Ces moments où reviennent mes anciens complexes

SPP a décidé de lister quelques petits trucs qui mettaient à mal sa confiance en elle.

Ces moments où reviennent mes anciens complexes

Quand j’étais plus jeune, j’avais une certaine propension à complexer pour absolument tout et n’importe quoi. Je me convainquais tellement que j’étais moins bien que les autres que j’en étais devenue aigrie. Ça me compliquait un peu la vie et j’ai donc fait un gros travail sur moi pour atténuer ces petites entraves à mon épanouissement personnel.

Pourtant, il me suffit d’un rien pour que mes vieux démons me reprennent un temps à la gorge. Si cette petite passade ne dure jamais bien longtemps, elle vient me plomber le moral au moins pour quelques heures. Revenons ensemble sur les activités qui foutent un petit coup de latte dans le château de cartes de ma confiance en moi.

Quand je lis un magazine féminin traditionnel

Il y a quelques années, j’ai soudainement compris que la presse féminine traditionnelle n’était pas faite pour moi. A chaque fois que je m’amusais à dépenser un peu de monnaie dans un Sexy ou un Cuba Libre et que je le lisais, je me sentais comme le pire des étrons produit par le plus vilain chien sur le plus cabossé des trottoirs.

Aujourd’hui, quand je tombe sur un magazine de ce genre, je suis exactement dans le même état : je me trouve trop grosse, je ne me reconnais pas dans les propos ni les images et j’ai l’impression d’avoir autant de classe et de féminité qu’Arnold Schwarzenegger. Je regarde mes lunettes de soleil à 3€ de chez New Look et j’ai envie de me moucher dessus pour les punir d’être aussi bon marché. Je regarde mon ventre et c’est comme s’il était un ballon de baudruche prêt à exploser. Je regrette les quelques écarts alimentaires que j’ai fait dans la journée alors que j’en fais tous les jours en me fichant bien de savoir si c’est macrobiotique ou pas, d’habitude. En gros, j’ai l’impression d’avoir échoué à mon examen de femme alors que j’en suis une, comme les autres, même si mes jambes font moins d’1m20, même si mes cheveux sentent la clope et pas le patchouli.

Mes complexes ont le doigt sur la gâchette et ce genre de lectures n’est définitivement pas pour moi.

"Oh tiens, j'me plomberais bien le moral aujourd'hui", s'est dit cette candide jeune femme.

Faire les boutiques

En ce moment, c’est les soldes. Comme je travaille à 5 minutes à pieds d’un centre commercial, on peut donc dire que je passe dans des boutiques de fringues à peu près toutes les 4h. Au fond, je sais pas pourquoi je m’inflige ça : je ressors généralement des magasins avec les bras aussi vides que mon regard est dépité.

La faute aux cabines d’essayage. Si tu connais le nom d’un magasin qui ne craque pas son string en dentelle sur les prix (ouuuuh, un t-shirt tout fin qui se troue au premier lavage à 89€ ! C’est supayr ! Merci The Tandaimz !) avec des cabines d’essayage à l’éclairage normal, fais péter, je prends. Je prends parce que je ne supporte plus de me regarder dans un miroir avec une lampe digne d’un bloc opératoire au-dessus de ma tête, faisant ressortir mon excès de sébum de la fin de journée, l’aspect peau-de-poulet de mes jambes, mes imperfections diverses et mes cellules adipeuses.

Le pire, c’est qu’on ne se voit jamais avec une telle lumière, beaucoup trop artificielle pour être reproduite dans la rue. C’est donc aussi peu commercial qu’inutile de me balancer tous mes défauts à la face, comme ça, juste pour m’emmerder.

Non merci Madame.

Les livres écrits par des ados

Chaque année, à la rentrée littéraire, on a droit à la présentation des jeunes auteur-e-s qui font publier leur premier roman à 18 ans. Ces génies prosaïques précoces n’ont rien fait de mal et, pourtant, j’ai envie de leur rendre visite avec des aiguilles pour leur faire un tatouage représentant le visage de Johnny Hallyday sur l’anu’.

Parce que qu’est-ce que je faisais à 18 ans, tandis qu’ils écrivaient leur première oeuvre ? J’étais à la fac, où je n’ai strictement rien fait, je sortais quasiment tous les soirs et je cultivais une certaine philosophie du vide, ma seule fierté étant de ne pas vomir après avoir bu 15 pintes en une soirée. À 18 ans j’avais déjà du mal à écrire une dissertation de 4 pages en écrivant gros, et eux sortent un ouvrage plutôt cohérent sur plusieurs centaines de pages. Je ne suis que frustration.

Prendre des nouvelles d’amis d’enfance

« – Et elle fait quoi maintenant, Athena-Cherokee ?
– Oh, ce qu’elle a toujours fait : elle est styliste, elle voyage à travers le monde. Par contre, elle est fati… »

BROUILLARD. Tout s’est bousculée dans ma tête le jour où j’ai appris que la fille avec qui je jouais quand j’étais toute petite et qui déclarait à qui voulait bien l’entendre qu’un jour, elle serait styliste, l’était devenue et que son rêve n’était plus un rêve, mais le métier qu’elle déclarait administrativement. Vieux réflexe, avant de me réjouir pour elle, j’ai commencé à me plaindre.

J’ai commencé à me dire « Ça doit être tellement fou de faire le métier qu’on rêve de faire depuis des années« . Avant de me souvenir que c’était aussi le cas de la gourdasse que j’étais. Alors j’ai ravalé mon envie et mes complexes comme on ravale un crachat qu’on ne peut pas expectorer parce qu’on est en entretien d’embauche et j’ai souri de ma connerie parce qu’il est quand même bien fâcheux que mes complexes dissimulent le temps de quelques minutes le fait que j’ai une vie qui poutre.

Le pire dans tout ça, c’est que je suis parfaitement consciente que les complexes n’ont aucun intérêt. Qu’on se les crée majoritairement toutes seules comme des grandes comme si on voulait s’auto-pourrir la vie. Un peu comme si on se disait « Tiens, je suis de bien bonne humeur depuis toujours. Et si je trouvais mes fesses trop grosses et mon nez trop pointu, pour changer un peu ?« . Afin de bien leur mettre la misère à ces morpions psychologiques qui nous font perdre tout sens commun, refaisons-nous tous les articles du dossier Nique tes complexes et suivons donc les conseils de Hippie Jack.

Après on les apprend par coeur et on se les récite intérieurement quand on sent la vague de complexes remonter le long de notre gorge. En plus, ça fera travailler notre mémoire ce qui ne pourra objectivement pas nous faire de mal.

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Voici le dernier commentaire en date :

  • AmiBlue
    AmiBlue, Le 22 décembre 2014 à 13h51

    J'avais le complexe du tight gap (frôlé l'anorexie) puis bon, c'est impossible, je me suis fait une raison, et pour "mieux aimer" mon corps, je fais du sport, puis du yoga de temps en temps. Parcontre, l'éclairage des cabines d'essayage ne me dérange plus : j'aime bien voir ces petits défauts, les détester pour ensuite les aimer et me dire que même les plus belles filles de mon entourage vivent la même chose (puis depuis que mon acné est moins sévère, je suis contente de ne plus me voir en mode "calculatrice")

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