Rupture : la typologie (non-exhaustive)

Je te donne 5 secondes pour te rappeler une de tes ruptures. (Sans pleurer ni serrer les genoux) (cinq secondes plus tard) … Je suis sûre que tu n’as pas eu de peine à trouver. Et tu sais pourquoi ? Parce que que la rupture est à la fille ce que le démaquillant est au […]

Rupture : la typologie (non-exhaustive)

Je te donne 5 secondes pour te rappeler une de tes ruptures. (Sans pleurer ni serrer les genoux)
(cinq secondes plus tard)
… Je suis sûre que tu n’as pas eu de peine à trouver. Et tu sais pourquoi ? Parce que que la rupture est à la fille ce que le démaquillant est au coton, indissociable. On a beau essayer de se blinder, aller de l’avant, le tout sans pleurer une seule larme même d’eau douce, les souvenirs sont là…
Eh bien puisqu’ils sont là, utilisons-les pour dresser une liste non exhaustive des principaux types de ruptures. Pourquoi ? Déjà parce que « sous les larmes le rire », ça aidera les fraîchement plaquées à relativiser, et aussi parce qu’il faut prévenir les suivantes, afin qu’elles se méfiassent…

« Je te quitte ». A cette annonce, il ne s’énerve pas, tourne la tête vers le placard d’entrée, où sont rangées les affaires de voyage. Un sac de couchage, le bleu, et une petite besace, voilà tout ce qu’il emmènera.

Analyse des faits :
« Je te quitte », cette phrase que sa douce pense asséner comme un coup de schlass, cette toute petite phrase il l’attend depuis des mois, des années peut-être. Monsieur en a marre des dimanches avec Colette la belle doche et ses bougies chauffe plat, marre des vacances à la même date, à la même place, avec les mêmes sandwiches pâté à l’aller et fougasse au retour.

Trop propre pour être honnête ?
Un élément doit nous marquer : le sac de couchage. Celui ou celle qui vient de se prendre un coup de massue chercherait plutôt à comprendre, à recoller, dirait la voix tremblante « mais comment en est-on arrivé là ? ». Lui ne veut qu’une chose, se casser, disparaître au plus vite de cette atmosphère étouffante.

Mais qu’a-t-il en tête ?
L’opprimé (c’est celui qui se casse sans demander son reste) rêve d’ailleurs et d’autre chose. Il va se voir changer de métier, devenir inspecteur de police, pompier, reprendre ses cours d’italien, et aller en boîte, vivre quoi. Et puis surtout, il se voit bien rejoindre la « nouvelle version », beaucoup plus bonne, beaucoup moins persiflante* et qui elle au moins, supporte son rire.

*ce mot n’existerait pas, selon un certain Robert.

Et elle, la lâcheuse ?
Elle qui pensait briser le cœur de son mec reste là, pétrifiée. Elle s’en fout, il va revenir, la supplier, de toutes les façons il n’a pas le choix, puisqu’il n’a même pas pris sa brosse à dent. Au bout d’une nuit, elle réalise que des brosses à dents y’en a plein les rayons des Inter, tout comme des meufs qui aiment l’aventure. Zut.
Appels. Messages vocaux. Sms
Suppliques (+ roulage par terre)
Dernières larmes, un peu de chantage.
Ils resteront amis, mais pas de trop près. Ca pue la rancune à plein nez. C’est ce que je disais, c’était trop propre pour être honnête.

« J’te quitte ». (au téléphone, car elle connaît l’animal et ses coups de sang). Manque de pot il décrète qu’il arrive, qu’il est plus très loin, qu’on « va voir si tu me quittes ».
Les pneus crissent autant qu’elle tremble, et quand il s’approche d’elle, pour un bras elle reviendrait en arrière et retirerait ses paroles. (Elle n’avait jamais remarqué qu’il avait un œil qui se fermait sous le coup de la colère).

