J’ai testé pour vous… travailler pour un centre de sécurité sociale étudiante

Il y a quelques années, Juliette a travaillé en tant que conseillère santé pour un centre de sécurité sociale étudiante, un job d'été beaucoup plus sympa qu'il n'en a l'air !

J’ai testé pour vous… travailler pour un centre de sécurité sociale étudiante

Si tu as déjà fait ton inscription à la fac, ou que tu comptes le faire bientôt, tu as dû ou vas sûrement remarquer un groupe de jeunes relous arborant grands sourires et t-shirts aux couleurs criardes, qui vont venir te demander si tu sais comment fonctionne la sécurité sociale étudiante.

Durant deux étés, il y a quelques années, j’ai été l’une de ces andouilles, brochures dans les mains et discours bien rodé en bouche. Et honnêtement, même si ça n’est pas le boulot le plus sexy du monde, c’était bien plus cool que ça en a l’air !

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Vous en rêviez, madmoiZelle l’a fait : voici le récit de mon expérience en tant que conseillère santé pour un centre de sécurité sociale étudiante… Eh, oh, revenez !

Un job d’été que je n’avais pas du tout envisagé à la base

Tout commence en avril 2012 (coucou le coup de vieux), lorsque je me dis qu’il faut que je me trouve un nouveau taff pour l’été. L’année qui avait précédé, j’avais galéré à faire des missions en intérim pour des magasins de vêtements et accessoires, et celle d’avant, j’étais animatrice en centre aéré.

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Cherchant quelque chose de plus stable, et voulant empocher un salaire plus important que celui que je m’étais fait lorsque je veillais à ce que les mouflets ne mangent pas de cailloux, je me suis rendue à un forum de jobs pour les jeunes comme il en existe beaucoup pour voir quel genre d’offres d’emploi étaient proposées.

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C’est ce que j’ai fait.

Sur les différents papiers ne se présentaient à moi que des boulots pour lesquels il fallait avoir fait une formation particulière (hôtellerie, service, aide à la personne…), ou qui ne payaient pas assez bien selon mes critères.

Mais, au fur et à mesure de mes recherches, je suis tombée sur une annonce proposant des places pour un job que je n’avais pas du tout envisagé : conseillère santé pour un centre de sécurité sociale étudiante.

Intriguée mais déterminée, j’ai pris mon petit ticket pour passer sur-le-champ un premier entretien d’embauche, qui s’est bien passé. J’ai donc été convoquée par la suite pour un second, qui a été un succès lui aussi : au mois de juillet, j’allais commencer mon travail pour la sécu.

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Le poste de conseillère santé, en quoi ça consiste ?

La formation

Quelques mois après mes entretiens d’embauche pour ce taff, les autres conseiller•es et moi avions rendez-vous pour trois jours de formation. Parce que malgré ce que l’on peut penser, ce n’est pas le genre de chose qui s’apprend sur le tas.

Nous avions trois jours de formation.

L’essentiel de la mission revenait à expliquer aux nouveaux étudiants en quoi consistait la sécurité sociale, il fallait donc que l’on sache de quoi on parlait : qui est concerné, à partir de et jusqu’à quel âge, quel•s papier•s fournir, comment s’affilier…

C’était des questions pour lesquelles il ne faut pas donner de fausses informations, vu que les remboursements de santé des jeunes et leur tranquillité sont en jeu.

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C’est déjà assez compliqué comme ça.

Pendant ces trois jours, on a donc appris le B.A.BA de la sécurité sociale et de son fonctionnement, mais aussi à l’expliquer de façon claire et concise, et à répondre à toutes sortes de questions à ce propos.

J’ai aussi assimilé des techniques de persuasion pour que les nouveaux•elles élèves choisissent notre centre plutôt que celui des concurrents, mais aussi des techniques de vente, vu que notre seconde mission était d’essayer de vendre des mutuelles et des assurances adaptées aux besoins des étudiant•es.

Sur le terrain

Une fois les entraînements finis et la formation achevée, ma fine équipe et moi-même, vêtus de t-shirts oranges, nous pouvions entamer notre job et aller sur le terrain.

Notre rôle était d’aller voir les élèves dès qu’ils passaient la porte d’entrée de la fac, afin de leur poser des questions sur leur situation au niveau de la sécurité sociale étudiante.

Le but était de les persuader de choisir notre organisme.

Il s’agissait d’abord de les attirer subrepticement sur notre stand qui trônait non loin de là, sur lequel les brochures et les stylos gratuits posaient lascivement afin d’attirer le chaland.

Le but était de les persuader de choisir notre organisme plutôt que celui d’en face, de répondre à leurs questions, et, si l’occasion se présentait, de tenter de leur vendre d’autres services.

