Que sont-elles devenues ? – Linda, de rédac mode à conceptrice-rédactrice

On continue les portraits d'anciennes de madmoiZelle avec la première rédactrice mode du site : Linda !

Que sont-elles devenues ? – Linda, de rédac mode à conceptrice-rédactrice

Publié initialement le 20 novembre 2015

On continue les portraits d’anciennes rédactrices avec un autre pilier de madmoiZelle : Linda ! Responsable des articles mode, elle a su apporter humour, expertise et originalité à sa rubrique. À titre personnel, c’est Linda qui m’a montré qu’on pouvait écrire dans la presse sans se prendre au sérieux et qui m’a donné le goût de la mode alors je suis super honorée de publier cette interview.

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  • Pour les madmoiZelles qui n’étaient pas là naguère, qu’est-ce que tu faisais chez madmoiZelle ? Entre quand et quand ?

linda rédac mode

Alors. J’ai commencé chez madmoiZelle fin 2005, donc presque au tout début, d’abord comme plume bénévole, puis à mi-temps et enfin à plein temps, pendant 4 ans. Je m’occupais surtout de la mode, un peu de la beauté, et puis d’un tas d’autres trucs : la rubrique Street Style, des articles débiles, la boutique, des reportages, habiller Vaness, négocier avec le patron un séminaire à Disneyland*, militer pour qu’on change ce logo de merde, etc…

*Note de Margaux : on est toujours en négociation

  • Comment es-tu arrivée chez madmoiZelle ?

« La rencontre entre madmoiZelle et moi est vraiment un coup du destin »

Fab m’a harponnée un peu par hasard sur un site communautaire où m’avait traînée un mec dont j’étais vaguement amoureuse à l’époque. Le genre de site où les gars se prennent pour des vampires et les meufs font des selfies avec du mascara qui coule. Avec le recul, je ne comprends vraiment pas ce que Fabrice Florent foutait là, mais puisque moi aussi j’y étais, je ne le juge pas.

On va dire que la rencontre entre madmoiZelle et moi est vraiment un coup du destin avec une petite pointe de magie et une bonne plâtrée de désespoir adolescent.

  • C’était bien, chez madmoiZelle ?

Il faut croire que oui, puisque je suis restée 4 ans ! Ça a été mon premier vrai travail. On était libreq, on rigolait, on travaillait sans contraintes, on touchait un demi-SMIC mais Fab payait le McDo et ça semblait être un bon deal. C’était un genre de summer camp longue durée, donc oui c’était bien, très bien même. Pour vous donner une idée, travailler chez mad me rappelait ces fois où, quand j’avais 5 ans, mon père m’amenait à son bureau et où je pouvais passer l’après-midi à faire des courses en chariot et des dessins à l’agrafeuse.

  • Qu’est-ce que madmoiZelle t’a appris ? Et apporté ?

madmoiZelle m’a fait rire et m’a offert mes premiers points retraite. Celui qui m’a appris beaucoup sur le métier comme sur moi-même, c’est Fab. Il nous poussait toujours à oser des choses, à aller plus loin, et surtout, à faire différemment. On devait inventer un nouveau style de magazine féminin : numérique, libre, fou et réellement proche de ses lectrices. Ne jamais dire « on » quand on peut dire « je », coucher tout de suite ce qu’on a dans la tête sur le clavier et faire vite, toujours plus vite. Sur le coup, il me rendait un peu dingue mais aujourd’hui, je trouve son management très malin.

« La proximité avec les lectrices a été très importante »

La proximité avec les lectrices a aussi été très importante. Il y a 10 ans, le journalisme, en particulier féminin, se complaisait pas mal dans ses privilèges et ses clichés : des rédactrices vendues aux annonceurs, des cadeaux à gogo, et à l’arrivée, une presse qui s’apparente ni plus ni moins à un catalogue de supermarché. Internet a changé ça. Parce qu’on y est plus libres, parce que tout est interactif et parce que les rédactrices ne sont plus que ces élites invitées aux ventes privées, des sites comme madmoiZelle, conjointement avec les blogs, ont inventé un nouveau style de journalisme mode.

Le recul et la rigueur dont j’ai cru manquer en bossant sur le Web se sont développées grâce aux lectrices qui réagissaient toujours en forum pour me dire « c’est super ton article, mais c’est de la merde ». Hyper formateur et très juste.

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  • Quel regard tu portes sur ce qu’est devenu madmoiZelle à présent ?

linda et SML

Linda et Sophie-marie Larrouy

Le magazine est devenu bien plus beau et pro qu’à l’époque ! Sur le contenu, le ton et le reste, je ne pourrais pas dire grand-chose parce que je n’y retourne pas assez souvent. Quand on fabrique du pain, on ne traîne pas trop dans les boulangeries… Cela dit, pour ce que j’en vois, je crois que mad est restée dans l’ensemble assez fidèle à son style : de l’intelligence, de l’humour, de la jeunesse, du cran et des loupés, aussi. L’idée n’a jamais été de faire un magazine parfait, l’idée était de faire un magazine de jeunes pour les jeunes, faire réagir, créer une communauté, et en ça, madmoiZelle a réussi son pari.

