J’ai testé pour vous… le parapente (avec le vertige)

Absalom a le vertige depuis toujours, et n'est pas vraiment le genre de fille casse-cou toujours prête à relever des défis. Pourtant, l'été dernier, elle s'est envolée en parapente au-dessus des Pyrénées. Récit d'une découverte intense !

J’ai testé pour vous… le parapente (avec le vertige)

Jusqu’à il n’y a pas si longtemps, pour moi, « dépasser mes limites » ça voulait dire me retenir de fumer (« Il est 11h52 ? Allez je suis une ouf je fume pas avant midi« ), ne pas craquer sur les gâteaux apéritifs au supermarché (« Non, les noix de cajou, vous ne m’aurez pas !« ) voire, dans mes grands jours, faire du sport. Mais ça, c’était avant (toute similitude avec une pub vue à la télé est totalement fortuite). L’été dernier, j’ai testé pour vous : le parapente !

Vertige, amour et concours à réviser

J’ai beau faire 1m82 et voir le monde de haut, aussi loin que je me souvienne, j’ai toujours eu le vertige. J’ai tout essayé : passer sur des ponts, repeindre le plafond perchée sur un escabeau, les talons aiguilles et même l’escalade (je suis restée bloquée à 2m50 alors que j’étais assurée en moulinette et le moniteur a dû venir me chercher tellement je pleurais ma maman flippais).

Alors quand mon copain m’a dit qu’on allait passer les deux mois d’été dans les Pyrénées parce qu’il voulait passer son brevet de pilote de parapente, ce qui signifiait qu’il allait voler plus ou moins tous les jours, j’ai cru que j’allais passer mon été au sol à mourir d’ennui. Parce que la randonnée en haute montagne toute seule quand t’es parisienne et que tu fumes un paquet par jour, c’est pas top. J’ai même pris mes cours pour bosser le concours que je voulais passer deux ans plus tard (en été ! Deux ans avant ! La bonne blague !).

Les jeunes sympa, ce piège infaillible

Bref, nous voilà au camping à Aucun, ambiance Petite maison dans la prairie. Dès le deuxième jour, mon aventurier de copain était dans les airs, grosso modo de 8h30 le matin à 18h le soir. Autant vous dire que passée la joie des premiers jours à glander dans le hamac, je commençais sérieusement à m’ennuyer, mais toujours pas moyen de négocier, hors de question que je me retrouve en l’air accrochée à un simple bout de tissu. Les gens de l’école étant vraiment vraiment sympas, et l’ennui prenant le dessus, j’ai assisté à une séance de gonflage au sol pour débutants (c’est là qu’on apprend à manipuler la voile, genre : « Tu vois bah pour tourner à gauche, tu tires sur la manette de gauche et pour tourner à droite, bah.. tu vois quoi« ). Le groupe, ce jour-là, était une joyeuse bande de jeunes. À partir de ce moment là, j’étais perdue, j’aurais dû restée cachée dans mon hamac, Jésus Marie Joseph qu’est ce qui m’a pris.

C'est joli les Pyrénées. Mais je m'ennuyais.

Bref, la bande de joyeux drilles a trouvé marrant de me motiver à essayer en scandant « Axelle ! Axelle ! Axelle ! » sans se lasser. Toi-même tu sais, quand tout le monde crie ton nom, sauf à vouloir passer pour la rabat-joie de service, t’as pas le choix, il faut t’y coller. L’exercice consistait à essayer de dévaler un pente douce en ligne droite avec la voile au-dessus de la tête (c’est pas si facile hein, pour celles qui ont essayé), et même si tout ce que je risquais c’était : décoller de 10cm, me vautrer joliment ou rentrer dans l’enclos des poneys, je peux vous dire que je faisais pas la maligne. Au final, ça s’est plutôt bien passé, même très bien, résultat : j’étais fière comme un coq !

J’y vais ou j’y vais pas ?

