J’ai échappé à une tentative de viol… et après ? – Témoignage

Pondu par Une madmoiZelle le 22 janvier 2013     

Une madmoiZelle a échappé, de très peu, à un viol. Mais aujourd’hui, elle vit dans la peur, et n’ose pas alerter la police. Témoignage.

Il y a quelques jours, j’ai échappé à l’horreur du viol. Je vais vous raconter comment ça s’est passé, et surtout l’après, cette forme de résurrection douloureuse.

C’était une soirée comme j’en ai fait plein : avec un ami, on va dans un club pas top, qui nous a paru super après quelques vodka-Red Bull. On était que tous les deux à se déhancher de façon un peu ridicule sur le dancefloor, avant d’aller reprendre du carburant au bar : jusque-là donc, c’est dangereux que pour la carte bleue (et le foie, un peu). Aux alentours de 4h30-5h, mon pote me dit qu’il préfère rentrer et s’en va. Moi, j’avais déjà entamé une discussion avec un gars, que je ne connaissais absolument pas, mais qui me plaisait. Après un moment, il m’a proposé un after chez des amis à lui, et naturellement j’ai accepté. Je n’ai même pas pensé à prévenir qui que ce soit : j’avais déjà suivi des inconnus sympathiques de nombreuses fois, sans problèmes plus graves qu’une gueule de bois au réveil.

Comme promis, des amis à lui sont là, et comme promis, on va chez l’un d’eux, dans un quartier plutôt chic. Tous les ingrédients d’un bon after sont là : bonne musique, whisky, détente. Ce qui devait arriver arriva : on se retrouve tous les deux dans une chambre, et on commence sincèrement à se « rapprocher ». Mais quelque chose m’a bloquée, et sous l’effet de l’ivresse et de la fatigue, je n’avais plus qu’une envie : être chez moi. Je me suis écartée, et je lui ai expliqué que je me sentais pas super bien, que j’avais besoin de rentrer, sans oublier de le remercier pour l’after. Il a d’abord essayé la manière douce, les câlins, pour me faire rester. Mais merde, je pensais à mon lit, je voulais me tirer, alors je me suis levée. Et là, j’ai vécu l’échange le plus court et le plus terrifiant de ma vie : « Ben où tu vas ? » – « Chez moi. » – « Non. »

Très simplement, très calmement, très fermement. C’est à ce moment-là que tout disparaît autour de moi, pour laisser la froide, sombre, et horrifiante réalité de ce qui allait suivre : ça allait être entre lui et moi. Mais dans cette réalité, y a une voix, tout au fond de ma tête, qui m’a juste donné un ordre : « Ne lui donne rien ».

Le combat a commencé. Une gifle, il se jette sur moi, je me débats, le frappe, le repousse, une deuxième gifle, maintenant il me balance sur le lit. À bout de nerfs, je hurle comme jamais, et lui, en riant à moitié : « Vas-y, crie si tu veux, mais ca servira à rien ». Il n’y avait aucun sens caché dans son humour sinistre. Mon cri a bien alerté un ami à lui, qui a débarqué dans la chambre, figé face au spectacle qu’on offrait : mon agresseur qui me maintenait sur le lit les yeux rieurs, moi en larmes et à moitié déshabillée, à bout de forces. Il nous a dit qu’il sortait faire des courses. Et il est parti. Comme ça. « Je t’avais dit que ça servirait à rien, maintenant arrête tes enfantillages ».

Non, je ne lui donnerai rien. J’ai continué à me battre, mais je m’épuisais face à sa force, alors j’ai voulu jouer la stratégie. J’ai prétendu être mineure, il m’a arraché mon sac pour vérifier ma carte d’identité ; j’ai menti en disant devoir rejoindre des amis qui paniqueraient en ne me voyant pas arriver. Ce à quoi il a répondu, toujours d’un ton amusé, le sadique : « Arrête ! Quand je t’ai trouvée, tu étais toute seule, qui est au courant que tu es ici, hein ? ».

