Témoignage : J’ai été toxicomane

Pondu par Une madmoiZelle le 3 septembre 2012     

Voici le témoignage poignant d’une madmoiZelle qui est, peu à peu, tombée dans la toxicomanie.

Je ne suis pas SDF, je n’ai pas non plus de crête, de tatouages ou de piercings, je n’ai pas de rottweiler avec option collier à pics. Je n’ai même pas d’amis drogués. Non, au moment où cette histoire a commencé, je vivais chez mes parents, j’allais à la fac, je sortais avec mes amies après les cours, j’allais au ciné. Bref, j’avais une vie basique d’étudiante.

Comment ça a commencé ? Tout bêtement. Je prenais un morphinique (appelons-le Oxy) pour des douleurs chroniques invalidantes. L’Oxy n’était pas le médicament magique, je supportais mal les nausées, la sensation de ne plus être vraiment sur Terre, à mi-chemin entre la détente absolue et l’angoisse, les démangeaisons partout et l’hyperacousie. La douleur ne disparaissait pas complètement, mais ça me permettait de dormir quelques heures. Me connaissant assez bien (j’ai à mon actif des troubles du sommeil, des TCA, et plusieurs tentatives de suicide étant ado), je me suis tout de suite fixé des limites. J’en prendrai le moins possible, et surtout pas pour réussir à m’endormir les soirs d’insomnies.

Loupé. J’aurai quand même tenu un an avant que ma consommation ne dérive.

Quand ça a commencé…

Ça s’est passé un soir, peu de temps après la rentrée. C’était un moment particulièrement difficile où les douleurs m’handicapaient au plus haut point – la rentrée, le mauvais temps… Je devais faire face aux réflexions désagréables de mes parents à propos de mes absences répétées à la fac, alors que je m’en voulais déjà énormément d’être bloquée chez moi. Les transports en commun m’épuisaient, je ne tenais pas assise en cours, je n’avais plus la force de rentrer chez moi à la fin de la journée.

Et puis un soir, je ne sais plus pourquoi, je crois que je me suis engueulée avec mes parents. C’était une dispute sans importance, mais ça a été la goutte d’eau qui a fait déborder le vase. Quelques années auparavant, j’aurais pris une lame de rasoir, je me serais scarifiée, ou pire, j’aurais avalé une dose inimaginable de médicaments. Mais j’avais changé, je ne voulais plus faire de mal aux autres, je voulais juste aller mieux. Je me suis dit : « Tiens, si je prenais de l’Oxy, là? Je pourrais m’endormir, et demain je repartirai sur de meilleures bases« . Ça n’aurait pas eu autant de conséquences si je m’étais arrêtée là. Mais je me suis rappelée une conversation avec une amie à propos de sniffer… et quelques minutes de réflexion plus tard, je me retrouvais en train d’ouvrir ma première gélule.

La dépendance est insidieuse, elle vient discrètement, alors que vous ne vous en rendez pas compte. Elle vous fait croire que si vous prenez davantage de produit, c’est juste parce que vous en avez envie, que vous l’avez choisi. Mais c’est elle, derrière vous, qui tient les rênes.

La première semaine, j’en ai pris tous les soirs, pour m’endormir. Je n’avais rien trouvé d’aussi efficace, je me sentais mieux en 3 petites minutes, court moment que j’avais l’habitude d’occuper en jouant de la musique. Et puis je me couchais. Les nausées me gênaient moins, mieux encore : elles m’empêchaient de fumer et je trouvais ça positif. L’hyperacousie était mon « symptôme » préféré : au moment où le son résonnait dans ma tête, je savais que le médicament avait agi.

Il faut savoir que j’avais tellement fait attention, pendant un an, à ne pas en prendre trop souvent, qu’il me restait des doses considérables d’Oxy.

Quand tout devient compliqué

Je ne me rappelle pas comment je suis arrivée à en prendre 8 fois par jour. C’est arrivé très vite. Je crois que tout s’est accéléré quand je suis partie avec d’autres étudiants en voyage, pour des conférences. Je voulais pouvoir assister à tout, sans être handicapée par mes douleurs. J’avais réussi à m’en faire represcrire, en mentant à propos des doses, pour que je puisse tenir plusieurs semaines avec. J’étais donc partie avec de belles provisions.

Certaines de mes amies étaient au courant, il m’est même arrivé de sniffer devant elles. Et même les fois où je me cachais, elles comprenaient. Une fois, en pleine conférence, j’ai pretexté vouloir fumer une cigarette et je suis partie. Je suis évidemment allée aux toilettes prendre ma dose, et en sortant, une de mes amies m’attendait devant la porte. Je savais que ça n’était pas vraiment normal, mais je ne me sentais pas toxico. J’étais encore au moment où on se sent fort, et où on a l’impression de tout gérer. J’étais presque fière de moi, mais au fond, je crois que je commençais à avoir un peu honte.