J’ai donc continué les exercices de gonflage au sol, c’était cool, je faisais du cerf-volant géant, mais je n’envisageais toujours pas sérieusement de faire le grand saut (sachant qu’on ne dit pas « sauter en parapente », mais « décoller » ou « voler » ; d’ailleurs t’as pas intérêt à sauter au décollage, sinon tu t’écrases et tu roules dans les cailloux s’il y en a, sinon c’est le vide, youpi). Au bout de trois semaines de gonflage, à force d’exercices, de regarder les gens voler, l’envie commençait à me titiller… si bien qu’un jour, sur un coup de tête, j’ai dit « Allez j’y vais, c’est maintenant ou jamais !« .

C’est comme ça que je me suis retrouvée harnachée dans ma sellette (c’est le harnais dans lequel on s’assoit en vol) en haut d’une grosse colline/petite montagne. Tous les élèves partaient les uns après les autres, j’avais décidé que je partirais la dernière, pour minimiser la pression : ça ferait moins de monde qui me verrait me ridiculiser quand je me mettrais à pleurer en bégayant que je voulais pas y aller. Autant vous dire que j’étais terrorisée, je pense que j’étais au bord de la crise cardiaque tellement j’avais le palpitant qui s’affolait. Pour ajouter à ma joie, chéri-chéri était la pour filmer mon grand moment de gloire (ou pas).

Jack ! Je vole !

Puis est venu mon tour. Il m’a fallu dix minutes de tergiversations pour aboutir à un très assuré : « Allez, à trois j’y vais ! Un, deux… aha, non je déconne ! Bon allez, à trois j’y vais. Un, deux… Y a quoi après deux ? Ah, ah… TROIS !« . J’ai gonflé ma voile, ajouté un peu de freins, couru, et j’ai décollé ! Rien que d’y repenser, je fais une crise de tachycardie.

Le vol a duré une dizaine de minutes, et je me souviens surtout d’avoir pensé en permanence « Ah, je vole, la vache, je vole, je vais mourir, je vole !« , et d’avoir été très contente quand j’ai vu le sol se rapprocher. Mais j’avais un sourire jusqu’aux oreilles : je l’avais fait ! J’étais fière de moi, j’avais volé, et j’avais même un peu aimé ça. Du coup, une demi-heure plus tard, j’étais de retour dans le ciel ! En un mois, j’ai fait une vingtaine de décollages, et une fois l’appréhension estompée, j’ai commencé à grave kiffer. Du coup, cet été, devinez quoi… on y retourne !

Pour les sceptiques dans la salle, une preuve en images, c’est bien moi je vous jure :

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Je n’aurais sans doute pas réussi sans tous les moniteurs qui ont été extrêmement gentils et patients (je n’étais pas un cas facile !). Alors, si vous y pensiez déjà ou que mon récit vous a donné envie de vous envoler, voici le site de mon école, située dans les Pyrénées. À cet été dans le ciel !

(Eh mais du coup… j’ai toujours pas bossé mon concours en attendant !)

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Voici le dernier commentaire en date :

  • Kymaya
    Kymaya, Le 2 juillet 2012 à 11h59

    bonjour,
    je suis moniteur de parapente ..et je me suis un peu perdu ici alors j'en profite pour vous donner quelques infos/conseils ...

    Deja il devrait etre obligatoire de faire du parapente au moins une fois dans sa vie ...et meme ca devrait etre rembourser par la sécu ... C'est un tel moment d'émotion que de voler.

    Etre moniteur, c'est : - apprendre aux apprentis pilote a voler en securité, les encadrer et leur amener les connaissances necessaires
    - faire des vols biplaces avec nos passagers lors de leur passage (vol de 15/20 minutes a + d'une heure selon vos souhaits)

    Et le déco alors ...bah en solo, vous aurez 2 jours d'entrainement sur une pente école adaptée ...et lorsque vous etes prets, vos moniteurs vous emmenent au déco pour le 1er grand vol !!!
    En biplace, une regle d'or ....décoller debout et surtout, surtout ne pas s'asseoir sinon c'est roulé boulé avec le mono !!!( bon ca peut etre sympa si vous le trouvez craquant mais je suis sur qu'il y a de meilleures manieres de le séduire)

    Si jamais vous passez dans les Pyrénées, en Ariège plus précisement, on se fera un plaisir de vous accueillir et on se fera un joli ti vol ...

    franck

    Kymaya Ecole de parapente Ariège Toulouse | Baptême Formation Stage Voyage

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