J’avais beau essayer, je n’en pouvais plus : ma rage avait fait place aux larmes, aux supplications, aux tentatives de raisonnement qu’il faisait taire d’un « Mais si, je vais te violer ». À un moment, je ne sais pas pourquoi, il s’est légèrement écarté, alors j’ai couru. Sans aucune lucidité, juste l’instinct de survie et la voix dans ma tête : « Ne lui donne RIEN ». Je me suis enfuie de cette prison glauque, de cet immeuble en apparence banal. Arrivée dans la rue, il m’a menacée par la fenêtre : « T’as deux secondes pour revenir ou je te bute ». J’avais encore la force de lui faire le plus beau des doigts d’honneur avant de m’enfuir à toute jambes. Arrivée chez moi seulement, j’ai respiré, je me suis endormie.

J’ai appelé des gens que j’aimais, je les ai mis au courant, j’étais perdue, et eux aussi. Maintenant, certain-e-s s’accordent à dire que je devrais porter plainte, les autres veulent juste le retrouver et le tuer. Moi je suis là, consciente de la chance que j’ai de m’être enfuie, et complètement désorientée. J’ai peur de la nuit, moi qui ne jurait que par elle ; je ne veux plus plaire aux mecs alors que c’était mon « jeu » préféré ; mais surtout, j’ai honte. On ne le dira jamais assez, je sais : personne, ni moi ni d’autres, ne mérite ça, ne demande ça. Mais, une fois la peur partie, il y a le « Et si ? ». Et si ma robe avait été moins courte ? Et si je ne l’avais pas suivi ? Si je n’avais rien amorcé dans cette chambre, avant de vouloir partir ? Le pire, LE PIRE DE TOUS : « Et si je m’étais laissée faire, il aurait peut-être été plus gentil ? ». Toutes ces questions sont erronées. Cet homme s’est comporté en sadique pervers. Mais je vais être franche. Je vis dans une société où j’entends qu’avoir un plan cul plutôt qu’un petit ami fait de toi une pute, que les coups d’un soir c’est pour les meufs perdues. Je sors dans des rues où les hommes ne voient pas les barrières et se permettent de t’approcher, te draguer, te toucher le bras parfois, sans aucune gêne.

Donc au fond, la question qui me fait peur, ce n’est pas « Et si je l’avais mérité ? », mais plutôt « Et si ce n’était qu’un début ? Et s’il en trouvait d’autres ? Et si d’autres me trouvaient ? ». Là, ca devrait me pousser à porter plainte, à protéger les potentielles futures victimes de ce type. J’ai eu de la chance de m’enfuir, qui sait, s’il ne s’était pas juste un petit peu décalé, j’aurais pu ne jamais partir.

Mais ce qui reste, après des jours, des nuits, c’est la peur. Cet évènement est devenu un film d’horreur que je revois en boucle dans mon esprit. Cet homme est devenu l’incarnation du Mal à mes yeux. Je guette chaque visage dans la rue, le métro, la fac. Je me réveille en sursaut, persuadée de le voir au bout de mon lit, les yeux rieurs, l’air calme et déterminé. Quand je pense à porter plainte, j’imagine tout de suite qu’il me retrouvera ; et là il me fera tout ce qu’il m’a décrit ce jour-là. Porter plainte contre un inconnu qui est devenu ma plus grande peur, qui a fait naître en moi une haine dont je ne soupçonnais pas l’existence, a des allures de piège, voire de suicide. Il faudra sans doute que trouve le bon moment, la bonne personne avec qui y aller, le courage de sortir de chez moi pour le faire. Mais pour l’instant, j’ai arrêté de vivre la nuit. Je me suis imposé un couvre-feu, et j’attends. J’attends. Quoi ? Le courage, enfin, la force, la lucidité, l’oubli de la terreur.

