J’ai testé pour vous… le kendo !

Le kendo, vous connaissez ? Cet art martial qui se pratique avec une armure, un casque et un sabre de bois est plus complexe qu'il n'en a l'air...

J’ai testé pour vous… le kendo !

Moi et le sport, c’est une longue histoire de haine, de torture et de complexes. Sur terre, avec mes pieds plats, j’ai la grâce d’un canard ivre ; dans l’eau, j’ai longtemps tiré avantage de mes palmes mais une overdose de compétition dans ma prime jeunesse m’a un peu dégoûtée de la chose ; le sport à l’école fut une longue suite de terribles traumatismes (qui c’est qu’est choisie la dernière ?) et rien que courir pour attraper mon bus me donne l’impression de sortir d’un marathon. Bref, le sport et moi, c’est niet.

Du moins c’était, parce que pour travailler mon souffle pour le théâtre, cette année, j’ai décidé de m’y remettre. Pour changer radicalement des sports qu’on me forçait à pratiquer à l’école, je me suis tournée vers les arts martiaux. Après quelques hésitations, j’ai choisi le kendo et, même si, hélas, je n’y vais pas autant que je le souhaiterais, il faut admettre que ça me plaît et que j’ai rarement pris autant mon pied en suant (le sport de chambre ne compte pas).

Le kendo, kézako ?

Le kendo, c’est la voie du sabre, autrement dit l’art martial japonais dérivé des entraînement des samouraïs pour manier leur épée, le katana (lame vers le haut), qui se tient à deux mains. On n’utilise pas de vrai sabre bien sûr mais un shinai en bambou qu’on doit, cependant, traiter et respecter comme une vraie lame. Ce n’est pas un jouet. Les ordres sont donnés en japonais (même si, pour les débutants, le sensei, le pratiquant le plus expérimenté qui enseigne le kendo, les explique et traduit).

Le shinai en bambou et le bokken en bois, plus proche du vrai katana

Les entraînements ont lieu au dojo et sont mixtes (et en compétition je ne crois pas qu’on sépare les sexes, ce qui est très cool) ; on se retrouve dans un même dojo de 5 à 80 ans (ce qui est aussi très cool). On peut débuter à n’importe quel âge mais on ne commence à porter l’armure (et donc à faire des combats) qu’à partir d’une certaine expérience. C’est le sensei qui décide du moment où l’on est prêt.

En tant que débutante, pour le moment, je ne combats pas réellement mais en même temps, j’ai vraiment beaucoup à apprendre : la posture est tout sauf naturelle, il faut faire preuve d’une grande coordination entre l’engagement, le mouvement du sabre et le kiai, le cri… Je suis loin de faire de beaux enchaînements et je ne marche même pas correctement, mais ça viendra ! On progresse toute sa vie au kendo, on peut toujours faire mieux.

Comme tout art martial, ce n’est pas seulement un sport ; il s’agit également d’avoir une attitude respectueuse. On s’incline en entrant et en sortant du dojo, on se tient bien dès qu’on y est, on s’incline face à son adversaire… Il y a également un peu de méditation pour entamer et achever l’entraînement.

Une séance de kendo, ça se passe comment ?

On arrive, on se change. Les débutants comme moi sont encore en jogging sombre et se font prêter un shinai mais les pratiquants plus confirmés portent un ensemble indigo composé d’un hakama (pantalon-jupe), et d’une veste, appelée kendo-gi. Le tout est incroyablement seyant je trouve mais assez chaud, compliqué à enfiler et à entretenir puisqu’il faut que les plis du hakama soient bien définis, ce qui annonce de joyeuses heures au fer à repasser.

De l’art d’enfiler un hakama… et attendez de voir ce qu’il faut faire pour le replier après !

Les confirmé-e-s qui portent l’armure l’enfilent partiellement au début : ils/elles mettent le do, plastron qui protège le ventre, et le tare qui tombe de la taille aux cuisses. Après les échauffements, ils/elles enfilent le men, le casque grillagé, et les gants de protection, ou kote.

L’armure : kendo-gu ou bogu

Généralement, après l’échauffement où l’on revoit les coups les plus basiques de manière très mécanique sans adversaire, je suis déjà une flaque mais le regain d’énergie vient vite. Ensuite, le sensei nous fait former deux lignes (souvent il met les plus expérimentés dans le rôle des adversaires contre lesquels les débutants enchaînent maladroitement les attaques). On change régulièrement d’adversaire, ce qui demande une certaine adaptation mais apporte surtout des retours variés, puisque les pratiquant-e-s expérimentés ne sont pas avares de conseils et sont d’une grande aide dans la progression.

