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Sexe et cerveau : pourquoi s’attache-t-on aux gens qu’on nique ?

En gros, comment le sexe nous nique la tête ? QueenCamille a enquêté sur le rapport entre rapport sexuel et hormones.

Quand vient le temps du célibat, je tire pleinement profit de ma liberté, en papillonnant comme on dit.

Et de fleurs en fleurs, j’ai pu constater que, quiconque je butine, très vite je m’acoquine.

En clair, même si j’entre dans un rapport avec quelqu’un en mode « casual sex », juste pour le plaisir, j’en ressors bien souvent sans pouvoir m’empêcher de coller mentalement son nom de famille à mon prénom et d’imaginer notre retraite sur les rocking chairs d’un perron en Louisiane.

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Que celle qui n’est jamais tombée amoureuse de son plan Q me jette la première pierre.

C’est assez problématique, pour deux raisons majeures :

  • Je n’ai pas forcément ENVIE de tomber amoureuse et de me mettre en couple
  • Si c’était le cas, je n’aurais JAMAIS choisi cette personne comme partenaire de vie, même si elle convient très bien comme amant.

J’ai expérimenté cet attachement express et irrépressible à de si nombreuses reprises, et avec des personnes si différentes, que j’ai été forcée de conclure que cet engouement n’avait rien de rationnel.

De toute façon, avoir envie d’épouser quelqu’un qu’on a rencontré la veille et fréquenté 3h en étant très peu sobres, ce n’est jamais très rationnel en soi.

Pourtant, l’attachement est bien là, qui me torture l’esprit et me pousse à envoyer d’incontrôlables textos plus ou moins needy dans les jours suivant le coït.


Ne pas juger, merci

Pourquoi mon cerveau me fait-il prendre des décisions aussi peu réfléchies ? Me ferais-je hacker l’intellect par des mécanismes primaires de survie de l’espèce ? C’est bien possible.

Pourquoi le sexe procure du plaisir ?

Que se passe-t-il dans nos petites têtes d’obsédées au moment de l’acte sexuel ? Au niveau hormonal, j’entends — libre à vous de faire votre liste de courses pendant les cunnis.

Le plaisir est sans doute l’effet le plus direct que nous procure le sexe.

Ça s’explique facilement.

Comme pour la bouffe, quand un truc met en jeu la survie de l’espèce, en général la Nature s’arrange pour qu’il soit agréable et délivre des messages positifs aux zones cérébrales associées à la récompense afin que nous continuions à nous nourrir et à nous reproduire.

Sinon, on mourrait tous vierges et affamés.

Le simple fait de partager de l’intimité physique, des caresses, procure de nombreuses sensations de plaisir liées aux multiples terminaisons nerveuses de notre peau.

Comme nous l’apprend ma sex guru préférée dans la vidéo ci-dessous, toute activité intense et risquée libère de l’adrénaline et des endorphines, véritables opiacées naturelles.

Mais la défonce la plus intense, c’est la dopamine qui en est responsable. Elle est libérée en masse lorsqu’on a un orgasme. Enfin, si on a un orgasme !

D’où cette planance naturelle qui s’empare de toi pendant et après un rapport sexuel.

Pourquoi le sexe est une activité relaxante ?

La stimulation sexuelle induit aussi un effet de relaxation en bombardant notre cerveau de sérotonine, ce neurotransmetteur aussi connu comme l’hormone du bonheur.

La sérotonine régule plein de choses utiles dans le corps : l’appétit, le sommeil, la mémoire mais aussi l’humeur et le désir. Bref, elle rend heureux.

Le sexe, ça détend aussi grâce à la prolactine. En plus de participer au développement des glandes mammaires et à la lactation, elle est un régulateur de libido.

Elle est sécrétée au moment de l’orgasme et procure une sensation de plénitude et de clarté d’esprit.

Ajoutez à ce mix une bonne dose de mélatonine qui, en gros, dit à votre corps « Allez hop hop hop on ferme, au dodo », et vous avez de quoi passer une nuit foutrement sereine.

Pourquoi je m’attache quand je fais l’amour ?

Le sexe donne du plaisir, le sexe détend. Mais cela ne suffit pas à expliquer que je rêve d’emmener Jean-Mi Random dans une villa sur la côte pour lui faire plein d’enfants, malgré nos incompatibilités criantes.

Quand je mange un super bon cookie offert par une lectrice (comme c’est le cas un jour sur deux), j’y prends beaucoup de plaisir mais je ne m’enchaîne pas à la boîte pour autant.

En fait, mon romantisme irraisonné pourrait bien prendre racine dans mon hypophyse. Pendant un rapport sexuel, celle-ci sécrète une quantité d’ocytocine.

On dirait le nom d’un produit ménager que si on touche avec les doigts, la peau se désintègre. Mais en fait, non.

L’ocytocine, c’est l’hormone de l’amour, et du lien social en général. En anglais, elle est surnommée « cuddle hormone » car elle est libérée dès qu’on serre quelqu’un dans nos bras plus de 20 secondes.

En plus du plaisir et de la relaxation, le sexe procure donc un sentiment de connexion.

Les câlins d’après-sexe sont particulièrement propices au développement d’un sentiment automatique de familiarité, d’intimité, de vulnérabilité émotionnelle et de confiance.

Les femmes produisent davantage d’ocytocines, tandis que les hommes libèrent plutôt de la vasopressine. Ce cocktail assure la solidité d’un couple dans le temps, que ce soit chez les humains ou chez les rongeurs, figurez-vous.

Une étude sur le campagnol des prairies a montré que ces hormones jouent un rôle important dans la formation initiale et la longévité d’un couple.

Les mâles qui ont reçu une injection bloquant la libération de vasosseprine ne réussissent pas à créer de lien avec leur partenaire femelle.

Larry Young, chercheur américain à l’Université Emory explique :

« La vasopressine stimule le comportement territorial. Ça crée un lien de possessivité. […]

Les tests montrent que quand on administre une dose de vasopressine aux mâles, ou d’ocytocine aux femelles, les animaux nouent des liens à vue avec le partenaire potentiel le plus proche, avant même que l’accouplement ait lieu. »

Les chercheurs en ont conclu que ces deux hormones étaient, pour les campagnols du moins, les ingrédients secrets d’une longue et heureuse vie monogame, liant à coup sûr deux individus jusqu’à la mort. Parfait.

En conclusion, le sexe est une sacrée drogue, ce qui fait de moi une junkie. Au moins, j’ai une excuse d’ordre chimique pour expliquer mes inconséquences post-coïtales, ce qui est quand même classe.

Et en avoir conscience, c’est déjà faire un pas vers la lucidité, non ?

Connaissant les mécanismes à l’oeuvre dans mon petit crâne mou, je pourrais peut-être même hacker mon cerveau pour apprendre à faire l’amour sans toute cette sentimentalité dégueu ? Ce sera l’objet d’un prochain article…

Je vous laisse car je commence à m’attacher à vous, là !

Et vous, vous arrivez à faire l’amour sans vous attacher ? Vous croyez au casual sex ?

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