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  1. Lune BleueLune Bleue

    Le 28 janvier 2013 à 23:24

    @lune-bleue (merci de m'avoir expliqué comment mentionner le gens au passage^^)
    De rien :)je me disais bien que ton premier message n'était pas finit. Alors pour répondre :
    Je n'avais pas vu ce post en envoyant mon deuxième message ^^.Je crois vraiment que tu n'étais pas coupable, ni d'être bourrée, ni de ce qui s'est passé après. C'est lui qui ne t'a pas respectée, qui a refusé d'entendre que tu ne voulais pas.
    Et ça me fait un peu halluciner qu'il ait osé t'engueuler pour avoir dit stop aussi vite. Tu n'as pas eu envie de lui foutre un poing dans la gueule ? Je ne dis pas ça pour porter un jugement ni rien, c'est juste que moi, ça m'aurait vraiment énervée je crois, alors que c'était lui qui t'avait forcée et tout…

    J'ai été en colère mais après. Sur le moment, avec l'alcool, tout ça, je n'avais pas les idées suffisamment claires pour bien réagir. Mais après, le lendemain j'ai passé ma journée à repenser à cette soirée avec le fameux "j'aurais du dire/faire ça … " C'est bête mais je manque cruellement de cran (et encore que ça commence à venir) alors quand je suis dans une situation désagréable dans laquelle je devrais m'imposer, j'y arrive pas. C'est toujours après coup que je regrette et que je repense à la façon dont j'aurais dû agir. Enfin je pense qu'on est beaucoup comme ça !
    Oui je connais ça aussi malheureusement… Ruminer après coup parce qu'on aurait mieux fait de dire ça/ pas dire ça/ agir autrement/ ect…Et le fait que ce soit un ami n'empêche pas du tout qu'il y ait viol ! Au contraire ! Je-ne-sais-plus-combien-mais-beaucoup-% de femmes sont violées par leur conjoint ou par des proches, et dans le cas du conjoint, c'est même une circonstance aggravante devant la loi.
    Tant mieux si c'était pas "grave" comme tu dis, mais ça reste traumatisant non ?


    Oui assez. Surtout qu'il a eu des propos assez vexants et diminuants. Une bonne claque dans l'estime de soi (puis il faut dire que je suis très sensible à ce qu'on pense/dit de moi)
    C'est difficile aussi de se pardonner à soi-même de pas avoir agi comme on aurait voulu agir…
    L'impression que ça me donne (et vraiment pardon si je juge trop vite ou ne comprend pas) c'est que tu cherches à minimiser un peu ce qui s'est passé, comme si en les niant les choses pouvaient disparaître.
    Oui non mais c'est tout à fait ça. C'est un truc que je fais très souvent dédramatiser, oublier des situations que je juge désagréables. Je le fais pour tout. J'ai un peu du mal à affronter la réalité quand elle ne me plaît pas. Cette histoire par exemple, j'en ai jamais parlé, je l'ai "oublié" (même si j'y repense très souvent, dans mes rêve parfois aussi) j'ai tout mis dans un coin de ma tête.
    "Oublier" une situation trop douloureuse, c'est un mécanisme de défense qu'on voit assez souvent… Le cerveau se rend compte que là, stop, pas possible, on peut pas affronter ça, et il met en veilleuse… Mais rien ne disparaît, rien n'est réglé, c'est juste en attente. Moi j'ai fait un peu ça pour le divorce de mes parents je crois… Bon d'accord j'étais petite, mais je ne me souviens absolument de RIEN concernant cette époque. Mais j'ai vu une psy après, ça m'a aidé à mieux comprendre d'où venaient des émotions qui sortaient parfois sans trop que je voie pourquoi.
    Mais bon, je ne peux pas savoir hein, je ne suis pas dans ta tête. C'est simplement que j'ai déjà vu des gens nier un évènement de ce type dans l'espoir que si l'on n'en parle pas ce soit comme si rien ne s'était passé. Mais c'est douloureux de refouler ce genre de trucs ou de les garder pour soi. (Encore une fois, désolée si je suis à côté de la plaque)
    Oui, parce que même si on y pense plus, il y a toujours un espèce de mal être qui persiste plus ou moins consciemment
    Oui voilà, c'est ça que je voulais dire. Moi des fois dans ce genre de situation je m'invente des rituels, pour me libérer de ma colère, pour me demander pardon à moi-même, pour reprendre confiance en moi ou juste pour me sentir mieux…
    (Et juste, pour citer, il faut tout écrire en minuscules et mettre des - au lieu des espaces)