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  • T’as fait quoi comme études ?

J’ai fait l’Efap, une école de communication qui me semblait idéale car je n’aimais pas étudier pour de vrai et je voulais m’orienter rapidement vers un faux métier — genre bosser dans la mode, la communication ou pour la télé. Quand on me connaît, on sait à quel point je ne suis pas faite pour les RP, et puisque mon prof de journalisme s’acharnait à me foutre des 18, la presse féminine s’est un peu imposée.

  • Comment réagissent les gens quand ils te parlent de madmoiZelle maintenant ?

Bien ! À une certaine époque, il fallait que je me justifie. Aujourd’hui, le site est connu, tout le monde sait que ça existe et sur mon CV, ça constitue une belle référence.

  • Qu’as-tu fait ensuite ? 

Pleinnnnn de choses ! Je voulais passer à la presse papier, pour tenir dans mes mains mon travail, changer de rythme et gagner mieux ma vie. Quand on bosse sur Internet, on n’a pas le temps de souffler ni trop soigner les choses. En 2010, j’ai donc été débauchée par un magazine people où j’ai bossé 3 ans comme rédac chef mode. J’ai adoré.

En vrac, j’ai travaillé aussi pour Fluide Glacial, lancé Bisou, été styliste de Sophie-Marie Larrouy sur Canal+, vendu des piges par-ci par là, écrit un livre, je me suis mariée comme d’autres font un blog déco et je suis partie vivre à New York en mode femme d’expat. Après avoir cumulé jusqu’à trois gros boulots en simultané, j’ai expérimenté le prélassement le plus total option piscine privée. Ni l’un ni l’autre ne m’a satisfaite. Là, ça fait environ un an que je suis rentrée en France, et comme j’en avais ras-le-bol du journalisme et du milieu de la presse en général, je bosse comme conceptrice rédactrice pour une grosse agence de publicité. C’est très cool et j’aime ce que je fais.

  • Est-ce que vous chantiez Garou à votre époque ?

J’ai certains souvenirs, mais je n’y vois pas Garou. Je me rappelle surtout de Fab nous tapotant les épaules, ce qu’il appelait la Raffarinade, et de son mythique « force et courage ». Côté ambiance, on se contentait de mon stock de perruques illimité, des chorégraphies de SML, d’une bolée de cidre occasionnel et d’un peu de musique russe…

  • C’est quoi ton meilleur souvenir chez madmoiZelle ?

Sans aucun doute, ma rencontre avec cette connasse de Sophie-Marie Larrouy. Elle m’a tout de suite plu parce qu’elle avait un gilet moche avec des boutons de toutes les couleurs et ne voulait pas manger dans les restaurants. Si je devais retenir qu’un souvenir, ça serait cette fille et le personnage de Vaness avec une préférence pour le tournage des clips à Sète. Je me sens un peu comme le père divorcé de Vaness : quelqu’un qui a donné de son ADN mais qui a la garde du môme qu’un week-end sur deux et la moitié des vacances scolaires.

Nostalgie absolue.

  • C’est quoi tes sources d’information maintenant ?

Ma mère, qui est le parfait mix entre Sheldon Cooper, Patsy d’Absolutely Fabulous et un catalogue Gifi, reste la source des sources. L’inspiration ultime.

  • Qu’est-ce que tu fais maintenant ?

J’attends ma pizza, j’attends un enfant et j’attends de savoir si je vais devoir repartir à New York ou ailleurs. Je suis enceinte de six mois et j’ai aussi deux livres en gestation depuis un an dans mon ordinateur. On verra ce qui sort en premier ! Il est probable que je reparte à l’étranger, il est probable que je rechange encore quatre fois de métier mais rien n’est sûr à l’heure qu’il est. Ou si. Deux choses :

  1. Je vais rester une âme libre
  2. Je vais tâcher de transmettre ça à ma fille.

Eh oui, c’est une fille !

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Voici le dernier commentaire en date :

  • Mamy Chouette
    Mamy Chouette, Le 21 novembre 2015 à 23h32

    lilymilk
    "J’ai fait l’Efap, une école de communication qui me semblait idéale car je n’aimais pas étudier pour de vrai et je voulais m’orienter rapidement vers un faux métier"... whaaaaaaaat ça me rend dingue ce genre de messages.. Je suis à l'Efap Lyon et merci on étudie pour de vrai et même beaucoup! Et je compte bien avoir un vrai métier pas du tout dans la mode d'ailleurs... merci ;)
    Merci ! Je suis étudiante en comm, et si j'avais su plus tôt que j'étudiais pour faire un "faux métier", j'arrêterai de me défoncer à vouloir tout déchirer :troll:

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