Une des particularités du kendo à laquelle j’ai eu beaucoup de mal à m’accoutumer c’est qu’il faut vraiment frapper et… se laisser frapper (même si, comme je n’ai pas d’armure, je tends mon shinai pour qu’on tape dessus). On voit le shinai nous tomber dessus mais il faut rester imperturbable, regarder l’adversaire dans les yeux sans montrer sa faiblesse.

C’est vraiment quelque chose que j’ai dû et que je dois encore travailler : les réflexes ont la vie dure ! Pire, j’ai une tendance (je crois très « féminine », dans le sens « socialement construite ») à sourire tout le temps en m’excusant toutes les deux minutes… Pas très combatif comme attitude. Surtout que même sans sourire, les pratiquants du kendo restent très respectueux les uns des autres, s’inclinent, remercient (en japonais s’il vous plaît) à la fin de chaque échange… Ça suffit amplement : nul besoin de s’attarder en gloussement embarrassés et autres salamalecs maladroits.

La dernière partie du cours est, pour les débutant-e-s, dédiée à l’observation : on regarde les plus expérimenté-e-s combattre et ça permet également d’apprendre beaucoup.

Certaines séances sont également entièrement vouées à la pratique des kata, un entraînement où tous les enchaînements sont codifiés et qu’on pratique avec un bokken, sabre en bois. C’est probablement ce que je préfère.

Ça ressemble presque à de la danse : les mouvements du shidachi (celui qui gagne le combat) répondent à ceux de l’uchidachi (l’agresseur) et l’accent est mis sur la précision et la fluidité. Quand c’est bien fait, c’est aussi vraiment très beau à regarder.

Le quatrième kata

Les avantages du kendo

Le kendo apporte énormément de choses et cela varie suivant les personnes mais pour ma part, voilà ce que j’en retire !

  • La satisfaction de pratiquer un sport : bon, ok, ça, je l’aurais aussi si je m’étais remise à la natation… N’empêche, le kendo, c’est vraiment crevant, et même si ça ne requiert pas de qualités athlétiques extraordinaires (la preuve, j’y arrive), ça fait bien travailler.
  • Une plus grande conscience de son corps : le kendo demande beaucoup de précision, de rythme, il ne s’agit pas de taper comme un bourrin. De fait, ça me sert beaucoup au théâtre.
  • De la concentration : le kendo demande d’être attentif, attentif aux consignes du senpai, à son partenaire, à ses mouvements, à son propre corps, à l’espace… Et ça fait pas de mal de se focaliser, de laisser le reste derrière. Dans notre époque hyper connectée, laisser un moment Internet et ses 300 onglets derrière pour se concentrer et se vider vraiment la tête (pas de MP3 pendant le kendo) ça fait du bien !
  • De l’assurance : le kendo oblige à s’imposer, à avancer, à ne pas reculer face aux coups et c’est quelque chose que j’ai beaucoup de mal à faire dans la vraie vie puisque je flippe tout le temps à l’idée de gêner les gens. D’ailleurs, ça se ressent dans ma pratique, j’ai tendance à zigzaguer pour éviter de vraiment frapper, et je dois me botter le fessard pour attaquer correctement et foncer sur le moto dashi (l’adversaire).
  • De la respiration : le kiai, le cri, doit sortir du ventre, c’est pas un petit cri de souris. Et pour le kirikaeshi par exemple (une succession d’attaques basiques), il s’agit de bien gérer ses respirations pour crier avec vigueur sans faiblir. Je suis loin du compte mais j’y travaille. C’est donc très utile pour le théâtre et le chant !

Bref, je vous retrouve à la rentrée sans faute au dojo ?

Cet article t'a plu ? Tu aimes madmoiZelle.com ?
Tu peux désormais nous soutenir financièrement en nous donnant des sous !
Big up
Viens apporter ta pierre aux 7 commentaires !

Voici le dernier commentaire en date :

  • Mae
    Mae, Le 24 décembre 2013 à 12h09

    hortenselachance;4523180
    Quelqu'un connaît des dôjôs dans Paris où pratiquer le kendo ? je suis sous le charme ...:cheer:
    Tu as le Budo 11 ! Mais il y en a certainement d'autres...

    Sinon, je connais le kendo par le biais de mon frère qui est passionné, ça m'a toujours impressionnée !

Lire l'intégralité des 7 commentaires

(attention, tu dois être connectée pour participer — tu peux nous rejoindre ici !)