    PS: on peut peut-être continuer la conversation en MP pour pas trop polluer le forum ? (Si c'est pas déjà fait ^^)
  2. 3l5a3l5a

    Le 04 mars 2013 à 00:05

    Pour continuer sur le débat démarré par ces derniers posts, à mon avis :

    Un consentement sous la pression n'est pas un consentement.

    Un refus est un refus. Comme on le voit dans certaines manifs : "NO MEANS NO."

    Pour moi, il n'y a même pas à débattre. Si tu le fais sans envie et que tu l'as signifié explicitement, et que le mec insiste, c'est un viol. Un garçon, c'est presque comme une fille, c'est-à-dire que ça a un cerveau, et ça sait quand tu te forces. Comment peut-on croire qu'il ne s'agit pas d'un viol si l'on se sent à ce point sale et coupable après un rapport sexuel?

    Vous n'êtes pas responsables!

    Prenez soin de vous :)
  3. versusversus

    Le 04 mars 2013 à 03:25

    Beaucoup de viols, énormément de viols, la majorité des viols se passent sans coups, sans violence, sans cri.

    Vous connaissez surement la stratégie de la mort simulée dans la nature. L'être humain a cette même stratégie. face à une situation dangereuse, le corps peut se paralyser, et le cerveau sécrète des hormones proche de la morphine afin d'anesthésier la douleur. C'est cela qui fait que beaucoup de victimes se retrouvent incapables de se souvenir de leur agression, ce qu'on appelle l’amnésie post-traumatique.

    Le corps se défonce lui-même pour passer l'épreuve sans encombre. Il n'y a pas de "je suis faible", "je manque de volonté". Comme les dépendances et les réactions aux drogues divergent d'une personne à l'autre, on ne réagit pas tous aux sécrétions de notre propre cerveau.

    Qu'a fait l'auteure de l'article, en rentrant chez elle ? Dormir. La morphine a fait son action après la baisse d'adrénaline.

    Le viol touche à la vie. La réaction face au viol est celle de l'instinct de survie. On ne décide rien. On ne maîtrise rien. On a de la chance ou non. Il n'y a rien au delà de ça.
  4. LionHeartedGirlLionHeartedGirl

