J’ai testé pour vous… être prof stagiaire

Professeur, un métier qui fait rêver, qui inquiète, qui est l'objet de beaucoup de critiques, aussi. Voici le témoignage d'une madmoiZelle qui a passé un an en tant que prof stagiaire dans un lycée !

J’ai testé pour vous… être prof stagiaire

Il y a des métiers qui font rêver quand on est petite. Parmi eux, prof. Moi le virus m’a prise très jeune (quelque part entre 5 et 7 ans) et après quelques hésitations, c’est l’histoire-géographie que j’ai décidé d’enseigner.

Après une licence d’histoire et un Master 1 en recherche, je me suis lancée dans la nouvelle formule du gouvernement « la mastérisation », soit un master en Enseignement, spécialité « Histoire-géographie ». J’ai fait partie des chanceux-ses qui ont eu leur CAPES du premier coup, en même temps que leur master 2 Enseignement. Pour l’année 2011-2012, j’ai donc eu la joie de devenir « professeur stagiaire ». Un bébé-prof en somme qui a droit à un « poste-berceau » (tu les vois déjà le hochet et la tétine hein) et, en principe, à un tuteur.

J’ai donc attendu patiemment tout l’été 2011 pour savoir où je serai mutée. Le couperet est tombé le 18 août. J’avais deux semaines avant la rentrée pour trouver un logement et organiser mon déménagement à 250km de Montpellier où j’habitais. Passé le traumatisme de quitter une ville cosmopolite et dynamique pour un bled perdu, il faut quand même avouer que j’ai eu pas mal de chance.

Lucky me !

Chance n°1 : Mon lycée m’attendait. C’est pas rien sachant que certains de mes collègues bébé-profs étaient propulsés dans des endroits où ils n’étaient pas « prévus » avec, pour conséquence principale, des gens qui les découvraient à la pré-rentrée en se demandant ce qu’ils foutaient là.

Chance n°2 (conséquence de la première) : Mes collègues m’attendaient et j’avais un tuteur attitré rien que pour moi. Le tuteur, c’est une espèce de grand Manitou auprès de qui tu vas chercher toutes les réponses et du réconfort aussi les jours où franchement « ils-font-tous-chier-******** » (propos censurés par l’auteure elle-même). Certains de mes amis n’en ayant pas et ne pouvant compter que sur eux-mêmes, vous comprenez ma chance.

Chance n°3 : Mon tuteur était top. Parce qu’en plus d’être balancé dans un lycée où on ne veut pas de toi, avoir des collègues qui s’en battent la rate de tes problèmes, tu peux aussi tomber sur un tuteur nul. Le mien n’a pas rechigné à m’écouter au téléphone à 9h du soir, à lire mes nombreux mails et à vérifier la plupart de mes contrôles (ma peur panique : que mes contrôles soient infaisables). Donc super tuteur. Et supers collègues qui m’ont tous filé un coup de main : apprentissage de la machine à café, domptage de la photocopieuse, refilage de bouquins, bonnes blagues pour déstresser et déculpabiliser… Des gens top.

Chance n°4 (et la dernière hein) : Le lycée m’attendant, mes collègues étant au top, ils m’ont fait un sympathique emploi du temps avec seulement 2 niveaux (des classes de seconde et une de première) pour éviter que je sois débordée dans mes cours. Et oui, la préparation de cours prend du temps…

Liberté encadrée et week-ends sacrifiés

Voilà pour mes chances, vous comprenez donc que je suis dans un fauteuil pour aborder cette année. Néanmoins, qualités premières pour être un prof : être sérieux et travailleur. Le premier mois, j’ai bossé facilement 70h par semaine en n’en passant que 18 devant les élèves. Ensuite, mes week-ends ont souvent été sacrifiés, ainsi qu’une partie des vacances. Élaborer des cours ne vient pas comme ça et on ne vous apprend pas vraiment à les faire parce qu’au final, c’est assez personnel. C’est ce qu’on appelle « la liberté pédagogique ». Pour les « anciens », ça leur permet de justifier pas mal leurs leçons, pour les « bébés », ça met juste une pression de dingue. Comme si on vous lâchait dans un champ en disant « Là ce sont les limites, maintenant tu fais ce que tu veux mais te trompe pas ». C’est dur.

On a quand même des formations de bébés-profs (qui peuvent signifier remonter pour une journée sur Montpellier, soit 5h de route dans la journée avec un départ à 5h30 le matin pour être là-bas à 9h, ô joie). Sauf qu’on apprend rapidement à amener ses copies dans son cartable « au cas où ». Si jamais la formation n’est pas adaptée, nulle ou répétitive, on a au moins l’impression de ne pas avoir perdu sa journée, mais certaines sont quand même bien utiles ! Et c’est dans ces journées qu’on apprend aussi que des profs entre eux ça parle… boulot. Comme dans toutes les conventions je suppose.

Les élèves qu’on peut aider… et les autres

Mais parlons du cœur du métier, ce qui fait pourquoi on le choisit : les élèves. Ces bouts de choux qui au lycée me dépassaient tous, ont fait mes joies et mes peines pendant un an. Ils nous surprennent par des réponses…. inattendues. Ils nous font rire. Ils nous font peur quand il faut gérer leurs vies personnelles qu’ils ne laissent JAMAIS à la porte de la classe. Ils nous réjouissent quand ils surmontent les difficultés basiques. Ils nous déçoivent aussi. Et j’ai dû apprendre une leçon complexe : non, on ne va pas tous réussir à les aider et parfois on aura mal au cœur de voir des élèves essayer et essayer encore sans jamais pouvoir arriver à décrocher la moyenne. En jetant un coup d’œil, j’aurais fait les choses différemment avec certains d’entre eux mais à cause de la quantité de travail, je n’ai pas eu autant de temps que je voulais à leur consacrer.

Car c’est ça aussi la dure réalité du métier : entre la préparation des cours, la correction des devoirs, les réunions, les conseils de classe et le tourbillon dans lequel tu es entraîné dès la rentrée, tu n’as pas le temps de faire ce que tu veux. Un métier passionnant et pour lequel il faut être passionné. Et comme le disent mes collègues : « Tu es fatiguée mais tu verras après les prochaines vacances, c’est la pire période » !

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