Rupture de fou ?
Plus exactement rupture « avec » un fou, qui transforme tout ce qu’il touche en situation burlesco-tragique. Ce qui va se passer, elle le sait. Les gens vont s’arrêter, dire « ça va mademoiselle ? » alors qu’elle a pleuré une flaque de larmes en pleine rue. Il criera, pointera du doigt, postillonnera, d’autant plus quand elle évoquera l’expression « main courante », qui –il le sait-, n’a rien à voir avec la rampe d’un escalier.

Après tout ce qu’on a vécu ?
Avec ce qu’on est en train de vivre !
Tu me déçois, t’es vraiment pas digne de confiance, moi qui croyais en toi
Parce que je te quitte ?
Tu aurais été la mère de mes enfants, tu sais. Maintenant c’est trop tard, tes mots n’y pourront rien changer. Tu vas ramer pour me récupérer.

… Et le pire, c’est qu’il a peut-être raison.

Qu’a-t-elle en tête ?
A la base, son idée était bien de le quitter. Mais le fou est souvent doublé d’un embrouilleur, qui lui permet de négocier jusqu’au prix d’achat sans marge, de ramener des habits même portés au magasin, bref de tout tourner à son avantage quoi.
Et alors, qu’est ce qui va se passer ?
Elle va revenir, galérer comme prévu, à moins d’avoir déjà connu un fou et d’envoyer celui-ci dans ses pénates rapido subito.

Alors, c’est-y-pas une belle rupture de fou ça ?

« J’te quitte ». Dans n’importe quel film, la fille dit ça, droite comme un i, dit « désolé Billy », dit « Au revoir », pince la bouche et tourne les talons. Manque de pot on ne s’appelle pas Sarah [Sè’wah] mais Jocelyne [Jocelyne], et notre Billy a la larme facile. On ira jusqu’à l’étape ‘tourner les talons’, prête à passer la porte. On ira jusqu’à souffler en pensant au Balisto qu’il nous reste dans le sac, quand tout à coup…

Prise ratée ?
Un grand râle entre le rire de Louis XIV et le cri du chat qui veut faire pipi se fait entendre, venant de derrière. Jocelyne se dit « eh meeerde » et hésite à se tirer l’air de rien, mais l’autre la connaît : il redouble de reniflements encombrés par la peine.

Le (mauvais) scénario qui va se jouer
– «Pourquouâââh », lâchera notre mi-homme mi-mollette la bouche déformée.
S’il veut être bien certain que Joss soit dégoûtée de lui à vie, il poussera jusqu’à s’accrocher à sa jupe, afin qu’elle le traîne dans la boue [litt.]

Conclusion : quand on sent qu’on va se faire quitter, mieux vaut se faire une croix sur la main. Elle signifiera « penser à garder un tout petit peu de dignité »…

« Jte quitte »
« Mais comment on va faire pour le bail ? »
Sous ses airs comptables, cette personne souffre. Mais avec une telle personnalité de merde un pareil caractère de cochon, jamais il ne l’avouera. C’est sa mère qui le dit « mon enfant est fier, jamais personne ne lui a fait baisser les yeux ». Sauf que la mère est une grosse loque et le dit enfant un gros tas de fainéantise dans une enveloppe charnelle.
Quand ça se finira ?
Quand on arrêtera de tomber du 8ème à chacun de ses emails qui sont même pas polis.

J’ai fait le compte, on est restés ensembles 3 ans, avec une moyenne d’une invitation par semaine tu me dois 3450 euros de restaurant. Pour les frais d’essence, j’ai arrondi aux frais réels, c’est à dire 35 kms par weeks end pour venir te voir pendant un an, avant qu’on ne s’installe ensemble, ce qui fait (j’ai lissé l’inflation du baril sur la période) 4590 euros. Quant à tes vêtements, je te les envoie par colis mais demande le paiement du collissimo anticipée. Le carton fait 4,8 kilos, soit 34 euros de FDP. Je me rappelle t’avoir avancé de l’argent pour ta pilule 4 fois, soit 20, 32 euros. Pour finir, tu me dois 64 euros d’accessoires sexy, parce que bon, si t’avais pas été là ça me serait jamais venu à l’idée d’acheter ça.