    Le 07 mars 2013 à 00:47

    Bonjour,
    Je suis nouvelle sur Mad (enfin, nouvelle en tant que Mad, avant j'étais juste une lectrice assidue), et je ne publie d'habitude pas. Mais là, ce témoignage m'a vraiment touchée, et vos commentaires m'ont vraiment fait réfléchir. Je n'en ai jamais vraiment parlé à personne parce que je ne savais pas comment en parler, quels mots utiliser, quelles explications donner, mais, en lisant vos commentaires, je me suis rendue compte que j'ai sans doute été victime d'un viol (même si le mot me fait peur). Ce n'était pas un viol comme la Mad du témoignage, pas direct, pas de coups, pas de cris. Il y a quelques années, j'étais avec un mec (j'étais mineure, pas lui, j'étais inexpérimentée, pas lui, et il avait l'ascendant sur moi), avec qui j'ai fait ma première fois quelques semaines auparavant (qui s'est très mal passée, il a été presque brutal, inattentif, égoïste…). J'avais, à chaque rapport, toujours aussi mal (je me remettais en question, persuadée que j'avais un problème, que la douleur allait passer, que je n'étais pas normale…). Du coup, un soir, ses avances devenant un peu trop appuyées malgré mon absence de réaction, j'ai refusé, prétextant être vraiment épuisée (ce qui n'était pas totalement faux d'ailleurs), et c'est passé, il a un peu grogné et basta. Le lendemain, j'avais un peu peur d'aller me coucher (il passait la semaine chez moi), parce que je savais que les avances allaient reprendre et je n'en avais pas envie. Ça n'a pas manqué, il a insisté lourdement, ses mains sont devenues carrément baladeuses, du coup je l'ai gentiment repoussé et ai, une fois de plus refusé. Au lieu de me demander s'il y avait un problème, il m'a juste dit "Oh non, tu m'as déjà fait le coup hier soir, ça va hein", il m'a retournée vers lui et a continué ce qu'il était en train de faire, sans tenir compte de mon refus. Je ne sais pas ce qui m'est passé par la tête, j'étais sans doute intimidée, peur d'être anormale, rejetée par la suite, je sais pas, j'étais peut-être trop jeune aussi, mais bref, je me suis laissée faire. J'ai serré les dents, attendu qu'il finisse ce qu'il avait à faire en regardant les minutes passer, et voilà. Les quelques jours qui ont suivi, malgré la douleur, je me suis laissé faire, parce que je me sentais "obligée". Sur le coup, je n'en ai pas pensé grand chose, juste que je devais avoir un problème, que de toute façon, "sortant" avec lui, j'avais comme un devoir de coucher avec lui. Quand j'y repense aujourd'hui, je me dis que j'aurais dû dire non, le mettre à la porte, le quitter. Je me sens un peu sale, sale d'avoir accepté, d'avoir juste serré les dents et de m'être laissée faire, même si c'était douloureux et désagréable, je me sens bête de ne pas avoir réagi, de ne pas m'être rendue compte que le problème venait de lui, pas de moi. Ceci dit, j'ai du mal à le considérer comme un viol, même si je sais que la plupart des viols arrivent dans les couples, et qu'un viol ce n'est pas forcément des cris et des coups, que ça peut être plus insidieux, dans ton lit, avec quelqu'un que tu pensais apprécier.
    Je ne cherche pas votre pitié, je ne me compare pas à la Mad du témoignage ou à toutes celles qui ont été violées par des illustres inconnus. J'avais juste besoin d'en parler à quelqu'un. J'aimerais aussi savoir ce que vous en pensez, parce que ça me trotte dans la tête depuis plusieurs jours du coup, et que j'ai peur de me monter la tête toute seule.
    Bref, c'est un peu long, désolée, mais j'espère que quelqu'un le lira.
  5. versusversus