Témoignage : Jai été toxicomane pills

Ironie du sort, la dernière conférence à laquelle j’ai assistée parlait des drogues. À la fin, et grâce au soutien de cette même amie, je suis allée parler à la psychiatre qui l’animait la conférence. Ça a été le premier pas vers la prise en charge.

Avec le recul, j’étais déjà bien accro. Je ressentais le manque dès mon réveil, au point d’en avoir des nausées jusqu’à ma première prise. Et surtout, l’effet antalgique avant presque complètement disparu.

Merde, je suis dépendante.

Au retour, j’ai commencé à me rendre compte que ça n’allait pas. Je n’ai pas beaucoup de souvenirs de cette période, mais je sais qu’en allant à la fac, parfois, j’avais pris des doses tellement importantes que j’avais du mal à respirer. J’attendais les pauses entre les cours pour ne pas être en manque.

Le pire a été quand je me suis rendue compte que mes réserves d’Oxy s’épuisaient. Quand je n’en ai plus eu, j’ai réalisé que je ne pouvais pas m’en passer. J’ai essayé de sniffer d’autres médicaments que j’avais chez moi, mais ça ne fonctionnait pas : je vomissais, j’angoissais. J’ai alterné entre les moments de sevrage auto-imposé, et ceux où je craquais. Je me mettais à chercher dans ma maison, dans mes sacs, armoires, la moindre petite gélule qui m’aurait échappé. Je suis retombée plusieurs fois sur des plaquettes entières et à chaque fois, la consommation a repris de plus belle. Entre-temps j’essayais de m’en sortir, je jetais même des boîtes encore pleines en prenant la décision d’arrêter définitivement, ou je m’obligeais à venir à la fac sans Oxy. Mais ça ne fonctionnait pas, et j’étais épuisée de lutter contre l’addiction, alors un jour j’en ai eu marre, et j’ai demandé à mon psy une hospitalisation en addictologie.

Le sevrage

Je crois que je suis rentrée à l’hôpital un jeudi.

Je n’ai pas eu un bon feeling avec le chef de service. Je voulais partir, il me disait que la porte était grande ouverte. J’avais besoin qu’on me motive, qu’on me dise « Vous pouvez le faire, c’est difficile mais ce serait dommage d’arrêter maintenant« . Je n’ai rien eu de tout ça. Avec le recul je pense qu’ils veulent que l’on choisisse seul d’entrer en désintox, et que l’on assume notre choix. J’ai failli partir plusieurs fois, mais je suis restée.

Je connaissais déjà les symptômes du manque : la sensation de froid, partout, les nausées, les maux de ventre, les maux de dos, l’angoisse, les crises de larmes, l’insomnie. Et le craving, ce moment où l’on ferait tout pour consommer. Pour avoir une seule petite gélule. Ces moments de fantasme où je rêvais de ressentir la poudre dans mon nez, la brûlure dans l’arrière-gorge, l’hyperacousie caractéristique et le calme absolu, la chaleur orgasmique, la plénitude que m’offraient l’Oxy. J’étais en transe pendant ces quelques minutes de rêve, puis je me rendais compte que ça n’était pas réel, et je finissais en pleurs, couchée dans mon lit d’hôpital, frappant le matelas de toutes mes forces en me retenant de sangloter.

Je n’ai pas mangé pendant une semaine, j’ai occupé mon temps en regardant des épisodes de Dexter, qu’un ami me passait sur clé USB à travers la grille du petit jardin. J’ai beaucoup pleuré, j’ai écouté et joué de la musique.

Il faisait très froid dehors (ou était-ce le manque ?) mais je passais beaucoup de mon temps à fumer. J’ai rencontré un copain de galère là-bas, un Syrien en sevrage alcoolique. Malgré la barrière de la langue, on a beaucoup discuté : on comparait la vie en France avec celle en Syrie. On parlait musique, amour, société. Il m’apprenait des mots en arabe et moi en français, et le temps passait un peu plus vite.

À la fin de la semaine, on m’a proposée de passer le week-end chez moi puis de revenir, pour un ou deux jours, de manière à vérifier que je n’avais rien repris. Je suis rentrée et j’ai tout de suite recommencé. Quelques jours plus tard, je n’avais plus de réserves. J’ai cherché partout, pendant plusieurs jours, puis je me suis fait une raison. J’ai continué à fouiller de temps en temps, puis de moins en moins souvent. Aujourd’hui je ne cherche plus, mais quand j’aperçois un comprimé qui ressemble à l’Oxy, je ressens une drôle de sensation. Un mélange d’envie, de dégoût et d’angoisse.