Il concluera comme s’il avait un travail avec un froid »Cordialement », et ajoutera en guise de signature :
« celui qui t’a ruiné une partie de ta jeunesse », comme tu l’as si bien dit à maman qui pleure depuis. Merci.

Nota bene : mieux vaut lire ça que d’être aveugle.

« J’te quitte ». On commence à connaître la chanson. Sauf que cette fois, celle qui le dit a déjà foiré son mascara + elle est accrochée dans les bras de celui qui est sensé se faire larguer. Généralement, c’est suivi par un « Mais je t’aimerai toujours ». De quoi en perdre son latin.

Rupture ouverte =
Va savoir pourquoi, des fois se faire jeter ça force le sesk appeal. Le grand Joe Dassin le disait déjà, « (…) à demain qui vient toujours un peu trop vite euh, aux adieux qui quelque fois se passent un peu trop bien ». Le soir même, le quitté verra sa cote grimper. Et vas-y que je t’envoie des sms, et vas-y que je minaude quand tu me rappelles, « j’ai pas compris ton dernier message, je voudrais que tu me dises ça de vive voix ». BEN VOYONS.

Les ruptures ouvertes, est-ce bien utile ?
Oui, si on a envie de passer une année à se remettre à la colle avec son ex, qu’on appellera toujours « ex » devant ses copines, pour faire un peu genre. En fait, trouver un nouveau mec c’est dur, c’est pour ça qu’on lorgne toujours un peu sur lui. La facilité quoi. Mais bon, c’est la crise tout ça, alors un garçon facile c’est pas de refus. Ou bien ?

« J’te quitte, ça peut plus durer ». (J’ai rajouté « ça peut plus durer » pour mettre en exergue la détermination du quittant. C’est bien non ?).
Pas de scène particulière, puisque le quitté bâtard est un vulgus pecum, un citoyen lambda quoi, (sauf en bâtard). On peut donc faire un mix des ruptures en piochant les moments qu’on a préféré. Ce qui est intéressant, c’est l’attitude post rupture du bâtard, dont voici quelques attitudes types.

Le bâtard, le bâtard et ses mille couleurs*

Qu’il soit triste ou con, ici le quitté a le cœur empli de morne rancune. Ile ne pleure pas mais se venge comme faire se peut et c’est bien connu, les gens bêtes sont souvent méchants. Exemples pris ça et là :

*sur l’air d’Apollinaire, »le Rhin, le Rhin et ses mille couleurs »

N°1 :
Salut ma chérie, (c’est un mot dans la boîte aux lettres)
Ci-joint une copie de mails entre moi et ta sœur, datant de quand on était ensemble, j’ai mis du temps à retrouver cette vieillerie.
: deux pages de mails où elle explique très clairement que s’il était dispo, elle en ferait un sexe en pâte. (comme le coq sauf en sexe).

N°2 : (6 mois plus tard)
Salut ma doucette,
Je profite de passer dans ton quartier pour te déposer les PV que tu as eu quand je te surveillais au moment de notre rupture, bon évidemment ils sont majorés puisque je te les ramène un peu tard.

N°3 :
Je voulais te rendre tes photos, peut-être que ça te servira quand tu fais la pute sur meetic. Y’en a des vraiment hard, coquine !

N°4 : ouuuuups, tes parents étaient en copie, désolé !! (là pas, sinon ça ferait pas crédible tu comprends).

Alors, bâtard ou pas bâtard ?

TBC

Peut-être as tu des ruptures non classées ici, n’hésite pas. (Si c’est pour dire que ton ex est devenu ton meilleur ami, pense à celles qui galèrent).

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Voici le dernier commentaire en date :

  • QueenOfHearts
    QueenOfHearts, Le 15 août 2009 à 0h06

    Je suis toujours en train de la vivre....

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