    Le 07 mars 2013 à 19:11

    MP :)
  6. dmoizelle xdmoizelle x

    Le 21 mai 2013 à 14:47

    A LionHeartedGirl: oui c’est du viol, tu sais tout n’est pas toujours tout noir ou tout blanc, le viol est un actes qui se mut en différentes formes.
    Cela requiert différentes stratégies de la part des auteurs, pour arriver à leur fin. Maintenant je ne dis pas que tous ont réfléchi, pensé leur coup. Beaucoup, comme vous, ne savent pas trop où est la limite, dans quelles mesures ils la franchissent
    J’ai connu des garçons qui pensaient que la fille refuse pour se faire désirer ! Que c’est pour les exister davantage. D’autre n’arrive pas à gérer le désir, le sexe peut être une drogue ! Ou on aussi trop bu ce qui lève pour eux aussi des inhibitions. Ou sont pris par l’effet de groupe dans les pires situations. Et d’autres encore sont près a tous pour ne plus être puceau, ne voyant pas jusqu’où il vous pour correspondre à la norme et pouvoir « s’affirmer en tant que male »
    Là je vous parle des deux extrêmes, alors imaginez la palette de nuance que peut prendre cet acte …
    Quelle que soit la situation, si vous connaissez la personne ou non, il a un moment : avant que les choses se précisent entre vous, c'est-à-dire avant de le suivre seule ou de le laisser vous approcher physiquement…au moment où vous voyez cette petite étincelle dans son regard, quand vous sentez qu’il aimerait aller plus loin…ou il faut essayer de  s’arrêter pour faire le point. Isolez-vous un moment aux toilettes pour être seule,  et si ce n’est pas possible  essayez de vous extraire mentalement de ce qui se passe autour.  Car à ce moment il faut se dire les faits «  bon les choses peuvent déraper et j’ai bu : d’une est ce que j’ai envie d’aller plus loin avec lui et qu’est-ce que je lui fixe comme limites ? (et la limite ça peut être ce que vous voulez !!!Juste des caresses ou « si j’ai mal il doit s’arrêter !» ou les seins ok mais pas touche en bas…une fois votre décision prise vous vous arranger pour lui faire comprendre le message et si il tente de passer la limite vous lui rappelez clairement.  Apres ca si il insiste et que vraiment non vous n’avez pas envie : c’est du viol.
    De Wikipédia : « Dans le droit français, c'est une agression sexuelle impliquant, selon l'article 222-23 du Code pénal, « tout acte de pénétration sexuelle, de quelque nature qu'il soit, commis sur la personne d'autrui par violence, contrainte, menace ou surprise »[sup]4[/sup]. Depuis 1992, la qualité de conjoint est retenue comme circonstance aggravante en cas de violences conjugales, et la jurisprudence reconnaît le viol conjugal.). Dans certains pays comme l'Allemagne et le Canada, des définitions plus larges sont adoptées. Au Canada, l'infraction de viol a été abolie et remplacée par le crime d'agression sexuelle, notamment pour mettre l'accent sur la dimension violente de l'acte et pour inclure toute forme d'attouchement sexuel non consenti. Les Nations unies définissent le viol comme toute forme de relation sexuelle non consentie[sup]5[/sup]. »
    Merci à l’Allemagne et le Canada qui nous rappellent ici qu’il ne  faut pas négligez les agressions sexuelles ainsi que le harcèlement !
    De la même source : « L'agression sexuelle par contrainte psychologique peut être considérée comme un crime fréquent dont la prévention comme la répression connaissent des difficultés dans tous les pays. » Merci Wiki !
    Ce n’est pas un hasard si beaucoup de victimes ne parle pas,  la notion de viol peut paraitre flou parfois, et les conséquences de ce qui ressemble à un aveu peuvent paraitre insurmontables, c’est le blackout et la chacun fais comme il peut par instinct pour gérer. Pour beaucoup  il apparait alors plus simple de ne rien dire, de se renforcer en se disant « j’assume, je le garde pour moi, je peux le faire, je maitrise, je ferai plus attention , j’éviterai ce genre de situations, je ne veux pas voir la tristesse de ce que j’aime, je serai la fille violée si je le dis….Connerie mais logique, mécanisme de défense, efficace pour certaines  car même si on souffre, on a l’impression d’avancer, les jours passe et creuse l’écart avec ce traumatisme. Mais il est toujours là, les années passe et il pourri insinueusement votre vie.  Nous sommes tous différents, nous vivons et gérons les choses différemment, alors impossible de comparer. Mais pour ma part je conseil de vous confier à quelqu’un de confiance qui puisse vous épauler car vous en avez besoin !  Même si n’y a pas moyen de faire machine arrière, de faire payer comme l’on voudrait le coupable. Il faut d’abord penser à sa vie et à celle des autres ! Comme le décrit si bien Versus, le viol est un acte qui engendre des conséquences sur le cerveau de la victime, quand est-il de l’auteur ? Qui dit que ce sera sa première fois ? N’a-t-il pas besoin de soins lui aussi ?
    Allez aux urgences, ils sont formés pour vous accompagner, ils pourront prélever des preuves et vous permettre ainsi d’obtenir justice.
    J’ai parlé avec véhémence et espère n’avoir blessé personne.
  7. ElysElys

    Le 21 février 2014 à 20:07

    Il y a un truc que j'ai du mal à supporter - parmi plein d'autres trucs on est d'accord - ce sont les gens qui fantasment sur le viol, que ce soit ici dans les commentaires, ou ailleurs sur internet, IRL.