Pendant mon hospitalisation, le personnel soignant a essayé, inlassablement, de me convaincre que j’étais toxico. Je n’acceptais pas ce terme. Je crois que c’est aujourd’hui, après avoir écrit tout ça, que je le reconnais.

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  1. Adawen.Adawen.

    Le 03 septembre 2012 à 18:11

    Posted by Myriam H.
    Dans l'article, il est bien écrit : "Je prenais un morphinique (appelons-le Oxy)", donc ça ne doit pas être le vrai nom du médicament !

    C'est un raccourci du nom officiel, c'est pour ça que je me permettais de faire la remarque ;)
  2. ТоскаТоска

    Le 03 septembre 2012 à 19:10

    J'ai jamais eu de problèmes de toxicomanie en tant que telle, mais pu éprouver le soulagement presque orgasmique que peut apporter une substance, et à quel point c'est finalement pas si difficile de "glisser".
    A un moment où j'avais d'énormes problèmes d'endormissement (je mettais des heures et des heures à,m'endormir, pour diverses raisons), mon psychiatre m'a prescrit un somnifère. Je le prenais juste avant d'aller me coucher, puis j'allais me coucher immédiatement, comme l'usage le veut. Mais un soir, par accident, j'ai découvert des effets cachés et très agréables de ce somnifère. Tout bêtement, j'ai pris le somnifère, mais je sais plus trop pourquoi, je me suis pas couchée immédiatement, je trifouillais un truc sur l'ordinateur. Et là, au bout de 10-15 min, j'ai découvert les effets de ce médicament si on reste éveillé. Effets qui se sont avérés très agréables pour moi. A partir de ce moment-là plus ou moins, j'ai repris ce somnifère pendant diverses périodes limitées où mes problèmes de sommeil étaient recrudescents, et ayant découvert ces effets cachés que j'adorais du somnifère, je ne l'ai plus jamais pris "normalement". J'allais plus me coucher directement après l'avoir pris. Je restais debout 1h ou 2 pour profiter des effets, je me laissais envelopper par le bien-être et la libération qu'ils me procuraient, c'était génial. Dans la journée, je savais que le soir j'allais prendre ce merveilleux médicament, ça me réjouissait, c'était mon bonheur de la journée, ça m'aidait à tenir mentalement, j'attendais ce moment où j'allais le prendre avec grande impatience.
    C'est là que j'ai commencé à flipper. Je suis de nature anxieuse, et je me sens pas du tout à l'abri de l'addiction, je pense au contraire que j'ai le profil type de la personnalité addictive, et je suis assez renseignée sur le sujet, donc je me surveille, je surveille toutes mes consommations et j'ai tendance à vite flipper si je sens que je commence à aimer une substance. De plus, mon psychiatre est aussi super précautionneux et fait très attention à l'addictivité des médocs qu'il me prescrit, donc j'en ai eu que pour une durée limitée. Je m'étais déjà forcée à ne pas en prendre en journée, que le soir, et juste un, parfois 2 dans de très rares cas (où je culpabilisais à mort après). Et quand j'ai fini mon stock, j'avais pleinement conscience que j'aimais beaucoup trop ce médicament, et je me suis dit stop. J'aurais pu aller voir mon généraliste pour en avoir, mais non, non, non.
    Et aujourd'hui encore, ça fait plusieurs années maintenant, mais ça me manque. Psychologiquement. L'idée d'avoir ce moment de """plaisir""" tous les soirs, le réconfort que cette idée m'apportait et à quel point elle m'aidait à tenir. J'ai comme une nostalgie permanente de ce médicament. J'y pense pas H24, mais régulièrement, oui. Et si on m'en proposait un comprimé, je sais que je le prendrais avec plaisir.

    Après, ça m'a intriguée, j'ai fait des recherches parce que je pensais être la seule à utiliser ce médicament comme ça, avec ces effets-là, et en fait non. Je me suis rendue compte qu'il y a une énorme toxicomanie avec ce médoc, je suis tombée sur un forum avec des gens qui consommaient plusieurs BOITES par jour, et là ça m'a vraiment faite flipper. Heureusement que mon naturel flippé et angoissé m'a protégée et tout parce que j'aurais aussi bien pu tomber dans cet enfer…
  3. CyaneaCyanea

    Le 03 septembre 2012 à 19:34

    Posted by Myriam H.
    Dans l'article, il est bien écrit : "Je prenais un morphinique (appelons-le Oxy)", donc ça ne doit pas être le vrai nom du médicament !


