ai ravalé mon envie et mes complexes comme on ravale un crachat qu’on ne peut pas expectorer parce qu’on est en entretien d’embauche et j’ai souri de ma connerie parce qu’il est quand même bien fâcheux que mes complexes dissimulent le temps de quelques minutes le fait que j’ai une vie qui poutre.

Le pire dans tout ça, c’est que je suis parfaitement consciente que les complexes n’ont aucun intérêt. Qu’on se les crée majoritairement toutes seules comme des grandes comme si on voulait s’auto-pourrir la vie. Un peu comme si on se disait « Tiens, je suis de bien bonne humeur depuis toujours. Et si je trouvais mes fesses trop grosses et mon nez trop pointu, pour changer un peu ?« . Afin de bien leur mettre la misère à ces morpions psychologiques qui nous font perdre tout sens commun, refaisons-nous tous les articles du dossier Nique tes complexes et suivons donc les conseils de Hippie Jack.

Après on les apprend par coeur et on se les récite intérieurement quand on sent la vague de complexes remonter le long de notre gorge. En plus, ça fera travailler notre mémoire ce qui ne pourra objectivement pas nous faire de mal.

enfance

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Sophie-Pierre Pernaut (dite SPP, dite Sophie) écrit pour madmoiZelle depuis l'an 2011. Elle s'est donnée pour mission de vous informer, de vous divertir et d'éventuellement vous faire rigoler avec son humour somme toute assez crétin. Elle aime la tartiflette et les chèques en blanc.

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Les 10 dernières réactions à cet article sur le forum

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  1. SyamSyam

    Le 07 juillet 2012 à 21:25

    Posted by Little Mermaid
    D'ailleurs petite question subsidiaire: ds quelles marques existe-t-il des fdt légers (ou bb crème) qui ont un effet seconde peau?



    Sans être du tout intéressée par le gateau (DU TOUT), j'utilise la BB de chez Une. J'suis vraiment pas une accro du maquillage ni une pro et ayant la peau très blanche j'ai l'impression de ressembler a un clown au moindre changement, je trouve qu'elle "camoufle" relativement bien elle est légère avec sa texture crème-poudre-bizaroïde-quejenepeuxpasdécrire. En tout cas elle unifie vraiment bien associé avec un anti-cerne et un coup de poudre pour ne pas ressembler a une poupée (:
  2. Westeros.Westeros.

    Le 08 juillet 2012 à 00:26

    Les éclairages des cabines d'essayage… True story :lunette:
  3. tupuducutupuducu

    Le 08 juillet 2012 à 00:43

    Ah les photos (et les vidéos!), c'est vraiment cruel. Surtout quand quelqu'un vient de te prendre en photo, la regarde et commente "Oooh t'es trop belle!". Toi toute contente, tu regardes et tu découvres ta gueule complètement difforme avec tous tes défauts imaginables qui te sautent aux yeux. C'est encore plus déprimant quand le point de vue extérieur t'assure que non non tu es bien là comme pour insister sur le fait que cet immondice que tu vois là, c'est bien toi oui oui tu ressembles bien à ça en vrai :erf:
  4. MonoïMonoï

    Le 08 juillet 2012 à 00:45



    un big-up n'est rien à coté de ma reconnaissance envers toi d'avoir écrit cet article dans lequel je me reconnais à 500% (je n'aime pas cette expression mais je suis fatiguée)
  5. TKTTKT

    Le 08 juillet 2012 à 01:23

    Moi j' aime bien l' éclairage des cabines d' H&M. moi j' ai le problème inverse l' éclairage de cabine ou de magasin qui flatte à mort et qui masque tes imperfections mention spéciale pour l' éclairage Séphora quand t' es dans le magasin t' es une bombe une fois que t' es sortie tu te rend compte que t' es maquillé comme un transexuelle ou que tu te retrouve avec un fond de teint trop clair et j' en passe.
  6. Mrs HeisenbergMrs Heisenberg

    Le 08 juillet 2012 à 11:40

    Quand je poste ma tête sur le topic des frimousses et que je vois les autres qui reçoivent 70 big ups en moins de temps que moi qui ai une quinzaine :shifty: Oui c'est très con :lol: On n'a pas dit que ça devait être intelligent, d'abord :vex:
    :cretin: C'est pas ma faute si les madz c'est des bonnasses !
  7. SaSoocSaSooc

    Le 08 juillet 2012 à 13:27

    + 1000 pour la lecture des magazines! Tellement vrai, c'est hallucinant la propension qu'ont ces petits bouts de papiers à nous déprimer! (d'ailleurs, des années que je me refuse d'en lire!)

    Sinon moi quand j'étais au collège en 6ème/5ème, je complexais sur mon bras droit (j'ai la peau très blanche et on voit mes veines au travers) qui laissait (et laisse toujours d'ailleurs!) apparaître une "grosse" veine bleue!
    Qu'est-ce que je rigole quand j'y repense! Je ne mettais jamais de débardeurs à cause de ça! Mais bon c'est vite passé heureusement! (comme quoi certains complexes peuvent être surprenant!

    Par contre à Sephora je trouve justement les éclairages atroces (ça fait néon donc pas forcément flatteur), c'est trop puissant pour se trouver canon, on voit trop nos défauts (par exemple moi mes cernes c'est puissance 1000 avec des trucs comme ça!). Mais bon, t'façon je n'achète pas mon maquillage là-bas, BIO STYLE!!!!!!
    D'ailleurs, ma "conversion" au bio depuis ces dernières années a également accompagné une nouvelle façon de me penser qui me fait du bien (les marques bio et Cie ne te poussent pas à l'achat par des pubs photoshopées, enfin disons que c'est totalement un autre monde).

    Pour le reste, je suis comme toutes les filles je pense c'est à dire qu'autant on peut se trouver canon, autant y'a des jours c'est la cata… mais bon franchement les seules solutions c'est un: prendre soin de soi de sorte à aimer son corps (ne pas se "laisser aller", pas dans le sens des magazines avec régime et Cie, mais de se sentir bien, de manger sain et de faire du sport si on ne se sent pas bien sans). Et deux: ne pas cotoyer de trop près la société de consommation (magazines, magasins comme Sephora et autres) et ça ça change tout!

    Voilà, c'était 36 15 j'raconte ma life :)

    Ps: Belly Jean , tu as vu je t'ai big-uppé! mdr!
  8. ZukoZuko

    Le 08 juillet 2012 à 16:36

    Pour moi, c'est de me retrouver, chez le coiffeur, avec les cheveux mouillés tout plats, les oreilles qui dépassent, à me regarder dans le miroir pendant une demi-heure… C'est bien pour ça que je n'y vais quasiment jamais !
  9. LaumieLaumie

    Le 08 juillet 2012 à 17:14

    Alors en premier, mon frère : il a tout réussi, son métier lui plaît, alors ça a le don de me mettre en rogne quand mes parents chantent ses louanges.

    Et en deuxième, le lieu maudit, c'est la plage. Je suis pas spécialement complexée mais quand je vais me baigner, je sais pas, je me sens mal avec les regards des gens :shifty:
  10. kookie182kookie182

    Le 08 août 2013 à 11:33

    Posté par zuko
    Pour moi, c'est de me retrouver, chez le coiffeur, avec les cheveux mouillés tout plats, les oreilles qui dépassent, à me regarder dans le miroir pendant une demi-heure… C'est bien pour ça que je n'y vais quasiment jamais !



    Tout à fait c'est comme avoir des mini tentacules échouées en haut du crane, dans l'océan du peignoir trop grand ou tu nages dedans. :facepalm:

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