J’ai testé pour vous… le service civique

Le Service civique vient de souffler sa première bougie et 7 000 jeunes ont tenté l’expérience. L’objectif est d’atteindre 75 000 d’ici 2014. Il y aura sûrement des madmoiZelles dans le lot, alors avant de signer, voici le témoignage de Melowyn !

J’ai testé pour vous… le service civique

Le service civique : c’est quoi ?

L’Agence du Service Civique a été créé par Martin Hirsh, à l’époque où il était haut commissaire à la jeunesse. Il s’agit d’un contrat de volontariat entre une structure (association, collectivité…) et un jeune (de 16 à 25 ans) dans le but d’assurer une mission d’intérêt général sur une période de 24h à 48h par semaine.

Pas de rémunération, mais une « indemnisation » (faudrait pas qu’on puisse penser que des jeunes vivent sous le seuil de pauvreté, non, non !) de 450 €. 446,57€ pour être exacte ! Plus 100€ minimum de la part de la structure, correspondant aux frais de logement, déplacement et nourriture (si vous ne vivez pas d’amour et d’eau fraîche sous une tente à coté de votre lieu de travail, tant pis pour vous). Si vous touchiez le RSA avant de commencer votre service civique, c’est 100 € de plus, mais vous perdez vos aides. Par contre, on a toujours droit aux APL (quelle générosité !).

Concrètement, comment ça se passe ?

Il suffit de trouver une offre de service civique, soit sur le site de l’agence, soit sur les sites d’offres d’emplois spécialisés. Ensuite on y répond, on passe un entretien et si on est recruté, on signe un contrat. Une fois en service civique, on a droit à plusieurs jours de formation sur sa mission et sur ce qu’ils appellent « la formation citoyenne ». Normalement, un diplôme de premiers secours doit aussi être délivré. Ensuite, il y a des facilités pour certaines formations, je pense au BAFA notamment. Nota bene : si ça se passe mal, un contrat peu se rompre, avec un préavis d’un mois.

Mon avis

Nonobstant mes sarcasmes sur l’indemnisation, je pense que le service civique peut réellement être quelque chose de très bien. Je n’ai pas toujours eu cet avis. Il se trouve qu’au départ, je n’ai pas fait ce choix par conviction, mais par défaut. Je ne trouvais pas de boulot, on me demandait de l’expérience, le service civique était un moyen de m’en faire. Mais je l’ai mal vécu durant un certain temps, principalement pour deux raisons :

  • J’ai vécu 4 ans toute seule et là, il me fallait retourner chez mes parents et y rester pour un an, alors qu’autour de moi, mes amis prenaient leur envol. Pour moi, c’était comme un constat d’échec, comme si j’avais fait les mauvais choix.
  • J’ai eu l’opportunité de transformer mon service civique en Contrat d’Accompagnement dans l’Emploi (CAE), avec un vrai salaire. Mais ça n’a pas pu se faire, parce que j’étais en service civique et qu’aucune passerelle n’était prévue.

J’ai failli déprimer et puis je me suis fait une raison. Aujourd’hui, trouver un boulot c’est galère et de nombreux jeunes sont obligés de rester chez leurs parents, sans être ni des assistés, ni des Tanguy.

Le 7 novembre, il y a eu un rassemblement de service civique dans ma région et j’y ai rencontré d’autres jeunes, avec d’autres profils que les miens (à savoir diplômé mais sans emploi) et c’est vrai que le service civique peut donner la chance à des gens qui n’ont pas de diplômes de trouver leur voie, de faire quelques choses d’utile et de valorisant. Cependant, j’y ai rencontré aussi des profils comme les miens, qui avaient l’impression de faire un boulot de chargé de mission. Je ne jette pas la pierre aux associations. Beaucoup ont des budgets ridicules et s’il n’y avait pas de service civique, aucun projet ne pourrait avancer. Mais il faut être très vigilant car à l’heure où on parle d’austérité et d’économie, il est très facile et tentant de faire travailler des jeunes pleins de promesses pour l’équivalent d’un salaire roumain.

Ça te tente ?