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« Tu repartiras bien avec une petite assurance responsabilité civile ? »

Une fois lâché•e dans les centres de formation, les facs et les écoles, il ne fallait pas hésiter à aller vers les gens, un grand sourire aux lèvres, et à croire dur comme fer à ce que l’on racontait.

Il fallait aussi être persévérant, parce que très honnêtement, tout le monde se fout un peu de la sécu, surtout les jeunes. Il ne fallait donc pas avoir de scrupules à être un peu insistant pour arriver à ses fins, mais sans jamais forcer la main.

Il ne fallait pas hésiter à aller vers les gens et à croire dur comme fer à ce que l’on racontait.

Lors de ma deuxième année passée dans la même entreprise, j’ai même fait plusieurs « interventions » : des exposés que je faisais conjointement avec l’un des représentants de nos concurrents directs, où j’expliquais devant un amphithéâtre de jeunes de mon âge ce qu’était la sécu, les mutuelles, les assurances.

Ça n’était pas obligatoire dans la formation, bien sûr, mais possible pour celles et ceux qui se sentaient à l’aise à l’oral, et qui connaissaient bien le métier.

Bref, si tu es timide et que tu sens que ce genre de mission te met mal à l’aise, passe ton chemin, le travail de conseiller•e santé risque de ne pas te plaire. Il faut être totalement en accord avec le fait d’aller parler à des inconnu•es, sans jamais se laisser démonter.

Un job pas si nul que ça, au final

Quand je racontais ou que je raconte encore à mes potes et mes proches que j’ai travaillé en tant que conseillère santé pour un centre de sécu, la réaction est presque toujours la même : « Ah merde, t’as pas dû t’éclater ! »

Très honnêtement, même si c’est vrai que ça n’était pas aussi amusant qu’un job de cracheuse de feu officiant dans un cirque spécialisé dans les sosies de Ryan Gosling, je ne peux pas dire que c’était le pire boulot d’été que j’aie fait dans ma vie.

D’abord parce que l’on n’est qu’entre étudiants. Les organismes voulant de la proximité, ils font appel à des jeunes pour parler à des jeunes. De plus, vu que l’on est tous•tes dans différentes facs, écoles, et centres de formation, nous ne sommes jamais avec notre chef (coucou à toi, Frédérique, si tu me lis).

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En vrai, y’a pas mal de fois où on glandait.

Nous faisions donc notre boulot sans avoir aucune pression derrière, vu que nous n’étions pas zieutés par notre supérieure. Et il n’y a pas beaucoup de postes où cela se passe comme ça.

Et vu que l’on travaillait en duo, si l’on s’entendait bien, c’était toujours l’éclate, y compris avec les étudiant•es bossant pour le concurrent. Pas de raison de ne pas papoter lorsqu’il n’y avait personne dans la fac !

Enfin, un autre aspect plutôt cool, c’était le salaire. J’étais payée de base un peu plus que le SMIC net, mais il n’était pas rare que l’équipe touche une petite prime si l’on arrivait à vendre suffisament de mutuelles et d’assurances — la même pour tout le monde, pour ne pas créer de concurrence au sein du groupe.

De plus, grâce à ce travail, j’ai enfin pu comprendre comment marchait vraiment la sécu ! Et ça, c’est plutôt pratique.

En bref, le job de conseiller santé, c’est pour qui ?

Vu que l’on va bientôt arriver dans la période de recherche de boulots d’été pour celles et ceux qui ont envie de se faire un peu d’argent cette année, je peux te conseiller ce poste si tu n’es pas timide, que tu n’as pas peur d’aller vers les autres, et que ça t’intéresse un minimum.

Et simplement, si tu as envie de te faire un peu de sous, c’est aussi une bonne raison !

N’hésite donc pas à postuler sur les plateformes web des deux sécurités sociales étudiantes existant en France, soit celle du réseau EmeVia (SMEREP, SMENO, MGEL…), soit celle de la LMDE, ou à te rendre dans un des centres de ta ville pour y déposer une candidature spontanée ou, comme moi, te déplacer à un forum de jobs pour les jeunes, pour voir s’il y a des postes à pourvoir.

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Cela risque de te plaire plus que tu ne le penses, et se faire de l’argent tout en s’amusant entre étudiant•es, c’est plutôt sympa, non ?

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Voici le dernier commentaire en date :

  • Croquelicot
    Croquelicot, Le 29 mars 2016 à 19h42

    J'ai aussi envie de réagir, quand j'ai débarqué à 17 ans à la fac, on m'a aussi faire adhérer à une mutuelle "obligatoire", je me souviens c'était 35 euros, et je me suis bien privée ensuite (je vivais avec 200e/moi hors loyer). Quand on m'a dit que ce n'était pas du tout obligatoire, je me suis sentie vraiment humiliée et victime d'injustice. Le job est peut être bien de ce côté, mais ça m'a marqué (c'était il y a 10 ans).

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