    Par fantasme, je parle de s'imaginer se faire violer, savoir qu'on ne veut pas que ça arrive, mais quand même, se l'imaginer et presque en venir à espérer telle ou telle situation risquée.

    Le viol j'y ai eu droit plus d'une fois, le harcèlement sexuel et l'agression sexuelle aussi. Et je suis impressionnée par la réaction de la victime, auteure de ce billet. Presque j'envie cette réaction face au danger.

    Parce que je suis de celles qui crèvent de trouille, deviennent silencieuses, n'obéissent pas pour autant, mais ont… trop peur pour réagir efficacement. Oui, voilà.

    Et contrairement à toi - je m'adresse maintenant à celle qui a fait cet article - je n'ai pas vraiment de "et si", parce que ce n'était pas des inconnus, pas des mecs qui me "plaisaient" (y'en a bien un dont j'étais folle amoureuse), parce que je ne portais ni de jupe longue, ni de robe, ni de jupe courte mais de gros pantalons larges ou une fois, un pyjama, jamais de décolleté, rien d' "attirant", ce qui n'a pas empêché certains de me sauter dessus (je cherche encore la raison, je ne vois toujours pas, sincèrement).

    Donc ne voit pas la taille de ta jupe ou je ne sais quoi comme des raisons de se faire violer, jamais. Personne ne mérite de vivre ça. Et crois-moi, les violeurs n'ont pas tous les mêmes codes "ah celle là elle a l'air fragile" "ah celle là elle a l'air d'avoir envie de se faire…" "ah celle là elle a l'air de pas l'avoir fait depuis longtemps" "ah celle là elle doit etre lesbienne, je vais la rendre hétéro…."

    Des violeurs sur terre, c'est pas ce qui manque et ils sont bien plus nombreux qu'on le croit.

    Je connais le numéro, l'adresse, le nom, le prénom, la couleur préférée, de mon violeur. Je sais où il taffe, je connait ses goûts, je sais qu'il a un meuf (c'est un pervers narcissique, no shit, il les fait fondre, leur brise le coeur quand ils sont au summum de leur relation et récidive, entre deux brisage de coeurs il m'envoie des sms "tu me manques" mwahahahah connard).
    C'est le mec bien sur lui, le mec normal, à qui on donnerait le bon dieu sans confession.

    Mais si un jour je le recroise, je risque bien de me figer à nouveau, car je suis comme ça, moi. Je ferme ma gueule, je baisse les yeux, je ne fais pas d'histoire.

    Toi tu t'es barrée en courant, chapeau.
  8. ElawanElawan

    Le 21 février 2014 à 21:12

    ton récit était poignant et ça m'a touché, et vraiment bravo pour le courage que tu as eu de t'enfuir!
    Non ce n'est pas de la faute de tes fringues, ce n'est pas la faute de l'alcool (même si ça vous a désinhibé), c'est lui le fautif, pas toi.
  9. KimiieKimiie

    Le 02 septembre 2014 à 12:35

    Je suis inscrite depuis très récemment sur Madmoizelle, et c'est la première fois que je poste. J'avoue que je n'ai lu que les deux premières pages des commentaires, parce que je n'ai pour le moment pas le temps de lire les treize, mais que j'ai quand même envie de réagir.

    Ça fait plus d'un an, j'espère de tout coeur que tu t'en remets. Je compatis vraiment et comme d'autres mads j'aurais bien envie de te faire un câlin de soutien moi aussi. Bien sûr je t'admire aussi pour la vivacité et le courage dont tu as fais preuve pour te sortir de là.