Je ne cherche pas à démoraliser, ni à démotiver, juste à informer. Mais à mon sens et surtout dans les grandes villes, il est très dur de vivre avec le salaire d’un service civique. Le mieux, quand on le peut, c’est d’avoir des personnes pour aider financièrement. Je connais aussi au moins une personne qui fait un nombre d’heures réduits pour pouvoir travailler à côté et vivre plus « confortablement ». C’est possible aussi de combiner ça à des études.

Il faut aussi être prêt à se confronter à l’administration française, pour qui vous allez devenir un OVNI (même si les choses se mettent doucement en place). Sachez par exemple que vous pouvez être inscrit à Pôle Emploi, dans la catégorie 4 (au chômage mais non disponible) et non dans la catégorie 5 (au travail, mais à la recherche d’un emploi) parce que ce n’est PAS un travail. Il m’a fallu cinq mois pour faire comprendre ça à ma conseillère.

À côté de ça, il y a certains avantages, comme la CMU, le fait qu’on cotise pour la retraite (qu’on aura jamais, on est d’accords !) et, dans certaines régions, des avantages culturels ou liés aux déplacements.

Attendez-vous aussi à subir des « Mais t’es quoi en fait ? » ou des « emplois civiques » et autres « stagiaires ». Le service civique est TRÈS mal connu : à la mutuelle, une dame m’a passé le service dédié aux militaires !

Néanmoins, c’est une expérience, un engagement. Vous pourrez faire des choses, monter des projets, participer à des événements qui auraient été inaccessibles autrement. Je sais bien que cet article est un peu défaitiste. Mais c’est parce que j’en ai marre d’entendre à la radio la pub pour le service civique qui vante le plus « volontaire des engagements ». Certes, c’est ça. Mais c’est un engagement qui se fait dans la précarité, avec en ligne de fond une volonté de faire baisser le chômage des moins de 25 ans. En soi, le dispositif part d’une intention louable, mais il manque d’encadrement. Il s’améliore, mais je trouve dommage que ça soit la première fournée qui doit en payer les pots cassés. La même chose, avec un salaire décent et un encadrement administratif clair et je re-signe tout de suite !

Edit-bonne nouvelle : depuis que j’ai écrit cet article, j’ai eu un CDD de 6 mois dans la structure d’accueil puis j’ai trouvé un CDD d’un an reconductible, avec de bonne chance de prolongation, grâce à l’expérience que j’ai acquise. Youpi !

Cet article t'a plu ? Tu aimes madmoiZelle.com ?
Tu peux désormais nous soutenir financièrement en nous donnant des sous !
Big up
Viens apporter ta pierre aux 31 commentaires !

Voici le dernier commentaire en date :

  • NaturELLE95
    NaturELLE95, Le 7 décembre 2016 à 0h21

    Herissonne
    @naturELLE95 Lors de ma journée de formation civile dans le cadre de mon SC j'ai rencontré des personnes en SC à la CPAM, mais concrètement, vous faites un job sous-payé non ? Enfin pour moi, ça fait clairement parti des dérives du SC...
    Coucou
    alors effectivement sous payé j'attend encore mon versement de l'état pour le mois de novembre (alors qu'il tombe normalement au plus tard le 30 du mois ) de plus je n'ai jamais vu un seul de me collègues du service civique je veux dire je m'attendais pas à être en colo mais au moins être en équipe avec quelqu'un qui fait la même mission que moi et en fin de compte je me retrouve avec le personnel de la cpam qui change tous les jours donc pas simple de crée des affinités surtout que personne en dessous de 40ans passons... et pour la "formation" 2 jours pour faire la promo du site Ameli mais pour en fin de compte donner des formulaires et/ou un ticket et quand j'ai de la chance me faire gentillement bousculée prise de tête et j'en passe... Du coup je l'avoue je trouve qu'il y a pour ma pars un sacré faussé entre se que l'on ma "vendu" et la realitée voila voila....

Lire l'intégralité des 31 commentaires

(attention, tu dois être connectée pour participer — tu peux nous rejoindre ici !)