    C'est un abrégé du médicament, mais ça permet de savoir très facilement c'est lequel…


    Posted by Michelle Rocard
    J'ai jamais eu de problèmes de toxicomanie en tant que telle, mais pu éprouver le soulagement presque orgasmique que peut apporter une substance, et à quel point c'est finalement pas si difficile de "glisser".
    A un moment où j'avais d'énormes problèmes d'endormissement (je mettais des heures et des heures à,m'endormir, pour diverses raisons), mon psychiatre m'a prescrit un somnifère. Je le prenais juste avant d'aller me coucher, puis j'allais me coucher immédiatement, comme l'usage le veut. Mais un soir, par accident, j'ai découvert des effets cachés et très agréables de ce somnifère. Tout bêtement, j'ai pris le somnifère, mais je sais plus trop pourquoi, je me suis pas couchée immédiatement, je trifouillais un truc sur l'ordinateur.

    Ca me fait penser à quelque chose dont j'ai vraiment peur. Je lutte pour dormir depuis plus de 10 ans. Mon médecin m'a toujours dit qu'il refuserait de me donner des somnifères, pour éviter que je devienne dépendante. J'en prends très occasionnellement, mais des molécules pas très puissantes, à des dosages faibles. Ca me fait vraiment du bien d'avoir une nuit entière de sommeil, mais je ne tiens vraiment pas à être dépendante de tout ça. Et puis ce serait vraiment un comble vu les études que je fais :yawn:
  4. MirmotteMirmotte

    Le 03 septembre 2012 à 19:55

    Posted by Adawen.
    Dommage que le début de l'article ne soit qu'une liste de clichés…


    Je sais pas si on peut réellement parler de la vie de quelqu'un en disant qu'elle est "clichée"… :shifty:
  5. AkelaAkela

    Le 03 septembre 2012 à 20:37

    Posted by Obsessionnelle
    J'ai bien aimé l'article, intéressant, fluide mais il y a un petit truc qui m'a embêté même si ce n'est qu'un détail.
    La scarification est un art, une modification corporelle au même titre que les tatouages ou les piercings. Ici la madmoizelle parle d'auto-mutilations si j'ai bien compris, donc le terme de scarification n'est pas approprié.

    Voilà voilà c'était ma minute relou désolée :shifty:

    Je souhaite beaucoup de courage à l'auteure, j'espère qu'elle s'en sortira vite :fleurs:

    Oui, merci de le préciser ! Auto-mutilation et scarification, ça n'a rien à voir !
  6. Adawen.Adawen.

    Le 03 septembre 2012 à 20:46

    Posted by Mirmotte
    Je sais pas si on peut réellement parler de la vie de quelqu'un en disant qu'elle est "clichée"… :shifty:

    Je ne suis pas SDF, je n’ai pas non plus de crête, de tatouages ou de piercings, je n’ai pas de rottweiler avec option collier à pics.
    Quand je parlais de cliché, je parlais de cette situation, pas du tout de la vie de l'auteure.
  7. ТоскаТоска

    Le 03 septembre 2012 à 20:46

    Posted by Cyanea
    Ca me fait penser à quelque chose dont j'ai vraiment peur. Je lutte pour dormir depuis plus de 10 ans. Mon médecin m'a toujours dit qu'il refuserait de me donner des somnifères, pour éviter que je devienne dépendante. J'en prends très occasionnellement, mais des molécules pas très puissantes, à des dosages faibles. Ca me fait vraiment du bien d'avoir une nuit entière de sommeil, mais je ne tiens vraiment pas à être dépendante de tout ça. Et puis ce serait vraiment un comble vu les études que je fais :yawn:


    Si tu les prends pour leur usage initial (ie, dormir), sporadiquement et de manière pas sauvage (avec le suivi d'un médecin), ça devrait aller. ;)
  8. AzebanAzeban

    Le 04 septembre 2012 à 11:59

    Posted by Adawen.
    Quand je parlais de cliché, je parlais de cette situation, pas du tout de la vie de l'auteure.


    Je pense que c'est plus pour dire "ce cliché est faux", en fait.
    Pour dire "les toxicos, c'est pas forcément des marginaux, c'est aussi potentiellement ta voisine d'amphi".
    Enfin, moi je le comprenais comme ça.
  9. MiteenaMiteena

    Le 04 septembre 2012 à 12:23

    Posted by Obsessionnelle
    J'ai bien aimé l'article, intéressant, fluide mais il y a un petit truc qui m'a embêté même si ce n'est qu'un détail.
    La scarification est un art, une modification corporelle au même titre que les tatouages ou les piercings. Ici la madmoizelle parle d'auto-mutilations si j'ai bien compris, donc le terme de scarification n'est pas approprié.



    Moi je ne savais pas, merci :hello:

    Témoignage hyper intéressant, pour rappeller que tout un chacun peut tomber dans la toxico.. Merci et courage à l'auteure ! :hugs:
  10. crystalshcrystalsh

    Le 08 septembre 2012 à 00:08

    Comme @Adawen. le dėbut de l'article m'ėxaspère. Mais bon… Bon courage a elle. :fleurs:

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