    Je ne sais pas si tu as porté plainte, mais à ta place je ne le ferais pas. J'ai bien conscience que ce que je dis peut s'avérer choquant, mais je ne suis vraiment pas certaine que ça te ferait du bien à toi ; ni que ça empêchera la récidive de l'agresseur.
    Qu'on soit bien d'accord, je ne pense certainement pas que tu l'as bien cherché. Déjà parce qu'on ne cherche jamais quelque chose comme ça, et que j'estime qu'on doit pouvoir faire marche arrière à n'importe quel moment ( et ce même si jamais tu avais été nue dans son lit en train de le masturber ) ; ensuite parce que je suis tout à fait du genre à suivre un mec que j'ai rencontré dans la soirée ( et même sans projeter de coucher avec lui ), pourvu qu'il m'inspire confiance et que j'aie encore envie de faire la fête.
    En revanche, la société ne pense majoritairement pas comme ça. Beaucoup de gens ( enfin je dis ça un peu au hasard, il serait plus vrai de dire " pas mal de mes amis " ) considèrent que suivre un mec chez lui en soirée, c'est presque comme signer un contrat implicite pour une relation sexuelle. Enfin j'exagère un peu, si ça m'arrive et que je le raconte à ces amis, ils reconnaîtront bien le viol, mais je sais qu'ils penseront ( j'espère qu'ils s'abstiendront de me le dire ) " mais pourquoi elle y est allée si elle voulait pas coucher ". Je pense que les flics penseront exactement la même chose, et qu'il y a de grandes chances qu'ils ne se privent pas de te le dire. Enfin je sais pas, mais j'ai entendu ( et lu ) tellement de témoignages de filles qui ont été traités comme de la merde en déposant plainte, que ça me parait impossible que tu ne sois pas reçue comme si tu mentais, dans la mesure où tu es allée chez lui de ton plein gré. Après c'est sûr j'imagine bien qu'il y a des flics qui raisonnent comme nous et qui se disent qu'on a le droit de changer d'avis, et même si on a accepté de monter dans sa chambre et de l'embrasser, si d'un coup on dit non et que le mec nous force c'est un viol ; mais à mon avis c'est sans doute pas la majorité. Après c'est sûr que ça donne envie de vomir quand on pense que t'étais sans doute ni sa première ni sa dernière, mais j'ai du mal à croire que ça aboutira à quelque chose si tu portes plainte. J'ai bien peur que ça te fasse plus de mal que de bien.
    Aussi faut peut être pas m'écouter tant que ça, je suis d'un naturel pessimiste ( puis j'ai des idéaux anarchistes aussi, alors les flics, tout ça, c'est moyen mon délire, donc prends pas tout ce que j'ai dit comme vérité hein, c'est que mon avis ).
    Par contre ce serait beau de pouvoir tagguer sur sa baraque un truc du genre " Barre toi ma belle, c'est un violeur ! ". Ou même lui tatouer ce mot sur le front, mais bon là je pars loin.

    Je te fais plein de bisous, et te souhaite bien du courage. ♥
  10. KimiieKimiie

    Le 02 septembre 2014 à 12:50

    Ben du coup en postant mon commentaire ça m'a envoyée sur la treizième page, que j'ai survolé un peu, puis mon oeil a été attiré par le commentaire de @LionHeartedGirl que j'ai lu en entier. Et si, ma pauvre, c'était clairement un viol. D'autant plus que tu étais mineure et lui majeure, mais même sans ça, pour moi c'en est un ( le pire c'est qu'il en a sans doute même pas - ou à peine - conscience ). C'est vraiment odieux le manque de considération qu'il a eu à ton égard. Le coup de dire " ah non ça va tu m'as déjà fait le coup hier soir "… j'ai pas de mot pour décrire à quel point c'est ignoble ! Comme si t'avais l'obligation de le satisfaire sexuellement, comme si il pouvait disposer de toi à sa guise, comme si t'avais pas ton mot à dire, peu importe ton désir. Putain mais c'est pas ça une relation de couple ! Surtout que c'était le tout début de ta vie sexuelle, quelle horreur. C'est normal que t'aies pas sû réagir, je t'en prie tente de ne pas culpabiliser.

    Je t'envoie plein de bisous à toi aussi, vraiment désolée pour toi que tu sois tombée sur un tel goujat ♥.

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